Géographie de la Suisse

Wikipédia:Articles de qualité Vous lisez un « article de qualité ».
Géographie de la Suisse
carte : Géographie de la Suisse
ContinentEurope
RégionEurope de l'Ouest
Coordonnées47° N 8° E
Superficie
Côtes0 km
Frontières1 852 km dont :
Italie 734,2 km
France 571,8 km
Allemagne 345,7 km
Autriche 165,1 km
Liechtenstein 41,1 km
Altitude maximale4 634 m Pointe Dufour
Altitude minimale193 m Lac Majeur
Plus long cours d’eau375,5 km Rhin[note 1]
Plus importante étendue d’eauLac Léman[note 2]
Le Cervin dans les Alpes valaisannes, un des symboles du pays.

La Suisse est un pays d'Europe occidentale[1] composé de 26 cantons souverains ayant pour capitale fédérale la ville de Berne. Elle est entourée de cinq pays : l'Autriche et le Liechtenstein à l'est, l'Allemagne au nord, la France à l'ouest et l'Italie au sud, et ne dispose pas d'accès à la mer.

Les points extrêmes du pays se situent au nord à Oberbargen (canton de Schaffhouse), au sud à Chiasso (canton du Tessin), à l'ouest à Chancy (canton de Genève) et à l'est au Piz Chavalatsch (canton des Grisons). Le pays fait 350 km dans sa plus grande longueur et 220 km dans sa plus grande largeur[Bär 1].

Le relief de la Suisse, très hétérogène, est né de la collision des plaques tectoniques eurasienne et africaine. Cette collision, ou orogenèse, a abouti à la formation des trois grandes structures géographiques du pays : les Alpes, le plateau et le Jura. Le point culminant du pays est la pointe Dufour avec ses 4 634 m d’altitude. La topographie des Alpes et les conditions climatiques y régnant, diverses influences atlantique, continentale ou méditerranéenne, font de la Suisse le « château d'eau de l'Europe ». Le Rhin, le Rhône et des affluents du Danube et du prennent leur source dans le massif du Saint-Gothard, massif des Alpes qui compte de nombreux glaciers, notamment le glacier d'Aletsch, plus grand glacier d'Europe.

Fin 2007, la Suisse compte 7 593 494 habitants répartis de façon non-homogène sur son territoire. En effet, le relief du pays, avec la présence des Alpes et du Jura, a concentré l'essentiel de la population du pays sur le plateau situé entre ces deux massifs et la plupart des grandes villes, comme Genève, Lausanne, Lucerne, Berne, Bâle et Zurich s'y sont développées. Cette population parle quatre langues nationales (l’allemand, le français, l’italien et le romanche) réparties dans des aires géographiques assez bien délimitées.

Géographie physique

Géologie

Différents phénomènes géologiques ont formé l'actuel paysage de la Suisse et la nature de ses sols. La géologie de la Suisse est très marquée par la formation des Alpes. Ce massif montagneux a été formé par l'orogenèse alpine, ce terme désignant l'ensemble des mouvements géologiques ayant conduit à la formation des Alpes.

Un socle cristallin s'est formé au début du Paléozoïque, il y a 540 à 360 millions d'années. Plus tard, il y a 205 à 96 millions d'années, l'océan alpin (ou Téthys alpine) se forme entre l'Eurasie et l'Afrique, puis atteint sa taille maximale à la fin du Jurassique, il y a 135 millions d'années. La collision des plaques eurasienne et africaine le font ensuite rétrécir. Cette collision de plaques, toujours en progression, s'étend sur environ 100 millions d'années. La chaîne des Alpes est le fruit de cette collision, les deux plaques formant des zones de plissement. Le plateau suisse est essentiellement constitué de molasse, une roche sédimentaire formée dans le fond de cet ancien océan.

La Suisse est située sur une zone tectonique relativement calme, même si la ville de Bâle a été détruite le 18 octobre 1356 par un séisme, le plus important événement sismologique historique de l'Europe centrale. Les régions les plus actives sont justement le fossé rhénan (région baloise) et le Valais.

Trois grandes régions

carte de la suisse montrant la division du territoire en trois régions géologiques, ces régions se répartissent en trois bandes parallèles et orientées du sud-ouest au nord-est
Les trois grandes régions suisses :
  •      Jura
  •      Plateau suisse
  •      Alpes

La Suisse comprend trois grandes régions géologiques : les Alpes, le Jura et le Plateau ou Moyen Pays, qui correspondent chacune à des réalités géologiques clairement identifiées. Deux petites régions du territoire suisse n'entrent cependant dans aucune de ces trois régions. La première, au nord, la région de Bâle située sur la faille tectonique du fossé rhénan au-delà du massif du Jura. La seconde, au sud, le Mendrisiotto situé dans la plaine du Pô, au-delà du versant méridional des Alpes. Ces deux territoires sont toutefois très peu étendus comparés à la superficie du pays[Bär 1].

Les Alpes suisses, dans la partie méridionale du pays, occupent la plus grande partie de la Suisse. Elles ont été formées par la poussée de la plaque africaine, qui a aussi engendré la formation du Jura, dans le nord-est et du plateau entre les deux massifs. Par rapport à la superficie totale, les Alpes représentent environ 60 % du pays, le Plateau 30 % et le Jura 10 %[Bär 1].

