Ferdinand Foch

Page d'aide sur les redirections « Foch » redirige ici. Pour les autres significations, voir Foch (homonymie).
Officier général francais 7 etoiles.svg Ferdinand Foch
Le maréchal Foch en 1921.
Le maréchal Foch en 1921.

Naissance
Tarbes (Hautes-Pyrénées, France)
Décès (à 77 ans)
Paris (Seine, France)
OrigineDrapeau de la France France
ArmeArtillerie
GradeGénéral de division[1]
Années de service1870-1918
Commandement13e division d'infanterie
8e corps d'armée
20e corps d'armée
IXe armée
1918 : commandant en chef
des troupes alliées
ConflitsPremière Guerre mondiale
Faits d'armesBataille de la Marne
Offensive finale de 1918
DistinctionsMaréchal de France
Maréchal de Grande-Bretagne
Maréchal de Pologne
Grand-croix de la Légion d'honneur
Médaille militaire
Croix de guerre 1914-1918
HommagesLe porte-avions Foch
Avenue Foch
Autres fonctionsÉlu à l'Académie française
(fauteuil 18)

Ferdinand Foch, né le 2 octobre 1851 à Tarbes (Hautes-Pyrénées) et mort le 20 mars 1929 à Paris (Seine), est un général et académicien français, maréchal de France, de Grande-Bretagne et de Pologne.

Il est le commandant en chef des forces alliées sur le front de l'Ouest pendant la Première Guerre mondiale.

Biographie

Jeunesse et famille

Ferdinand Jean Marie Foch naît dans une famille bourgeoise catholique à Tarbes. Ferdinand est le sixième des sept enfants[2] de Bertrand Jules Napoléon Foch (1803-1880) et de Sophie Dupré (1812-1883). Son père est percepteur fonction subordonnée à celle de trésorier-payeur général) originaire du Comminges (Gascogne)[3]. Quant à sa mère, elle est la fille de Jacques-Romain Dupré (Loriol, 1771 - Argelès-de-Bigorre, [4]), retraité capitaine, chevalier de la Légion d'honneur (25 prairial an XII), chevalier de l'Empire, et de Marie-Anne Ducot. Sophie avait un frère, le chevalier Germain Dupré (-« Argelès-de-Bigorre[5] » - Montpellier, ✝ ), médecin et sénateur.

Maison natale du maréchal Foch à Tarbes.

Au gré des affectations administratives de son père, il effectue sa scolarité à Tarbes, à Rodez, ou à Lyon. Il fréquente les collèges jésuites de Saint-Étienne et Saint-Clément de Metz. Il est chassé de ce dernier établissement pendant la guerre de 1870, le collège étant occupé par un bataillon de Poméraniens. Il passe les concours à Nancy et en il intègre l'École polytechnique. Le , il se marie avec Julie Bienvenüe (1860-1950) à l'église Saint-Michel de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor), une petite-cousine de Fulgence Bienvenüe, créateur du métro de Paris. Le couple aura quatre enfants[6] :

Foch en uniforme de colonel du 35e régiment d'artillerie.

À la déclaration de guerre contre la Prusse, en 1870, il s'engage au 4e régiment d'infanterie qui ne combat pas. À la fin de la guerre franco-prussienne, il décide de rester dans l'armée et intègre l'École polytechnique, choisit l'École d'application de l'artillerie et du génie dont il sort en 1873 comme officier d'artillerie. Il est affecté comme lieutenant au 24e régiment d'artillerie à Tarbes. En 1876, il suit au sein de l'École de cavalerie de Saumur le stage des officiers d'artillerie montée. Le , il devient capitaine. Il arrive à Paris le comme adjoint au service du personnel du dépôt central de l'artillerie. Il entre ensuite à l'École supérieure militaire comme élève, effectue en 1885 le stage de l'école au 16e corps d'armée et devient lui-même professeur à cette école de 1895 à 1901. Il y est professeur d'histoire militaire, de stratégie et tactique générale, et devient l'un des théoriciens français de l'offensive. Il se fait connaître par ses analyses critiques de la guerre franco-prussienne et des guerres napoléoniennes. Il poursuit son ascension dans l'armée : promu lieutenant-colonel en 1898, il est nommé colonel en 1903, chef de corps du 35e régiment d'artillerie à Vannes, puis général de brigade (1907).

