Framatome

Framatome
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Logo de Framatome depuis 2018.

Création1958
Dates clés2006 : Areva NP
Personnages clésJean-Claude Leny, Dominique Vignon, Luc Oursel, Philippe Knoche
Forme juridiqueSociété par actions simplifiée
Siège socialLa Défense (Courbevoie, France)
DirectionBernard Fontana (CEO)
ActionnairesEDF (75,5 %)
Mitsubishi Heavy Industries (19,5 %)
Assystem (5 %).
ActivitéIndustrie nucléaire
ProduitsChaudiériste nucléaire, fournisseur d'équipements, de services et de combustible nucléaires
Société mèreÉlectricité de France
FilialesCERCA, Cezus, Corys, Civad, Creusot Forge, Creusot Mécanique, CTE-NDT, Franco-belge de fabrication du combustible (FBFC), Jeumont Système Pompe Mécanique (JSPM), Intercontrôle, SFAR, SFARSTEEL, SOMANU, ETC, Areva NP GmbH (Allemagne), Areva NP Inc. (USA), AREVA NP Services Spain S.L.U (Espagne), AREVA NP Uddcomb AB (Suède), AREVA NP Controls S.R.O. (Slovaquie), SOFINEL, Edvance, ...
Effectif14 000 (2017)
Site webframatome.com

Chiffre d’affaires3,1 milliards € (2016)

Framatome est une entreprise française du secteur nucléaire concevant des centrales nucléaires et fournissant des équipements de la chaudière nucléaire et des services de maintenance des réacteurs. C'est une filiale du groupe EDF depuis 2018.

La Franco-américaine de constructions atomiques (Framatome) est née en 1958, elle fusionne avec la Cogema et CEA Industrie en 2001 pour former Areva. La marque Framatome disparaît totalement en 2006 au profit d'Areva NP (pour Areva Nuclear Power). Baptisée temporairement New NP dans le cadre du plan de sauvetage d'Areva, l'ancienne filiale est rebaptisée Framatome en 2018 suite à la prise de contrôle par EDF.

Framatome a équipé 25 centrales de production d'électricité avec 68 réacteurs nucléaires, dont 59 en France. En 2015, Areva NP construit 4 réacteurs de type EPR dans les centrales de Flamanville (France), Taishan (Chine) et Olkiluoto (Finlande).

Framatome emploie 14 000 salariés pour un chiffre d'affaires de 3,1 milliards d'euros en 2016[1].

Histoire

De 1958 à 1999 : Framatome

Calendrier de l'énergie nucléaire sur la période 1959-1985.
Carte de France des centrales nucléaires en 1975.

Le , Framatome (Franco-américaine de constructions atomiques) est créée par plusieurs sociétés des groupes Schneider, Merlin Gerin et Westinghouse Electric, avec pour principal objectif d'exploiter la licence Westinghouse dans le domaine des réacteurs à eau pressurisée[2].

L'accord de licence et d'assistance technique est signé en février 1959[2]. À cette époque, en France, EDF construit un premier réacteur nucléaire selon les plans de la filière dite Uranium naturel graphite gaz (UNGG) dans la Centrale nucléaire de Chinon.

De 1962 à 1967, Framatome travaille conjointement avec la Société d'énergie nucléaire franco-belge des Ardennes (SENA), la Société des ateliers de Charleroi et Westinghouse pour la fourniture du premier réacteur à eau pressurisée de la centrale nucléaire de Chooz[3].

En 1970, Framatome commence la construction d'un réacteur à la centrale de Tihange en Belgique, il est mis en service en 1975[4].

Jean-Claude Leny a été directeur général, puis PDG de Framatome de 1970 à 1996[5].

Le , l'entreprise Framatome est choisie comme seul constructeur des centrales nucléaires en France. Pendant 25 ans, elle équipe alors de 58 réacteurs à eau pressurisée les 19 centrales nucléaires de Fessenheim, Bugey, Tricastin, Dampierre, Gravelines, Saint-Laurent, Blayais, Chinon-B, Paluel, Cruas, Flamanville, Saint-Alban, Belleville, Cattenom, Nogent, Penly, Golfech, Chooz-B et enfin Civaux.

De 1975 à 1982 , Framatome participe à la construction des réacteurs belges Doel-3 et de Tihange-2 au sein de FRAMACECO, une association avec les Ateliers de constructions électriques de Charleroi (ACEC) et Cockerill.

En 1976 est créée la Société française d'ingénierie électronucléaire et d'assistance à l'exportation (SOFINEL), une filiale d'EDF et de Framatome fondée pour développer la centrale nucléaire de Koeberg (Afrique du Sud), puis dans les années 1980 la Centrale nucléaire de Uljin (Corée du Sud), ainsi que celles de Daya Bay et de Ling-Ao (Chine).

