Front de l'Ouest (Première Guerre mondiale)

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Front de l'Ouest
Description de cette image, également commentée ci-après
Pendant la majeure partie de la Première Guerre mondiale, les forces alliées et allemandes se livrent à une guerre de tranchées défensive, tout au long du Front de l'Ouest. Ici une tranchée britannique sur la Somme en 1916, par Ernest Brooks.
Informations générales
Date
(4 ans, 3 mois et 1 semaine).
LieuBelgique, Nord-Est de la France et Alsace-Moselle.
Issue

Victoire des Alliés.

Belligérants
Alliés

Drapeau de la France France
Drapeau de l'Empire britannique Empire britannique
 • Drapeau de l'Afrique du Sud Afrique du Sud[1]
 • Drapeau de l'Australie Australie[2]
 • Drapeau du Canada Canada[3]
 • Drapeau de l'Empire britanniques des Indes Raj britannique
 • Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande[4]
 • Dominion of Newfoundland Red Ensign.svg Terre-Neuve

Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de la Belgique Belgique
Drapeau du Royaume d'Italie Royaume d'Italie
Drapeau du Portugal Portugal
Empires centraux
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie
Commandants
Pas de commandement unifié jusqu'à 1918, puis
Drapeau de la France Ferdinand Foch
Drapeau de l'Empire allemand
Helmuth von Moltke
Erich von Falkenhayn
Paul von Hindenburg
Erich Ludendorff
Wilhelm Grœner
Pertes
7 947 000 morts, blessés, capturés et disparus5 603 000 morts, blessés, capturés et disparus

Première Guerre mondiale

Le front de l'Ouest est le théâtre principal de la Première Guerre mondiale. Après le déclenchement de la guerre en 1914, l'armée allemande ouvre le front par l'invasion du Luxembourg et de la Belgique, puis en gagnant le contrôle militaire d'importantes régions industrielles de France. L'avancée allemande est ensuite arrêtée avec la bataille de la Marne. Après l'infructueuse course à la mer, les deux camps creusent une ligne fortifiée de tranchées, qui s'étend de la mer du Nord à la frontière entre la France et la Suisse. Dès lors, cette ligne reste essentiellement inchangée pendant une majeure partie du conflit mondial.

Entre 1915 et 1917, plusieurs grandes offensives ont lieu le long de ce front. Les tactiques offensives des armées reposent principalement sur des bombardements d'artillerie lourdes et des assauts d'infanterie massifs. Toutefois, la combinaison de tranchées, de nids de mitrailleuse, de fils de fer barbelés, et de tirs d'artillerie inflige de lourdes pertes aux attaquants, de même que les contre-attaques défensives. Par conséquent, aucune avancée significative n'est réalisée par aucun des deux camps. Parmi ces offensives, les plus coûteuses en hommes sont la bataille de Passchendaele avec environ 600 000 morts, la bataille de Verdun avec plus de 700 000 morts et enfin la bataille de la Somme où les pertes excèdent le million, pour les deux camps combinés.

Dans un effort pour sortir de l'impasse, ce front a vu l'introduction de nouvelles technologies militaires, notamment des gaz toxiques, des avions et des chars. Mais ce n'est qu'après l'adoption de meilleures tactiques qu'un certain degré de mobilité est restauré. L'offensive du printemps allemande de 1918 est rendue possible par la signature du traité de Brest-Litovsk, signalant le retrait russe de la guerre et, subséquemment, la clôture définitive du Front de l'Est. Désormais focalisées sur un seul théâtre de la guerre, les armées allemandes, usant de récentes tactiques d'infiltration, gagnent environ 97 kilomètres à l'ouest, ce qui marque l'avancée la plus significative par l'un des deux belligérants depuis le début de la guerre en 1914. Par cette offensive majeure menée par Ludendorff, les armées allemandes réussissent presque à réaliser une percée dans les rangs alliés.