Nommé par Georges Clemenceau à la tête de l'École de Guerre en 1907 grâce à l'intermédiaire du commandant Mordacq[9], il devient général de division cette même année ; puis en 1913, général commandant de corps d'armée, à la tête du 20e corps d'armée de Nancy. Elizabeth Greenhalgh considère que les promotions de cet homme ambitieux sont davantage dues à ses qualités de diplomate et à son sens politique qu'à ses talents militaires puisqu'il fait son début de carrière comme officier d'État-major, fonction par ailleurs méprisée par les officiers du rang[10].

La société

Son dernier frère, Germain Foch (1854-1929), qui lui survivra quelques mois, deviendra jésuite, ce qui freina peut-être la progression de Ferdinand Foch dans l'armée, le gouvernement républicain étant très anticlérical. Sa carrière se fait dans un contexte politique marquant : l'affaire Dreyfus, l'affaire des fiches, la loi de séparation des Églises et de l'État sont autant d'événements pouvant obscurcir l'avenir de Foch. « Le capitaine Foch du 10e RA est affilié à l'Union catholique. Son nom a été relevé au bureau central rue de Verneuil[11] », dans l'affaire des fiches.

Si Georges Clemenceau moqua ceux qu'il appelait « les généraux de jésuitières » (comme Castelnau) il empêcha Foch, qu'il avait fait mander lors de la « Grande Guerre », d'interrompre sa messe quotidienne pour le rejoindre.

Foch fut l'ami de Gustave Doré chez qui il croisa Sarah Bernhardt, Pierre Loti, Charles Gounod, Louis Majorelle et participa à la vie parisienne intense de l'avant-guerre.

Foch et la Première Guerre mondiale

Général Foch en 1916

Au début de la Grande Guerre, il commande le 20e corps d'armée de Nancy, appartenant à la IIe armée du général de Castelnau. Le , alors que se prépare la bataille de Lorraine, son corps avance vers la ligne Sarrebourg-Morhange, subissant de lourdes[évasif] pertes. Tenant toujours l'offensive, il est surpris par l'ordre de retrait général prescrit, en milieu de matinée le 20 août, par le général de Castelnau[12], mais de violents feux d'artillerie lourde, la contre-attaque allemande, l'échec du 15e corps à sa droite, enfin l'ordre exprès de repli expédié au 20e corps, à 21h45, par le général de Castelnau[13] le contraignent à son tour à la retraite, ce qui coûte la vie à 5 000 hommes. Il empêche ensuite les Allemands de traverser la Meurthe puis parvient à bien gérer la situation en couvrant la retraite pour livrer la bataille du Grand Couronné qui couvre Nancy.

C'est pour son culte de l'offensive qu'il est choisi pour commander la IXe armée lors de la bataille de la Marne. Il coordonne les armées britannique, française et belge durant la course à la mer. Avec le chef de l'état-major, Maxime Weygand, Foch doit gérer la retraite de la Marne, alors qu'il venait à peine d'être nommé à son poste. Il aurait eu alors ces mots restés célèbres : « Pressé fortement sur ma droite, mon centre cède, impossible de me mouvoir, situation excellente, j'attaque. »[14]. Sa contre-attaque était la mise en pratique d'idées qu'il avait développées en tant qu'enseignant, elle lui permit de mettre un terme à l'offensive de l'armée allemande. Ce succès lui vaut une nouvelle promotion et le , il est nommé commandant-en-chef adjoint de la zone Nord, avec le général Joffre. Le 13 octobre, les Allemands lancent une nouvelle offensive, contenue au prix de pertes très lourdes ; situation qui se reproduit à nouveau lors de la première bataille d'Ypres. À chaque fois, Foch parvient à sortir les troupes françaises de situations très difficiles[15].