Le relief accidenté des massifs du Jura et des Alpes fait qu'ils sont très peu peuplés et que population se concentre essentiellement dans les fonds de vallées, à l'exception de certaines vallées comme le Valais. L'essentiel de la population vit sur le plateau où l'on retrouve les principales villes du pays comme Genève, Zurich ou Berne. Deux cantons voient leur territoire englober une partie de chacune de ces trois grandes régions : le canton de Berne, du Jura Bernois jusqu'au col du Grimsel, et le canton de Vaud, de la Vallée de Joux jusqu'au sommet des Diablerets.

Les Alpes

photo panoramique des alpes suisses prise depuis le sommet de l'« Allalinhorn »
Paysage des Alpes en Valais, vu depuis le sommet de l'Allalinhorn.
Les régions naturelles suisses

Les Alpes sont une vaste chaîne de montagnes de près de 1 000 kilomètres de long s'étendant en forme de croissant entre Nice, en France, et Vienne, en Autriche. La partie suisse des Alpes est située dans le sud du pays. Les Alpes suisses couvrent 13,2 % de la grande chaîne des Alpes mais la majorité, soit une cinquantaine, des sommets de plus de 4 000 sommets de plus de 4 000 m y sont situés, tels la pointe Dufour (point culminant du pays avec 4 634 mètres), la Jungfrau, le Weisshorn ou le Cervin (connu pour sa forme pyramidale). Les Alpes couvrent environ 60 % du territoire national.

Sur le plateau, le relief s'élève lentement depuis les Préalpes d'origine calcaire ; a contrario le versant méridional descend abruptement vers la plaine du Pô. Entre ces deux versants, les vallées du Rhin et du Rhône séparent deux chaînes principales : les Alpes du Nord et les Alpes du Sud. Les lignes de crêtes de ces chaînes se rejoignent dans la région du Saint-Gothard ; de plus, la vallée de la Reuss découpe de façon transversale les Alpes du Nord. Cette situation permet de franchir les Alpes d'est en ouest ou du nord au sud, en n'empruntant qu'un seul col[Bär 2]. Le massif du Saint-Gothard tient son importance stratégique de cette situation géographique particulière, le contrôle du col du Saint-Gothard et de la route y menant étant même à l'origine du regroupement au cours du XIIIe siècle des trois vallées au nord du massif qui fonderont, quelques années plus tard, la Confédération suisse[2]. Cette région du Saint-Gothard est le lieu de naissance de nombreux cours d'eau, tels le Rhin, le Rhône, l'Aar, la Reuss et le Tessin. Elle sépare aussi les Alpes suisses en quatre grands ensembles : les Alpes valaisannes, les Alpes bernoises, les Alpes glaronaises et les Alpes rhétiques[Bär 2].

L'altitude moyenne est de 1 700 mètres. La majorité des sommets de plus de 4 000 mètres des Alpes sont situés sur le territoire Suisse. Trois massifs faisant partie des Alpes suisses se dégagent :

Ces deux derniers ensembles délimitent le Valais au centre, occupé par la vallée du Rhône.

Le massif du Saint-Gothard marque ce que l'on peut considérer comme le centre des Alpes, séparant les Alpes occidentales (cantons du Valais, de Vaud et de Berne) et les Alpes orientales qui commencent dans les Grisons. Avec le canton germanophone d'Uri au nord et le canton italophone du Tessin au sud, c'est un point de passage important et historique entre l'Allemagne et l'Italie.

Le Tessin, la région du Simplon en Valais et quelques vallées des Grisons, sont les seules régions du pays ouvertes sur le sud des Alpes et la plaine du Pô en Italie. La principale ville est Lugano.

Localisation Surface / total de la Suisse
(somme = 62,5 %)
Désignation du massif
Alpes septentrionales 27,8 % Alpes bernoises, Alpes uranaises, Alpes glaronaises et Préalpes appenzelloises
Alpes centrales occidentales 11,7 % Alpes valaisannes
Alpes centrales orientales 14,1 % Alpes rhétiques
Alpes méridionales 8,9 % Alpes lépontines
Désignation et répartition des massifs alpins en Suisse

Le Jura

photo montrant la falaise du creux-du-van par le côté
Le Creux-du-Van, paysage emblématique du Jura.

Le massif du Jura est situé sur trois pays, l'Allemagne, la France et la Suisse. Il forme un arc de cercle incurvé vers l'intérieur du pays depuis le canton de Genève au sud-ouest jusqu'au canton de Schaffhouse au nord-est. Cette chaîne longue de 300 kilomètres délimite en partie la frontière entre la France et la Suisse. Au plus large, entre Besançon et Neuchâtel elle mesure moins de 70 kilomètres[Bär 3]. Dans sa partie suisse, le massif du Jura couvre environ 10 % du territoire national[Bär 1]. Le point culminant du massif, le crêt de la Neige (1 718 m), est situé en France à proximité de Genève, le mont Tendre (1 679 m) étant le plus haut sommet sur le territoire suisse. L'altitude moyenne du massif décroît depuis le sud-ouest vers le nord-est[Bär 4].

Le Jura s'est formé par une poussée des Alpes depuis le sud-est vers le nord-ouest, cette poussée ayant été freinée à divers endroits par d'autres massifs existant précédemment : le Massif central et les Vosges en France, la Forêt-Noire en Allemagne. Cette poussée des Alpes sur le Jura et celle du Jura sur ces trois massifs ont créé des fossés d'effondrements : bassin Rhône-Saône entre Massif central et Vosges, et le Haut-Rhin entre Vosges et Forêt-Noire[Bär 4]. La poussée des Alpes n'a toutefois pas affecté toutes les régions de la même façon ni en même temps. Ainsi, trois types de paysages différents sont présents dans le Jura : le Jura des chaînes ou Jura plissé, le Jura des plateaux ou des rides et le Jura tabulaire ou des failles[Bär 4].

