Dictionnaire

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Dictionnaire (homonymie).
Dictionnaire en latin constitué de plusieurs volumes, œuvre d' Egidio Forcellini (1771).

Un dictionnaire est un ouvrage de référence contenant l’ensemble des mots d’une langue ou d’un domaine d’activité généralement présentés par ordre alphabétique et fournissant pour chacun une définition, une explication ou une correspondance ( synonyme, antonyme, cooccurrence, traduction, étymologie).

Le présent article concerne les dictionnaires unilingues qui décrivent ou normalisent une langue. Ceux-ci sont à distinguer d'autres types d'ouvrages de référence : les encyclopédies ou dictionnaire de choses; les dictionnaires de traduction bilingues; les dictionnaires des synonymes; les dictionnaires thématiques spécialisés (dictionnaire du droit, du commerce, dictionnaire de géographie, dictionnaire humoristique [1], etc.)

Le mot dictionnaire, d'abord écrit avec un seul n, est dérivé du latin dictio : « action de dire, propos, mode d'expression ». Sa première utilisation [2] remonte à Jean de Garlande dont le Dictionarius cum commento paraît en 1220.

Contenu des dictionnaires

Les auteurs d'un dictionnaire doivent déterminer au départ les catégories de mots à retenir, en fonction des limites imposées par l'éditeur et du public visé. Il faut décider de la place à faire aux néologismes, aux termes rares ou archaïques, au vocabulaire scientifique et technique, aux mots d'un emploi purement régional, au vocabulaire d'origine étrangère, aux mots grossiers et au vocabulaire populaire et argotique [3].

Une entrée comprend normalement : (a) la lexie, ou plus petite unité porteuse de signification, ses dérivés affixaux et ses composés ( pomme, pommier, pomme de terre); (b) les morphèmes grammaticaux, c’est-à-dire les mots vides qui indiquent les rapports entre les mots pleins, porteurs de signification ou sémantèmes; (c) la prononciation; (d) les marques d'usage; (e) des exemples.

Les renseignements linguistiques sont de trois ordres :

Définition

Un dictionnaire doit d'abord donner la définition du mot. Cette opération, bien plus complexe qu'elle n'en a l'air, est « sans conteste l'élément de l'article du dictionnaire qui est le plus difficile à réaliser [4] ». Elle occupe les logiciens depuis des siècles et est également étudiée par la linguistique, la sémiotique et la psycho-sociologie. Selon la méthode fondée par Aristote, définir consiste à découvrir les attributs essentiels, en identifiant les différences et en remontant, par paliers successifs, à la catégorie supérieure. Ainsi, on définirait le chien comme un animal de la classe des mammifères, ordre des carnivores et famille des canidés. En procédant ainsi, il faut évidemment veiller à ne pas empiéter sur le sens d'autres mots. En théorie, selon cette méthode, les divers objets du monde pourraient s'emboîter dans un arbre binaire, mais cela n'est valide que pour les objets mathématiques, le langage humain comportant un espace de « jeu » essentiel à la compréhension [4].

Dans la pratique, les définitions incorporent aussi des propriétés non essentielles, mais qui aident le lecteur à identifier ce dont il est question. Ainsi, une définition du chien va inclure qu'il peut servir comme chien de garde, de chasse, de trait, etc. Ces notations sont de nature encyclopédique, tout comme le fait qu'il aime ronger un os. De nombreux dictionnaires intègrent ces données encyclopédiques au moyen d'exemples.

Il est rare qu'une seule définition épuise tous les sens d'un mot. Le plus souvent, un mot va avoir plusieurs acceptions, c'est-à-dire plusieurs significations, phénomène que l'on désigne par le terme de polysémie. Dans certains cas, un mot peut même désigner deux réalités opposées, comme le mot « hôte » qui peut signifier, selon le contexte, la personne qui accueille ou celle qui est accueillie [5]. Souvent, la différence de sens provient d'un emploi figuré plutôt que littéral ou des déplacements de sens d'un domaine d'activité à un autre. Ainsi, le sens du mot « fuite » varie selon qu'il est utilisé en droit, en peinture, en aéronautique, en économie, en plomberie ou en politique [6]. Un dictionnaire doit non seulement identifier les divers sens du mot, mais encore les classer d'une façon aussi cohérente et significative que possible. Il peut également comporter un répertoire indexé pour en faciliter l'utilisation.

