France Inter

France Inter
Description de l'image Frinter.png.
Présentation
PaysDrapeau de la France France
Siège socialParis
PropriétaireRadio France
Slogan« Vous êtes bien sur France Inter »
LangueFrançais
StatutGénéraliste nationale de service public
Site webfranceinter.fr
Historique
Ancien nomClub d'essai (1947)
Paris-Inter (1947-1957)
France I (1957-1963)
RTF Inter (1963)
Création
Diffusion
GO Non
AM Non
FM Oui
RDS Oui
Numérique Oui
Numérique terrestre Non
Satellite Oui
Câble Oui
ADSL Oui
Streaming Oui
Podcasting Oui

France Inter est une station de radio généraliste nationale publique française du groupe Radio France.

Elle bénéficie d'une couverture très dense[pas clair] en bande FM sur l'ensemble du territoire français et propose par ailleurs ses programmes sur Internet. La diffusion en ondes longues via l'émetteur d'Allouis sur 162 kHz a pris fin le à minuit.

La directrice de France Inter est, depuis , Laurence Bloch qui succède à Philippe Val en poste depuis 2009. La station a fêté ses 50 ans en . Considérée comme « la voix de la France » avant la libéralisation des ondes du début des années 1980, elle reste la principale station du service public.

Historique

Histoire

De la Genèse à Paris Inter (1947-1957)

Les antennes de l'« American Forces Network » (AFN), réseau international de radiodiffusion de l'armée américaine qui a diffusé ses émissions depuis 1945 sur les ondes moyennes 491,8 mètres (610 kHz) depuis un émetteur radio de 10 kW situé à Rueil-Malmaison, cessent leurs émissions le , et transfèrent l'émetteur à la Radiodiffusion française (RDF). Cette dernière y diffuse dès le lendemain à h 30 un nouveau programme composé des émissions du « Club d'Essai », dont l'émetteur de la rue de Grenelle est alors abandonné, et de disques avec une dominance de jazz. Ce nouveau programme prend provisoirement le titre de Club d'Essai avant que Wladimir Porché n'annonce courant janvier la création définitive d'un troisième programme de radio, en plus du Programme Parisien et du Programme National, qu'il nomme « Paris-Inter ». Paris-inter est officiellement inauguré le par Wladimir Porché, Jean Vincent-Bréchignac, qui en devient le premier directeur, Jean Luc et Simon Coppans. Paris-Inter diffuse de h 30 à minuit un programme essentiellement musical, composé de sessions de disques, des émissions réalisées par le Club d'Essai et de programmes de stations étrangères. En septembre 1947, un sondage réalisé par le journal Radio Programme crédite la station de 6 % d'audience, alors qu'elle n'émet encore que sur la seule région parisienne[1].

Paris-Inter est diffusée chaque jour de 12 h 15 à 15 h 20 sur ondes courtes 48,39 mètres (6 200 kHz) dès le par un des émetteurs d'Allouis, ce qui permet à la station d'être audible à l'étranger, mais aussi dans les zones peu couvertes par les ondes moyennes en France, comme les zones montagneuses. La dernière-née des stations d'État, qui diffuse sur ondes moyennes 506,7 mètres (592 kHz), entame le développement de son réseau d'émetteurs en Province en inaugurant sa première fréquence à Limoges le , suivie de six autres la même année. Ce développement est permis par la transformation de la RDF en Radiodiffusion télévision française (RTF) par le décret du , en établissement public doté d'un budget autonome et qui bénéficie d'une redevance doublée sur les postes de radio. Le programme devient véritablement national le avec la remise en service de l'émetteur à grande puissance d'Allouis (Cher), détruit lors de la retraite allemande en 1944. Entre-temps, pour éviter que la France ne perde sa fréquence Grandes ondes de 164 kHz, celle-ci est utilisée par l'émetteur alsacien de Sélestat avec une puissance de 20 kW pour relayer Paris-Inter en Alsace et dans la vallée du Rhin[2].

France I (1957-1963)

