Cryptographie asymétrique

La cryptographie asymétrique est un domaine de la cryptographie où il existe une distinction entre des données publiques et privées, en opposition à la cryptographie symétrique où la fonctionnalité est atteinte par la possession d'une donnée secrète commune entre les différent participants. [1]

La cryptographie asymétrique peut être illustrée avec l'exemple du chiffrement à clef publique et privée, qui est une technique de chiffrement, c'est-à-dire que le but est de garantir la confidentialité d'une donnée. Le terme asymétrique s'applique dans le fait qu'il y a deux clefs (que l'utilisateur qui souhaite recevoir des messages fabrique lui-même), telles que si l'utilisateur utilise une première clef dans un algorithme dit « de chiffrement », la donnée devient inintelligible à tous ceux qui ne possèdent pas la deuxième clef, qui peut retrouver le message initial lorsque cette deuxième clef est donnée en entrée d'un algorithme dit « de déchiffrement ». [2]

Par convention, on appelle la clef de déchiffrement la clef privée et la clef de chiffrement la clef publique.

La clef qui est choisie privée n'est jamais transmise à personne alors que la clef qui est choisie publique est transmissible sans restrictions. [3]

Ce système permet deux choses majeures :

  • Chiffrer le message à envoyer : l'expéditeur utilise la clef publique du destinataire pour coder son message. Le destinataire utilise sa clef privée pour décoder le message de l'expéditeur, garantissant la confidentialité du contenu.
  • S'assurer de l'authenticité de l'expéditeur : L'expéditeur utilise sa clef privée pour coder un message que le destinataire peut décoder avec la clef publique de l'expéditeur ; c'est le mécanisme utilisé par la signature numérique pour authentifier l'auteur d'un message.

Historique

Concept

Le concept de cryptographie à clef publique — autre nom de la cryptographie asymétrique — est généralement attribué à Whitfield Diffie et à Martin Hellman qui l'ont présenté au public à la National Computer Conference en 1976 [4], puis publié quelques mois plus tard dans New Directions in Cryptography [5]. Le concept aurait cependant été découvert indépendamment par d'autres chercheurs à la même époque.

Ralph Merkle aurait fait la même découverte à la même époque [6], même si ses articles [7] ne furent publiés qu'en 1978.

Mise en œuvre

Dans leur article de 1976, W. Diffie et M. Hellman n'avaient pas pu donner l'exemple d'un système à clef publique, n'en ayant pas trouvé. Il fallut attendre 1978 pour avoir un exemple [8] donné par Ronald Rivest, Adi Shamir et Leonard Adleman, le RSA, abréviation tirée des trois noms de ses auteurs. Les trois hommes fondèrent par la suite la société RSA Security. Le système Merkle-Hellman [9] est généralement considéré comme la première réalisation pratique d'un système de chiffrement à clef publique [10], il a cependant été prouvé non sûr par Shamir en 1982 [11].

Recherches secrètes du GCHQ

Parallèlement aux recherches publiques, les services du chiffre britannique (GCHQ, Government Communications Headquarters) auraient mené des recherches secrètes aboutissant à des concepts et outils de chiffrement asymétrique dès la première moitié des années 1970 [12] :

Ces découvertes n'auraient été rendues publiques par le GCHQ qu'en 1997 [12].

Other Languages
日本語: 公開鍵暗号
norsk nynorsk: Asymmetrisk kryptering
Simple English: Public-key cryptography