France Télévisions

France Télévisions
logo de France Télévisions
illustration de France Télévisions

Création
Dates clés : Début de la présidence commune

 : Création du regroupement France Télévision
1998 : Installation dans le nouveau siège parisien
 : Création de la holding France Télévisions
 : Nouvelle identité visuelle unifiée
 : Suppression de la publicité entre 20 h et h
 : Transformation en entreprise commune
 : Arrêt de la diffusion en clair sur le satellite Eutelsat 5 West A
 : Nouvelle identité visuelle

FondateursJack Lang, Catherine Tasca
Personnages clésHervé Bourges (1er président de France Télévision)
Nicolas Sarkozy (réforme de 2008)
Forme juridiqueSociété anonyme à conseil d'administration public
Slogan« #NotreTélé »
Siège socialParis
Drapeau de France France
DirectionDelphine Ernotte (PDG)
ActionnairesÉtat français (100 %)
ActivitéAudiovisuel
ProduitsTélévision, radio, production audiovisuelle, publicité et web
FilialesTélévision : France 2, France 3, France 4, France 5, France Ô, France Info, TV5 Monde (49 %), Arte (45 %), Euronews (10,73 %), Africanews (10,73 %), Mezzo (40 %) et Planète+ Crime+Investigation (34 %)
Réseaux de chaînes à proximité : La 1ère et Réseau régional France 3
Radio : Radio Outre-Mer 1ère et Réseau Outre-Mer 1ère
Internet : France.tv, France Info, Francetv Sport, Géopolis, Culturebox, Francetv éducation, Lesite.tv, Nouvelles écritures, IRL, Studio 4, Ludo, Zouzous, Leclub Francetv et Francetv zoom
Production audiovisuelle : France 2 Cinéma, France 3 Cinéma et Multimédia France Productions
Publicité : France Télévisions Publicité, France Télévisions Publicité Inter Océan, France Télévisions Publicité Conseil et Média exchange
Édition et distribution : France Télévisions Distribution
Autres : France Télévisions Numérique, Télévision Radio Services, France Télévisions Gestion Immobilière, Société Civile Immobilière France Télévisions, Société Civile Immobilière Valin, Gestion du réseau 1 et Médiamétrie (22,89 %)
Effectif10 405 (2016)
SIREN432 766 947
Site webwww.francetelevisions.fr

Chiffre d’affairesen augmentation 3,090 milliards € (2016) [1]
Résultat neten augmentation -1,1 million € (2016)[1]

France Télévisions (stylisé france•tv) est une société nationale de programme qui gère les activités de la télévision publique en France, de la production à la diffusion. Créée le comme un simple groupement des deux chaînes publiques, elle est remplacée par une holding le avant de devenir une entreprise commune le .

Premier groupe audiovisuel en France en termes d'audiences, la société regroupe les chaînes France 2, France 3, France 4, France 5, France Ô et le Réseau Outre-Mer Réseau Outre-Mer 1re, et détient des participations dans plusieurs chaînes thématiques et internationales. Elle est également présente à la radio en outre-mer et possède plusieurs sites web.

Histoire du groupe

Les origines

Le , l'ORTF est démantelé en sept sociétés. Trois sociétés nationales de programmes de télévision autonomes et concurrentes sont créées le  : Télévision française 1 (TF1), Antenne 2 (A2) et France Régions 3 (FR3)[2],[3]. Le , elles participent avec la TSR et la RTBF à la création de la chaîne francophone internationale TV5 Monde[4]. Le , FR3 participe à la création de La Sept en en devenant actionnaire à 45 %[5]. En , TF1 est privatisée avec la vente de la moitié de son capital au groupe de BTP Bouygues[6].

En 1989, à la suite d'une conversation avec le président-directeur général de TF1 Patrick Le Lay, le ministre de la Culture Jack Lang a l'idée de doter les deux chaînes publiques (Antenne 2 et FR3) d'une présidence commune[7]. Avec sa ministre déléguée à la Communication, Catherine Tasca, il porte ce projet qui doit promouvoir une stratégie commune et assurer la complémentarité des programmes entre les deux chaînes[8], afin de faire face à la montée en puissance de TF1 et de M6, et au développement des chaînes thématiques[9]. La loi du institue une présidence commune, tout en maintenant une séparation juridique des deux chaînes[10],[11]. Le gouvernement socialiste soutient les candidatures d'Hervé Bourges et de Georges Kiejman mais le nouveau Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) veut marquer son territoire et nomme le à la surprise générale Philippe Guilhaume au poste de président du groupement. Mais ce dernier démissionne au bout de 14 mois, en , après une série de polémiques et une grève des journalistes[12],[13]. Il est remplacé par Hervé Bourges le [9].