Le type plissé est le paysage du Jura le plus fréquent en Suisse. Ces paysages se caractérisent par des chaînes importantes, parallèles, séparées les unes des autres par des vallées longitudinales appelées vaux[Bär 5], tel que la vallée de Joux, dans le Jura vaudois. Il existe aussi de petites vallées transversales reliant deux vaux à travers une chaîne; on parle dans ce cas de cluse, comme avec la cluse de Moutier au nord-est de la ville du même nom. L'origine de ces cluses est préalable au plissement du Jura : il s'agit du cours des rivières présentes avant la formation du massif. Le Jura s'étant élevé lentement, ces rivières ont pu par érosion conserver leurs cours.

Le Jura des plateaux est peu présent en Suisse, on le retrouve dans la région des Franches-Montagnes dans le canton du Jura. Il s'agit de paysages de plateaux généralement peu ondulés.

Le Jura tabulaire commence à l'extrême nord du canton du Jura, en Ajoie, et constitue la partie nord-est de la chaîne se développant sur les cantons de Soleure et de Bâle-Campagne, le nord de l'Argovie jusqu'à Schaffhouse et les régions limitrophes allemandes. Contrairement aux deux autres paysages jurassiens, il ne s'est pas plissé, mais de nombreuses failles ont créé de hauts plateaux en forme de tables avec des versants aux pentes raides qui descendent dans des vallées encaissées. Les régions de l'Ajoie et du Jura bâlois en sont les plus représentatives[Bär 5].

De par la nature karstique du sol et le fait que l'érosion soit principalement d'origine chimique, l'écoulement de l'eau se fait principalement de façon souterraine. Ainsi, les paysages jurassiens sont globalement moins marqués par les effets de l'érosion que ne peuvent l'être ceux des Alpes.

Le plateau

photo du plateau suisse prise depuis le mont Pilatus, au premier plan la ville de Lucerne et les monts du Jura  à l'arrière plan
Le plateau suisse vu depuis le mont Pilatus

Le plateau (en allemand : Mittelland) ou plus justement « Moyen Pays »[dhs 1], cette région, située entre les deux chaînes de montagnes que sont les Alpes et le Jura, n'étant absolument pas un plateau au sens géographique du terme. Il est principalement situé en Suisse, mais se poursuit un peu au sud de Genève pour rétrécir et disparaître dans la région de Chambéry, où les Alpes et le Jura convergent. À l'est, le plateau se poursuit au-delà du lac de Constance en Allemagne et en Autriche[Labhart 1]. Il occupe environ 30 % de la surface du pays, et s'étend sur 300 km entre Genève et le lac de Constance. Le relief du plateau, légèrement accidenté, est marqué par la présence de nombreuses collines, son altitude est comprise entre 350 mètres et 600 mètres. La région la plus élevée du plateau se situe dans le sud du canton de Fribourg au pied des Préalpes fribourgeoises sur la ligne de partage des eaux entre Rhin et Rhône. L'altitude la plus basse se situe à Brugg au niveau de la confluence de l'Aar avec le Rhin[Bär 6]. En son milieu, le plateau est coupé par un massif élevé, le Napf, très marqué par l'érosion torrentielle.

Le plateau est principalement formé de molasse, une roche sédimentaire formée pendant près de 30 millions d'années par l'érosion des Alpes naissantes[Labhart 1]. Les dépôts alluvionnaires se sont déposés petit à petit sur cette surface partiellement plate jusqu'à former une roche sédimentaire. Le matériel alluvionnaire le plus grossier resta au pied des Alpes, les dépôts les plus fins étant transportés au loin[Bär 7]. La molasse n'est donc pas de même consistance ni de même épaisseur sur l'ensemble du plateau.

L'hydrologie a joué un grand rôle dans la formation des différents paysages du plateau. L'érosion provoquée par les cours d'eau, mais aussi les glaciers, a façonné les paysages très divers du plateau. Les glaciers ont eu une importance prépondérante notamment à la suite des différentes glaciations qui se sont succédé depuis un million d'années[Bär 6].

L'érosion des glaciers a créé des vallées dites en auge, larges, encaissées et excavées telles les vallées de la Reuss, la Limmat, la Glatt ou l'Aar en amont de Berne. Les moraines des glaciers ont aussi modelé des éléments de paysages, telles que des digues retenant les lacs à Zurich, Pfäffikon ou Rapperswil.

Le sous-sol molassique du plateau constitue aussi de grands réservoirs pour les nappes phréatiques.

Au cours de la dernière glaciation, celle de Würm, une grande partie du plateau était recouverte par les glaciers. Le glacier du Rhône descendant le long de sa vallée butait sur le massif du Jura et se séparait en deux, une partie partait vers l'est et confluait avec le glacier de l'Aar. L'avancée maximale de ce glacier s'est arrêtée dans la région de Soleure où il forma une grande moraine. De nombreuses vallées fluviales antérieures à cette glaciation ont été comblées par les moraines. Ainsi, quand eut lieu le recul des glaciers, les rivières se sont créées de nouveaux cours sur le grand plateau, il en résulta la formation de méandres. De plus, l'important dénivelé a généré une forte érosion. C'est pourquoi on trouve sur le plateau des vallées fluviales avec de nombreux méandres encaissés, telle la vallée de la Sarine.

Les pierres du Niton à Genève
Les pierres du Niton à Genève.

