Eugène Viollet-le-Duc

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Viollet-Leduc.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Viollet et Leduc.
Eugène Viollet-le-Duc
Image illustrative de l'article Eugène Viollet-le-Duc
Portrait par Nadar. [réf. nécessaire]
Présentation
Naissance
Paris
Décès (à 65 ans)
Lausanne, Suisse
Nationalité Drapeau de la France  France
Activités Architecte,
Inspecteur général des édifices diocésains
Ses élèves Paul Abadie, Anatole de Baudot
Œuvre
Réalisations Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay
Cathédrale Notre-Dame de Paris
Cité de Carcassonne
Château de Roquetaillade
Château de Pierrefonds
Distinctions Royal Gold Medal (1864)
Publications Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, Entretiens sur l'architecture, Histoire d’une maison

Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc dit Viollet-le-Duc, né le à Paris, et mort le à Lausanne, est l'un des architectes français les plus célèbres du XIXe siècle, connu auprès du grand public pour ses restaurations de constructions médiévales [1] – travaux par ailleurs controversés.

Outre son travail de restaurateur, on lui doit aussi d'avoir posé les bases de l'architecture moderne, par ses écrits théoriques marqués par le rationalisme (Entretiens sur l'architecture, 1863), et d'avoir directement inspiré de nombreux architectes : Victor Horta, Hector Guimard, Henri Sauvage, Émile Gallé et l'École de Nancy, Eugène Grasset, Antoni Gaudí, Hendrik Petrus Berlage, Louis Sullivan, Frank Lloyd Wright, Le Corbusier, Auguste Perret, l’École de Barbizon...

Biographie

Jeunesse et famille

Eugène Viollet-le-Duc naît au 1 rue Chabanais (aujourd'hui dans le 2e arrondissement de Paris). Il est le fils d' Emmanuel-Louis-Nicolas Viollet-le-Duc (1781-1857) [2], conservateur des résidences royales à l'intendance générale de la liste civile sous le règne de Louis-Philippe Louis-Philippe Ier dès 1832 [3], hommes de lettres (Nouvel Art poétique, Paris, Martinet, 1809) et de Élisabeth Eugénie Delécluze (1785-1832) [4], fille de l'architecte Jean-Baptiste Delécluze (1745-v. 1805), femme du monde qui tenait un salon où était reçu, entre autres, Stendhal.

Une correspondance fournie montre la proximité et l'affection entre Eugène Viollet-le-Duc et son père, encore plus après la mort de sa mère, en 1832, victime de l' épidémie de choléra qui touche alors Paris [5], Viollet-le-Duc n'est âgé que de 18 ans [6]. Son père l'encouragera dans sa voie professionnelle [6].

Il est également très proche de son oncle, le frère aîné de sa mère, Étienne-Jean Delécluze, un peintre et critique d'art français. Celui-ci recevait à son domicile, au 1 rue Chabanais, des artistes, des peintres et des architectes qui aidèrent le jeune Viollet-le-Duc [6].

Eugène avait un frère cadet Adolphe Viollet-le-Duc (1817-1878), qui fut artiste peintre. Du fait de la fonction occupée par leur père dans l'administration, toute la famille Viollet-le-Duc était logée au palais des Tuileries.

Entre 1826 et 1829, il est en pensionnat à l'institut Morin, à Fontenay-aux-Roses [5].

Le 3 mai 1834, à vingt ans, il épouse Élisabeth Tempier qu'il a rencontrée chez son ami le compositeur Émile Millet, frère du sculpteur Aimé Millet [7], [8], avec qui il avait l'habitude de voyager [6]. Ils auront deux enfants, un fils, qu'ils nommeront également Eugène (Eugène-Louis) né en 1835 et mort en 1910 [9], ainsi qu'une fille, Marie-Sophie née en 1838 [6]. Celle-ci se mariera plus tard avec Maurice Ouradou, un élève de son père et de Lebas [6]. Viollet-le-Duc lui confiera plusieurs travaux dont la construction du château du Tertre d'Ambrières. Ouradou sera également architecte diocésain à Châlons en 1862.

Début de carrière

En 1834, il deviendra également professeur suppléant de composition et d’ornement à la « petite école » de dessin (ancienne École royale gratuite de dessin, qui devint plus tard l' École nationale supérieure des arts décoratifs) [10]. Il faut toutefois indiquer que Viollet-le-Duc n'a pas suivi de cours à l'École des Beaux-Arts de Paris, ce qui lui vaudra le mépris de nombreux architectes de son temps [11].

