Gauche prolétarienne

La manchette du journal La Cause du peuple en 1970.
La Cause du Peuple (no 19) après la mort de Pierre Overney (journal de la Gauche prolétarienne).

La Gauche prolétarienne (GP), créée en France en , est une ancienne organisation d'extrême gauche, classée généralement dans le courant « mao-spontex ».

La GP se réclame de l'héritage du Mouvement du 22 Mars (antiautoritaire[1] et spontanéiste[2]) et d'une fraction dissidente des marxistes-léninistes de l'UJC (ml)[3] après la dissolution, par décret, de ces deux structures le , à la suite des événements de mai-juin 1968.

La GP publie le journal La Cause du peuple (imprimé jusqu'à cent mille exemplaires) dont les saisies à répétition, en 1970-71, ajoutent à la notoriété de l'organisation[4].

Les GPistes s'identifient à des « nouveaux partisans » censés prolonger le combat des partisans antifascistes « trahis » en 1944 par Maurice Thorez en faveur de la bourgeoisie gaulliste. La GP développe un activisme intense et un illégalisme collectif revendiqué : entre 1968 et 1972 environ 1000 sympathisants du mouvement sont incarcérés[5].

La préoccupation pour des luttes dites « antiautoritaires » et émancipatrices en général et le fait de repousser la construction du Parti à un futur inconnu au profit immédiat d'une organisation agissant directement au sein des masses, ainsi qu'un certain éclectisme idéologique, ont poussé certains à y voir une certaine forme de spontanéisme, d'anarchisme[6] ou de gauchisme, bien que les GPistes se revendiquassent marxistes-léninistes.

Ainsi, selon Serge July, dans la revue Esprit, la Gauche prolétarienne serait « à la fois autoritaire et libertaire »[7].

Origines

La Gauche prolétarienne regroupe des militants libertaires[8] nanterriens du « Mouvement du 22 Mars » et les jeunes intellectuels du cercle marxiste-léniniste de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm[9], à Paris, issus de l'Union des jeunesses communistes marxistes-léninistes (UJC (ml)) fondée sous l'influence du philosophe marxiste et membre du PCF, Louis Althusser.

Selon Serge July, l'un des fondateurs[10] : « C’était un mouvement étrange, hybride, une organisation que je définirais comme « stalino-libertaire », c’est dire le côté bizarre. En fait, la GP était un groupe d’agitateurs, la formule « maos spontex » nous allait très bien, à la fois autoritaire et libertaire, qui entendait soutenir toutes les révoltes des plus exploités, des plus marginaux, des mal-logés, des OS en révolte, des immigrés. Limite populistes. »[3]

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