David Douillet

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David Douillet
David Douillet, en septembre 2007.
David Douillet, en septembre 2007.
Fonctions
Conseiller régional d'Île-de-France
En fonction depuis le
(8 ans et 1 mois)
PrésidentJean-Paul Huchon
Valérie Pécresse
Vice-président du Conseil régional
d'Île-de-France

Chargé de l'action internationale et du tourisme

(6 mois et 19 jours)
PrésidentValérie Pécresse
PrédécesseurRoberto Romero
SuccesseurOthman Nasrou
Ministre des Sports

(7 mois et 14 jours)
PrésidentNicolas Sarkozy
GouvernementFrançois Fillon III
PrédécesseurChantal Jouanno
SuccesseurValérie Fourneyron
Secrétaire d'État chargé des Français
de l'étranger

(2 mois et 28 jours)
PrésidentNicolas Sarkozy
GouvernementFrançois Fillon III
Prédécesseurposte créé
SuccesseurÉdouard Courtial
Député de la 12e circonscription des Yvelines

(5 ans)
Élection17 juin 2012
LégislatureXIVe législature
PrédécesseurJoël Regnault
SuccesseurFlorence Granjus

(1 an, 9 mois et 10 jours)
Élection
LégislatureXIIIe législature
PrédécesseurJacques Masdeu-Arus
SuccesseurJoël Regnault
Biographie
Nom de naissanceDavid Donald Hubert Roger Douillet
Date de naissance (49 ans)
Lieu de naissanceRouen (Seine-Maritime)
Nationalitéfrançaise
Parti politiqueUMP (2009-2015)
LR (depuis 2015)
ConjointVanessa Carrara
EnfantsJérémie Douillet
Diplômé deBTS action commerciale à INSEP
Professionconsultant, sportif de haut niveau

David Douillet, né le à Rouen (Seine-Maritime), est un judoka français, devenu homme politique.

Il est l'un des judokas français les plus titrés de l'histoire. Il évoluait dans la catégorie des « poids lourds », la plus massive en judo[Note 1]. Son palmarès compte deux titres olympiques obtenus en 1996 à Atlanta et 2000 à Sydney. Il est aussi quadruple champion du monde et champion d'Europe. Certaines de ses récompenses ont également été remportées en « toutes catégories », où aucune limite de poids n'est imposée.

Ses performances et son association avec l'opération caritative « Les Pièces Jaunes » en font une personnalité populaire pendant et après sa carrière. Reconverti en homme d'affaires, puis en consultant sportif pour le groupe Canal+, il se rapproche progressivement du milieu politique. En 2009, il obtient de premières responsabilités au sein de l'UMP dont il intègre le bureau exécutif. À la fin de cette même année, lors d'une législative partielle organisée en raison de la déchéance de Jacques Masdeu-Arus, il est élu député dans la 12e circonscription des Yvelines.

Le , il est nommé secrétaire d’État chargé des Français de l'étranger. Le , Chantal Jouanno ayant démissionné, il est nommé ministre des Sports. Il est réélu député lors des élections législatives de 2012 et battu à celles de 2017.

Carrière sportive

Débuts

David Douillet commence le judo à l'âge de 11 ans dans la commune de Neufchâtel-en-Bray non loin de sa ville natale de Rouen. Disposant de qualités physiques exceptionnelles pour son âge (1,80 m et 80 kg à 11 ans), il suit les cours de Jacques Lemaître qui lui apprend les rudiments du sport[1]. Grâce à ses performances et ses résultats scolaires, il intègre la section sport-études du lycée Île-de-France (aujourd'hui Lycée Victor et Hélène Basch) à Rennes. En 1986, il est remarqué à l'occasion d'une démonstration par Jean-Luc Rougé — premier judoka français champion du monde — qui lui fait intégrer l'INSEP à Paris[2] ; il a alors 17 ans. « Il dépassait déjà les autres d'une tête et après l'avoir vu sur le tapis, je lui ai tout de suite réservé une chambre à l'INSEP, le centre d'entraînement de l'élite du sport français », relate Rougé. Licencié à Maisons-Alfort et s'entraînant dans le Bois de Vincennes où siège l'INSEP, il côtoie les meilleurs judokas français. Ainsi, il rencontre son idole Fabien Canu, double champion du monde à la fin des années 1980.