Après un voyage au mont Saint-Michel l'année précédente [5], Eugène Viollet-le-Duc part le 12 mars 1836 faire un voyage d'études de dix-huit mois en Italie. À son retour, il entre au Conseil des bâtiments civils comme auditeur, et est nommé sous-inspecteur des travaux de l’hôtel des Archives du royaume [10]. C'est le début de sa collaboration aux Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France du baron Taylor [5].

Restaurations

Parallèlement, au début des années 1830, un mouvement de restauration du patrimoine médiéval apparut en France. Prosper Mérimée devenu inspecteur général des monuments historiques, demanda à Viollet-le-Duc – pourtant pas élève des Beaux-Arts – de restaurer la basilique de Vézelay en 1840, le mont Saint-Michel et la collégiale de Clamecy. Ce travail marqua le commencement d'une longue série de restaurations, dont les plus connues sont la cité de Carcassonne, la cathédrale Notre-Dame de Paris en 1843 avec Jean-Baptiste-Antoine Lassus. Viollet-le-Duc doit beaucoup à cet architecte et historien de l’architecture et des arts décoratifs du Moyen Âge dont l' église Saint-Jean-Baptiste de Belleville est l'œuvre la plus achevée. Viollet-le-Duc travaillera aussi sur les châteaux de Roquetaillade, de Montépilloy, de Coucy et de Pierrefonds.

Parallèlement à ses travaux, il occupera divers postes [10] :

  • Chef du Bureau des monuments historiques (en 1846) ;
  • Membre de la Commission des arts et édifices religieux (en 1848) [12] ;
  • Membre de la Commission supérieure de perfectionnement des Manufactures nationales de Sèvres, Gobelins et Beauvais (en 1849) ;
  • Inspecteur général des Édifices diocésains (1853) (avec Léon Vaudoyer et Léonce Reynaud [5]);
  • Architecte des Édifices diocésains (en 1857) ;
  • Membre de la Commission des monuments historiques (en 1860) ;

En 1849, il est atteint du choléra dont il se remet et, l'année suivante, voyage en Angleterre avec Mérimée [5].

En 1863, il devient professeur d’histoire de l’art et d’esthétique à l’ École des beaux-arts (la première chaire où figuraient explicitement les mots « histoire de l’art », discipline dont il fut un des fondateurs en France) [10].

En 1868, il débute ses courses dans le massif du Mont-Blanc [5], il manquera de se tuer deux ans plus tard, en 1870, en chutant dans une crevasse [5].

Alors que Mérimée meurt à Cannes en septembre 1870, il est responsable des fortifications pendant le siège de Paris lors de la guerre franco-prussienne [5]. Après la fin du siège de Paris, il quitte la capitale. Il va cette année-là voyager en Italie et publier Mémoire sur la défense de Paris [5].

En 1872, il est chargé de la rénovation de la cathédrale de Lausanne en Suisse. Il préside également le comité d'exposition pour l'Exposition internationale de Lyon [5]. L'année suivante, il est chargé d'organiser le retour des cendres de Louis-Philippe (les dépouilles du roi et de la reine Amélie seront ramenées trois ans plus tard, en 1876 et inhumées dans la Chapelle royale de Dreux).

À Lausanne, Viollet-le-Duc construit de 1874-1876 La Vedette, à la fois maison-atelier et demeure privée où loge sa confidente Alexandrine Sureda, accompagnatrice de l'architecte durant ses longues marches nécessaires à l'étude du massif du Mont-Blanc. Il y meurt à la fin de l'été 1879. Ce manifeste architectural de la fin de sa carrière, orné dans le grand atelier d'un décor peint sur toiles marouflées illustrant des montagnes, a été sacrifié à la spéculation immobilière en 1975, Année européenne du Patrimoine [13].

Il publie en 1874 une carte topographique du massif du Mont-Blanc et intervient l'année suivante au château d'Eu. En 1877, il travaille sur la préparation de l' Exposition universelle de Paris qui doit se dérouler l'année suivante.

Il perd son frère en 1878 et meurt l'année suivante à Lausanne, alors qu'il travaille sur le chantier de restauration de la cathédrale de la ville [14]. Il est inhumé au cimetière du Bois-de-Vaux (concession 101) [15] à Lausanne [16].

Other Languages
беларуская: Эжэн Віяле-ле-Дзюк
беларуская (тарашкевіца)‎: Эжэн Віяле-лё-Дзюк
Bahasa Indonesia: Eugène Viollet-le-Duc
norsk nynorsk: Eugène Viollet-le-Duc
norsk bokmål: Eugène Viollet-le-Duc
српски / srpski: Ежен Виоле ле Дик
українська: Ежен Віолле-ле-Дюк