Le , Antenne 2 et FR3 changent de nom et deviennent respectivement France 2 et France 3. Elles sont désormais regroupées au sein d'une nouvelle entité dénommée France Télévision (sans « s »), qui n'a cependant pas d'existence juridique[9],[10]. Cette même année, le groupe lance sa première chaîne thématique, France Supervision, qui diffuse d'abord une sélection d'émissions de France 2 et France 3, puis des évènements culturels ou sportifs. Elle a la particularité d'émettre sur le satellite au format D2MAC, une combinaison d'analogique et de numérique, en 16/9 et en stéréo[14].

Le , France Télévision participe à la création de la chaîne d'information européenne Euronews aux côtés de la Rai et de la RTVE[15].

1993 - 1996 : ère Jean-Pierre Elkabbach

En , Jean-Pierre Elkabbach est nommé président par le CSA. Il décide de concurrencer TF1 sur le terrain de l'audience et se lance dans une coûteuse politique d'embauches d'animateurs-producteurs. C'est une réussite puisqu'en 1995 l'audience de France Télévision (43 %) dépasse celle de TF1 (35 %). Mais en , le député Alain Griotteray rend public les mirobolants contrats des animateurs-producteurs vedettes, comme celui de Jean-Luc Delarue, créant une vive polémique dans le pays. Jean-Pierre Elkabbach doit s'expliquer sur sa gestion de l'argent public devant les salariés, les syndicats, le CSA et les parlementaires[9],[16],[17]. Finalement, il démissionne fin [18].

1996 - 1999 : ère Xavier Gouyou-Beauchamps

Le , le CSA nomme Xavier Gouyou-Beauchamps, directeur général de France 3, au poste de président de France Télévision[18].

Le , la chaîne Festival, dédiée à la fiction, est lancée. Elle est détenue par France 2 (28 %), France 3 (28 %), le britannique Carlton Communications (28 %), La Sept-Arte (11 %), et l'américano-néerlandais Regency Monarchy (5 %)[19]. Le , le bouquet numérique de télévision par satellite TPS est lancé pour concurrencer Canalsatellite. Il est détenu à parts égales, c'est-à dire à 25 %, par TF1, M6, Suez-Lyonnaise des eaux et France Télévision Entreprises (France Télévision 34 % - France Télécom 66 %)[10],[20].

En , la chaîne Histoire est lancée. Elle est détenue par un groupement public à 60 % (France Télévision 25 %, La Sept-Arte 25 %, INA 10 %), ainsi que par Finances et Communication (20 %), France Télécom (10 %) et Lyonnaise Communication (10 %)[21].

Le , la chaîne thématique Mezzo remplace France Supervision. Cette nouvelle chaîne, consacrée à la musique, la danse et l'opéra, est détenue par France Télécom (50 %), France 2 (40 %), Arte (5 %) et La Cinquième (5 %)[22]. Le , la chaîne thématique Régions, consacrée à la découverte et à l'information des régions, est lancée sur le satellite[23],[24]

En 1998, les 2 400 salariés du groupe, jusqu'ici répartis sur 17 sites dans Paris, déménagent dans le nouveau siège de France Télévision situé le long de la Seine, dans le 15e arrondissement de Paris. Le projet est issu de la volonté d'Hervé Bourges en 1992 et le choix de son emplacement a été décidé par le Premier ministre Édouard Balladur en . Conçu par l'architecte Jean-Paul Viguier, le bâtiment de 100 000 m2, dont 56 000 m2 de bureaux et de studios, a été construit de 1995 à 1998. Le coût total de l'opération est de 3 milliards de francs (soit plus de 457 millions d'euros)[25],[26].

En 1998, la ministre de la Culture Catherine Trautmann lance un projet de réforme de l'audiovisuel public. Ce projet prévoit notamment la création d'une holding regroupant les sociétés France 2, France 3, La Cinquième, La Sept-Arte et RFO pour faire face aux groupes privés[27].