Deux ans après, il réalise de premières bonnes performances au niveau national en devenant champion de France juniors. Toujours en 1988, il monte sur la troisième marche du podium des championnats de France seniors, dans la catégorie des poids lourds (plus de 95 kg)[3]. De nouveau médaillé de bronze aux championnats de France en 1989, il obtient la même médaille quelques semaines auparavant lors des Championnats d'Europe juniors organisés à Athènes[3].

Premiers Jeux olympiques

En 1990, il dispute les Championnats d'Europe par équipes, une compétition que la France termine au second rang du classement général final[3]. À la fin de l'année, il s'illustre lors de la prestigieuse Coupe Jigoro Kano tenue à Tokyo. Il y atteint la finale qu'il perd face au triple champion du monde japonais Naoya Ogawa[3]. L'année suivante, en janvier 1991, il remporte son premier titre de champion de France seniors en s'imposant en finale face à Georges Mathonnet, un autre espoir du judo français de deux ans son aîné[3]. En vertu de cette victoire, il est sélectionné pour les Championnats d'Europe 1991, son premier championnat individuel senior. À Prague, en République tchèque, il obtient la médaille de bronze ne concédant une défaite que face au Polonais Rafał Kubacki[3]. Quelques semaines plus tard, à Nîmes, il enlève deux médailles d'argent aux Championnats du monde militaires en s'alignant à la fois dans les catégories poids lourds et open (toutes catégories)[3].

Conservant son titre national en 1992, il dispute les Championnats d'Europe organisés à Paris. À un peu plus de deux mois des Jeux olympiques, le rendez-vous européen permet de déterminer les qualifications et sélections nationales[4]. Bien qu'éliminé dès le deuxième tour, il valide sa participation en obtenant la médaille de bronze par le biais des repêchages[3]. En juillet, les Jeux se déroulent à Barcelone en Espagne. Il y hérite d'un parcours relevé puisqu'il doit affronter l'Allemand Henry Stöhr (vice-champion olympique en titre) et le Japonais Naoya Ogawa (quadruple champion du monde). Ne réussissant pas à porter une attaque franche sur le Français, Stöhr est disqualifié pour non-combativité. Un mouvement de jambes du Japonais Ogawa lors du combat suivant met ippon Douillet qui ne peut plus prétendre à l'or olympique. Repêché, il est opposé au Cubain Franck Moreno Garcia lors du combat pour la médaille de bronze. Réalisant un mouvement de jambes quelques secondes avant la fin du duel, David Douillet termine troisième et remporte sa première récompense olympique à 23 ans.

Succès internationaux

En 1993, les Championnats du monde se déroulent à Hamilton au Canada. Troisième du Tournoi de Paris en début d'année puis vice-champion d'Europe à Athènes en mai, il aborde ambitieux les mondiaux. Vainqueur de l'Estonien Indrek Pertelson au premier tour, du Polonais Kubacki en demi-finale, il s'impose en finale contre le Géorgien David Khakhaleichvili, champion olympique en titre et favori, grâce à un waza-ari à une minute trente de la fin du combat[5],[6]. Il prend ainsi sa revanche sur celui qui l'avait battu en finale des précédents Championnats d'Europe[3]. Sacré champion du monde à 24 ans, il est le premier français lauréat du titre mondial dans la catégorie des poids lourds. Toujours dans cette catégorie, il devient champion d'Europe l'année suivante à Gdansk en Pologne en battant en final le local Rafał Kubacki[3]. Entretemps, en octobre 1993, il remporte le titre de champion d'Europe par équipes nationales à Francfort[3].

