Europe

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Europe

Localisation de l'Europe
Superficie 10 180 000 km2
Population 742 500 000 hab.
Densité 73 hab./km2
Pays 49
( Géographie de l'Europe)
Dépendances 8
Principales langues Albanais, allemand, anglais, basque, biélorusse, bulgare, catalan, danois, espagnol, estonien, finnois, français, galicien, grec, hongrois, islandais, italien, letton, lituanien, maltais, néerlandais, norvégien, occitan, polonais, portugais, roumain, russe, serbe, slovaque, suédois, tchèque, turc, ukrainien
voir Langues en Europe
Fuseaux horaires UTC-1 ( Açores)
UTC+5 ( Russie)
Principales villes Londres, Paris, Madrid, Barcelone, Berlin, Athènes, Rome, Hambourg, Birmingham, Lisbonne, Bruxelles, Lyon, Genève, Kiev, Moscou, Saint-Pétersbourg
( Liste des aires urbaines d'Europe)

L'Europe est un continent ou une partie des supercontinents de l' Eurasie et de l' Afro-Eurasie. Elle est parfois appelée le « Vieux Continent », par opposition au «  Nouveau Monde » (l' Amérique). Sur le plan culturel, l'Europe a reçu de multiples influences au cours des âges, et comprend de nombreux pays qui possèdent à la fois un héritage commun, des différences linguistiques, religieuses et historiques, et des apports récents venus depuis la mondialisation. À ce titre, l'Europe est un espace de civilisation forgé par une histoire millénaire. Une communauté de peuples, de différents États, tend à se constituer politiquement avec l' Union européenne.

L'Europe, et plus particulièrement la civilisation gréco-romaine, est le berceau de la civilisation occidentale. Entre le XVIe siècle et le XXe siècle, les nations européennes ont contrôlé et colonisé à plusieurs reprises l'ensemble du continent américain, la quasi-totalité de l' Afrique, l' Océanie et de grandes parties de l' Asie. L'Europe est également à l'origine de plusieurs bouleversements historiques majeurs, comme la Renaissance, les grandes découvertes, le siècle des Lumières et la révolution industrielle.

Étymologies et acceptions anciennes

Étymologies

Deux étymologies concurrentes sont le plus souvent proposées :

  • La première étymologie provient de l'usage par les marins phéniciens des deux mots Ereb, le couchant, et Assou, le levant pour désigner les deux rives opposées de la mer Égée : d'une part la Grèce actuelle et d'autre part l' Anatolie (Ἀνατολή signifiant pareillement, en grec, le levant). La première mention connue de ces mots sémitiques se trouve sur une stèle assyrienne qui distingue Ereb, la nuit, le [pays du soleil] couchant, et Assou, le [pays du soleil] levant. Ces deux mots sont probablement à l'origine des deux noms grecs Eurôpè et Asia dans leur acception géographique antique [1]. En grec, dans un hymne à Apollon datant d’environ 700 avant notre ère, Eurôpè représente encore, comme Ereb, le simple littoral occidental de l’Égée. La mythologie grecque perpétue l’origine sémitique du mot en en faisant le nom d’une princesse phénicienne. En langue arabe, le mot arouba (qui donne justement la prononciation en grec d'Europe) veut dire une belle femme et c'est justement le nom de la princesse de Tyr enlevé par Zeus. Cette étymologie sémitique est cependant contestée par certains linguistes [2].
  • Selon une étymologie purement grecque, « Europè » (εὐρώπη) provient de deux mots grecs : eurýs et ṓps. Le premier, εὐρύς, signifie soit large, qui s'étend en largeur, soit vaste, qui s'étend au loin [3] ; le second, en grec ancien ὤψ, signifie soit regarder en face, regard, soit œil [4]. Le terme signifie « [celle qui a] de grands yeux » et devient un prénom féminin, donné à plusieurs personnages mythologiques grecs, et notamment à la fameuse princesse Europe enlevée par Zeus déguisé en taureau. Selon Jean Haudry, ce doublet du nom féminin Eurôpè désigne la « terre » [2].

Selon la mythologie grecque, la jeune princesse ne pose jamais le pied sur le continent du côté grec désigné par le terme géographique Eurôpè puisque Zeus la dépose en Crète.

En 1961, des archéologues spécialistes de l' Empire Hittite [5], avaient émis l'hypothèse que les noms des deux continents Europe et Asie viendraient de deux royaumes voisins de l'Empire Hittite situés de part et d'autre de l'actuel Bosphore. Avrupa correspondant approximativement à la Thrace aurait donné le nom Europe tandis que Assuwa installé dans le quart nord-ouest de l'actuelle Turquie anatolienne aurait donné le nom Asie. Il faut remarquer que la langue turque actuelle utilise toujours le vocable Avrupa pour désigner l'Europe.

