Escalade

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Escalade
Autres appellations Grimpe, varappe
Fédération internationale UIAA (1932)
IFSC (2007)
Pratiquants 35 millions (2015) [1]
Champion(ne)(s) du monde en titre masculin Résultats mondiaux en 2016
féminin Résultats mondiaux en 2016
Image illustrative de l'article Escalade
Escalade à Joshua Tree ( Californie), États-Unis.

L’escalade, ou grimpe, parfois appelée varappe [Note 1], est une pratique et un sport consistant à se déplacer le long d'une paroi pour atteindre le haut d'un relief ou d'une structure artificielle, par un cheminement appelé voie et avec ou sans aide de matériel. Le terrain de jeu du grimpeur va des blocs de faible hauteur aux parois de plusieurs centaines de mètres en passant par les murs d'escalade. Physiquement, l'escalade est un sport complet sollicitant aussi bien les mains et les bras que les jambes et le tronc ainsi que des aptitudes mentales importantes.

Cette discipline se crée progressivement à la fin du XIXe siècle dans les courses des premiers alpinistes vers les grands sommets, avant de se démocratiser au siècle suivant, devenant populaire dès la fin des années 1970. Les premières compétitions officielles sont organisées en 1988 par l' Union internationale des associations d'alpinisme (UIAA). Chaque année est organisée une Coupe du monde de difficulté, de bloc et de vitesse, et tous les deux ans des championnats du monde, l'ensemble étant supervisé par la Fédération internationale d'escalade (IFSC).

L'escalade comporte des risques variables selon les différentes spécialités qui ont, chacune, mis au point un équipement apportant de la sécurité, sauf l' escalade en solo intégral où le grimpeur évolue sans système d'assurage, comme cela a été montré par Patrick Edlinger dans les films de Jean-Paul Janssen La Vie au bout des doigts et Opéra vertical ou encore par les ascensions de bâtiments réalisées par Alain Robert.

Histoire

Article détaillé : Histoire de l'escalade.

Jusqu'en 1885 : les origines

À l'origine, l'escalade n'était pas pratiquée comme activité à part entière, mais consistait seulement en un moyen d'accéder à un endroit surélevé qui donnait un meilleur champ de vision ou une meilleure protection contre les dangers. Les hommes préhistoriques escaladaient notamment certaines parois rocheuses offrant des cavités en hauteur afin d'être protégés des animaux sauvages et autres prédateurs. Au fil des siècles, certains peuples se sont démarqués par leur aptitude à escalader des parois rocheuses, comme les Chinois dont il existe des aquarelles datant du IVe siècle IVe siècle av. J.-C. qui représentent des hommes escaladant des rochers [2]. Au XIIe siècle, les Amérindiens Anasazis sont devenus réputés pour leurs qualités de grimpeurs qui leur permettaient d'installer leur village sur les hauteurs des falaises. Leurs aptitudes étaient tellement grandes que lorsque les Navajos sont arrivés dans la même région, ils pensaient que les Anasazis avaient des pouvoirs magiques qui leur permettaient de grimper ainsi [3]. Le 28 juin 1492, Antoine de Ville réussit à atteindre le sommet du mont Aiguille dans le Vercors, réalisant ainsi la première ascension officiellement reconnue de l'histoire de l'alpinisme [4]. Dès lors, l'escalade se retrouve intégrée à la pratique de l'alpinisme et permet aux alpinistes de réaliser l'ascension de sommets toujours plus haut qui restaient inaccessible par la marche.

1886 - 1944 : les débuts européens

Grimpeurs célèbres
Drapeau du Royaume-Uni Walter Parry Haskett Smith (1859-1946)
Drapeau de l'Autriche Paul Preuss (1890-1913)
Drapeau de l'Allemagne Hans Dülfer (1892-1915)
Drapeau de la France Pierre Allain (1904-2000)
Drapeau de l'Italie Riccardo Cassin (1909-2009)
Illustration de trois alpinistes au sommet d'un éperon rocheux
La première ascension de la Barbarine  (de) en 1905.