Les glaciers ont aussi poussé des Blocs erratiques que l'on retrouve encore aujourd'hui dans divers endroits du plateau. Parmi ces blocs figurent les pierres du Niton situées dans le lac Léman à Genève; le plus grand de ces blocs très stables est utilisé comme horizon de référence altimétrique en Suisse (à une altitude de 373,6 m au-dessus du niveau de la mer)[3]. Dans le canton de Fribourg se trouve la Pierrafortscha, un bloc erratique de 330 m3 provenant du massif du Mont-Blanc et déplacé lors de la glaciation de Würm. À l'époque le glacier du Rhône occupait tout le Valais actuel et se séparait en deux langues contre le massif du Jura, l'une partant au sud dans la vallée du Rhône et l'autre remontant sur le plateau suisse en direction de Soleure.

Hydrographie

Carte colorée de la suisse indiquant les bassins hydrographiques, la carte montre que le bassin du Rhin et de l'Aar couvre la plus grande partie du territoire, plus des deux tiers.
Les bassins versants de la Suisse.

L'hydrologie de la Suisse est marquée par la présence de cinq bassins fluviaux, de nombreux lacs et des glaciers parmi les plus grands d'Europe. Le climat a un rôle prépondérant sur l'hydrologie en donnant des précipitations, pluviales et neigeuses, mais aussi avec l'ensoleillement définissant l'évaporation des eaux de surface.

Des cours d'eau de cinq bassins versants

La Suisse est située sur les bassins versants de cinq fleuves européens : le Rhin et le Rhône qui prennent leur source en Suisse au massif du Saint-Gothard ainsi que le Danube, le et l'Adige. Pour ces trois derniers, ce sont des affluents et non les cours principaux qui prennent leur source en Suisse.

Bassin versant Pourcentage de la superficie de la Suisse[Bär 8]. Principaux affluents en Suisse Lacs en Suisse Se jette dans
Rhin 68 % Aar, Reuss Lac des Quatre Cantons, lac de Neuchâtel, lac de Constance, etc. Mer du Nord par un delta aux Pays-Bas
Rhône 18 % Doubs Lac Léman Mer Méditerranée par un delta au sud de la France
9,3 % Tessin Lac Majeur, lac de Lugano Mer Méditerranée (mer Adriatique) par un delta au nord-est de l'Italie
Danube 4,4 % Inn Mer Noire par un delta au nord-est de la Roumanie
Adige 0,3 % Rom Mer Méditerranée (mer Adriatique) par un estuaire au nord-est de l'Italie
Les cinq bassins-versants présents en Suisse.
Photo des chutes du Rhin, montrant que celles-ci sont larges, divisées en plusieurs parties.
Les chutes du Rhin près de Schaffhouse, la plus grande d'Europe
Photo du lac des quatre cantons.
Le lac des Quatre Cantons avec les Alpes uranaises au fond.

Le bassin versant du Rhin est celui qui draine la plus grande partie du territoire. Mais le sous bassin de l'Aar, affluent du Rhin, est le bassin versant le plus important du territoire, il irrigue notamment la majorité du Plateau et à leur confluence, l'Aar a un débit plus important que le Rhin. En effet, l'Aar et ses nombreux affluents (Sarine, Reuss, Emme, Kander, Limmat, Linth…) irrigue toute la partie centrale du pays.

Le bassin versant du Rhône est divisé en deux parties. Le cours principal du Rhône coule dans le sud du pays depuis le glacier du Rhône jusqu'au lac Léman et il draine la quasi-totalité du Valais ainsi que la région lémanique. Une partie du massif du Jura est irriguée par le Doubs, sous-affluent du Rhône par la Saône, elle-même affluent du Rhône.

Dans le sud et le sud-est du pays, on retrouve les bassins versants du , de l'Adige et du Danube, principalement dans les cantons du Tessin et des Grisons. De nombreux torrents de montagnes alimentent le Tessin sur le versant sud des Alpes, le Tessin étant lui-même émissaire du lac de Lugano avant de rejoindre le . Dans les Grisons le Rom coule dans une petite vallée avant d'entrer en confluence avec l'Adige en Italie. L'Inn est un affluent du Danube, il coule dans une longue vallée alpine des Grisons, l'Engadine.

Les différents cours d'eau de Suisse partent aux quatre coins de l'Europe, ainsi les eaux du Rhin rejoignent la mer du Nord, celles du Rhône la mer Méditerranée, celles du Pô et de l'Adige la mer Adriatique et celles de l'Inn la mer Noire. De plus, ces cours d'eau acquièrent en Suisse un débit très important relativement à la surface du bassin versant. Le Rhin sort de Suisse à Bâle, son bassin versant en amont de cette ville ne représente que 20 % de sa superficie totale, mais le fleuve y a déjà acquis près de la moitié de son débit. Ainsi, on parle parfois de la région du Gothard et plus généralement de la Suisse comme du « château d'eau de l'Europe »[4].

Les lacs

Sur le cours de toutes ces rivières se trouvent de nombreux lacs, la Suisse en compte 15 d'une superficie supérieure à 10 15 d'une superficie supérieure à 10 km2. Parmi ceux-ci, les lacs Léman, de Constance, de Lugano et Majeur sont des lacs internationaux. Le plus grand lac est le lac Léman, mais le plus grand lac entièrement situé en Suisse est le lac de Neuchâtel. La plupart des lacs naturels suisses ont une origine glaciaire. Ils ont été creusés par un glacier au cours d'une glaciation, puis leur recul a libéré l'espace aujourd'hui occupé par l'eau, d'une ou plusieurs rivières, qui s'y est accumulée. Si ces lacs sont naturels, ils sont cependant pour la plupart régulés, leur niveau étant contrôlé en aval. C'est sur les rives du lac des Quatre Cantons que serait née la Confédération suisse.