Le , Paris-Inter devient France I et diffuse 24 h sur 24 h un programme qui privilégie l’information directe et reflète tous les aspects de la vie quotidienne, tandis que le Programme Parisien devient France II Régional, chaîne du divertissement et écho des stations régionales. Une des émissions créées à cette époque, en 1958 par Henri Kubnick, allait devenir le jeu le plus ancien du paysage radiophonique français, sous les noms successifs de Cent mille francs par jour, Le Jeu des 1000 francs, et des 1 000 euros. Face à l'érosion constante de l'audience des chaînes de radiodiffusion de la RTF au profit des postes périphériques et à la fréquence des grèves au sein de l'établissement (voir la grève de 1962), le gouvernement, par son ministre de l'Information Alain Peyrefitte, crée la même année le service de liaison interministériel pour l’information, courroie de transmission entre le pouvoir politique et les journalistes de la RTF. Les directeurs de la RTF, le directeur général Robert Bordaz et le délégué au directeur aux stations régionales Roland Dhordain qui propose la réforme à Peyreffite, décident de réagir en procédant à une série de réformes dès 1963, notamment la simplification des quatre chaînes de radio en trois stations[3] : France I et France II-Régional sont fondues l'une dans l'autre le pour former RTF Inter, chaîne des informations, de la gaîté et des conseils pratiques, qui regroupe les émetteurs de France I et France II et se scinde en deux programmes distincts en soirée, Inter Jeunesse diffusé par l'émetteur grandes ondes et Inter Variétés sur ondes moyennes. France III-National devient RTF Promotion spécialisée dans les émissions culturelles. France IV-Haute Fidélité devient RTF Haute Fidélité spécialisée dans la musique classique et contemporaine[4].

France Inter (depuis 1963)

À partir de 1963, Roland Dhordain tente de « transformer Paris Inter en une radio capable de rivaliser avec les stations périphériques »[5]. Le 8 décembre 1963 la station devient France Inter, à la suite du concours « Baptême RTF 64 ». Ce concours est lancé auprès des auditeurs à l’occasion de l’ouverture de la Maison de la Radio inaugurée le 14 décembre[6]. Dhordain détourne à cette occasion les résultats du vote du public qui avait décidé France Bleu, France Blanc, et France Rouge et choisit personnellement que les trois stations de la radio publiques s'appelleraient France Inter, France Culture et France Musique[7].

L'ORTF succède à la RTF en juin 1964 et les Interservices se développent : Inter-Service Routes, Inter-Service Jeunes, Inter-Service Emploi, Inter-Service Rural, Inter-Service Bourse, Inter-Service Courses, Inter-Service Mer...

Le , est instaurée l'émission qui sera une des plus durables de l'histoire de la radio, le Pop club de José Artur.

En mai 1968 la grève générale est votée à l'ORTF : pour la 1re fois, les rédactions de l'ORTF s'affranchissent de la tutelle de l'État. Ce qui n'est pas du goût du Président De Gaulle qui demande à Georges Gorse, Ministre de l'Information, de « mettre les trublions à la porte », et de mettre les émetteurs sous la protection de la police et de l'armée. En réponse, l'intersyndicale de France Inter organise « l'Opération Jéricho » : chaque jour des journalistes, ouvriers, lycéens, gens du spectacle, auditeurs marchent pendant une heure autour de la Maison de la Radio. Le 26 juin, le personnel de l'ORTF reprend le travail. Roland Dhordain, qui avait quitté la radio, revient et reprend son poste de directeur. En août, 54 journalistes de l'ORTF, dont 23 de la rédaction radio, sont écartés.

Jacques Chancel reçoit son premier invité le dans sa Radioscopie, diffusée ensuite tous les jours en semaine de 17 h à 18 h. En juillet 1969, les premiers pas de l’Homme sur la lune sont diffusés en direct d’Apollo XI pendant 30 h dans le cadre du programme commun Radio Terre diffusé à la fois sur France Inter, France Culture et Inter Variétés sur (ondes moyennes).

Émission mythique des années 1980 produite par Claude Villers en juge président, le Tribunal des flagrants délires ici avec « l'accusé » Patrick Dewaere à droite et l'avocat véreux Luis Rego en bas à gauche, le vendredi .

Le , France Inter devient une des chaînes de la société nationale de radiodiffusion Radio France, issue de l'éclatement de l'ORTF, Radio France conservant la dénomination des chaînes de radios utilisée par l’ORTF (France Inter, France Culture, France Musique, FIP) et créant à cette occasion RFI. À partir des années 1980, France Inter privilégie les émissions d'information à celles de divertissement[7].

Après 10 ans passés dans des locaux provisoires situés avenue du Général-Mangin, France Inter réintègre la maison de la Radio le . Le , France Inter se dote d'un nouvel habillage sonore accompagnant désormais la nouvelle grille de programmes de celle-ci, qui a pour vocation à faire remonter les audiences de la radio en chute libre depuis quelque temps[8].

Début avril 2015, alors qu'une grève a lieu à Radio France, la Cour des comptes publie un rapport pointant du doigt les conditions de travail « très favorables » des radios publiques concernant le volume de travail, les compléments de rémunération, les avantages en nature, des services en surnombre. Le rapport critique notamment les sureffectifs de techniciens à France Inter en comparaison des autres radios[9].

En 2017, la station est écoutée par plus de 6,2 millions d'auditeurs en audiences cumulées chaque jour[10].