À la fin du XIXe siècle, l' alpinisme se développe et de nombreux clubs alpins se créent notamment en Allemagne, en France, en Italie, en Angleterre et aux États-Unis [5], [6], [7], [8], [9]. Les alpinistes commencent à s'intéresser à la pratique seule de l'escalade en la séparant de l'ascension complète d'une montagne ; en 1886, Walter Parry Haskett Smith réalise l'ascension de Napes Needle, un piton rocheux de 20 mètres situé à flanc de montagne dans le Lake District en Angleterre. Cette ascension est reconnue comme étant le début de l'escalade comme activité à part entière, car, pour une fois, le but de l'ascension n'était pas d'atteindre un sommet mais juste de réussir à grimper ce morceau de roche [10]. Avec l'augmentation de la difficulté des voies d'alpinisme, de nombreux alpinistes commencent à pratiquer l'escalade, notamment comme un moyen d'entraînement [A 1]. Ils vont alors grimper sur les parois du Salève en Haute-Savoie, les blocs de Fontainebleau et les falaises de Lake District et de Dresde en Allemagne orientale lors de sorties organisées par les premiers clubs alpins fraîchement créés [5], [11].

Les années suivantes, le niveau des grimpeurs progresse vite malgré le matériel encore très basique et les premières voies dans le 5e degré de cotation sont rapidement ouvertes. En 1903, Siegfried Herford réalise l'ascension de Botterill’s Slab (5) au Scafell en Angleterre et Olivier Perry-Smith celle de Lokomotive Esse (4+/5) à Dresde en Allemagne. Ces deux voies atteignent alors la limite du système de cotation utilisé à l'époque et qui avait été créé par Hans Dülfer. Deux ans plus tard Perry-Smith ouvre un nouveau niveau de difficulté avec les réalisations de Teufelsturm et de Spannagelturm Perrykante. Ces voies seront classées par la suite dans le 6e degré, lors de la mise en place du système de cotation proposé par Willo Welzenbach en 1925 [A 2].

À cette époque, ce niveau est considéré comme la limite des possibilités humaines dans le domaine de l'escalade [12]. Pendant des années l'escalade est pratiquée de manières très différentes selon les pays, les clubs alpins se réunissent alors à Chamonix en 1932 et fondent l' Union internationale des associations d'alpinisme (UIAA) afin de coordonner les actions des différents clubs et de gérer les problèmes inhérents au milieu de l'escalade [13]. Durant la première moitié du XXe siècle, l'escalade progresse au rythme de l'évolution du matériel et des performances des grimpeurs, et des voies d'escalade de difficultés croissantes sont ouvertes au fil des années.

1945 - 1978 : l'engouement américain

Grimpeurs célèbres
Drapeau des États-Unis Royal Robbins (1935-)
Drapeau de la Belgique Claudio Barbier (1938-1977)
Drapeau de l'Allemagne Kurt Albert (1954-2010)
Drapeau des États-Unis Ron Kauk (1957-)

En 1945, avec la fin de la guerre, la Fédération française de la montagne (FFM) est créée à la demande du Haut commissariat aux sports afin de développer les sports de montagne comme l'alpinisme et l'escalade [14]. Les années suivantes, l'escalade connaît un fort engouement, notamment aux États-Unis [15], et de nombreuses salles d'escalade sont ouvertes. De plus, l'apparition de nouveau matériel, comme les pitons à expansion, permet de pratiquer l'escalade dans des endroits inaccessibles jusqu'ici. La première voie américaine dans le 6e degré est ouverte en 1957 par Royal Robbins, Mike Sherrick et Jerry Gallwas, en réussissant l'ascension de la face nord-ouest du Half Dome dans le Parc national de Yosemite [A 3]. Cette réalisation est la première d'une longue série de réussites américaines au parc du Yosemite, mais aussi en Europe. En 1962, Gary Hemming, Royal Robbins et trois de leurs compatriotes ouvrent La directe américaine aux drus, puis en 1965, La directissime toujours aux Drus. Ils ouvrent aussi de nombreux itinéraires sur El Capitan comme Salathe Wall, (1961) North American Wall (1964) ou encore Mescalito (1974), qui sont encore aujourd'hui des références de l'escalade artificielle [A 3]. Parallèlement, l' escalade libre se développe peu à peu, en suivant le concept éthique consistant à ne pas endommager la voie avec trop de matériel et à réussir les ascensions sans aide.

Un grimpeur gravissant une fissurant avec une corde autour du torse
Un grimpeur allemand gravissant une fissure avec une simple corde autour du torse dans les années 1960.