Malgré la nature stable et stagnante du front de l'Ouest, il se révèle être l'un des théâtres d'opérations les plus décisifs de la Grande Guerre. L'inexorable avancée des armées alliées à partir de mi-1918 pousse les commandants allemands à croire que la défaite devient inévitable, et conduit ainsi le gouvernement à négocier un armistice le , qui met fin aux combats sur le Front de l'Ouest, et à la Première Guerre mondiale. Les termes et conditions de la paix sont ensuite fixés définitivement avec la signature du traité de Versailles en 1919, qui impose entre autres des indemnités de réparation à l'Allemagne, désormais une république.

1914 : invasion allemande du Gd-Duché du Luxembourg, de la Belgique et de la France

Carte du front de l'Ouest, présentant les itinéraires de la course à la mer, 1914.

Le , l'assassinat de l'archiduc d'Autriche François-Ferdinand par un étudiant serbe pousse l'Autriche-Hongrie, membre de la Triplice, à déclarer la guerre à la Serbie. Subséquemment, le système des alliances pousse l'Allemagne à déclarer la guerre à la Russie et à la France. L'armée allemande exécute alors une version modifiée du plan Schlieffen, qui prévoit d'attaquer rapidement la France à travers la Belgique neutre, avant de se tourner vers le sud pour encercler l'armée française sur la frontière entre les deux pays. En outre, le fait que la neutralité de la Belgique est garantie par le traité de Londres de 1839 pousse le Royaume-Uni à déclarer la guerre à l'Allemagne, rejoignant ainsi une guerre dont les belligérants commencent à s'inscrire au sein de deux parties distinctes : les Alliés et les Empires centraux. Le 4 août 1914, les armées allemandes commandées par Alexandre von Klück et Karl von Bülow attaquent la Belgique, tandis que le Luxembourg est occupé sans opposition le 2 août. La première bataille en Belgique est le siège de Liège, qui dure du 5 au 16 août. La ville de Liège est très bien fortifiée, équipée d'une ceinture de forts situés à l'Est de la ville qui rend toute pénétration ardue. Ces forts servent d'ailleurs de points d'appui aux troupes alliées combattant dans les environs de Liège. Le général von Bülow, surpris de cette résistance à laquelle il ne s'attend pas, use alors de l'artillerie lourde allemande pour pilonner les forts clés, les réduisant à l'état de ruines au bout de quelques jours seulement. Après la chute de Liège, la majeure partie de l'armée belge se retire à Anvers et Namur, tandis que la capitale belge, Bruxelles, tombe aux mains des Allemands le 20 août. Si l'armée allemande a finalement décidé de contourner Anvers, les soldats belges que la ville contient constituera une menace pour les flancs de la Deutsches Heer. Un autre siège de la ville de Namur s'ensuit, qui dure du 20 au 23 août.

Soldats français durant une charge à la baïonnette.

Quant à eux, les Français disposent de cinq armées déployées le long de leurs frontières. Le plan d'avant-guerre offensif français, le plan XVII, a pour but de capturer l'Alsace-Lorraine après le déclenchement des hostilités. Le 7 août, le 7e corps d'armée français attaque l'Alsace avec pour objectif défini la capture des villes de Mulhouse et de Colmar. La principale offensive est lancée le 14 août par les 1re et 2e armées qui attaquent en direction de Sarrebourg-Morhange en Lorraine. En conformité avec le plan Schlieffen, les Allemands se retirent lentement tout en infligeant de lourdes pertes aux Français. Les Français avancent leurs 3e et 4e armées vers la Sarre et tentent alors de capturer Sarrebourg en attaquant Briey et Neufchâteau, avant d'être repoussés par les Allemands. Ensuite, le 7e corps d'armée français capture Mulhouse après une brève escarmouche le 7 août, mais les forces de réserve allemandes récupèrent la ville après leur victoire à la bataille de Mulhouse, ce qui conduit à une retraite française des environs de la ville.