1999 - 2005 : ère Marc Tessier

Le , Marc Tessier, président du CNC, est nommé à la présidence de France Télévision par le CSA[28].

La loi du crée la holding France Télévisions (avec un « s » cette fois) rassemblant les chaînes France 2, France 3 et La Cinquième. Le président du groupe est nommé par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), et son mandat est porté à cinq ans contre trois auparavant. Dans le même temps, le temps de publicité sur les chaînes publiques est réduit de 12 à 8 minutes par heure[29],[30]. Marc Tessier, qui était déjà le président commun de France 2 et France 3, est nommé à la présidence du nouveau groupe[31].

En , la chaîne gastronomique du chef cuisinier Joël Robuchon, Gourmet TV, détenue à 40 % par France Télévisions Entreprises (France Télévisions et France Télécom), est lancée[32]. Le , France Télévisions signe son premier Contrat d'Objectifs et de Moyens (COM) avec l'État pour la période 2001-2005[30].

Le , le groupe dévoile sa nouvelle identité visuelle qui doit lui donner plus d'homogénéité. France Télévisions est désormais stylisé « francetélévisions » et La Cinquième devient France 5. Chaque chaîne se voit attribuer une couleur : rouge pour France 2, bleu pour France 3, et vert pour France 5. Ce nouvel habillage est conçu par l'agence Gédéon Communications pour un coût de 2,29 millions d'euros[33],[34],[35]. Ce même mois, France Télévisions Entreprises (France Télévisions 34 % - France Télécom 66 %) vend sa participation dans TPS au groupe TF1 pour un montant de 195 millions d'euros, répartis en 128,7 millions d'euros pour France Télécom et 66,3 millions d'euros pour France Télévisions[36]. Le , la chaîne thématique Planète Thalassa commence à émettre à la suite d'un accord entre MultiThématiques (Groupe Canal+) et France Télévisions. Dédiée au monde maritime, la grille de la chaîne s'articule autour des émissions emblématiques Thalassa et Faut pas rêver[37].

En , le gouvernement utilise le droit de priorité du service public pour demander des canaux sur la future télévision numérique terrestre française pour ses chaînes de télévision France 2, France 3, France 5, Arte et La Chaîne parlementaire. Il réserve également trois canaux supplémentaires pour des services de télévision numérique régionale édités par France 3, ainsi que deux sociétés provisoirement dénommées « La Chaîne de rediffusion » et « La Chaîne d'information continue ». Mais en , le nouveau gouvernement renonce à deux de ces canaux et attribue le dernier à la chaîne Festival[38].

Le , la chaîne thématique Régions, détenue à 50 % par France Télévisions, à 40 % par Wanadoo (France Télécom) et à 10 % par Dexia, cesse d'émettre faute d'audience[39]. En juillet, le capital de l'agence de coopération Canal France International (CFI) est racheté par France Télévisions (75 %) et Arte France (25 %)[40]. Le , la chaîne thématique Ma Planète est lancée à destination des enfants. Elle est le fruit d'une nouvelle collaboration entre MultiThématiques (Groupe Canal+) et France Télévisions[41].

À la suite de la loi du , la société de programme Réseau France Outre-mer (RFO) est intégrée au groupe France Télévisions. Le , la chaîne RFO Sat est renommée France Ô, dans le même esprit que les autres chaînes du groupe[30],[42],[43]. Le , la télévision numérique terrestre (TNT) est lancée en France. Ce même jour, la chaîne France 4 succède à Festival[30].

2005 - 2010 : ère Patrick de Carolis

État des lieux et projet de réforme interne

Le , Patrick de Carolis, présentateur-producteur de Des racines et des ailes, devient président de France Télévisions pour un mandat de cinq ans. Il a été nommé par le CSA le [44].

Le , la chaîne Gulli, propriété de Lagardère Active (66 %) et France Télévisions (34 %), est lancée sur la TNT[45],[46]. Le , France Télévisions constitue à parité avec le groupe TF1 la société de la future chaîne française d'information internationale en continu[47]. Ce partenariat décidé en fait suite à la volonté du président de la République Jacques Chirac en 2002 de donner à la France une voix à l'étranger. La chaîne d'information, finalement intitulée France 24, commence à émettre le en streaming sur Internet puis dès le lendemain sur les autres réseaux[48].