Homonymie

Europos est aussi le nom du village de naissance macédonien du général d' Alexandre le Grand puis satrape Séleucos Ier, fondateur de la dynastie des Séleucides dont l'empire s'étendait de l'actuelle Syrie à l'actuel Iran. Séleucos Ier donne le nom de son village d'origine à la grande cité de Doura Europos qu'il fonde sur les bords de l' Euphrate à l'est de la Syrie actuelle vers 300 300 av. J.-C..

Acceptions anciennes de l'Europe géographique

Carte de la Thrace antique indiquant la province d’Europe.

Dans son acception géographique, le mot a d'abord désigné la Grèce continentale. La première fois que le terme « Europe » est mentionné dans les écrits pour désigner un continent, c'est vers 590 av. J.-C., par Hésiode, dans sa Théogonie. Depuis l'année 500 av. J.-C., sa signification comprend toutes les terres situées au nord [réf. nécessaire].

Au Ier siècle, Varron [6] évoque une bipartition du monde au niveau du Bosphore, les parties situées au nord-ouest du détroit constituant l’Europe, celles situées au sud-est, l’ Asie.

Au IVe siècle apr. J.-C., le mot « Europe » désigne l’une des six provinces du diocèse de Thrace, et son territoire correspond approximativement à celui de la Thrace orientale turque actuelle.

Acceptions anciennes de l'Europe politique

Dans l'Antiquité, les Grecs donnent un premier sens politique au mot Europe lorsqu'ils sont confrontés aux invasions venant d'Asie, principalement lors des guerres avec l'empire perse. Selon Jacqueline de Romilly, "la victoire de Salamine a bel et bien empêché la Grèce de basculer sous la coupe de l'Asie (...) les Grecs ont eu alors pour la première fois le sentiment de défendre une civilisation contre une autre." [7] " Eschyle, dans sa tragédie Les Perses a bien mis en valeur comme Hérodote une donnée fondamentale : "Les grecs se régissent eux-mêmes et n'obéissent qu'à une loi tandis que les peuples asiatiques sont soumis à l'arbitraire d'un homme." [7]

C'est sous les Carolingiens que l'on commence à considérer l'Europe comme une entité politique face à Byzance et aux pays musulmans [8] : lors de la bataille de Poitiers en 732, les « gens d'Europe » s'opposent à leurs adversaires, Charlemagne est appelé le « phare de l'Europe », son petit-fils le « prince de l'Europe », le pape Jean VIII le « recteur de l'Europe » etc.

Selon John Hale, le mot « Europe » existait déjà avant le XVIe siècle pour désigner un continent distinct de l’Afrique et de l’Asie, mais il n’était connu que des lettrés. L’utilisation du mot par les habitants de l’Europe ne s'est généralisée qu’à partir du XVIe siècle, c’est-à-dire lorsque la Renaissance était déjà bien engagée. Cependant, lors de la Renaissance, les lettrés n'utilisaient pas le terme d'« Europe » pour désigner la forma mentis qu'elle prenait d'elle-même.

Mythologie

L'Enlèvement d'Europe, Antonio Marziale Carracci. L'enlèvement de la nymphe Europe par Zeus sous la forme d'un taureau est un mythe, qui donnera nom à un continent et à des peuples.

Dans la mythologie grecque, plusieurs Europé sont connues :

Une tradition répandue considère que le nom du continent est celui d’ Europe fille d'Agénor (en grec ancien Εὐρώπη / Eurṓpē), personnage mineur de la mythologie grecque, fille d’ Agénor, roi de Tyr, et de Téléphassa, et sœur de Cadmos, Phénix et Cilix. Une autre tradition ferait d'Europe la sœur de Libye.

Selon un mythe d'origine crétoise, cette princesse phénicienne jouait sur le bord de la mer lorsque Zeus se métamorphosa en un taureau blanc pour la séduire et l'emporta sur l' île de Crète. Elle y aurait donné naissance à trois fils : Minos, Rhadamanthe et Sarpédon. Zeus maria ensuite Europe à Astérion, futur roi de Crète, qui éleva les fils de Zeus.

Hérodote mentionne existence d'une tradition qui voit en elle l’origine de la dénomination d’un continent que, pourtant, elle n’aborda pas. En effet, Europe passa d' Asie Mineure en Crète, et de Crète en Lycie. L'historien met vigoureusement en doute l'assignation au continent européen du nom d'une phénicienne [réf. nécessaire]. Il refuse le vieux mythe crétois et considère l'Europe, qu'il assimile de préférence à la Grèce, comme un prolongement continental en opposition avec la Libye, qui représente l'Afrique et l'Asie.