Présence d'exemples

Les exemples sont apparus en français avec le dictionnaire de Richelet, en 1680 (voir ci-dessous). Ils ont une triple utilité :

  1. Ils éclairent le sens d'un mot par son emploi en contexte : « Citons le cas de chien défini ainsi : « Animal domestique, dont il existe de nombreuses races, qui garde la maison ou les troupeaux et qui aide l'homme à chasser. » La définition évoque les principales activités que nous pourrions appeler « professionnelles » du chien, mais elle ne signale pas deux aspects fondamentaux, familiers aux enfants : le chien aboie, le chien mord. Dans un dictionnaire de plus grand format, nous aurions pu ajouter des phrases du type suivant : le chien dort dans sa niche ; le chien grogne en rongeant un os ; le chien fait le beau pour avoir un sucre, etc. Grâce à de tels exemples, non seulement la définition du chien est précisée, mais on présente au lecteur plusieurs situations à la fois concrètes [...] et linguistiques [...] où apparaît l'animal » [7].
  2. Les exemples mettent en évidence les rapports syntaxiques d'un mot avec d'autres, comme le choix de la préposition acceptée par un verbe (aider quelqu'un à, dans, pour), la place de certains adjectifs, etc.
  3. Les exemples attirent l'attention sur les cas où le mot fait partie d'une locution, d'un cliché : une discussion animée, un soleil radieux, perdre la face, etc. [8]

Données étymologiques

L'étymologie est apparue dans les dictionnaires français avec Origines de la langue française ( 1650), de Ménage, qui « découvrit seul, et de manière intuitive, l'origine d'un grand nombre de mots français [9] ». Les bases d'une étymologie scientifique ont été posées par le philologue allemand Friedrich Christian Diez ( 1794- 1876). Le domaine est maintenant couvert par l'ouvrage monumental de Walther von Wartburg ( 1888- 1971), grâce auquel « nous disposons d'informations indiscutables, dans presque tous les cas, sur l'étymologie des mots français [10] ».

L'histoire du mot est souvent plus instructive que l'étymologie, car elle permet de voir l'évolution des significations au fil des siècles, mais ces données sont souvent très fragmentaires dans les dictionnaires courants.

La datation est également une donnée intéressante, qui indique la date à laquelle un mot a été employé en français pour la première fois dans un texte.

Prononciation

Des indications sur la prononciation des mots sont devenues courantes avec le Dictionnaire de la langue française ( 1863) de Littré [11]. Divers procédés de transcription phonétique ont été utilisés, avec plus ou moins de bonheur, par divers dictionnaires. En 1964, le Petit Robert a adopté l'A.P.I. ou alphabet phonétique international, qui, en plus d'être standardisé à travers les dictionnaires de différentes langues, présente trois avantages :

  1. Chaque son est noté par un seul signe, toujours identique.
  2. Chaque signe n'a qu'une seule valeur phonétique.
  3. Les signes représentent ce qui est réellement prononcé [12].

La prononciation n'est pas homogène, mais varie selon les régions et les groupes sociaux. Des mots comme sculpteur (skyltœ:ʀ) et oignon (ɔ ɳ ɔ) possèdent des lettres que les locuteurs cultivés ne prononcent pas, mais le cas de dompteur est moins clair, les deux formes étant en usage (dɔ ̃tœ:ʀ et dɔ̃p.tœʁ]. L'auteur d'un dictionnaire doit donc déterminer la forme recommandée en se basant sur la prononciation la plus acceptée, qui n'est pas nécessairement la plus répandue. Ces questions complexes, qui touchent à la norme dans ce qu'elle a de plus intime et de moins conscient, ont justifié la rédaction d'ouvrages spécialisés, tel le Dictionnaire de la prononciation française dans sa norme actuelle ( 1964) de Léon Warnant.