Le , la présidence de France Télévisions publie un état des lieux sévère sur la situation du groupe, réalisé entre septembre et . Ce rapport souligne plusieurs points préoccupants : la baisse continuelle des audiences du groupe, l'absence de gain de productivité dans les ressources humaines, la situation financière très dégradée de RFO, la stratégie de programmation de France 3, la mauvaise gestion éditoriale des stocks de programmes, la hausse du coût des contrats des animateurs-producteurs, le déséquilibre économique structurel de la filière de production et le manque de synergie entre les rédactions. Il souligne aussi les points positifs : la situation économique et financière saine du groupe et l'efficacité du plan de réduction des coûts (Synergia). Le rapport est contesté par l'ancien PDG Marc Tessier et par les syndicats du groupe (SNRT-CGT, SNJ-CGT)[49],[50].

En , le groupe lance France Télévisions VOD, son site internet de vidéo à la demande[51]. En décembre, il ouvre le Club France Télévisions, qui permet de gagner des invitations pour assister à des événements sportifs ou culturels et découvrir les coulisses des émissions[52].

Le , le groupe lance la Fondation France Télévisions, la première fondation d'entreprise d'un groupe audiovisuel français[30]. Le , France Télévisions et le groupe Canal+ lancent la chaîne Planète Justice consacrée au système judiciaire[53]. Cette même année, le groupe signe son deuxième Contrat d'Objectifs et de Moyens (COM) pour la période 2007-2010[30].

En , Patrick de Carolis annonce pour l'année à venir un plan de réforme dont l'objectif est de « moderniser et harmoniser » le groupe public et de faire des économies de « quelques dizaines de millions d'euros ». Il lance huit chantiers, dont la création d'un statut unique pour l'ensemble des chaînes jusqu'alors juridiquement indépendantes, la mutualisation des moyens de production de l'information, la création d'une direction commune pour les unités jeunesse, acquisition et études, et la prise de mesures concernant les directions financières, ressources humaines, technique et informatique. Face aux inquiétudes des salariés, le PDG répond qu'il n'y aura pas de « vaste plan social »[54].

Réforme de Nicolas Sarkozy

Le , le président de la République Nicolas Sarkozy annonce lors d'une conférence de presse une « véritable révolution culturelle dans le service public de la télévision » avec la possible suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques. Le manque à gagner serait financé par une taxe accrue sur les recettes publicitaires des chaînes privées et une taxe infinitésimale sur le chiffre d'affaires de nouveaux moyens de communication comme la téléphonie mobile et l'accès à Internet. L'annonce est une surprise pour tout le milieu audiovisuel et un choc pour la direction de France Télévisions, où les 300 salariés de France télévisions publicité sont inquiets pour leur avenir[55],[56]. Une commission présidée par Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, est mandatée pour revoir de fond en comble les missions de France Télévisions[57].

Logos des chaînes de France Télévisions d'avril 2008 au 28 janvier 2018.

Le , France Télévisions adopte une nouvelle identité visuelle, avec de nouveaux logos de chaînes désormais en 3D. Le logo du groupe arbore les cinq couleurs de ses cinq chaînes : rouge pour France 2, bleu pour France 3, violet pour France 4, vert pour France 5, orange pour France Ô, ainsi que jaune pour 1re. De plus, l'habillage est modernisé pour accompagner le basculement de France 2 et France 5 au format 16/9[58],[59]. France 4 adopte à son tour ce format le [60].

Le , à la suite de la remise du rapport de la commission Copé, Nicolas Sarkozy confirme sa volonté de supprimer la publicité des chaînes publiques entre 20 heures et 6 heures à partir du . Le manque à gagner évalué à 450 millions d'euros sera financé par une taxe de 3 % sur les recettes publicitaires des chaînes privées et une autre de 0,9 % sur le chiffre d'affaires des opérateurs de téléphonie et d'internet (taxe télécoms). Il annonce également que le président de France Télévisions ne sera plus nommé par le CSA mais par l'exécutif, c'est-à-dire par le chef de l'État lui-même. Cette dernière décision déclenche une nouvelle polémique, les politiques de l'opposition parlant d'une « mise sous contrôle de la télévision »[10],[61],[62].

