Dimitri (auteur)

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Dimitri
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Nom de naissance Guy Mouminoux
Alias
Dimitri, Guy Sajer
Naissance
Nationalité Française
Profession
Scénariste et dessinateur de bande dessinée

Guy Mouminoux, plus connu depuis les années 1970 sous la signature de Dimitri, né le à Paris, est un auteur de bandes dessinées et écrivain français. Auteur très prolifique de bandes dessinées pour enfants dès l'après-guerre, il accède à la reconnaissance à la fin des années 1970 lorsqu'il crée Le Goulag, s'adressant, par ses multiples allusions politiques, à un public plus adulte. C'est pour Patrick Gaumer « l'un des auteurs les plus originaux de la langue française [1] ». Il est également connu sous le nom de Guy Sajer pour un ouvrage autobiographique, Le Soldat oublié publié en 1967 relatant son adolescence dans la Wehrmacht.

Biographie

Avant la bande dessinée

Guy Mouminoux, bien que né à Paris d'une mère allemande et d'un père français [2], grandit en Alsace. Dans son enfance, il lit beaucoup de bandes dessinées ; les Pim, Pam, Poum de Harold Knerr, Popeye et La Famille Illico, le marquent durablement [3]. En 1940, la région est annexée par l'Allemagne, et ses jeunes envoyés dans des camps de jeunesse allemands. Enrôlé dans la division Grossdeutschland de la Wehrmacht en 1943, Mouminoux connaît, à seize ans, les combats sur le front de l'Est. Cette expérience le marque profondément, comme le montre son œuvre, hantée par les thèmes de la guerre et de l'ambiguïté de tout engagement.

Des débuts anonymes

Fin 1946, peu avant ses vingt ans, Mouminoux publie dans Nous les Jeunes sa première histoire, Les Aventures de Mr Minus [4], bande dessinée humoristique. Malgré un bref passage dans Cœurs Vaillants en 1947, il enchaîne jusqu'à la fin des années 1950 les publications dans des périodiques mineurs comme Zar'O, O.K., Ohé !, Gong, L'Équipe Junior, Jocko et Poustiquet, Pschitt Aventures, etc. En juin 1949 il crée Maya le Sioux pour Élan : 22 fascicules sont publiés jusqu'en mai 1950. En 1951, il participe à Vaillant et Bravo !, en 1956 Fillette et Joyeuses lectures, et 1957 Hurrah ! (Robin des Bois). Bien qu'il préfère les histoires humoristiques, on lui commande durant ces premières années surtout des planches réalistes : pour les Éditions Presses Mondiales, dans la série Les Grands Romans Noirs dessinés no 11, le roman d'André Héléna, Des lèvres à tuer [3]...

La reprise en 1959 de Blason d'argent, série d'aventure médiévale, dans Cœurs Vaillants, principal illustré catholique, lui permet de toucher un public plus nombreux et de s'assurer des revenus plus stables : il anime la série jusqu'en 1977 pour les différentes revues des éditions Fleurus. Parallèlement, il entre à Spirou, tout d'abord via Les Belles histoires de l'oncle Paul, ensuite en réalisant entre 1963 et 1965 le scénario et les décors de trois Valhardi pour Jijé, dont il reste un grand ami jusqu'à sa mort en 1980 [5]. En 1964, il entre à Pilote, où il anime à de 1966 à 1970 Goutatou et Dorauchaux, sa première grande série humoristique, qui le convainc de la nécessité de faire de la bande dessinée d'humour pour garder un intérêt à la bande dessinée [3]. En novembre de la même année, il participe au lancement de l'hebdomadaire Chouchou en dessinant les séries d'aventures Kilimandjaro (scénario de Pierre Heudin) et Oui, mon adjudant (scénario de Remo Forlani) ; il y collabore jusqu'au treizième et avant-dernier numéro publié en avril 1965 [6]. En 1970, il crée Prémolaire pour Formule 1 et Rififi pour Tintin, deux autres séries humoristiques qu'il poursuit jusqu'à la fin de la décennie. En 1973-1974, il réalise trois albums adaptant en bande dessinée les films des Charlots.

