Empire byzantin

Empire byzantin
Empire romain d'Orient
Imperium Romanum (pars orientalis) (la)

Βασιλεία Ῥωμαίων / Basileía Rhômaíôn (grc)

330/610 – 1204
1261 – 1453

Drapeau
Bannière « tétragrammatique » des Paléologues.
Blason
Aigle bicéphale, insigne impérial des Paléologues (fresque, XIVe siècle).
Description de cette image, également commentée ci-après
Évolutions territoriales de l'empire byzantin de la division de l'empire romain à la chute de Constantinople.
Informations générales
StatutAutocratie / Monarchie élective
CapitaleConstantinople
Nicée (1204 à 1261)
Languelatin, grec, langue dominante depuis Alexandre le Grand, syriaque, copte, etc.
ReligionPolythéisme romain. Christianisme ancien toléré après l'édit de Milan en 313. Christianisme nicéen, religion d'État après l'édit de Thessalonique en 380. Christianisme orthodoxe après le schisme de 1054.
MonnaieSolidus, nomisma, hyperpère, etc.
(Monnaie byzantine)
Démographie
Population 300env. 17 000 000 habitants[1]
775env. 7 000 000 habitants[2]
1143env. 10 000 000 habitanrs[3]
1320env. 2 000 000 habitants[2]
1453env. 450 000 habitants
Superficie
Superficie 3002 400 000 km2[4]
7751 050 000 km2
1143650 000 km2
1320420 000 km2
145022 000 km2[5]
Histoire et événements
Constantin Constantin Ier fonde la ville de Constantinople et en fait la nouvelle capitale de l'Empire romain.
Division de l'Empire romain entre les deux fils de Théodose Ier : Arcadius (empereur romain d'Orient) et Honorius (empereur romain d'Occident).
529 - 532Justinien fait publier le Corpus iuris civilis dit « Code Justinien », la plus grande compilation du droit romain antique, et fait construire la basilique Ste-Sophie, chef d'œuvre de l'architecture byzantine et lieu principal des cérémonies impériales.
535 - 553Guerre des Goths : victoire suivie en 554 de la promulgation par Justinien d'une Pragmatica Sanctio. L'Italie, antérieurement perdue par l'Empire romain d'Occident, est reconquise par l'Empire byzantin, qui atteint alors son apogée.
602 - 628Guerre contre les Perses : victoire « à la Pyrrhus » remportée par Héraclius en 620 ; le grec, déjà langue véhiculaire de la moitié orientale de l'Empire romain depuis le IIe siècle av. J.-C., devient langue de cour de l'Empire.
635l'Empire byzantin perd ses greniers à blé : l'Égypte et la Syrie.
680Bataille d'Ongal : victoire d'Asparoukh, qui fonde le Premier Empire bulgare, sur Constantin IV qui ne garde que les côtes de la péninsule balkanique.
1018Reconquête des Balkans par l’empereur Basile II
1054Schisme de 1054 : l’Église romaine d'Occident quitte la Pentarchie : les quatre patriarcats restants forment l’Église orthodoxe.
1071Bataille de Manzikert : l’Empire perd l’Anatolie centrale au profit des Turcs Seldjoukides.
1186À la suite d'une révolte des Bulgares et des Valaques, le Second Empire bulgare reprend son indépendance dans les Balkans.
1204Prise de Constantinople par les Croisés de la Quatrième croisade, qui fondent l’Empire latin de Constantinople. Vénitiens et seigneurs francs s’emparent des îles et du pourtour de l’Égée. Dans les territoires restés sous leur contrôle, les familles impériales byzantines fondent leurs propres États : l'Empire de Nicée, le despotat d'Épire et l'Empire de Trébizonde. Celui de Nicée reprend Constantinople en 1261.
Chute de Constantinople aux mains des Ottomans sous Mehmed II : mort au combat du dernier empereur romain d'Orient Constantin XI Paléologue.
Chute de Doros aux mains des Ottomans et disparition du dernier lambeau de l'Empire byzantin, 22 ans après Constantinople et 14 ans après Trébizonde et Mistra.
Autocrator
306 – 337 (1er)Constantin Ier
395 – 408Flavius Arcadius
527 – 565Justinien
610 – 641Héraclius
867 – 886Basile Basile Ier le Macédonien
1081 – 1118Alexis Alexis Ier Comnène
1185 – 1195Isaac II Ange
1261 – 1282Michel VIII Paléologue
1449 – 1453Constantin XI Paléologue
Sénat romain

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Entités suivantes :