Le , la société de journalistes de France 2 et celle de la rédaction nationale de France 3 publient une tribune dans Libération intitulée « Ni pub mais soumise ». Ils jugent que la nomination du président de France Télévisions par l'exécutif est un « dangereux retour en arrière » du temps de l'ORTF, et porte atteinte à leur indépendance et à leur crédibilité. Concernant le financement de la suppression de la publicité, ils dénoncent un « projet de financement bâti sur du sable »[63]. Le lendemain sur RTL, le PDG Patrick de Carolis estime sur ce point que « le compte n'y est pas », et ajoute que ses chaînes n'accepteront pas d'émission imposée de l'extérieur[64].

Le , alors que la loi n'est pas encore votée, la publicité est supprimée du service public entre 20 h et 6 h du matin. Les programmes de première partie de soirée débutent désormais à 20 35 au lieu de 20 50 auparavant[30],[57],[56]. Le , le groupe lance son site Internet mobile à destination des smartphones, comprenant un guide des programmes, des informations et un service de messagerie pour interagir avec les émissions[65]. Le , la chaîne ludo-éducative Planète Juniors, détenue par France Télévisions et MultiThématiques (groupe Canal+), cesse d'émettre. Elle était née le de la fusion de Ma Planète (France Télévisions et MultiThématiques) et Eurêka ! (TPS)[66]. Le , France 3 passe en totalité au format 16/9[67].

En 2009, la nouvelle holding Audiovisuel extérieur de la France (AEF), créée en , rachète au groupe TF1 et à France Télévisions leur participation dans la chaîne d'information France 24 pour un montant de 2 millions d'euros chacun. France Télévisions s'engage à fournir des programmes d'actualité pendant 7 ans pour un montant d'un million d'euros par an[68]. L'année précédente, France Télévisions avait déjà dû céder une grande partie de ses parts dans TV5 Monde à l'AEF pour ne conserver que 12,58 %[69].

Le , à la suite de la loi du , France Télévisions devient une entreprise commune, société nationale de programme, en fusionnant la quarantaine de sociétés qui composait jusque-là une holding. Le cahier des charges du groupe fixe la nouvelle ambition éditoriale du service public de la télévision, libéré de la pression de l'audience grâce à la suppression de la publicité[30],[70].

Le , la Commission européenne ouvre une procédure officielle d'infraction contre la France, estimant que la taxe imposée par au secteur des télécoms (taxe télécoms) pour financer l'audiovisuel public est « une charge administrative incompatible avec le droit européen »[56]. France Télévisions lance son portail sportif Francetv sport en juin, et son service de télévision de rattrapage Pluzz en juillet[30].

2010 - 2015 : ère Rémy Pflimlin

Le , Rémy Pflimlin, directeur général de Presstalis, prend ses fonctions de président de France Télévisions. Il est le premier président nommé par le chef d'État. Il commence par réorganiser l'organigramme du groupe en recréant des postes de directeurs pour chaque chaîne, afin de garantir leur indépendance. De plus, il supprime le poste de numéro deux du groupe occupé par Patrice Duhamel et remplace Arlette Chabot par Thierry Thuillier à la direction de l'information. Ces deux départs sont vus comme l'œuvre de Nicolas Sarkozy, qui était en froid avec Duhamel et Chabot. Les chantiers de Pflimlin sont de rajeunir l'audience du groupe, développer son offre numérique, et de mettre plus de diversité dans les programmes[71],[72].

Le , deux sénateurs déposent une proposition de loi repoussant au la suppression de la publicité en journée sur les chaînes publiques, prévue pour . Le même jour, les sociétés La Financière Lov et Publicis Groupe renoncent à acheter une partie de France télévisions publicité, considérant que le maintien de la publicité va rendre sans effet ce projet de privatisation. En février, les sociétés étaient entrées en négociations exclusives avec France Télévisions pour acheter 70 % du capital de la régie publicitaire pour un montant de 2,6 millions d'euros[57],[56],[73].

Le , la Commission européenne somme la France d'abolir la taxe télécoms instaurée par la loi et qui devait compenser la perte financière de France Télévisions avec la suppression de la publicité sur ses chaînes. Elle estime que la taxe est « incompatible avec le droit européen ». C'est une perte de 400 millions d'euros par an pour le groupe public[74]. Le , la TNT arrive en Outre-mer. Pour l'occasion, Réseau France Outre-mer (RFO) change de nom pour devenir Réseau Outre-Mer Réseau Outre-Mer 1re, constitué de 9 chaînes télévisées, de 9 radios associées et de 9 sites Internet[30],[75].

