Francis Poulenc

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Francis Poulenc ([ pu.lɛ̃ːk]) [1] est un compositeur et pianiste français, né le à Paris où il est mort le .

Biographie

photo : Plaque commémorative
Plaque commémorative de la naissance de Francis Poulenc au 2 place des Saussaies à Paris (8e)

Le père de Francis Poulenc, Émile Poulenc (1855-1917), est l’un des fondateurs des établissements Poulenc frères qui deviendront plus tard le groupe Rhône-Poulenc [2]. Sa mère, Jenny Royer (1864-1915), fille d’artisans parisiens [2], lui apprend le piano dès l'âge de cinq ans [2]. À partir de 1915, il se perfectionne auprès de Ricardo Viñes, qui lui fait rencontrer notamment Erik Satie, Claude Debussy et Maurice Ravel [3].

Après une scolarité au lycée Condorcet, il connaît à dix-huit ans une première réussite lors d’un concert de musique « d’avant-garde » donné au théâtre du Vieux-Colombier, dirigé alors par la cantatrice Jane Bathori [4]. Sa Rapsodie nègre (1917) lui ferme la porte du Conservatoire de Paris [5], mais attire l’attention du compositeur Igor Stravinsky, dont l'appui lui permet de faire publier ses premières œuvres aux éditions britanniques Chester [6], [7], [8].

Grâce à son amie d’enfance Raymonde Linossier (1897–1930) [9], il fréquente en compagnie de son ami Georges Auric (son « frère jumeau » [réf. nécessaire]) la Maison des amis des livres, tenue par Adrienne Monnier [9]. Il y fait la connaissance des poètes d’avant-garde, tels que Jean Cocteau, Guillaume Apollinaire, Max Jacob, Paul Éluard [10], dont il mettra de nombreux textes en musique.

Il compose Le Bestiaire ou Cortège d'Orphée (1918), un cycle de mélodies reprenant des poèmes de l' œuvre éponyme de Guillaume Apollinaire, et en confie la première exécution à Suzanne Peignot (1919) [11]. C'est à cette époque que se crée, sous l'impulsion de Jean Cocteau et d'Erik Satie, un collectif de jeunes compositeurs que le critique Henri Collet surnomme en 1920 le «  groupe des Six », en référence au «  groupe des Cinq » russes. Constitué, outre Francis Poulenc, de Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger, Darius Milhaud et Germaine Tailleferre, il se veut une réaction contre le romantisme et le wagnérisme, mais aussi, dans une certaine mesure, contre le courant impressionniste. Le groupe des Six ne créera pourtant que deux œuvres collectives : un recueil pour le piano, Album des Six, et un ballet, Les Mariés de la tour Eiffel (sur un texte de Cocteau).

De 1921 à 1925, Poulenc étudie la composition avec Charles Koechlin [12], un élève de Gabriel Fauré. Il reste néanmoins une sorte d’autodidacte : « Mon canon, c’est l’instinct », dit-il un jour. La première de son ballet Les Biches, donné par les Ballets russes de Serge de Diaghilev, dans des décors et des costumes de Marie Laurencin, a lieu en janvier 1924.

En 1926, il rencontre le baryton Pierre Bernac, à qui il demande d'interpréter les Chansons gaillardes composées la même année [13]. Pierre Bernac deviendra son interprète-fétiche (Franck Ferraty parle de « partenaire affectif privilégié » [14], bien que selon Wilfrid Mellers « malgré les inclinations homosexuelles de Francis, lui et Bernac ne furent pas amants » [15]) et pour lequel il composera 90 de ses 145 mélodies [16]. Il l’accompagne au piano à partir de 1935 (et jusqu'en 1959) dans des récitals de musique française à travers le monde entier.

En 1927, il achète le « Grand Coteau », une maison près de Noizay, en Touraine, où il se réfugie dès lors pour composer. En 1928, il écrit pour la célèbre claveciniste Wanda Landowska le Concert champêtre pour clavecin et orchestre. L’œuvre est dédiée à son amant, le peintre Richard Chanlaire. Il crée son Concerto pour deux pianos en 1932 avec Jacques Février, fidèle interprète de ses œuvres.

La mort de plusieurs amis et celle du compositeur et critique Pierre-Octave Ferroud, puis un pèlerinage à Rocamadour en 1935, le ramènent vers la foi catholique dont il s’était détourné depuis la mort de son père, en 1917. Même s'il continue à composer des mélodies légères, comme les Quatre chansons pour enfants (1934) sur des textes de Jean Nohain, certaines de ses œuvres se font plus sombres et austères. En 1936, il compose les Litanies à la Vierge noire de Rocamadour, pour chœur de femmes et orgue (qu’il orchestre ultérieurement), suivies de la Messe en sol majeur pour chœur mixte a cappella [17] (1937) et des Quatre motets pour un temps de pénitence (1938-39).