À l'origine de la bataille de l'Artois en 1915 (192 000 morts ou blessés français) et de celle de la Somme en 1916 (204 253 pertes françaises[16]), il tombe en disgrâce provisoire, conséquence de sanglants échecs. En , le général Joffre le relève du commandement du groupe d'armées du Nord (GAN), sa doctrine de l'offensive à outrance ayant engendré de lourdes pertes à l'armée française[17]. Lucien Lacaze, ministre de la marine et par intérim de l'armée, le réconforte : « au moment où l'état de votre santé vous oblige à abandonner provisoirement un commandement actif, le gouvernement tient à témoigner, une fois de plus par la plus haute des distinctions militaires (médaille militaire) la reconnaissance du pays ». Joffre sera lui-même limogé quelques jours plus tard.

La disgrâce de Foch est assez relative, car le général Lyautey, nouveau ministre de la guerre, lui fait obtenir un commandement provisoire du groupe d'armées de l'Est (GAE), le , le général Curières de Castelnau étant alors en tournée en Russie. Il lui est également confié la tâche de réfléchir à l'éventualité d'une violation de la neutralité de la Suisse ; il a son poste à Senlis.

Le , se tient la première séance de la commission d'enquête (le général Joseph Brugère en est le président, le général Gouraud et Foch y siègent) « chargée d'étudier les conditions dans lesquelles s'est effectuée l'offensive dans la région de l'Aisne du 16 au 23 avril 1917 (bataille du Chemin des Dames) et de déterminer le rôle des généraux qui ont exercé le commandement dans cette offensive »[18] . C'est une mission délicate : « qu'il condamne et il sera accusé par les militaires d'ignorance… qu'il excuse, et il lui sera reproché par les politiques indulgence et esprit de clan »[19]. La commission préférera faire muter le général Nivelle, et remplacer Mazel et Mangin. Leurs postes respectifs seront occupés par Pétain, Micheler et Maistre.

Il est ensuite envoyé en Italie pour rétablir la situation après le désastre de la bataille de Caporetto. Le , deux divisions françaises, deux divisions britanniques, de l'artillerie lourde et un QG sont dirigés vers l'Italie. Le , le général Duchêne commande sur place une aide franco-britannique sur le front italien. Foch arrive le à Trévise. Il reste en poste de nombreux mois.

Le maréchal Foch par Louis Bombled, 1920

Le 7 novembre, le Conseil suprême de guerre (en), où chaque pays est représenté par le chef et un membre de son gouvernement, est instauré « en vue d'assurer une meilleure coordination de l'action militaire sur le front occidental [… et] de veiller à la conduite générale de la guerre. »[20]. Ce conseil a son siège à Versailles. Le 26 mars 1918, à Doullens, Foch est nommé commandant-en-chef du front de l'Ouest, avec le titre de généralissime : « le général Foch est chargé par les gouvernements britannique et français de coordonner l'action des armées alliées sur le front de l'ouest »[21]. Le président du Conseil Georges Clemenceau justifiera ce choix : « Je me suis dit : essayons Foch ! Au moins, nous mourrons le fusil à la main ! J'ai laissé cet homme sensé, plein de raison qu'était Pétain ; j'ai adopté ce fou qu'était Foch. C'est le fou qui nous a tirés de là ! »[17].

Bien qu'il ait été surpris par l'offensive allemande au Chemin des Dames, il parvient à bloquer les dernières offensives allemandes de l'année 1918. Le 6 août 1918, il est fait maréchal de France, et c'est avec cette distinction qu'il planifie et mène l'offensive générale qui force l'Allemagne à demander l'armistice, le 11 novembre 1918.

Il fait partie des signataires alliés de l'armistice de 1918 conclu dans la clairière de Rethondes. Il est élevé à la dignité de maréchal du Royaume-Uni et de Pologne, à l'issue de la Première Guerre mondiale. Le jour de l'armistice, il est nommé à l'Académie des sciences, et dix jours plus tard il est élu à l'Académie française, au fauteuil fauteuil no 18. Il fut également membre de l'Académie de Stanislas[22].