Le , Éric Zemmour est condamné par le tribunal correctionnel de Paris pour provocation à la discrimination raciale à la suite de ses propos sur « les Noirs et les Arabes » tenus dans des émissions de Canal+ et France Ô. Le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, puis la CGT, écrivent une lettre ouverte au président de France Télévisions, Rémy Pflimlin, lui demandant des sanctions contre le journaliste, comme sa suspension de l'émission On n'est pas couché. Mais le PDG refuse de désavouer Éric Zemmour et répond que « le service public est attaché aux valeurs humanistes et républicaines, mais c'est aussi le lieu où s'exprime la diversité des opinions dans le cadre légal »[76],[77].

En , le département France Télévisions Nouvelles écritures est créé. Il cherche de nouvelles expériences narratives propres aux médias numériques ou les mariant avec la télévision[30],[78]. Le , les chaînes de France Télévisions changent d'habillage[79],[80]. Le , le portail d'information Francetv info est lancé. Le , la France abandonne définitivement la télévision analogique pour le numérique. Ce même mois, France Télévisions signe son troisième Contrat d'Objectifs et de Moyens (COM) pour la période 2011-2015[30]. En , le service de télévision de rattrapage Pluzz est renommé Francetv pluzz et propose de nouvelles fonctions[81].

Le , Rémy Pflimlin dévoile aux salariés son plan d'économies de près de 200 millions d'euros pour combler le manque à gagner. Cela pourrait se traduire par un plan social de plus de 500 départs. Le directeur de l'information, Thierry Thuillier, annonce également l'unification des rédactions de France 2, France 3 national et Francetv info à l'horizon 2015[82],[83].

En , France Médias Monde, la société nationale de programmes gérant l'audiovisuel extérieur, cède 36,42 % de ses parts de TV5 Monde à France Télévisions pour un montant de 446 000 euros. France Télévisions monte ainsi sa participation dans la chaîne francophone à 49 %, retrouvant la situation antérieure à la création de France Médias Monde en 2008[84]. Cette même année, la plateforme numérique culturelle Culturebox est mise en ligne[30].

Le , France Télévisions se voit attribuer le label « Diversité » par AFNOR Certification[30],[85]. Le , l'offre Francetv info est lancée sur les télévisions connectées et les box. En 2015, Francetv éducation, la première offre audiovisuelle éducative gratuite en France, est lancée le , et Francetv zoom, une application proposant des vidéos sélectionnées parmi les chaînes du groupe, sort le [30].

À partir du , France Télévisions est perturbée par des grèves quotidiennes des principaux syndicats. Ces derniers demandent l'abandon du projet d'unification des rédactions et l'arrêt de la sous-traitance de plusieurs émissions. Ils dénoncent le manque de dialogue avec les dirigeants, qui doivent être remplacés quelques mois plus tard après la nomination d'un nouveau président[86]. En février, les médias publient un rapport accablant sur les conditions de travail au sein du groupe, commandé par la direction et trois syndicats à la suite de deux suicides d'employés en 2013. Ce rapport souligne plusieurs points problématiques : un sentiment d'être mal aimé de son actionnaire (l'État), une non-adhésion au projet d'entreprise unique (les tensions entre chaînes sont toujours présentes), une absence de véritable politique managériale (aucune vision à long terme), un manque de communication et d'accompagnement de la part des ressources humaines, une évolution des métiers entrainant la disparition de certains, des violences verbales, et une dégradation du climat de travail avec une démotivation et une individualisation des salariés[87].

Depuis 2015 : ère Delphine Ernotte

Le , Delphine Ernotte, directrice générale adjointe d'Orange France, devient la nouvelle présidente de France Télévisions. Elle a été nommée le par le CSA, qui avait récupéré la mission de nommer les présidents des sociétés nationales de programme avec la loi du [88],[89]. Cette nomination déclenche une polémique sur le manque de transparence de la procédure, notamment avec l'autorisation des candidatures secrètes. Le recalage de candidats sérieux sans les avoir auditionnés face à l'inexpérience de Delphine Ernotte dans l'audiovisuel laisse penser à des manœuvres en coulisse. Le candidat Didier Quillot porte plainte contre le CSA pour « abus d’autorité » tandis que la CGC et la CFDT déposent des recours en annulation devant le Conseil d'État[90],[91]. Finalement, ce dernier valide la nomination de Delphine Ernotte, considérant que « les atteintes alléguées à l'impartialité de la procédure n'étaient pas démontrées »[92].