Il existe aussi de nombreux lacs artificiels à vocation hydroélectrique. La plupart d'entre eux sont situés en zone montagneuse (lac des Dix, lac de Mauvoisin, etc.), même si quelques-uns se situent sur le plateau comme celui de la Gruyère.

Les glaciers

Des deux massifs montagneux présents en Suisse seuls les Alpes abritent des glaciers. Au début du XXIe siècle, il reste environ 2 000 glaciers dans les Alpes suisses. Ils sont principalement situés dans les Alpes valaisannes (Mont Rose, Dent Blanche, etc), les Alpes bernoises (Finsteraarhorn, Jungfrau, Aletschhorn, etc), les Alpes de la Suisse centrale et les Alpes rhétiques (Chaîne de la Bernina, Val Bregaglia). Le plus grand nombre de glaciers se trouve dans des secteurs d'exposition nord-ouest, nord, nord-est ; orientés au nord ils sont plus protégés du rayonnement solaire. Dans des zones à topographie semblable, les glaciers des versants sud sont plus petits que les autres[5].

Depuis 1850 et la fin du petit âge glaciaire, les glaciers reculent sur l'ensemble de la planète. Ce phénomène de perte de masse est aussi présent en Suisse. Ainsi selon Zryd, « les réserves glaciaires ont littéralement fondu », passant de 90 milliards de mètres cubes en 1901 à 75 milliards de mètres cubes en 1980, puis 45 milliards de mètres cubes en 2003[6].

Besoins humains

Les populations humaines prélèvent d'importantes quantités d'eau, que ce soit pour les besoins domestiques ou industriels. Chaque année, 200 millions de mètres cubes d'eau potable sont prélevés dans les lacs et plus d'un milliard de mètres cubes dans les eaux souterraines. L'industrie en capte 500 millions de mètres cubes dans les cours d'eau et lacs, ainsi que 100 millions de mètres cubes dans les eaux souterraines[7]. En comparaison, le volume du lac Léman est de 89 milliards de mètres cubes.

Depuis 1975, alors que la population s'est accrue, la consommation totale d'eau a diminué : en 1981, 500 litres par habitant et par jour étaient consommés ; en 2011, cette consommation est de 350 litres environ. Cette baisse est due notamment aux efforts de l'industrie[8]. Une bonne gestion de l’eau est donc possible avec une maîtrise des coûts[9]. Cependant la multiplication des canons à neige pour les sports d'hiver gaspille de plus en plus d'eau en la dégradant[10],[11].

Climat

Article détaillé : climat de la Suisse.
photo de monts enneigés dans les alpes bernoises
Alpes bernoises, la chaîne alpine constitue une barrière climatique importante.

La Suisse connaît un climat dit de transition, qui résulte de l'influence de différents climats, sans qu'aucun d'entre eux ne soit prédominant. Les quatre climats qui influencent celui de la Suisse sont de type océanique, nord-européen, continental et méditerranéen[Bär 9].

L'Ouest de l'Europe connaît un climat océanique dû à l'influence du Gulf Stream dans l'Atlantique Nord. Ce climat apporte le plus souvent des masses d'air douces et humides sur la Suisse. Depuis le nord de l'Europe, des coulées d'air froid polaire descendent de manière occasionnelle et abaissent considérablement les températures en hiver. La Suisse subit aussi l'influence du climat continental, présent dans l'est de l'Europe, qui amène des variations importantes entre été et hiver. Il apporte occasionnellement des masses d'air sèches et froides en hiver et des masses d'air chaudes à très chaudes en été. Le climat méditerranéen présent sur le bassin du même nom étend aussi son influence sur la Suisse. Cependant, ses conséquences sur le climat sont différentes entre le versant méridional des Alpes où il donne de l'air chaud et humide et le versant septentrional des Alpes où il apporte de l'air chaud et sec, notamment par effet de foehn[Bär 9].

Ces quatre influences climatiques sont présentes en Suisse, néanmoins leur importance respective varie selon la situation géographique. Ainsi, la Suisse orientale connaît des amplitudes thermiques plus marquées que l'ouest du pays. Le climat continental est prédominant dans l'est, alors que le climat océanique l'est à l'ouest du pays[Bär 9].

Précipitations

La moyenne des précipitations annuelles en Suisse est nettement supérieure à celle du continent européen[6], 1 456 mm contre 790 mm. Une grande partie des précipitations provient des flux d'air atlantique.

Les précipitations ne sont pas homogènes sur le territoire. En Valais, la moyenne annuelle des précipitations est deux fois plus basse qu'au niveau national[6]. Les régions situées sous le vent des massifs montagneux, par rapport aux vents dominants, sont plus sèches que les régions non abritées. La partie romande du plateau et le Nord-Ouest du pays sont relativement secs, abrités des vents dominants, respectivement par le Jura et la Forêt-Noire d'une part, et les Vosges d'autre part. En Valais, certaines régions très proches géographiquement peuvent avoir des niveaux de précipitations très différents. La Jungfrau avec 4 140 mm est l'une des régions les plus arrosées du pays alors que Stalden, situé à environ 30 kilomètres n'enregistre que 520 mm de précipitations annuelles[Bär 10].