Le Soldat oublié : Mouminoux, auteur à succès

Article détaillé : Le Soldat oublié.

En 1967, Mouminoux publie chez Robert Laffont Le Soldat oublié, récit autobiographique relatant ses trois ans comme «  malgré-nous » (Mouminoux avait été mobilisé dans la Wehrmacht en 1942 et envoyé au Reichsarbeitsdienst (RAD), il se porta ensuite volontaire pour entrer dans la division d'élite Grossdeutschland) dans l'armée allemande entre 1942 et 1945. Il dira plus tard avoir alors été fasciné par la force et l'ordre allemand [2]. L'ouvrage, bien reçu par la critique (il obtient en 1968 le Prix des Deux Magots), est un succès de librairie, particulièrement à l'étranger. Traduit en 37 ou 38 langues [2], dont le chinois en 2011 [2], il est vendu à près de trois millions d'exemplaires [2]. Bien que Mouminoux ait pris soin de le signer d'un pseudonyme, Guy Sajer (d'après le nom de jeune fille de sa mère), on découvre assez vite qu'il en est l'auteur, ce qui lui vaut une image de « facho », et le renvoi du magazine Pilote [7], dans l'équipe duquel se trouvait pourtant Serge de Beketch.

Le livre fut recommandé en lecture aux officiers américains comme un exemple de ce que vit un soldat dans une guerre de haute intensité [2].

La naissance de Dimitri et la seconde carrière de Mouminoux

En 1975, il décide de changer de pseudonyme pour ses nouvelles séries, et signe « Dimitri Lahache » sa nouvelle série destinée à Spirou Les Familleureux. Cette nouvelle identité acquiert très vite une certaine renommée à la suite de la publication des histoires courtes du léopard anthropomorphe Eugène Krampon [8] dans Charlie Mensuel de 1976 à 1978 et au lancement l'année suivante dans le nouvel hebdomadaire du Square B.D. du Goulag, reprenant ce personnage dans de plus longues histoires. Tout au long des années 1980, la série va alterner les supports de publications, passant par Charlie Mensuel, L'Écho des savanes, L'Événement du jeudi, Magazine hebdo, etc.

Reconnu par ses pairs, exclu par Fleurus [9], Mouminoux se lance dans la création de nombreuses histoires, d'abord courtes (dans Charlie Mensuel au tout début des années 1980) puis longues : Les Mange-merde, dans Charlie Mensuel, Pognon's story, Les Consommateurs et L'Abattoir, dans Pilote et Charlie, Kaleunt dans L'Écho. La disparition des supports de publication pour adultes, au tournant des années 1990, l'empêchant de prépublier ses histoires, celles-ci sortent à partir du début des années 1990 directement en albums : le seizième Goulag paraît en 2002 tandis que Dimitri devient un pilier de la collection « Caractères » chez Glénat, dans laquelle il publie entre 1993 et 2001 huit albums de bande dessinée historique traitant souvent de la Seconde Guerre mondiale vue du côté de l' Axe, dans la lignée de Kaleunt. En 2003, l'auteur retrouve Albin Michel pour un nouvel album, Le Voyage.

À partir de 2003, son œuvre fait l'objet d'un important (quoique brouillon) travail de réédition aux éditions du Taupinambour, lesquelles publient également les planches de Krampon (dans un Goulag no 0) ainsi que deux nouveaux épisodes du Goulag que Glénat ne désirait pas éditer. En 2007, Dimitri entame avec La Malvoisine (où il fait montre de sa maîtrise encore complète d'un dessin léché et de la couleur directe) une collaboration avec les éditions Joker. Il y lance en 2008 comme scénariste une nouvelle série, Les Oubliés de l'empire, qui pâtit d'une réalisation très malhabile.

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