Le premier grand projet de la nouvelle présidente est la création d'une chaîne d'information publique en continu, s'appuyant sur les moyens de France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et l'Institut national de l'audiovisuel. La chaîne, dont le choix du nom est bien difficile, est lancée le [93] sur le canal 27 de la TNT. Son nom, France Info (stylisé « franceinfo: »), et son logo sont dévoilés le [94].

En , France Télévisions revend une partie de ses parts dans la chaîne euronews, dont elle est l'un des fondateurs, pour un montant de 1,5 million d'euros. Elle conserve 10,73 % du capital de la chaîne européenne[95]. Le , la chaîne Planète+ Thalassa, détenue par France Télévisions (34 %) et le groupe Canal+ (66 %), s'arrête[96].

Le , Michel Field est nommé directeur de l'information à la surprise générale. S'il est plutôt bien reçu à son arrivée, des maladresses vont écorner son image auprès des journalistes du groupe. En moins de quatre mois, il se met à dos les trois sociétés de journalistes, notamment à propos de plusieurs dossiers : le nom de la future chaîne d'information avec Radio France, la fusion des rédactions, la refonte des émissions politiques en faisant appel à l'extérieur, et la réorganisation du « jeudi de l'info  ». Le , les journalistes votent à plus de 65 % en faveur d'une motion de défiance à son égard. Mais la présidente Delphine Ernotte lui renouvelle sa confiance[97].

Le le site internet de la nouvelle offre d’info publique, baptisée « France Info », remplace FranceTVInfo, le site d’information de France Télévisions lancé en 2011. C’est la première étape visible de la naissance de la nouvelle offre d’info du service public[98].

En , la Cour des comptes publie un rapport sur le groupe audiovisuel public « France Télévisions : mieux gérer l’entreprise, accélérer les réformes »[99]. La Cour couvre la période de 2009-2015 et est passablement critique vis-à-vis de la gestion de l'entreprise. Elle met en avant la perte d'audience globale entre 2008 et 2015 (-5,5 points), le déficit d'exploitation élevé (plus de 30 millions de pertes), le retard dans le numérique, le « risque sérieux de dérapage financier » que représente la nouvelle chaîne d'info, des fonctions en sureffectifs qui n'ont pas été réduites significativement[100]. Alors même que la Cour des comptes publie son rapport critiquant la politique « insuffisamment rigoureuse » de gestion du groupe, une enquête menée par BFM Business affirme que la nouvelle directrice touche un salaire qualifié d'« exorbitant » par Le Figaro, constitué d'un fixe de 322 000 euros brut par an, avec un bonus variable pouvant aller jusqu'à 78 000 euros, soit un total de 400 000 euros bruts par an. Cette rémunération serait identique à celle de son prédécesseur, Rémy Pflimlin[101]. La Cour des comptes pointe également du doigt la hausse entre 2009 et 2013 de près de 57 % du nombre de salariés gagnant plus de 70 000 € par an[102].

Logos des chaînes de France Télévisions depuis le 29 janvier 2018.

Le , France Télévisions entame une importante réforme de France 3. L'objectif fixé par la direction est de doubler le temps d'antenne consacrés aux programmes régionaux. En parallèle le réseau de France 3 est redécoupé pour calquer les régions issues du redécoupage de 2014. La nouvelle structure comptera 12 directions régionales plus une direction territoriale en Corse et devrait bénéficier de davantage d'autonomie notamment en ce qui concerne la production d'émissions politiques ou de documentaires. En revanche, pas de modification du point de vue des rédactions régionales qui resteront au nombre de 24. La grande nouveauté réside dans la possibilité pour les stations régionales de « décrocher » de l'antenne nationale en première partie de soirée, en clair une antenne régionale pourra diffuser un contenu produit en région en lieu et place du programme national. La réforme devrait se faire à budget constant[103],[104].

Le est lancé france·tv, nouvelle plateforme remplaçant le service de télévision de rattrapage Francetv pluzz ainsi que tous les sites internet des chaînes.

Le , le groupe change les identités visuelles des chaînes du groupe, basés maintenant sur le point introduit par le lancement de la plateforme france·tv[105].