Fort de leurs expériences sur les parois du Yosemite, les Américains font progresser l'escalade rapidement et de nouveaux degrés de cotation sont ouverts. En 1970, Ron Kauk réalise l'ascension d'Astroman (7a/5.11c), la première voie dans le 7e degré [12], puis en 1972, John Bragg réussit le dévers de Kansas City le premier 7b et finalement en 1974, Steve Wunsch qui réussit Supercrack, le premier 7c [16]. Depuis la création de la FFM, la France est restée en retrait et n'a pas connu la même progression car l'escalade est restée peu médiatisée comparée à l'alpinisme [17]. Mais, elle rattrape rapidement son retard avec notamment Jean-Claude Droyer, qui ouvre les premiers 6b en 1976 puis les premiers 6c et 7a en 1977 [A 3], et surtout Patrick Berhault et Patrick Edlinger qui, dès la fin des années 1970, réalisent un grand nombre de premières au Verdon et à Buoux, ainsi que plusieurs ascensions en solo intégral.

Si pendant cette période, le développement de l'escalade a lieu essentiellement dans les pays occidentaux, le bloc de l'Est innove en organisant dès 1947 les premières compétitions d'escalade. À partir de cette date, l' URSS organise des compétitions qui sont la combinaison d'une épreuve de « tracé d'itinéraire », semblable à la difficulté, et d'une épreuve de vitesse où les grimpeurs étaient assurés en moulinette par un câble d'acier [18]. Ces compétitions sont principalement réservées aux athlètes russes jusque dans les années 1980 [19].

1979 - 1991 : la démocratisation de l'escalade

Grimpeurs célèbres
Drapeau de la France Patrick Berhault (1957-2004)
Drapeau de la France Patrick Edlinger (1960-2012)
Drapeau de l'Allemagne Wolfgang Güllich (1960-1992)
Drapeau de la France Catherine Destivelle (1960-)
Drapeau du Royaume-Uni Ben Moon (1966-)

En 1979, Toni Yaniro, un jeune grimpeur de 18 ans, ouvre le 8e degré en réalisant Grand Illusion ( 8a/5.13b) [12]. Cependant, cette ascension est mal vue du milieu de la grimpe, à cause de la méthode employée par Yaniro : après chaque tentative, il laisse la corde mousquetonnée réalisant ensuite de nombreux essais en moulinette. Cette pratique de « travailler » une voie difficile avant son enchaînement en tête, habituelle de nos jours à haut-niveau, était rarement utilisée à cette époque ; l'éthique des grimpeurs privilégiait le style (ascension à vue, engagement) plutôt que la difficulté [20]. Trois ans plus tard, en 1982, le reportage de Jean-Paul Janssen, La vie au bout des doigts, est diffusé dans l'émission « Les carnets de l'aventure » sur Antenne 2 (devenue France 2). Le documentaire qui traite de la passion de Patrick Edlinger pour l'escalade et le solo intégral remporte un grand succès tant en France que dans le reste du monde, allant jusqu'à être nominé aux Oscars, et fait connaître ce sport au grand public [A 4]. C'est à cette époque que l'escalade devient une discipline sportive à part entière et que sont organisées ses premières compétitions internationales [21].

Au milieu des années 1980, Andrea Mellano, un membre du groupe académique du Club alpin italien, et Emanuele Cassarà, un journaliste sportif italien préparent la première compétition moderne d'escalade et convainquent les meilleurs grimpeurs mondiaux d'y participer [19]. Au même moment en France, le manifeste des 19 est signé par plusieurs grimpeurs de haut niveau afin de s'opposer à l'esprit de compétitivité dans ce sport. Malgré cela, la rencontre italienne, une épreuve de difficulté, a lieu le 7 juillet 1985 sur les falaises de Bardonecchia en Italie devant 6 000 spectateurs ; les vainqueurs sont Catherine Destivelle chez les femmes et Stefan Glowacz chez les hommes [22]. L'année suivante, le succès est encore plus grand et la finale, remportée par les Français Patrick Edlinger et Catherine Destivelle, est suivie par plusieurs télévisions européennes et plus de 10 000 spectateurs. La même année, la France organise la première compétition en intérieur à Vaulx-en-Velin dans la banlieue lyonnaise [19]. En 1988, l' UIAA reconnaît officiellement le circuit des World Series puis, en 1989, la Coupe du monde d'escalade de difficulté et de vitesse [19].