En 1992, Framatome est détenue à 42 % par Alcatel-Alsthom, à 36 % par le CEA, les deux autres actionnaires étant EDF et le Crédit Lyonnais[6].

En 1993, Schneider et Cie cède Jeumont-Schneider Industrie à Framatome[7].

En 1996, alors que la construction des derniers réacteurs nucléaires français s'achève (dans les centrales nucléaires de Chooz et de Civaux), Alcatel-Alsthom possède encore 44 % de Framatome, mais l'État français contrôle le groupe via le commissariat à l'Énergie atomique (36 %), EDF (11 %), et le consortium de réalisation (CDR, chargé de vendre des actifs du Crédit lyonnais) qui détient 4%[8]. Dominique Vignon est nommé président de Framatome de 1996 jusqu'à la naissance d'Areva fin 2001.

De 1999 à 2006 : Framatome ANP

En 1999, les activités nucléaires de Framatome et de Siemens fusionnent dans une nouvelle société appelée Framatome ANP (ANP pour Advanced Nuclear Power), étant détenu à 66 % par Framatome et à 34 % par Siemens.

En , l'État français augmente sa participation à Framatome, via différents « acteurs publics », dont EDF, de 51 % à près de 80 % du capital. La Cogema (Compagnie générale des matières atomiques) devient alors l'actionnaire industriel principal de Framatome[9].

En 2001, la filiale du commissariat à l'Énergie atomique CEA Industrie fusionne avec Framatome et la Cogema pour former un nouveau groupe dénommé Topco, puis renommé Areva.

En , le producteur finlandais d'électricité Teollisuuden Voima Oyj (TVO) signe un accord avec AREVA NP et Siemens pour la construction du réacteur no 3 de la centrale nucléaire d'Olkiluoto en Finlande.

De 2006 à 2015 : Areva NP

Logo d'Areva NP

À la fin du premier semestre de l'année 2006, Framatome est rebaptisée Areva NP, pour Nuclear Power. La société est alors spécialisée dans les chaudières nucléaires et les services aux réacteurs[10].

En , Areva NP signe le contrat du réacteur pressurisé européen (EPR) de Flamanville 3. Quelques jours plus tard, le chantier est bloqué par Greenpeace .

Au début de l'année 2009, Siemens annonce son retrait du capital d'AREVA NP en raison du mouvement pour la sortie du nucléaire en Allemagne[11].

À la mi-mars de l'année 2011, Siemens rétrocède les 34 % du capital d'Areva NP pour la somme de 1,62 milliard[12]. Areva NP est alors détenue à 100 % par Areva.

En , l'Autorité de sûreté nucléaire révèle que la cuve de l’EPR de Flamanville, forgée par Areva NP, présente des caractéristiques mécaniques non conformes à la valeur réglementaire[13]. En effet des analyses, réalisées dans le cadre de l’évaluation de la conformité à l’arrêté ESPN, mettent en évidence une teneur en carbone de l’acier plus importante que prévue dans certaines zones des calottes de cuve[14]. En cause, des dysfonctionnements dans les essais réalisés sur une machine du laboratoire d’essais mécaniques du Creusot : la machine utilisée pour ces essais présente une anomalie entre 2009 et 2014. Areva NP lance alors des audits qualité, qui mettent en évidence des irrégularités dans des dossiers de fabrication de l’usine du Creusot[15]'[16]'[17].

L’anomalie détectée sur la cuve par l'ASN est susceptible d’ entraîner l'interdiction de son utilisation, ce qui serait catastrophique sur le plan industriel et financier[18]. En effet, la cuve est déjà installée dans le réacteur de Flamanville en construction et son retrait exigerait de déconstruire en partie la structure édifiée autour de la cuve. De nouvelles études sont lancées afin de déterminer la gravité exacte des malfaçons et de pouvoir trancher sur l'utilisation ou non de la cuve[19].

L’ASN a présenté le sa position sur l’anomalie de la cuve du réacteur EPR de Flamanville. L’ASN s’est appuyée sur l’analyse des dossiers transmis par Areva NP et EDF, menée par sa direction des équipements sous pression nucléaires et son appui technique l’IRSN, et sur l’avis de son groupe permanent d’experts pour les équipements sous pression nucléaires.

Sur la base des analyses techniques réalisées, l’ASN considère que les caractéristiques mécaniques du fond et du couvercle de la cuve sont suffisantes au regard des sollicitations auxquelles ces pièces sont soumises, y compris en cas d’accident[20].