Dans l'optique des Jeux olympiques de 1996, les Championnats du monde 1995 tenus à Chiba au Japon constituent une étape obligatoire pour espérer participer au rendez-vous américain[7]. Pour la première fois à ce niveau, il s'aligne à la fois dans la catégorie des poids lourds et celle des toutes catégories. Terminant chacun de ses combats par ippon, il conserve tout d'abord sa médaille d'or en poids lourds. Après le Nippon Naoya Ogawa, l'Espagnol Ernesto Pérez en demi-finale, il bat l'Allemand Frank Möller en moins de deux minutes lors de la finale[8]. Il est le deuxième français conservant son titre mondial après Fabien Canu à la fin des années 1980. Trois jours après cette première victoire, il se qualifie en finale des toutes catégories et bat le Russe Sergei Kossorotov par une immobilisation au sol[9]. Il devient le troisième judoka à réaliser ce doublé, les deux premiers étant Yasuhiro Yamashita en 1981 et Naoya Ogawa en 1989[10].

Consécration olympique puis blessures

Sélectionné pour les Jeux olympiques de 1996 organisés à Atlanta, au Georgia World Congress Center, Douillet passe les premiers tours sans difficultés face au Belge Harry Van Barneveld, au Luxembourgeois Müller et à l'Autrichien Krieger[3]. En demi-finale, il est opposé au Japonais Naoya Ogawa, ce même judoka qui l'avait battu au même stade du tournoi olympique de Barcelone quatre ans plus tôt. À l'issue d'un combat serré qualifié de « finale avant la finale » par le Français[11], il se qualifie pour la finale lors de laquelle il affronte l'Espagnol Ernesto Perez Lobo qui avait été battu par le Français lors des mondiaux de Chiba. À trois minutes de la fin de cette finale, Douillet réalise un uchi-mata — fauchage intérieur de la cuisse — en bordure de tapis jugé ippon[12]. Il devient ainsi le second Français champion olympique des poids lourds, après Angelo Parisi aux Jeux de Moscou en 1980. Le jour-même, il reçoit sa médaille d'or des mains du Néerlandais Anton Geesink, champion olympique en 1964. Mais il a dû attendre 1997 pour se voir décerner la vraie médaille d'or olympique pourtant conquise l'année précédente. En effet, les organisateurs américains des Jeux d'Atlanta avaient interverti les cérémonies de remise des médailles des compétitions masculines et féminines. Ainsi, le Néerlandais Anton Geesink, champion olympique toutes catégories en 1964, remet au judoka français la médaille d'or destinée à la judokate chinoise Fuming Sun, championne olympique des poids lourds chez les femmes. Ce n'est qu'en 1997 à Paris, lors des Mondiaux 1997, que les différents acteurs sont une nouvelle fois réunis pour décerner les bonnes médailles cette fois-ci[13].

Le , David Douillet est sérieusement blessé au mollet et à l'épaule droite dans un accident de moto[14]. Malgré la convalescence et les huit mois de rééducation, il déclare trouver dans cette péripétie le moyen de se relancer après le contre-coup de sa médaille d'or olympique : « Cet accident m’a redonné l’envie. Après Atlanta, j’avais l’impression d’avoir fait le tour. J’avais tout gagné... Puis, après l’accident, j’avais un nouveau challenge, celui de redevenir d’abord un athlète, puis un athlète performant[15]. » Retrouvant son poids de forme estimé à 125 kg, il renoue avec la compétition des Jeux méditerranéens en juin 1997 à Bari. Il obtient une médaille d'or grâce à sa victoire en finale contre le champion d'Europe en titre, Selim Tataroğlu[3]. Il retrouve ce même judoka en demi-finale des Championnats du monde organisés à Paris quelques mois plus tard. Qualifié pour la finale, il bat le Japonais Shinichi Shinohara par disqualification de ce dernier[16]. Il égale ainsi dans l'histoire des mondiaux Yasuhiro Yamashita en remportant une troisième couronne mondiale chez les poids lourds, la quatrième de sa carrière. Cette victoire clôt une période marquée non seulement par son accident de moto mais aussi par les difficultés financières rencontrées par l'entreprise dont David Douillet est alors actionnaire[17]. Toutefois, une douleur à l'épaule gauche l'écarte une nouvelle fois des tatamis après les mondiaux de Paris[14]. De même, en août 1998, il est victime d'une entorse au poignet, une blessure qui l'écarte des compétitions plusieurs mois durant.