Forte d'une reconnaissance mondiale, l'escalade se développe de plus en plus, appuyée par l'apparition des spits et plaquettes qui permettent d'augmenter la sécurité lors des ascensions laissant le grimpeur se concentrer davantage sur la technicité et la difficulté des voies. De plus, de nombreuses salles d'escalade sont construites dans les villes et des techniques d'entraînement scientifiques sont mises au point par Edlinger et Alain Ferrand [A 4]. Cependant, le monde de l'escalade reste majoritairement dominé par les hommes, hormis quelques rares exceptions comme Catherine Destivelle qui réalise le premier 8a féminin en 1986 [23].

Durant les années 1980, la cotation explose rapidement, notamment avec Wolfgang Güllich, un jeune grimpeur allemand. Ayant réussi en 1982 la première répétition de Grand Illusion, la voie cotée 8a ouverte par Yaniro, Wolfgang pousse encore le niveau en 1984 et réalise la première ascension de Kanal Im Rücken à Altmühtal qui devient le premier 8b au monde [A 4]. En 1985, il réussit le premier 8b+, Punks in the Gym [24], puis en 1987 le premier 8c avec Wallstreet [A 4]. Mais c'est l'Anglais Ben Moon qui réalise la première voie cotée 8c+ en 1990 avec l'ascension de Hubble à Raven Tor au Royaume-Uni. Finalement en 1991, après un long entraînement spécifique, Wolfgang Güllich fait l'ascension d' Action directe et évalue sa cotation à 8c+/9a. Cependant de nombreux répétiteurs finiront par lui attribuer une cotation de 9a, en faisant ainsi la première voie dans le 9e degré [12], qui est actuellement le plus haut degré de difficulté en escalade.

En haute montagne aussi, le niveau technique d'escalade rocheuse augmente rapidement au cours des années 1980. Sous l'impulsion notamment de Michel Piola, de nombreuses voies d'escalade sont ouvertes dans le massif du Mont-Blanc. La beauté et la difficulté de l'escalade sont alors préférés à l'atteinte des sommets [25].

1992 - 2000 : l'escalade au féminin et le bloc

Grimpeurs célèbres
Drapeau des États-Unis Lynn Hill (1961-)
Drapeau de la France Isabelle Patissier (1967-)
Drapeau des États-Unis Robyn Erbesfield-Raboutou (1967-)
Drapeau de la France François Legrand (1970-)
Drapeau de la Suisse Fred Nicole (1970-)

Durant les années 1990, l'augmentation rapide de la cotation se calme, et le monde de l'escalade voit surtout de nombreux grimpeurs répéter les différentes voies ouvertes les années précédentes. La seule exception étant Akira, une voie particulièrement difficile réalisée par Fred Rouhling en 1995 et qu'il évalue à 9b. Cependant cette ascension a toujours été remise en question par le milieu de l'escalade, principalement à cause du manque de preuve et cela même si personne n'a été en mesure de la répéter [26].

Parallèlement à cette augmentation du niveau global des grimpeurs et à l'ouverture de quantité de nouvelles voies d'escalade de toutes difficultés, une nouvelle discipline commence à se développer : le bloc [A 5]. Proposant une escalade plus courte mais plus technique et difficile, le bloc permet de travailler certains enchaînements de mouvements sans la contrainte du matériel ni l'obligation d'escalader plusieurs mètres de parois avant d'arriver au passage difficile de la voie. Certains grimpeurs comme Fred Nicole y consacrent d'ailleurs une grande partie de leur temps, et le niveau ne tarde pas à augmenter avec le développement de la discipline. Les sites de Fontainebleau, Hueco Tanks ou encore Cresciano, deviennent rapidement les endroits incontournables de cette pratique et voient un grand nombre d'ouvertures de blocs cotés entre 7B et 8A [Note 2]. Mais c'est surtout vers le petit site d'escalade situé à Branson en Suisse que le monde se tourne. Une première fois en 1992, lorsque Fred Nicole réalise La danse des Balrogs, le premier bloc coté 8B au monde, puis une seconde fois en 1996, où il réussit Radja, le premier 8B+ [A 5]. La reconnaissance du bloc comme discipline d'escalade se traduit par son introduction en compétition, d'abord en 1998 comme test, puis de manière officielle l'année suivante [19].

Isabelle Patissier faisant de l'escalade en solo intégral dans les Calanques
Isabelle Patissier faisant de l' escalade en solo intégral dans les calanques de Marseille.