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Poulenc écrit texte et musique des Animaux modèles, ballet plein d’humour créé à l' Opéra de Paris en 1942 sur une chorégraphie de Serge Lifar, avec les costumes de son ami le peintre et décorateur de théâtre Maurice Brianchon. L’œuvre peut être vue comme un acte de résistance, en ce qu’elle fait entendre un passage de Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine – que les officiers allemands ne reconnurent pas à l'époque. La même année, il compose la musique du film La Duchesse de Langeais de Jacques de Baroncelli.

En revanche, sa cantate Figure humaine (1943) sur des textes de Paul Éluard doit attendre 1945 pour être créée (à Londres), sans doute en raison du poème qui la conclut : Liberté. Poulenc la dédie à son compagnon d’alors, Raymond Destouches (un chauffeur rencontré au début des années 1930). Toujours en 1945, il crée un conte musical, Histoire de Babar, le petit éléphant d'après le personnage créé par Jean de Brunhoff. Grâce à Max de Rieux [18], il se lie d'amitié avec la jeune soprano Denise Duval, à laquelle il confie le rôle principal de son opéra-bouffe, Les Mamelles de Tirésias d’après la comédie-éponyme de Guillaume Apollinaire, lors de la création à l' Opéra-Comique en 1947 [19]. Poulenc continue à alterner mélodies, chœurs profanes (Huit chansons françaises, 1945) ou religieux ( Stabat Mater, 1950), pièces orchestrales (Sinfonietta, 1947), de chambre ou pour le piano.

Le 7 novembre 1948, il donne son premier récital avec Pierre Bernac aux États-Unis. Il y rencontre notamment la soprano Leontyne Price, qui le met au programme de ses récitals, et le compositeur Samuel Barber dont les Mélodies passagères seront créées à Paris par Bernac et Poulenc en février 1952.

En 1953, le directeur des éditions Ricordi commande à Poulenc un ballet sur sainte Marguerite de Cortone pour la Scala de Milan. Poulenc décline l'offre, mais s'arrête sur le livret en italien que Flavio Testi  (en) a tiré d'une pièce représentée l'année précédente au théâtre des Arts par Jacques Hébertot, Dialogues des carmélites d'après un scénario inédit de Georges Bernanos. Malgré des problèmes de droits et de santé, Poulenc se lance à corps perdu dans un sujet qui ne tarde pas à l'obséder, les angoisses de Blanche de la Force face à la mort faisant écho aux siennes, confronté à la longue agonie de son compagnon de l'époque, Lucien Roubert [20], un voyageur de commerce. Il adapte lui-même le texte de Bernanos pour une version française et achève sa partition en août 1955 au moment même de la mort de Lucien. Dialogues des carmélites est créé à Milan le 26 janvier 1957 avec Leyla Gencer (Mme Lidoine) et Virginia Zeani (Blanche), puis en version française à l'Opéra de Paris le 21 juin suivant avec Régine Crespin et Denise Duval. La première aux États-Unis a lieu en septembre de la même année au San Francisco Opera avec Leontyne Price qui fait sa première apparition sur une grande scène d’opéra dans le rôle de Mme Lidoine.

Plaque commémorative au 5, rue de Médicis à Paris.

Il est suivi en 1958 par La Voix humaine, tragédie lyrique d’après Cocteau, dédiée à son dernier amour, Louis Gautier, un travailleur manuel rencontré en 1957 [21]. En 1960-61, il est aux États-Unis pour les créations des Mamelles de Tirésias et de La Voix humaine. Son Gloria pour soprano solo, chœur mixte et orchestre est créé simultanément à Boston par Charles Munch et à Paris par Georges Prêtre (janvier-février 1961). La même année, il publie un livre sur Emmanuel Chabrier.

Il meurt le d'une crise cardiaque à son domicile du 5, rue de Médicis, face au jardin du Luxembourg. Il est enterré à Paris, au cimetière du Père-Lachaise ( division 5).

Ses deux dernières compositions sont créées de façon posthume en avril et juin 1963 : la Sonate pour hautbois et piano par Pierre Pierlot et Jacques Février, et la Sonate pour clarinette et piano par Benny Goodman et Leonard Bernstein.

Le critique Claude Rostand, pour souligner la coexistence chez Poulenc d’une grande gravité due à sa foi catholique avec l’insouciance et la fantaisie, a forgé la formule célèbre « moine ou voyou ». Ainsi, à propos de son Gloria, qui provoqua quelques remous à sa création, le compositeur lui-même déclara : « J’ai pensé, simplement, en l’écrivant à ces fresques de Benozzo Gozzoli où les anges tirent la langue, et aussi à ces graves bénédictins que j’ai vu un jour jouer au football ».

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