L'armée allemande marche à travers la Belgique, et face à la résistance, fait endurer à la population civile de grandes souffrances. La propagande des Alliés en temps de guerre saute immédiatement sur l'occasion afin de dresser un portrait très négatif de l'invasion allemande du pays, la représentant comme un « viol de la Belgique ». Après une marche à travers la Belgique, le Luxembourg et les Ardennes, l'armée allemande pénètre dans le nord de France lors de la seconde moitié du mois d'août, où elle rencontre les armées françaises, commandées par Joseph Joffre, et les six divisions initiales du Corps expéditionnaire britannique, menées par Sir John French. Une série d'affrontements s'ensuit, cette prise de contact entre les troupes allemandes et alliées étant communément désignée comme la bataille des Frontières. Les batailles clés de cette période incluent celles de Charleroi et de Mons. Lors de cette dernière, la 5e armée française est quasiment détruite par les 2e et 3e armées allemandes, cet accrochage ayant malgré tout contribué à retarder l'avancée allemande d'un jour. À la suite de ces défaites, une retraite générale des Alliés est déclarée, résultant malgré tout en d'autres affrontements lors des batailles du Cateau, de Maubeuge et de Guise (Saint-Quentin).

Infanterie allemande sur le champ de bataille, .

L'armée allemande parvient à environ 70 kilomètres (43 mi) de Paris mais, lors de la première bataille de la Marne du 6 au 12 septembre, les troupes françaises et britanniques parviennent à repousser les Allemands, après avoir judicieusement exploité une brèche apparue entre les 1re et 2e armées allemandes. Cette retraite sonne ainsi la fin de l'avancée des troupes impériales en France. L'armée allemande, après sa retraite, se réfugie au nord de l'Aisne, montrant ainsi les prémices d'un front de l'Ouest qui resterait statique pour les trois années à venir. Après la retraite allemande, les belligérants tentent ensuite de se déborder les uns les autres, en essayant de se contourner mutuellement par les flancs lors de la course à la mer, étendant ainsi leur système de tranchées de la mer du Nord à la frontière suisse. L'occupation allemande du territoire français qui en résulte prive ainsi la France de 64 % de sa production de fonte, de 24 % de sa fabrication d'acier et de 40 % de sa capacité totale de l'exploitation minière du charbon, portant ainsi un coup sérieux, mais non rédhibitoire ni fatal, à l'industrie du pays. Lors de ce mouvement, Lille, principale ville du Nord de la France et important centre industriel avec son agglomération est prise le 12 octobre par l'armée allemande après un court siège.

Du côté de l'Entente, les lignes sont partagées par les armées des pays alliés, avec chaque nation défendant une partie du front. Près de la côte dans le nord, les forces principales présentes sont celles de la Belgique, de l'Empire britannique et de la France. Après la bataille de l'Yser en octobre, les forces belges contrôlent 35 kilomètres du territoire des Flandres le long de la côte, avec leur front suivant l'Yser et l'Yperlée, s'étendant de Nieuport à Boezinge. Quant à elles, les forces du Corps expéditionnaire britannique sont stationnées dans le secteur sud. C'est là que du 19 octobre au 22 novembre, les forces allemandes effectuent leur dernière tentative de percée de 1914 lors de la première bataille d'Ypres. De lourdes pertes sont subies des deux camps, mais aucune percée n'est effectuée, le front restant stable. Après la bataille, Erich von Falkenhayn déclare qu'il pense qu'il n'y a plus aucune possibilité pour l'Allemagne de remporter la guerre. Le , il essaye de convaincre ses pairs de chercher une solution diplomatique, mais le chancelier Theobald von Bethmann Hollweg, Paul von Hindenburg et Erich Ludendorff sont en désaccord avec la solution proposée par von Falkenhayn et veulent tous trois que les hostilités continuent, croyant fermement à une potentielle victoire finale de l'Empire. À Noël, le Corps expéditionnaire britannique surveille une ligne continue du canal de la Bassée au sud de Saint-Éloi dans la vallée de la Somme. Le reste du front, du sud à la frontière avec la Suisse, est occupé par les forces françaises.

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