Festival international de la bande dessinée d'Angoulême

Ne doit pas être confondu avec Festival du film francophone d’Angoulême.
Festival international de la bande dessinée d'Angoulême
L'Espace Franquin, une exposition, le monde des bulles, le Musée de la BD, un stand d'éditeur et un auteur en dédicace.
L'Espace Franquin, une exposition,
le monde des bulles, le Musée de la BD,
un stand d'éditeur et un auteur en dédicace.
Type festival de bande dessinée
Pays Drapeau de la France  France
Localisation Angoulême
Coordonnées 45° 38′ 56″ nord, 0° 09′ 21″ est
Date de la première édition 1974
Fréquentation 200 000 visiteurs
Prix d'entrée Adulte 4 jours : 31 euros
Adulte 1 jour : 15 euros
Site web www.bdangouleme.com

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Festival international de la bande dessinée d'Angoulême

Le festival international de la bande dessinée d'Angoulême, plus communément appelé festival d'Angoulême, est le principal festival de bande dessinée francophone et le plus important d'Europe en termes de notoriété et de rayonnement culturel. Créé en 1974, il a lieu à Angoulême tous les ans au mois de janvier et associe expositions, débats, rencontres et nombreuses séances de dédicace, les principaux auteurs francophones étant présents.

Plusieurs prix y sont décernés, dont le Grand Prix de la ville d'Angoulême, qui récompense un auteur pour l'ensemble de son œuvre, et le Fauve d'or, récompensant un album paru l'année précédente.

Histoire

Un succès rapide malgré des difficultés ponctuelles (1973-1980)

Ville industrielle sur le déclin, Angoulême n'a aucune relation particulière à la bande dessinée avant les années 1970 [1]. À cette époque, la bande dessinée commence à avoir une image plus adulte, les grands médias se mettent à en parler et les premières expositions dédiées à ce support apparaissent [2].

Fin 1972, Francis Groux, conseiller municipal de la ville et passionné de bande dessinée, fait venir Claude Moliterni pour monter l'exposition « Dix millions d'images : l'âge d'or de la BD » organisée par la Socerlid [3]. L'exposition est un succès et Groux renouvelle l'expérience l'année suivante, dans le cadre d'une quinzaine sur la littérature organisée par le maire adjoint Jean Mardikian, en invitant plusieurs dessinateurs pour deux journées, le jeudi et le samedi [3]. Sont introduits deux mercredi consacrés à la bande dessinée au cours desquels des artistes de renom viennent animer ces journées.

En 1973, la première édition du salon national de la bande dessinée se déroule à Toulouse et obtient un certain succès [4], [n. 1]. Comme le succès des manifestations à Angoulême se confirme, Groux propose à Moliterni d'organiser l'année suivante un salon de la bande dessinée similaire au festival de bande dessinée de Lucques en Italie, alors le plus grand d'Europe [5], [3]. Groux, Moliterni et Mardikian partent donc voir le festival en Italie pour s'en inspirer.

La première édition du festival d'Angoulême, alors nommé salon international de la bande dessinée, se déroule du 25 au 27 janvier 1974 dans l'aile désaffectée d'une partie du musée d'Angoulême [3]. L'association organisatrice est présidée par Groux, Mardikian en est le secrétaire général, tandis que le festival lui-même est dirigé par Pierre Pascal. Hugo Pratt signe la première affiche et Burne Hogarth, Harvey Kurtzman, Maurice Tillieux, André Franquin, Claire Bretécher, Gotlib, Fred, Tibet, Peyo, Roba, Jean Giraud sont présents. Cette première édition est un succès immédiat et accueille dix mille visiteurs [5].

Au fur et à mesure des années, le festival multiplie les « choix souvent judicieux [1] » : ouverture à toutes les bandes dessinées, décentralisation des activités, multiplication des colloques et conférences. À partir de 1976, chaque édition a un thème, idée aux résultats mitigés, ceux-ci étant trop restreints ou trop larges. L' édition de 1977 marque la consécration du festival avec la présence d' Hergé, qui accepte de présider le salon et d'en réaliser l'affiche [6]. L'arrivée d'Hergé, le samedi 22 janvier, déplace les foules et donne une couverture médiatique nationale au festival.

En 1977, à la suite du changement d'équipe municipale, les subventions ne sont pas renouvelées [1]. Le festival craint pour sa survie mais finalement le député-maire Jean-Michel Boucheron, amateur de bandes dessinées soucieux d'améliorer l'image de sa ville sinistrée par la désindustrialisation apporte à partir de l'édition de 1979 tout son soutien au festival. La même année, à la suite d'un conflit entre Pascal et l'administrateur du festival Mardikian, Groux se retire. Alain Beauregard est président par intérim de l'édition de 1980 avant que Boucheron ne le devienne courant 1980, ce qui suscite les critiques de Groux.

Professionnalisation (années 1980)

En 1981, deux ministres sont présents, Boucheron voulant montrer que le festival a dépassé le stade de l'amateurisme [1]. Il veut également qu'Angoulême devienne une « capitale permanente de l'image en France », au-delà de la seule bande dessinée. Ainsi, un atelier-école de bande dessinée et la Maison de la bande dessinée (centre de documentation et de recherche) sont ouverts en 1982, le dépôt légal des bandes dessinées à la bibliothèque municipale est instauré en juillet de la même année. En mai 1983, le musée des Beaux-Arts municipal ouvre la Galerie Saint-Ogan afin d'exposer une sélection des planches qu'il a acquise depuis le milieu de la décennie précédente. Lors du festival 1984, Jack Lang annonce la création d'une Centre national de la bande dessinée et de l'image, à la fois musée, médiathèque et centre de recherche. Rapidement, les retombées économiques à long terme se font ressentir : en 1983, deux sociétés de dessin animé et de vidéopostes s'installent, créant 300 emplois [7].

Cette professionnalisation est accompagnée d'une hausse du budget (quatre millions de francs en 1984 [8], soit 1,1 million d' euros de 2013 [9]). Elle implique également une certaine marchandisation du festival, qui se marque dans la croissance du nombre d'éditeurs présents et la diminution des conférences et tables rondes (de 20 en 1975 à 2 en 1984), tandis que le nombre d'expositions reste stable autour de la vingtaine [7].

Consécration

En 1988, Jacques Glénat soutient Pierre Pascal pour déplacer le salon à Grenoble, où se trouve le siège de sa maison d'édition [10]. Craignant qu'Angoulême perde son festival, le maire Boucheron décide d'augmenter le budget de l' édition 1989 [10]. En 1989, le successeur de Boucheron, Georges Chavanes, tranche en proposant d'alterner chaque année entre Angoulême et Grenoble malgré les protestations de Francis Groux [10]. La subvention du salon à Angoulême est alors divisée en deux mais le financement est complété par un partenariat avec E.Leclerc [10].

En 1996, le salon international de la bande dessinée change de nom pour devenir le festival international de la bande dessinée (FIBD).

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