La Conférence de paix de Paris

Dès , une conférence internationale réunit à Paris les États vainqueurs pour préparer les traités de paix, sans la présence de représentants des pays vaincus. La France, les États-Unis et l'Angleterre supervisent la conférence de la paix. Par le traité de Versailles (signé le ), l'Allemagne est forcée de reconnaître sa responsabilité dans la guerre (article 231 du traité). Alors que les Allemands refusent de signer le traité de Versailles, le maréchal Foch menace de reprendre l'offensive[réf. nécessaire]. Malgré cela, Foch ne semblait pas dupe de l'iniquité du traité, ce qui lui fera dire non sans une certaine prescience que « ce n'est pas une paix, c'est un armistice de 20 ans »[23]. Les différents traités de paix feront perdre à l'Allemagne 1/7 de son territoire et toutes ses colonies, qui sont attribuées à la France et à l'Angleterre.

Appréciations de la pensée et des actions de Foch

À la parution en librairie du Mémorial de Foch, Clemenceau eut sur lui ce mot : « Il se prend pour Napoléon [...] Il y a du César dans le maréchal. Enfin, un César passé par l'École de guerre[24]. »

Il fut un adepte de l’offensive à outrance en s’inspirant de Clausewitz et de Napoléon Napoléon Ier. Ses idées eurent une grande influence sur les officiers français en 1914. On lui a reproché par la suite un aveuglement envers les nouvelles armes (l’aviation, les chars…) et son refus d’une dernière offensive en Lorraine en 1918 afin de prendre des gages[pas clair].

Après-guerre

Les décorations du maréchal Foch présentées à ses funérailles : son collier de grand croix de l'Ordre du bain et ses trois bâtons de maréchal (Royaume-Uni, France et Pologne)
Le général Iacob Zadik (à gauche) avec le maréchal Foch à Bucarest - vers 1922
Tombe du maréchal Foch - Hôtel des Invalides

En 1919, il devient le président du Conseil supérieur de la guerre[25]. La même année, l'hôtel de Noirmoutier, au 138 rue de Grenelle à Paris, lui est attribué.

À partir de 1927, sa santé décline. Il limite ses sorties et les réceptions. Le à six heures moins le quart dans sa résidence de l'hôtel de Noirmoutier, alors qu'il se repose dans son fauteuil, sa fille, Mme Becourt, et l'interne Jean Falaize lui rappellent qu'il est temps de regagner le lit. Le maréchal lance son interjection favorite « Allons-y » (interjection caractéristique de son langage fier et énergique qui l'a rendu fameux dans les états-majors), se lève et s'écroule. Il meurt sans agonie d'une foudroyante syncope cardiaque[26].

Des obsèques nationales ont lieu le [27].

Le maréchal Foch repose depuis 1937 sous le dôme des Invalides à Paris parmi les grands maréchaux de France qui ont servi la nation. Son tombeau est l’œuvre de Paul Landowski, sculpteur officiel de l’entre-deux-guerres et membre de l’Académie des beaux-Arts[28].

La parution posthume du Mémorial de Foch interpelle Clemenceau et lui fait rédiger « par goût de la vérité et, plus encore, de l'équité et de la justice »[29], à 88 ans et en sept mois, Grandeurs et misères d'une victoire[30], son ultime ouvrage, également posthume ().

Other Languages
العربية: فرديناند فوش
asturianu: Ferdinand Foch
azərbaycanca: Ferdinand Foş
беларуская: Фердынанд Фош
беларуская (тарашкевіца)‎: Фэрдынанд Фош
čeština: Ferdinand Foch
Ελληνικά: Φερντινάν Φος
Esperanto: Ferdinand Foch
español: Ferdinand Foch
hrvatski: Ferdinand Foch
Bahasa Indonesia: Ferdinand Foch
íslenska: Ferdinand Foch
italiano: Ferdinand Foch
Lëtzebuergesch: Ferdinand Foch
latviešu: Ferdinands Fošs
Bahasa Melayu: Ferdinand Foch
Nederlands: Ferdinand Foch
português: Ferdinand Foch
română: Ferdinand Foch
srpskohrvatski / српскохрватски: Ferdinand Foch
slovenščina: Ferdinand Foch
српски / srpski: Фердинанд Фош
Türkçe: Ferdinand Foch
українська: Фердинанд Фош
Tiếng Việt: Ferdinand Foch