L’Empire byzantin ou Empire romain d'Orient est la partie orientale de l’Empire romain issue du partage de pouvoir impérial au IVe siècle entre deux empereurs, l'un régnant sur l’Orient (Pars Orientalis) avec pour capitale Constantinople (anciennement appelée Byzance), l’autre sur la partie occidentale (Pars Occidentalis) avec comme capitale Milan, puis Ravenne. C’est dans la seconde moitié du XIXe siècle que l’appellation « byzantin » se généralise pour l’Empire romain d’Orient, mais, en fait, il n'y a pas de fondation ni de début de l’Empire byzantin : la distinction entre Empire romain et Empire byzantin, qui a remplacé l'expression « Bas-Empire », est une question de convention entre les historiens modernes[6], tout en précisant que ce terme ne désigne pas un autre État que l'État romain mais une période historique de celui-ci.

C’est à la fin du IIIe siècle que l’Empire romain fut séparé en deux par Dioclétien par le biais du système de Tétrarchie. Tout en restant unitaire, l'Empire fut définitivement divisé et dirigé à la mort de Théodose Théodose Ier en 395 par deux empereurs. Bien que, chassé en 475 par l'usurpation de Flavius Oreste, le dernier empereur d'Occident légitime en fonction Julius Nepos ne fut assassiné qu'en 480 à Salone (Dalmatie), l’empereur-usurpateur de la partie occidentale Romulus Augustule avait, lui, disparu dès 476, et Odoacre avait alors envoyé ses insignes à l’empereur de Constantinople, qui en contrepartie le nomma patrice d’Italie (formellement un vice-roi vassal de Constantinople, qui la représente dans l'ancienne Pars Occidentalis). Par ces actes protocolaires, l’empereur romain de la partie orientale devint alors le seul empereur légal de tout l’Empire romain.

En effet, pour leur part et selon leur propre auto-représentation, les citoyens de ce que nous appelons Empire byzantin ne se considéraient pas comme des « héritiers » de l’Empire romain, mais comme l’Empire romain lui-même. Au VIe siècle, c'est dans cet état d'esprit que l’empereur Justinien (considéré comme le dernier empereur romain de par sa vision universaliste, latine et italo-centrée de l'Empire) tenta de restaurer la souveraineté impériale directe sur les provinces occidentales, alors dirigées par des souverains de différentes tribus germaniques (Ostrogoths, Wisigoths, Vandales, Francs, Burgondes, etc.), théoriquement vassaux de Constantinople. Il y parviendra partiellement en récupérant l'Afrique du Nord (533-534), la Sardaigne, la Corse, les Baléares (534), la Dalmatie, la Sicile (535), l'Italie (535-553) et la Bétique (552-555).

Néanmoins, les récentes conquêtes justiniennes affaiblirent l'Empire, incapable de défendre un territoire aussi vaste dans la durée. Ainsi, à sa mort (565), les Lombards envahirent l'Italie (568-774), les Wisigoths récupérèrent leurs terres perdues dans la péninsule ibérique (565-624) et les Arabo-musulmans envahirent l'Afrique du Nord (647-710). Il s'avéra alors que, outre quelques possessions isolées ici et là, seules, l'Italie méridionale et la Sicile furent des conquêtes durables (VI°-XI° s.). Mais les périls n'ont pas lieu que dans les possessions occidentales de l'Empire... En effet, les Balkans sont ravagés et envahis par les Slaves (517-1020), les Avars (566-626), puis les Proto-Bulgares / Bulgares (671-1018) tandis que les incessantes guerres contre les Perses sassanides ravagaient le Proche-Orient (VI°-VII° s.), ces dernières affaiblissant les deux principales puissances régionales et permettant alors les conquêtes arabo-musulmanes de la Syrie (634-638) et de l'Egypte (639-645), les deux provinces les plus riches et les plus peuplées de l'Empire.

L'empereur Justinien fut le dernier empereur de Constantinople à être considéré comme un empereur romain, après sa mort, le déclin territorial de l'Empire engendra de profondes réformes notamment militaires, politico-administratives, socio-culturelles et religieuses.

