Ethel et Julius Rosenberg

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Rosenberg.
Ethel et Julius Rosenberg.

Ethel Rosenberg et son époux Julius Rosenberg sont un couple de new-yorkais communistes arrêtés pour espionnage au profit de l’ URSS. Julius est arrêté le et Ethel le 11 août. Ils sont jugés coupables le et exécutés sur la chaise électrique le dans la prison de Sing Sing.

Cette affaire d’espionnage a lieu durant la Guerre froide. En 1945, les États-Unis ont l'exclusivité de la bombe atomique mais l’ URSS peut se doter dès 1949 de cette technologie, en partie grâce à l'espionnage. Le sénateur Joseph McCarthy lance ce qui fut appelé le maccarthysme, une « chasse aux sorcières » qui dura de 1950 à 1953 et qui visait les sympathisants, militants ou agents communistes, qui étaient poursuivis par le House Un-American Activities Committee (HUAC).

La condamnation à mort des époux Rosenberg pour espionnage, alors qu’ils avaient toujours clamé leur innocence, attire des appels internationaux à la clémence et une campagne très médiatisée parlant d'un complot et d'une erreur judiciaire. Les époux Rosenberg sont d’ailleurs les seules personnes condamnées à mort puis exécutées pour espionnage dans le monde occidental après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Différentes sources postérieures au jugement, dont des témoignages soviétiques, confirment l’espionnage de Julius au profit de l’URSS, mais pas celui d'Ethel [1]. Les partisans des Rosenberg soulèvent toujours le caractère injuste d’un jugement qu'ils estiment politique.

Biographie

Julius Rosenberg est né dans une famille juive le à New York. Son père, créateur de textiles industriels, avait immigré de Pologne, tandis que sa mère, tout à la charge d’élever ses cinq enfants, n’avait jamais appris à lire ni à écrire. Julius, lui, est allé à l’école talmudique du quartier puis à la Seward Park High School. En sortant de cette école, « Julius renonça à poursuivre des études rabbiniques, et choisit d’entrer au New York City College pour suivre des cours d’ingénieur. […] c’était une discipline assez courue chez les étudiants politisés, car elle permettait d’adhérer à la fédération des architectes, ingénieurs, chimistes et techniciens (FAECT)  (en), un syndicat de cols blancs pro-communiste [2]. ». Très vite, il se retrouve dans le noyau du Steinmetz Club, les ligue des jeunesses communistes, et distribue des tracts et participe aux manifestations et à un meeting.

Ethel Greenglass est née le à New York, également d’une famille juive. Elle saute plusieurs classes dans une école de quartier et à 15 ans, elle sort de la Seward Park High School pour entrer directement dans la vie active. Moins d’un mois plus tard, elle trouve un emploi dans le bureau d’une compagnie de navigation ; elle s’en fait renvoyer quatre ans après « pour avoir organisé la grève des cent cinquante femmes avec qui elle travaillait, grève qui culmina le jour où les femmes se couchèrent sur la chaussée de la 36e rue pour bloquer les camions de livraison de la compagnie. Se retrouvant au chômage, Ethel fit rapidement deux choses : d’abord elle porta plainte contre ses anciens employeurs devant le Conseil national des Relations du travail, et gagna ; ensuite, elle trouva un nouvel emploi au double de son salaire précédent [2]. ». En 1939, elle signe une pétition du Parti communiste, signature qui fut reprochée à Julius lors d’une enquête de loyauté de routine en 1941 alors qu’il venait juste d’arriver au service des transmissions de l’armée.

Lors d’une soirée de la Saint-Sylvestre, Ethel Greenglass et Julius Rosenberg font connaissance lors d’un gala du syndicat international des marins. En 1939, Julius obtient son diplôme d’ingénieur et se marie avec Ethel. « À l’automne 1940, après quelques petits boulots temporaires, Julius trouva du travail comme employé civil au service des transmissions de l’armée. En 1942, il fut promu ingénieur inspecteur [2]. ». Au début de l’année 1943, les Rosenberg sont de fervents communistes, Julius étant par ailleurs président de la cellule 16-B de la section industrielle du Parti communiste des États-Unis. À cette époque, en pleine Seconde Guerre mondiale, les États-Unis et l’URSS sont militairement alliés contre le nazisme. « À l’époque, avec la bénédiction du gouvernement américain, Hollywood produisait des films tels que Chant de Russie ou Mission to Moscow, qui représentaient une image idyllique de l’Union soviétique ; et des personnalités aussi conservatrices que Winston Churchill ou le général Douglas MacArthur comblaient d’éloges les héroïques alliés russes. Le président Roosevelt avait même accepté d’être membre d’honneur du FAECT [2]. ».

À la naissance de leur premier enfant, au printemps 1943, Ethel et Julius Rosenberg quittèrent leurs activités militantes auprès du parti communiste des États-Unis.

Dans le courant de l’année 1944, « le FBI avait envoyé au service de renseignement de l’armée la photocopie d’une carte de membre du parti communiste, indiquant qu’un certain Julius Rosenberg avait adhéré au parti le . […] À l’automne 1944, le FBI fournit un deuxième document qui faisait part de l’adhésion de Julius Rosenberg à la cellule du parti de l’East Side - adhésion qui, comme on l’a vu, n’a pourtant jamais eu lieu. […] En février 1945, Rosenberg fut renvoyé [2]. ». Dans le dossier à charge contre lui que lui montra le capitaine John W. Henderson, Julius Rosenberg constata que pas une preuve de son appartenance au Parti communiste n’était apportée.Son appartenance à la fédération des architectes, ingénieurs, chimistes et techniciens (FAECT) était retenue comme la seule raison du motif de licenciement. Julius fit part de ces faits à la FAECT, laquelle protesta énergiquement auprès du département de la Défense. L’officier qui avait montré son dossier à Julius Rosenberg, John W. Henderson, reçut un blâme et le ministère déclara que l’appartenance de Julius Rosenberg à la FAECT était secondaire dans son dossier de licenciement.

Other Languages