Les dictionnaires électroniques modernes proposent un modèle de prononciation sonore, comme dans le wiktionnaire.

Lemmatisation

Il ne serait pas efficace, pour un dictionnaire de langue, de retenir toutes les formes fléchies des mots, car cela amènerait un fort taux de répétition. Si certains mots ont une forme unique, tels les adverbes, beaucoup d'autres, en effet, existent sous diverses formes, selon qu'ils sont au singulier ou au pluriel, au masculin ou au féminin, ou s'ils sont des verbes aux formes conjuguées. Pour résoudre ce problème, on recourt à une opération de lemmatisation, qui consiste à regrouper les formes occurrentes d’un mot sous une même adresse lexicale. Si cette opération peut paraître à première vue assez simple, elle se trouve rapidement compliquée par les variations orthographiques survenues au fil du temps, voire par la présence, au sein d’une langue évoluée, de divers homographies. On peut s’en faire une idée en consultant un dictionnaire historique de langue ou un dictionnaire étymologique.

Classement alphabétique ou idéologique?

Le classement alphabétique, qui nous paraît aujourd'hui normal et caractéristique des dictionnaires, n'a pas toujours été considéré comme la solution idéale. Le Dictionnaire de l'Académie française de 1694 avait plutôt adopté un classement par famille de mots : malaise est classé sous l'article aise, aîné sous naître, ennemi et inimitié sous amour, etc. Abandonné par la majorité des dictionnaires, un système similaire a cependant encore été retenu par von Wartburg pour son grand dictionnaire étymologique. Une solution mitoyenne est celle du Lexis des éditions Larousse ( 1979), qui limite les familles aux termes les plus proches, l'objectif, parfaitement défendable au plan pédagogique, étant de faire découvrir à un usager les mots apparentés à celui qu'il consulte. Ce genre de préoccupation devient sans objet avec les dictionnaires électroniques.

Ordre des lemmes

Article détaillé : Ordre alphabétique.

Le tri alphabétique, qui apparaît comme une évidence pour un utilisateur francophone contemporain, n'est pas universel.

  • Il est réservé aux écritures alphabétiques ou logographiques.
  • Les langues alphabétiques n'utilisent pas toutes le même alphabet (alphabet latin, grec, cyrillique, ...) ; dans un même alphabet, l'ordre des lettres peut varier selon la langue (exemple pour l' estonien, la séquence r s š z ž t).
  • Pour les écritures idéographiques, comme celle du chinois, le classement est plus difficile et sujet à controverse (certains signes ayant différentes lectures : consulter le Dictionnaire de sinogrammes). Dans certains cas, le classement est encore plus difficile, car il n'existe pas de classification évidente ; c'est le cas des dictionnaires de hiéroglyphes égyptiennes ou mayas, ou des dictionnaires logographiques : leur unification est particulièrement difficile et s’appuie sur différentes études réalisées par des chercheurs différents, à différentes époques, avec des méthodes d’analyse très différentes et avec une connaissance souvent incomplète ou inexistante du système morphémique.

Aspect normatif ou descriptif

Les dictionnaires de langue peuvent se classer en deux catégories, selon qu'ils sont de type descriptif ou normatif, ce dernier cas étant le plus fréquent. Un dictionnaire descriptif s'attache autant que possible à décrire une langue telle qu'elle est écrite et parlée dans toute sa diversité; un dictionnaire normatif tente au contraire d'établir la norme et d'orienter l'usage, en utilisant des expressions comme « à éviter » ou « locution vicieuse » :

« La plupart des dictionnaires français ont un caractère normatif : leur but véritable n'est pas de présenter un tableau fidèle et authentique du français à une certaine époque, mais de constituer un recueil de mots acceptés, fixés, l'omission d'un mot étant, dans la pensée de beaucoup de lexicographes, une condamnation implicite. L'ostracisme se manifeste dans tous les domaines : mots techniques, étrangers, populaires, etc. Cet état d'esprit est flagrant dans le Dictionnaire de l'Académie, mais il est aussi celui de Littré [13]. »

Standardisation des dictionnaires

Article détaillé : Lexical markup framework.

