Danse macabre

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Une des dix-sept gravures sur bois de la « Danse macabre du cloître des Saints-Innocents » à Paris.
Publiées en 1485 par deux éditeurs parisiens, Guyot Marchant et Verard, elles furent diffusées dans toute l'Europe.
Hans Holbein, Simolachri, Historie, e Figure de la Morte (1549).

La Danse macabre est un motif artistique populaire à la fois présent dans le folklore européen et élaboré à la fin du Moyen Âge. Elle est un élément, le plus achevé, de l'art macabre du Moyen Âge, du e au e siècle.

La première Danse macabre semble être réalisée à Paris, au Charnier des Saint-Innocents en 1424. Elle se nourrit des inquiétudes des temps de crise en y répondant par la force de l'imaginaire. Par cette sarabande qui mêle morts et vivants, la Danse macabre souligne la vanité des distinctions sociales, dont se moque le destin, fauchant le pape comme le pauvre prêtre, l'empereur comme le lansquenet. C'est une leçon morale adressée aux vivants afin de réfléchir à notre condition : elle console les plus pauvres et apprend aux plus grands que personne n'est au-dessus des lois.

Sa composition se fait de manière hiérarchique : elle fait d'abord entrer les « grands » (pape, empereur, roi, cardinal ou patriarche) puis descend l'échelle sociale en faisant entrer les « petits » (laboureur, enfant, cordelier, ermite). Les vivants sont donc des personnages représentant les différentes strates sociales et les morts sont squelettiques, dansent, font des cabrioles, se moquent et entraînent vers la mort les vivants, en s'affabulant de leurs attributs (couronne, épée, instruments de musique).

Tout au long du e siècle et au début du e, ce thème est peint sur les murs des églises, dans les cimetières d'Europe du Nord, sur les murs extérieurs des cloîtres, les charniers, les ossuaires. Au-dessus ou au-dessous de l'illustration sont peints des vers par lesquels la mort s'adresse à la victime, souvent sur un ton sarcastique et empreint de cynisme. Il est diffusé à travers l'Europe par les textes poétiques colportés par les troupes de théâtre de rues.

Cette forme d'expression est le résultat d'une prise de conscience et d'une réflexion sur la vie et la mort, dans une période où celle-ci est devenue plus présente et plus traumatisante. Les guerres — surtout la guerre de Cent Ans — les famines et la peste, que représentent souvent les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse, ont décimé les populations[1].

Le thème traverse les époques. De nombreux peintres (Hans Holbein le Jeune), poètes (Baudelaire, Verlaine, Cazalis…), auteurs (Flaubert), musiciens (Liszt, Saint-Saëns, Benjamin Britten, Honegger, Hugo Distler), cinéastes (Fellini, Bergman…) s'emparent de celui-ci et permettent de redécouvrir ces œuvres tombées dans l'oubli.

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