Deuxième titre olympique avant la retraite

David Douillet
Image illustrative de l'article David Douillet
Contexte général
Sport pratiqué Judo
Période active 1988 (premier championnat de France senior) - 2000
Biographie
Nationalité sportive Française
Naissance
Taille 1,96 m (6 5)
Poids 125 kg (275 lb)
Palmarès
Jeux olympiques 2 0 1
Championnats du monde 4 0 0
Championnats d'Europe 1 1 2
Meilleurs résultats en Grands Chelems
Tournoi Paris Ekaterinbourg Rio Tokyo
Résultat Médaille d'argent : 1

Après presque deux années marquées par les blessures et de nombreux forfaits, il est sélectionné pour les Championnats d'Europe 1999 se tenant à Bratislava en Slovaquie. Aligné uniquement en toutes catégories, il est battu en quart-de-finale par l'Espagnol Pérez puis en repêchages par le Néerlandais Dennis van der Geest, terminant donc à la septième place[3]. L'année suivante, sont organisés à Birmingham les Championnats du monde 1999, étape essentielle à moins d'un an des Jeux olympiques d'été de 2000. Cependant, il doit déclarer forfait à deux jours de la compétition en raison d'une pubalgie[18]. Malgré cette blessure, il réaffirme son objectif en déclarant à propos des Jeux : « Sydney ? Il faudrait qu’on me coupe une jambe pour que je n’y aille pas[18]

Les mois qui suivent, sa préparation est cependant perturbée par de nouveaux problèmes physiques au dos. Il n'effectue ainsi sa rentrée qu'un mois et demi avant l'événement olympique lors d'une compétition à Bonn[14]. Battu en demi-finale par l'Allemand Frank Möller, il prend la troisième place d'une compétition mineure mais essentielle pour envisager un retour au haut-niveau[19]. Ce retour est jugé encourageant par son entraîneur Marc Alexandre mais il ne cache pas les inquiétudes quant aux retards accumulés dans sa préparation[19].

En dépit des doutes sur sa condition physique, David Douillet est présent à Sydney en Australie pour la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. En effet, il est désigné porte-drapeau de la délégation française par le CNOSF succédant ainsi à l'athlète Marie-José Pérec[20]. Une semaine après cette cérémonie, le , se déroule le tournoi des poids lourds auquel David Douillet participe finalement[21]. Après une première victoire par forfait[22], il affronte lors du deuxième tour le Turc Selim Tataroğlu, récent médaillé d'argent européen. Vainqueur par ippon grâce à un o-uchi-gari, il se qualifie pour les quarts-de-finale lors desquels il bat par disqualification le Belge Harry van Barneveld[22]. Sortant vainqueur du combat face à l'Estonien Indrek Pertelson, il se qualifie pour la finale grâce à un ippon réalisé en moins d'une minute. Il y affronte le Japonais Shinichi Shinohara, double champion du monde l'année passée à Birmingham. Cette revanche des Championnats du monde 1997 tourne de nouveau à l'avantage du Français mais est marqué par une controverse. Une minute et trente secondes après le début du match, un mouvement de jambes est sanctionné d'un yuko en faveur de Douillet. Ce mouvement est contesté par le camp japonais estimant que Shinohara a contré le Français dans son attaque par un uchimata-sukashi. Ainsi, Yasuhiro Yamashita, l'entraîneur de Shinohara, proteste énergiquement après le combat estimant que son judoka méritait un ippon sur cette séquence, comme l'avait par ailleurs jugé un des trois arbitres[23]. Sanctionné quelques secondes plus tard pour non-combativité, Douillet reprend l'avantage dans la dernière minute en bénéficiant d'un second yuko, un avantage définitif. En remportant un deuxième titre olympique d'affilée, David Douillet devient le judoka le plus titré de l'histoire lors des championnats internationaux[24] : avec six titres internationaux majeurs (deux titres olympiques, quatre titres mondiaux), il dépasse le Japonais Yamashita (un titre olympique, quatre titres mondiaux) en activité dans les années 1970 et 1980. Par ailleurs, cette victoire marque la fin de la carrière de David Douillet qui annonce sa retraite sportive juste après la compétition[25].

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