L' Organisation internationale de normalisation travaille afin de définir un cadre commun normalisé pour l'élaboration des lexiques du traitement automatique des langues.

Other Languages
Afrikaans: Woordeboek
العربية: قاموس
ܐܪܡܝܐ: ܣܦܪ ܡܠܐ
مصرى: قاموس
অসমীয়া: অভিধান
asturianu: Diccionariu
Aymar aru: Aru pirwa
azərbaycanca: Lüğət
беларуская: Слоўнік
беларуская (тарашкевіца)‎: Слоўнік
български: Речник
বাংলা: অভিধান
brezhoneg: Geriadur
bosanski: Rječnik
català: Diccionari
Mìng-dĕ̤ng-ngṳ̄: Sṳ̀-diēng
Cebuano: Diksionaryo
کوردیی ناوەندی: فەرھەنگ
čeština: Slovník
kaszëbsczi: Słowôrz
Чӑвашла: Сăмахсар
Cymraeg: Geiriadur
dansk: Ordbog
Deutsch: Wörterbuch
Zazaki: Vatebend
Ελληνικά: Λεξικό
English: Dictionary
Esperanto: Vortaro
español: Diccionario
euskara: Hiztegi
فارسی: فرهنگ لغت
suomi: Sanakirja
Frysk: Wurdboek
Gaeilge: Foclóir
galego: Dicionario
עברית: מילון
हिन्दी: शब्दकोश
hrvatski: Rječnik
Kreyòl ayisyen: Diksyonè
magyar: Szótár
Հայերեն: Բառարան
Bahasa Indonesia: Kamus
íslenska: Orðabók
italiano: Dizionario
日本語: 辞典
Basa Jawa: Bausastra
ქართული: ლექსიკონი
Taqbaylit: Amawal
қазақша: Сөздік
한국어: 사전
Kurdî: Ferheng
Кыргызча: Сөздүк
Latina: Lexicon
Ladino: Diksionario
Lëtzebuergesch: Dictionnaire
Ligure: Diçionaio
lietuvių: Žodynas
latviešu: Vārdnīca
Malagasy: Rakibolana
македонски: Речник
മലയാളം: നിഘണ്ടു
मराठी: शब्दकोश
Bahasa Melayu: Kamus
မြန်မာဘာသာ: အဘိဓာန်
Napulitano: Dezziunario
Plattdüütsch: Wöörbook
नेपाल भाषा: खँग्वःसफू
Nederlands: Woordenboek
norsk nynorsk: Ordbok
norsk bokmål: Ordbok
Nouormand: Dictionnaithe
occitan: Diccionari
ਪੰਜਾਬੀ: ਸ਼ਬਦਕੋਸ਼
polski: Słownik
português: Dicionário
Runa Simi: Simi qullqa
rumantsch: Pledari
română: Dicționar
armãneashti: Dicțiunaru
русский: Словарь
sicilianu: Dizziunariu
Scots: Dictionar
سنڌي: لغت
srpskohrvatski / српскохрватски: Rječnik
සිංහල: ශබ්ද කෝෂය
Simple English: Dictionary
slovenščina: Slovar
chiShona: Duramahwi
Soomaaliga: Qaamuus
shqip: Fjalori
српски / srpski: Речник
Sranantongo: Wortubuku
Seeltersk: Woudebouk
Basa Sunda: Kamus
svenska: Ordbok
Kiswahili: Kamusi
தமிழ்: அகரமுதலி
తెలుగు: నిఘంటువు
Tagalog: Talahuluganan
Türkçe: Sözlük
татарча/tatarça: Сүзлек
українська: Словник
اردو: لغت
oʻzbekcha/ўзбекча: Lugʻat
Tiếng Việt: Từ điển
walon: Motî
Winaray: Diksyonaryu
Wolof: Baatukaay
吴语: 字典
ייִדיש: ווערטערבוך
中文: 詞典
Bân-lâm-gú: Jī-tián
粵語: 字典
isiZulu: Isichazamazwi