Les années 1990 sont aussi marquées par l'arrivée de femmes dans le haut niveau de l'escalade. La Française Isabelle Patissier fait de nombreuses ascensions à haut niveau, notamment dans les gorges du Verdon et domine les compétitions avec l'Américaine Robyn Erbesfield [A 4], [27], [28], [29], [30]. Mais c'est surtout Lynn Hill qui marquera l'escalade en 1993, en réussissant la première ascension en escalade libre de The Nose sur la paroi de El Capitan au Yosemite [A 5]. Cette voie de 1 000 mètres répartie en 34 longueurs, n'avait alors jamais été réalisée dans ce type d'escalade, démontrant ainsi le potentiel féminin dans l'escalade. Cet exploit est suivi cinq ans plus tard par la première ascension féminine d'une voie cotée 8c, Onky Tonky, réalisée par Josune Bereziartu.

En novembre 2000, la difficulté en bloc augmente une nouvelle fois avec l'ascension par Fred Nicole de Dreamtime à Cresciano en Suisse [31]. Il évalue la cotation de ce bloc à 8C, ce qui déclenche rapidement une polémique, notamment sur le nombre de mouvements que requiert ce bloc [A 6].

2001 - 2016 : la nouvelle génération

Grimpeurs célèbres
Drapeau des États-Unis Chris Sharma (1981-)
Drapeau de l'Espagne Ramón Julián Puigblanque (1981-)
Drapeau des États-Unis Dave Graham (1981-)
Drapeau de la Finlande Nalle Hukkataival (1986-)
Drapeau de l'Autriche Anna Stöhr (1988-)
Drapeau de la République tchèque Adam Ondra (1993-)
Drapeau des États-Unis Ashima Shiraishi (2001-)

En 2001, c'est un jeune grimpeur américain qui fait parler de lui en élevant à nouveau le niveau de difficulté. Alors âgé de seulement 20 ans, Chris Sharma réussi la première ascension de Biographie [32], une voie cotée 9a+ qui avait été équipée en 1989 par Jean-Christophe Lafaille sur les falaises de Céüse en France. Les années suivantes seront notamment marquées par les nombreuses premières ascensions et répétitions à très haut niveau par une génération de jeunes grimpeurs ayant commencé l'escalade dès leur plus jeune âge. Certains se démarquant plus en bloc comme Paul Robinson ou Daniel Woods, d'autres en voies comme Chris Sharma et notamment Adam Ondra, qui est le plus jeune grimpeur au monde à avoir atteint le neuvième degré à l'âge de 13 ans [33]. À partir de 2008, de nouveaux niveaux de cotations sont atteints, notamment avec Chris Sharma et Adam Ondra qui ouvrent plusieurs voies cotées 9b ( Golpe de Estado, Fight or Flight) puis 9b+ ( Change, La Dura Dura, Vasil Vasil).

Les années 2000 et 2010 sont aussi marquées par nombre de discussions et polémiques sur les cotations de voies et surtout de bloc au plus haut niveau. D'une part, parce que la cotation a augmenté très rapidement durant les vingt dernières années, et d'autre part parce que beaucoup de cotations sont revues à la baisse. Quelques grimpeurs comme Dave Graham, Nalle Hukkataival et Daniel Woods prennent même activement part aux discussions, tentant de redéfinir clairement les limites du très haut niveau [34], [35], [36], [37].

Les femmes réalisent aussi des ascensions à très haut niveau, et après Josune Bereziartu, qui est longtemps restée la seule femme à réussir l'ascension d'une voie dans le neuvième degré, Sasha DiGiulian, Charlotte Durif et Muriel Sarkany atteignent aussi ce niveau en 2013 [38], [39]. En bloc, c'est la jeune grimpeuse Ashima Shiraishi qui, à l'âge de 11 ans, fait surtout parler d'elle en réussissant à faire l'ascension de Crown of Aragorn, un bloc coté 8B/V13, difficulté alors atteinte par seulement quelques femmes [40] ; en 2015, elle est la première femme à réussir une voie 9a+ [41] et en 2016 la première à réaliser un bloc 8C/V15 [42].

En 2007, la Fédération internationale d'escalade est fondée afin de développer les compétitions au niveau mondial. En 2011, à Arco, ont lieu les premiers championnats du monde de paraclimbing qui concernent les déficients visuels, les déficients neurologiques et les amputés. La première Coupe du monde de bloc handisport est organisée en 2014. Après plusieurs années de délibération, l'escalade est finalement intégrée aux Jeux olympiques de 2020 à Tokyo [43].

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