Fauvisme brabançon

Le fauvisme brabançon que certains dénomment le fauvisme belge est un mouvement artistique belge dont l'appellation trouve son origine en France, chez les fauves français.

S’étant développée en France depuis quelques années déjà, cette manière de peindre reçut son nom de baptême lors de son explosion au Salon d'automne de 1905, par la présence dans la salle VII, des œuvres de Henri Matisse, Albert Marquet, Henri Manguin, Charles Camoin, Pierre Girieud, André Derain, Ramon Pichot, Maurice de Vlaminck entraînant l’exclamation de Louis Vauxcelles, dans son article « Le Salon d'automne » supplément au Gil Blas du 17 octobre 1905 :

« Au centre de la salle, un torse d’enfant et un petit buste en marbre, d’Albert Marquet, qui modèle avec une science délicate. La candeur de ces bustes surprend au milieu de l’orgie des tons purs : Donatello chez les fauves. »

Les articles ultérieurs des chroniqueurs artistiques français reprendront volontiers l’expression et on peut admettre que cette « nouvelle façon de peindre » est reconnue assez généralement, en France, comme du fauvisme à partir de 1905.

Beaucoup plus tard, en 1939, dans son livre Le Fauvisme, Vauxcelles reconnaît à demi-mot que son exclamation lui a été inspirée par un critique inconnu passant par-là et disant à Matisse : « Donatello dans la cage aux fauves », pour qualifier ce qu’il venait de voir.

Perception en Belgique jusqu'en 1914

Mais en Belgique, les termes fauvisme et encore moins fauvisme brabançon ne sont pas encore utilisés par les critiques artistiques.

Il faut attendre 1911, à Bruxelles, au VIIIe Salon annuel du cercle d’art Les Indépendants, où sont présents de nombreux artistes français — essentiellement des cubistes — dont Albert Gleizes, Fernand Léger et Le Fauconnier, pour rencontrer dans les commentaires de la presse d'époque le terme fauve :

  • d’abord, sous la plume de Guillaume Apollinaire, dans la préface du catalogue,
  • ensuite, sous celle d’un anonyme dans Le Soir : « Les Fauves et les Cubistes - deux nouvelles écoles françaises - ont fait sensation »,
  • encore sous celle d’Ulric : « Il est regrettable qu’une société consente à exposer des toiles des fumistes qui s’appelèrent “fauves”, à présent qui se rangent sous l’étendard du cubisme »,
  • enfin, sous celle de Théo Hannon, dans La Chronique avec le commentaire supplémentaire : « Combien paraissent sages les nôtres, même les plus… indépendants, auprès de ces paradoxes à l’huile ! »

En 1913, Louis Dumont-Wilden se réfère brièvement à quelques « fauves » français, « pour employer un terme qui commence à être adopté dans le jargon de la critique d’art ».

Alors que les fauves français ont évolué depuis quelques années déjà vers d’autres modes d’expression, ce chroniqueur belge commence à s’intéresser à l’appellation, tout en lui gardant sa spécificité française.

Dès 1906 pourtant, Matisse, Manguin, Marquet sont présentés par le cercle bruxellois La Libre Esthétique. En 1907, on y retrouve Derain, Friesz, Girieud, Vlaminck. En 1909, c’est Manguin qui est présent. La critique belge, analysant les œuvres des peintres belges présents à ces expositions, n’utilise pas l’appellation « fauves brabançons » dans ses articles.

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Nederlands: Brabants fauvisme