Les normales

Les températures dépendent en premier lieu de l'altitude. La température moyenne sur le plateau suisse est en janvier de −4 à °C et en juillet de 16 à 19 °C[[réf. souhaitée]. La température moyenne annuelle est de 6 à °C[[réf. souhaitée]. Pour une altitude identique, la température de la région bâloise ainsi que la vallée du Rhône est 1 à °C plus élevée et la Plaine de Magadino au Tessin 2 à °C plus élevée que celle du plateau suisse[[réf. souhaitée].

De la comparaison des tableaux de normes climatiques 1961 - 1990 et 1981 - 2010, il en ressort une augmentation des températures sur toute la Suisse et une diminution des jours de brouillard d'automne sur le plateau[12].

1961 - 1990
Lieu Altitude de la station d'observation météorologique (en m) Précipitations annuelles moyennes (en mm/an) Durée d'insolation moyenne en août (en %) Durée d'insolation moyenne en décembre (en %) Température max. mensuel moyen en juillet Température min. mensuel moyen en janvier
La Chaux-de-Fonds (massif du Jura) 1 018 1 410 40 40 +19,6 °C −6,4 °C
Berne, plateau suisse 565 1 040 50 20 +23,5 °C −3,9 °C
Sion (Valais, vallée du Rhône) 482 600 60 50 +25,7 °C −4,8 °C
Säntis (Appenzell, Préalpes à l'est du pays) 2 490 2 900 55 30 +7,5 °C −10,3 °C
Locarno-Monti (Tessin, sud des Alpes) 366 1 850 60 60 +25,9 °C +0,1 °C
Diversité climatique (données pour la période entre 1961 et 1990)[13].


1981 - 2010
Lieu Altitude de la station d'observation météorologique (en m) Précipitations annuelles moyennes (en mm/an) Durée d'insolation moyenne en août (en %) Durée d'insolation moyenne en décembre (en %) Température max. mensuel moyen en juillet Température min. mensuel moyen en janvier
La Chaux-de-Fonds (massif du Jura) 1 018 1 441 50 42 +20,7 °C −6,0 °C
Berne, plateau suisse 565 1 059 53 42 +24,3 °C −3,6 °C
Sion (Valais, vallée du Rhône) 482 603 64 50 +27,0 °C −3,6 °C
Säntis (Appenzell, Préalpes à l'est du pays) 2 490 2 837 40 41 +8,8 °C −9,6 °C
Locarno-Monti (Tessin, sud des Alpes) 366 1 897 62 57 +27,1 °C +0,8 °C
Normes climatologiques (données pour la période entre 1981 et 2010)[14].

Les extrêmes

La température la plus élevée, jamais mesurée en Suisse, est de 41,5 °C à Grono dans les Grisons, le 11 août 2003. Les lieux les plus chaud sont Grono, Locarno-Monti et Lugano, avec une température moyenne annuelle de 12,4 °C. La plus basse température mesurée est de −41,8 °C à La Brévine dans le canton de Neuchâtel, le 12 janvier 1987. Le lieu le plus froid est le Jungfraujoch avec une température moyenne annuelle de −7,2 °C (1981-2010) (−7,9 °C 1961-1990}[15].

Pour les précipitations, le record de pluie annuel est au Mönchsgrat avec 5 910 mm au cours de la période 1939-1940. Au Tessin, on mesure 414 mm à Camedo en 24 heures le 10 septembre 1983 et Locarno reçu 33,6 mm de pluie en l'espace de 10 minutes le 29 août 2003. Les plus importantes quantité de neige tombée en 24 heures fut de 130 cm, entre le 29 et le 30 janvier 1982[Où ?] et le 15 avril 1999 au Berninapass. En avril 1999, on a mesuré 816 cm de neige au Säntis, ce qui constitue la plus importante couche de neige mesurée dans le pays[15]. En moyenne, le Säntis est le lieu le plus arrosé de Suisse avec 2 837 mm de précipitation annuelle[15].

Le lieu le plus sec de Suisse est Ackersand en Valais avec une moyenne de 521 mm de précipitations annuelles. La période la plus sèche en Suisse a débuté le 6 décembre 1998, avec une absence de précipitations sur Lugano durant 77 jours[15].

Les plus fortes rafales de vent mesurées l'ont été : en montagne le 27 février 1990 au Grand Saint-Bernard avec une rafale à 268 km/h et en plaine à Glaris le 15 juillet 1985 avec 190 km/h[15].

Évolution du climat

Les paramètres météorologiques sont régulièrement mesurés par les autorités fédérales depuis 1864[16], et un réseau de stations d'observations météorologiques couvre le pays.

Le réchauffement climatique global que connaît la Terre est perceptible en Suisse, notamment de par le recul des glaciers. Le pergélisol connaît un recul, ainsi des roches deviennent instables et provoquent des éboulements[17].

Biodiversité

La Suisse est marquée par une grande variété de reliefs, d'altitudes et de paysages, qui induit une diversité des habitats naturels. Ces nombreux habitats naturels favorisent la biodiversité de la faune et de la flore. On trouve environ 50 000 espèces d'animaux, de champignons et de plantes dans le pays[Envs 1]. Le , la Suisse a ratifié la Convention sur la diversité biologique, qui est entrée en vigueur le [OFEV 1]. Dans ce cadre, l'Office fédéral de l'environnement a mis en place un programme de surveillance de la biodiversité, baptisé Monitoring de la biodiversité (MDB)[OFEV 2].

En 2006, 60 espèces présentes en Suisse sont considérées comme menacées à l'échelle mondiale par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), chiffre stable[OFEV 3].

Espèces animales

photo d'un bouquetin, capridé à poil long possédant deux grandes cornes courbes
Capra ibex (bouquetin), vallée du Lötschental.

