Démographie médicale

La démographie médicale est, au sens propre, l'étude statistique de la population de la profession médicale, ou au sens large, des professions de santé.
Elle est aussi la pratique de la régulation de la population de ces professions dans le cadre plus large de la gestion du système de soins d'un pays.

Situation dans différents pays

En France

En France,

  • en 1930, on compte 25 000 médecins, soit 1 pour 1 600 habitants [1].
  • en 2004, il existait [2] un peu plus de 208 887 médecins actifs, à comparer avec 112 000 en 1979. On constatait une féminisation certaine de la profession, la proportion de ces dernières atteignant 57 % pour la tranche d'âge des moins de 34 ans. Mais plus on progresse dans les classes d'âge et plus cette proportion diminue ;
  • fin 2010, 264 466 médecins étaient inscrits au tableau de l' Ordre des médecins [3]. Malgré une hausse du nombre des médecins nouvellement inscrits, le nombre total diminue en raison d'un taux de départ à la retraite qui est plus élevé encore [3] ;
  • le secteur libéral a perdu de son attractivité (70 % des 5 392 nouveaux médecins de 2010 ont préféré un exercice salarial contre 9,4 % ayant choisi la voie de l'exercice libéral (dont 23 % en zone rurale) [3] ;
  • de plus, 903 médecins (dont 45 % étaient généralistes) ont dévissé leur plaque bien avant l’âge de la retraite, surtout dans de grandes métropoles françaises ; 90,3 % d’entre eux souhaitant quitte le secteur libéral [3] ;
  • un quart environ des nouveaux médecins en 2010 ont obtenu leur diplôme hors de France et exercent majoritairement dans des régions pauvres ou peu densément habitées (44 % en Picardie et 39 % en Champagne Ardenne. L'Yonne en a accueilli le plus [3].
  • 10 % des 276,354 médecins inscrits au tableau de l'Ordre au sont nés dans un pays membre de la Ligue arabe : 8,5 % au Maghreb et 1,5 % au Liban ou en Syrie [4].

Une mauvaise répartition territoriale

Selon le ministère de la santé, un quart de la population française manquerait de médecins près de son lieu de résidence, principalement dans les zones rurales et les banlieues [[réf. souhaitée].

Leur répartition est en effet géographiquement très inégale : globalement, déficit dans les villes non universitaires du centre et du nord de la France. Certains départements ont une densité médicale inférieure à 143 médecins pour 100 000 habitants ; d'autres ont une densité supérieure à 184 médecins pour 100 000 habitants.

Mi 2012 (trois ans après le vote de la Loi Hôpital, patients, santé et territoires) les zones rurales et périurbaines sont encore en situation de «  désertification médicale », en dépit d'un certain succès des maisons pluridisciplinaires de santé [5]. Les incitations n'ont pas été suivies d'effets significatifs, les agences régionales de santé n'ayant que peu de pouvoir en la matière. La délégation de service et de tâches ainsi que certaines formes de télémédecine pourraient limiter une partie des effets négatifs du manque de médecin de proximité [5].

Prospective

Alors que la population augmente et vieillit, l' Atlas de la démographie médicale française 2011 (5e édition) du CNOM confirme un écart croissant entre le taux de médecins nouvellement inscrits (+2,5 % en un an, soit 5 392 médecins/an) et le taux de départ (+11,2 % en un an, soit 4 310 médecins) [3].

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