Début 2017, Patrick Cohen, animateur principal du 7/9, matinale la plus écoutée de France[11], annonce son départ de la chaîne pour Europe 1 à la saison suivante. Il est suivi de l'adjoint de la directrice Laurence Bloch Emmanuel Perreau et du directeur des antennes de Radio France Frédéric Schlesinger. Bloch en profite pour remanier certaines émissions : Nicolas Demorand quitte les horaires 18 h-20 h (remplacé par Fabienne Sintes[12]) pour la matinale et les programmes de Fabienne Chauvière (Les Savanturières), d'André Manoukian (Les Routes de la musique) et de Brigitte Patient (Regardez voir) sont supprimés pour laisser plus de place à la culture[13].

Polémiques

Avec plusieurs émissions emblématiques, devenues mythiques par leur durée et leur popularité, France Inter a construit un rapport affectif avec son public. Mais les divers directeurs qui se sont succédé à sa tête, dans un souci de renouvellement et aussi parfois pour complaire à certains pouvoirs en place, ont arrêté des émissions aimées des auditeurs. Ainsi :

Politique de Philippe Val

Le , les journalistes de France Inter votent à la majorité une motion contre Philippe Val, le nouveau directeur de la chaîne. Ils expriment leur « colère face aux choix et aux méthodes de Philippe Val »[14]. Ils s'inquiètent notamment de « l'ampleur des changements projetés et considèrent qu'à ce jour le lien de confiance indispensable entre la rédaction et la direction a été rompu. »[15].

Politique de Jean-Luc Hees

Le , Jean-Luc Hees déclare au journal Le Monde à propos de Stéphane Guillon, Didier Porte et François Morel : « Je considère que cette tranche d'humour est un échec. Elle a montré une grande misère intellectuelle dont je ne m'accommode pas. Il n'y aura pas de changement d'horaire ni de remplaçants »[16].

Le slogan de la station « France Inter, écoutez la différence » est alors parodié en « France Inter : écoutez l'indifférence »[17] voire « France Inter : écoutez la déférence ».

Après l'éviction des humoristes Stéphane Guillon et Didier Porte[18] début 2010, une tranche quotidienne d'humour est finalement conservée sur l'antenne de France Inter à la rentrée de septembre 2010[19]. Rebaptisée Le Billet de..., elle est déplacée à h 55, au sein du 7/9 de Patrick Cohen. Elle est assurée en alternance par Sophia Aram, Ben, Stéphane Blakowski, François Morel, et Gérald Dahan qui est à son tour remercié le . Bernard Lenoir déjà évincé de la station en 1984, doit arrêter son émission de musique en juin 2011.

Suppression de Là-bas si j'y suis

La nouvelle grille de la rentrée de 2014 supprime l'émission de Daniel Mermet, Là-bas si j'y suis. Cette décision suscite les critiques de courants variés, de Politis, où Denis Sieffert déplore le « pluralisme menacé » par la disparition d'un « espace de liberté dans un monde contrôlé par l'idéologie libérale »[20], jusqu'à Boulevard Voltaire, où Dominique Jamet regrette « qu'une radio de service public [...] payée par tous les contribuables [...] soit constamment et délibérément la négation même du pluralisme sans lequel il n’est pas de démocratie[21]. »

Démission de Pierre-Emmanuel Barré

Le , dans l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2017 qui oppose Emmanuel Macron à Marine Le Pen, France Inter refuse de diffuser la chronique quotidienne de l'humoriste Pierre-Emmanuel Barré sur La Bande originale, où il déclare notamment : « Vous pensiez vraiment que j'allais vous dire que j'allais voter Macron ? Eh ben non, je n'aime pas son programme, je ne vote pas pour lui, c'est tout, c'est ça, c'est la démocratie. Et non, ce n'est pas parce que je ne vote pas Macron que je soutiens le Front national ». L'animateur Nagui justifie le refus de la chaîne ainsi : « Il n'y a pas de censure sur France Inter. Mais, nous vivons des semaines qui ne sont pas tout à fait anodines. Pierre-Emmanuel Barré est écouté par les jeunes, il a un pouvoir d'influence », une réponse qui, selon Ingrid Riocreux, édulcore cette première interdiction[22]. L'humoriste, s'estimant victime de censure, démissionne de France Inter[23],[24].

Critique de la corrida par Frédéric Fromet

Article détaillé : Frédéric Fromet.

En , la diffusion d'une chanson de Frédéric Fromet se moquant de la mort du matador Iván Fandiño déclenche la saisie du CSA par l'Union des villes taurines françaises (UVTF) et l'Observatoire national des cultures taurines (ONCT)[25]. Laurence Bloch a défendu l'humoriste au nom du droit à la caricature, mais dans une décision datée du , le CSA met en demeure France Inter[26].

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