Selon l'Office fédéral de l'environnement, on dénombre 30 000 espèces animales en Suisse dont 41 % sont menacées[OFEV 4].

Les espèces animales sont au nombre de 30 000, parmi lesquelles 83 mammifères, 386 oiseaux, 15 reptiles, 20 amphibiens, 51 poissons osseux, 2 agnathes, 25 000 arthropodes (dont 22 330 insectes), 270 mollusques et 3 200 vers (plats, ronds, rubanés) et annélides[18]. Dans le règne animal on recense 51 espèces endémiques[OFEV 4].

Selon le Monitoring de la biodiversité (MDB), la biodiversité est stable, c'est-à-dire que globalement sur l'ensemble du territoire suisse le nombre d'espèces animales disparaissant est compensé par l'apparition de nouvelles espèces[OFEV 5]. La disparition ou l'apparition d'espèces ne signifie pas ici l'extinction globale de l'espèce ou son apparition sur la surface terrestre il s'agit de sa présence ou non sur le territoire suisse, par exemple des espèces d'oiseaux migrateurs nichant auparavant en Suisse ne le faisant plus actuellement ou l'inverse. Ainsi, le pipit rousseline (Anthus campestris), une espèce de passereau ne niche plus en Suisse depuis 1998. Il en va de même pour la marouette poussin (Porzana parva), qui n'est plus considérée comme nichant dans le pays depuis 2002 et le courlis cendré (Numenius arquata) depuis 2003[19]. Des espèces peuvent être chassées par d'autres, ainsi le goéland cendré (Larus canus), présent sur une île du lac de Neuchâtel de 1966 à 1996, aurait été chassé par le goéland leucophée (Larus michahellis)[19].

Différentes espèces animales sont apparues, ou réapparues, en Suisse ces dernières années. Le loup (Canis lupus) a été exterminé au e siècle, cependant, à partir des années 1990 il a repeuplé la Suisse depuis l'Italie. La loche d'étang (Misgurnus fossilis), un poisson disparu de la vallée du Rhin (région de Bâle) dans les années 1950, a été réintroduit dans la vallée du Rhône dans les années 1990. Le ragondin (Myocastor coypus) est apparu en Suisse en 2003. Le Guêpier d'Europe (Merops apiaster), oiseau migrateur méridional remonte en Suisse régulièrement depuis 1991[19].

photo d'une femmelle cervidé et son faon
Cervus elaphus (cerf élaphe), biche et faon, Parc national.

L'ours brun, présent sur les armoiries de la capitale fédérale Berne, a été massivement chassé au cours des e siècle et e siècle, l'espèce a disparu de la Suisse au début du e siècle, le dernier spécimen ayant été abattu en Engadine dans le val S-charl en 1904. Non loin du sud de la Suisse, en Italie, dans le Trentin, une population de quelques individus a survécu. Afin de relancer la reproduction de cette population, dix ours de Slovénie ont été introduits dans le parc national Adamello-Brenta entre 1999 et 2002. En juillet 2005, un premier mâle est arrivé en Suisse par le sud du Tyrol. Il a été ensuite observé dans le val Müstair, le parc national suisse et l'Engadine[OFEV 6]. Le , un ours a été abattu par les gardes-faune grisons. Cette décision a été prise face au danger que l'animal faisait courir aux populations locales venant chercher sa nourriture dans les zones d'habitation. Un second ours s'est établi en Suisse en 2007. Ce dernier est jugé plus farouche et craintif que le premier[20].

La biodiversité des espèces animales est donc stable à l'échelle nationale, cependant ceci est moins vrai à l'échelle régionale. Ainsi, le nombre de vertébrés et d'orthoptères a diminué entre 1997 et 2004 dans le Jura et sur le plateau, est stable dans les Alpes centrales occidentales, mais est en augmentation dans les versants septentrionaux et méridionaux des Alpes et dans les Alpes centrales orientales. Ainsi le Lynx, qui avait été réintroduit en Suisse centrale dans les années soixante, a spontanément colonisé les Alpes centrales et le versant sud des Alpes[OFEV 7].

Parmi les espèces animales, on trouve des espèces classées en voie d'extinction à l'échelle mondiale. L'apron du Rhône (Zingel asper) est un poisson classé au bord de l'extinction. On ne trouve plus que quelques populations isolées les unes des autres dans le bassin du Rhône. En 2006, le nombre d'individus est estimé à 200 pour la Suisse[OFEV 8].

Plantes et champignons

photo montrant quelques fleurs de myosotis poussant sur une rocaille. Les fleurs sont composées de 5 pétales mauves, jaunes à leur base
Myosotis rehsteineri sur les rives du lac de Constance

En Suisse, on compte 19 000 espèces de plantes et champignons dont 3 000 plantes vasculaires et fougères, 1 030 mousses, 1 660 lichens, 9 000 champignons et 4 000 algues. Il existe deux espèces endémiques parmi les plantes vasculaires : la Drave ladine et la Sabline ciliée[OFEV 4].

Plusieurs espèces de végétaux présents en Suisse sont en voie d'extinction au niveau mondial. La Tulipa aximensis a été redécouverte en Valais en 1998, elle était jusqu'alors considérée comme éteinte à l'échelle mondiale[OFEV 3]. Une autre tulipe sauvage, la Tulipa didieri, n'est quant à elle présente que sur quatre petits sites valaisans et un site en Savoie. Au bord du lac de Constance, le myosotis rehsteineri n'occupe plus que quelques gazons littoraux sur les rives de ce lac. La saxifrage amphibie, une sous-espèce de saxifrage à feuilles opposées, disparue en 1956, est selon l'Union internationale pour la conservation de la nature le seul taxon dont la disparition en Suisse a aussi signifié la disparition à l'échelle mondiale[OFEV 8].