  1. Sur le plan militaire, la disparition de la partie occidentale de l’Empire romain (476-480) et celle des légions romaines, ainsi que les menaces permanentes sur leurs frontières amènent les Byzantins à se doter d'une armée et d’une marine puissantes, dont la tactique commence à s’élaborer de manière autonome dès le VIe siècle, ce qui leur permet de dominer la région jusqu’au XIIIe siècle.
  2. Sur les plans politico-administratif et socio-culturel, le rapide repli territorial sur l'Anatolie, largement hellénisée, durant le VIIe siècle a opéré de profonds changements au sein de l'Empire. Au début du VIIIe siècle, l'avènement de la dynastie isaurienne marquait l'aboutissement de cette profonde mutation. Désormais, l'Etat romain était passé d'un empire universel à caractère latin à un empire régional à caractère grec (Basileus, Thèmes, Ecloga).
  3. Sur le plan religieux, l'avènement des Isauriens marque la fin des grandes querelles christologiques qui ont marqué l'Antiquité tardive. Le processus de « byzantinisation » de l'administration et de la société romaines s'est déroulé par le biais d'une hellénisation et d'une christianisation des valeurs au sein de l'Empire. A l'époque des Isauriens éclate la première crise iconoclaste (723-787), plus une querelle politique que religieuse. La question des relations entre l'Empereur et l'Eglise sera définitivement tranchée en 879 avec la distinction stricte entre le pouvoir temporel et spirituel, bien que l'empereur conserve un certain pouvoir de nomination sur la haute hiérarchie ecclésiastique.

Au XIe siècle, l’Empire était donc, tout comme l'était l'empire unifié, resté fidèle à la religion officielle de l'Empire romain, le christianisme, et a défini, dans des conciles communs avec l'Église latine, certains dogmes du christianisme auxquels elle n’a plus touché depuis le Schisme. L’Église officielle est l’Église chrétienne des sept premiers conciles, dont l’Empire conserve la théologie et le droit canon après la séparation des Églises d'Orient et d'Occident en 1054. L’Église d'Orient est dès lors dite Église des sept conciles ou orthodoxe, par contraste avec l’Église d'Occident, catholique, qui, elle, organise 14 conciles de plus, soit 21 au total, ce qui en change profondément la théologie.

L'Empire byzantin subsistera presque mille ans de plus, jusqu’à la prise de Constantinople par les Ottomans en 1453 et la mort de l’empereur Constantin XI. Aucune puissance chrétienne occidentale ne lui avait alors apporté son aide car, depuis Charlemagne, les royaumes d’Occident aspiraient à reconstituer pour leur compte l’Empire romain, sous l’égide de la Papauté, comme en témoigne la titulature de « Saint-Empire romain » (en latin Sacrum Imperium Romanum).

Au cours de son existence, l’Empire byzantin a donné naissance à une brillante civilisation qui a marqué l’histoire de l'Europe et du Proche-Orient. Un certain nombre de lois et coutumes des Romains ainsi que certains aspects culturels, scientifiques ou techniques comme l’architecture sont conservées, puis transmises aux Arabes, aux Occidentaux et aux Ottomans. Même si d’autres langues sont parlées dans l’empire, le grec est la langue majoritaire des échanges, tandis que l’art est principalement chrétien et que l’éducation (la paideia) est gréco-romaine.

Dénomination

L’appellation « Empire byzantin » n‘apparaît qu‘en 1557, sous la plume de l’historien allemand Hieronymus Wolf[7]. De plus, ce n’est qu’en 1857 que cette appellation sera popularisée pour désigner ce qu’on appelait alors la « période du Bas-Empire »[8] par l‘historien George Finlay, dans son Histoire de l’Empire byzantin de 716 à 1057.

Cette dénomination occidentale est utilisée pour distinguer l’histoire de l’Empire romain d'Orient considérée comme une histoire grecque, distincte de celle de l’Empire romain d'Occident, ce dernier étant revendiqué comme « matrice de l'Europe occidentale »[9]. Les citoyens de l’Empire d’Orient nommaient leur État [10] Βασιλεία των Ῥωμαίων - Basileía tôn Rhômaíôn (« empire des Romains » en grec) ou Αμιρηρία Ῥωμάνη - Amirãria romanã (« monarchie romaine » en roman oriental)[11], et ils ne se sont jamais désignés comme « Byzantins » mais se considéraient comme des Romains (Rhomaioi, terme repris par les Perses, les Arabes et les Turcs qui les appellent « Roum »)[N 1]. En traduisant cette auto-dénomination, les Occidentaux utilisaient parfois « Romanie »[12], mais plus souvent « Imperium Graecorum », « Græcia » ou « Terra Græcorum »[10] et « Grecs » pour ses citoyens, dont la liturgie, la langue de communication et la culture étaient essentiellement grecques mais aussi syriaque ou copte.

C’est pourquoi cette dénomination, bien qu’il s’agisse d’un exonyme, a été finalement adoptée en Grèce (en grec moderne : Βυζαντινή αυτοκρατορία / Vyzantiní avtokratoría) et dans la communauté internationale des historiens.

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