Rachat par EDF et renaissance de Framatome

En , EDF fait une proposition pour racheter Areva NP de 280 à 300 millions d'euros alors qu'Areva demande un milliard[21]. Le 22 mai, EDF annonce une offre supérieure à 2 milliards d’euros sur les réacteurs d’Areva[22].

Le , l’État annonce sa décision de refonder la filière nucléaire française en rapprochant les activités de conception, gestion de projets et commercialisation des réacteurs neufs au sein d’un partenariat stratégique entre EDF et Areva NP. Cet accord doit aboutir à une prise de participation majoritaire d’EDF au capital d’Areva NP.[23]. Le , Areva et EDF ont annoncé être parvenus à un pré-accord[24] (offre non-engageante) pour une prise de participation d'EDF dans Areva NP valorisée à 2,7 milliards d'euros (valorisation qui pourra encore faire l'objet d'un ajustement) entre 51 et 75 % pour un montant de 2 milliards d'euros. L'accord définitif qui doit être finalisé au cours de l'année 2016 prévoit qu'Areva conservera une participation minoritaire comprise entre 15 et 25 %. L'entrée d'autres actionnaires minoritaires, notamment chinois, est également évoquée. Bernard Fontana, ancien dirigeant du cimentier suisse Holcim, a été choisi conjointement par EDF, Areva et le gouvernement pour devenir le président d’Areva NP[25],[26].

Shunichi Miyanaga, le PDG de Mitsubishi Heavy Industries (MHI), se déclare, le , prêt à acquérir une très large part du capital d'Areva NP, afin de soutenir le développement du réacteur Atmea1 au sein de la coentreprise Atmea ; plusieurs projets de vente de ce réacteur sont en cours : en Turquie, études de faisabilité pour une centrale de quatre réacteurs, et projets moins avancés au Vietnam et en Jordanie[27].

À fin , le rachat d'Areva NP par EDF n'est toujours pas finalisé en raison d'un contentieux persistant entre AREVA NP et TVO concernant la construction d'une centrale à Olkiluoto (Finlande) [28]. En effet, EDF refuse d'inclure dans le rachat d'AREVA NP la responsabilité de ce contrat de construction. Le , EDF et Areva signent un contrat de cession d’Areva NP. Selon cet accord, EDF aura le contrôle exclusif d’une entité (New NP), filiale à 100 % d’Areva NP, qui regroupera les activités industrielles, de conception et de fourniture de réacteurs nucléaires et d'équipements, d'assemblages de combustible et de services à la base installée d'Areva[29]'[30]'[31].

En , le conseil d’administration d’EDF approuve la création de la société Edvance, filiale d’ingénierie nucléaire qui prendra en charge les projets de conception et de réalisation (études, assistance à l’approvisionnement, montage et mises en service) d’îlots nucléaires, dans le cadre de nouvelles constructions en France et à l’étranger. Cette nouvelle société est détenue à 80 % par EDF et 20 % par Areva NP [32]'[33].

Le , Assystem et Mitsubishi Heavy Industries (MHI) ont signé des accords engageants pour leur entrée au capital d'AREVA NP (New NP), aux côtés d'EDF. Les groupes chinois CNNC et CGN ont également manifesté leur interêt dès le début de l'opération, sans qu'un accord soit intervenu[34]. Un accord officiel a été signé concernant MHI pour une participation de 19,5%[35], tandis que la participation d'Assystem devrait être de 5%[36].

À la fin du mois de , la Commission européenne valide le projet de rachat de New NP par EDF, estimant qu’elle ne génère pas de problème de concurrence[37]'[38]. La cession de New NP à EDF, qui doit se concrétiser avant la fin de l’année 2017, est soumise à deux conditions :

  • des conclusions favorables de l’Autorité de Sûreté Nucléaire au terme des essais réalisés sur le circuit primaire du réacteur de Flamanville 3,
  • des audits qualité positifs concernant les usines du Creusot, de Saint-Marcel et de Jeumont[39]'[40].

Le 28 juin 2017, EDF obtient de l’ASN l'autorisation d'exploiter la cuve. Selon l’ASN,« Sur la base des analyses techniques réalisées, [...] les caractéristiques mécaniques du fond et du couvercle de la cuve sont suffisantes au regard des sollicitations auxquelles ces pièces sont soumises, y compris en cas d’accident »[41] mais il faudra changer le couvercle de la cuve d’ici la fin 2024[42].

Le , Areva NP, officiellement passée sous le contrôle d'EDF le 1er janvier, devient Framatome, avec EDF en tant qu'actionnaire majoritaire (75,5 %) aux côtés de MHI (19,5 %) et d'Assystem (5 %)[1].

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a donné le 25 janvier 2018 son feu vert à la reprise de la fabrication de pièces destinées aux centrales françaises à l'usine de Creusot Forge, propriété de Framatome[43].

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