Forêts

photo d'un cours d'eau au milieu de la forêt de Tamangur
La forêt de Tamangur en Engadine à 2 300 m, une des plus élevées d'Europe[21].

En 2007, les forêts suisses couvrent une surface de 1,25 million d'hectares, avec des répartitions inégales d'une région à l'autre : si le versant méridional des Alpes (Tessin) est particulièrement riche, le plateau, avec sa forte densité de population, a beaucoup moins de forêts. Entre la période 1993-1995 et la période 2004-2006, les surfaces forestières ont augmenté de 4,9 % sur la totalité du pays ; 0 % sur le plateau, 0,9 % dans le massif du Jura, 2,2 % dans les Préalpes, 9,1 % dans les Alpes et 9,8 % au sud des Alpes. Le volume total de bois s'élève à 420 millions de mètres cubes[22].

Les forêts ont une place importante dans la biodiversité : 20 000 espèces dépendent des forêts suisses, soit près de la moitié des espèces vivant dans le pays[Envs 2].

Le bois est utilisé en Suisse comme matière première dans la construction et comme agent énergétique. En 2005, l'extraction du bois s'est élevée à 5,3 millions de mètres cubes, valeur inférieure à celle de la croissance annuelle du bois commercialisable (7,4 millions de mètres cubes)[Envs 3].

Plantes et animaux envahissants

En Suisse, 10 % de la flore est néophyte, et 1 % sont des espèces envahissantes qui menace la biodiversité et les espèces indigènes. Les animaux envahissants peuvent, selon leur espèce, menacer la faune indigène en transmettant des agents pathogènes ou des parasites, en repoussant les espèces indigènes ou en s'hybridant avec elles[23],[24].

Parmi les plantes envahissantes, on trouve notamment : l'ambroisie, l'arbre aux papillons, la berce du Caucase, la balsamine de l'Himalaya, la renouée du Japon, la renouée de Sakhaline, la renouée hybride, le solidage du Canada, le solidage géant, le faux vernis du Japon, le sumac vinaigrier, le séneçon du Cap, l'élodée du Canada, l'élodée de Nuttall, le laurier-cerise, le cerisier tardif, la ronce d’Arménie, le robinier faux-acacia, la jussie à grandes fleurs, le lysichiton américain, le puéraire hirsute.

Parmi les animaux envahissants, on trouve notamment : la coccinelle asiatique, la mineuse du marronnier, le capricorne asiatique[25], la limace espagnole (Arion vulgaris ou Arion lusitanicus), la moule zébrée, l'écrevisse signal ou de Californie, le poisson rouge, l'érismature rousse, l'écureuil gris ou de Californie.

Le moustique tigre quant à lui se trouve déjà dans le canton du Tessin depuis 2003[26].

L'office fédéral de l'environnement est le service fédéral chargé du dossier. La fondation Infoflora a dressé une liste noire des espèces envahissantes en Suisse[27].

Dangers naturels

photo d'une vallée après une avalanche, la coulée de neige est rendue verte par les branches de sapins arrachées, une maison est à moitié ensevelie sous la neige
Avalanche au-dessus de Engi

Les dangers naturels ont toujours été présents en Suisse, ils peuvent être de nature hydrologique (ou météorologique) ou de nature géologique. La présence de nombreux massifs montagneux prédispose la Suisse aux phénomènes de crues, provoquant des inondations comme dans la région du Seeland ou dans la plaine de la Linth. En montagne sont présents les problèmes d'avalanches ou ceux liés aux glaciers comme celui du Giétro. Par année, 200 séismes sont enregistrés, mais seulement 10 % d'entre eux sont ressentis par la population comme celui ayant affecté Bâle en 1356[Envs 4]. Les risques sismiques ne sont pas les mêmes suivant les régions de Suisse, trois zones sont définies en fonction de la probabilité d'apparition d'un séisme. La région comprise entre le lac Léman et le lac de Constance n'a qu'une faible probabilité d'être touchée par un séisme, a contrario ce risque est élevé en Valais[Envs 5].

Entre 1946 et 2015, il y a eu 1023 personnes décédées lors de 635 phénomènes naturels, selon une étude de l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL). Cela comprend les crues, glissements de terrain, laves torrentielles, chutes de pierres, tempêtes, foudres et avalanches. Plus d’un tiers de ces décès, concernent les accidents d’avalanches, tandis que la foudre, deuxième cause de mortalité, a tué 164 personnes. Dans le décompte des victimes, il s’agit uniquement des accidents concernant la protection de la population dans les localités et sur les voies de communication, et exclut les victimes décédées lors d’activités de loisirs en terrain non sécurisé, notamment les skieurs hors-piste et les randonneurs. Durant cette période, les causes naturelles qui ont fait le plus de victimes, ont eu lieu en août 1965, au barrage de Mattmark, qui a fait 88 morts lorsqu'un pan du glacier de l'Allalin s'est effondré sur les ouvriers, en 1970, les avalanches de Reckingen qui ont tué 30 personnes, tandis que celles de janvier 1951 à Vals ont provoqué 19 victimes[28].

Ces dernières années, les dangers naturels sont à l'origine de neuf décès par an en moyenne : six dans des avalanches, deux dans des crues et un dans des éboulements[Envs 6].

Other Languages