Cryptographie

La machine de Lorenz utilisée par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale pour chiffrer les communications militaires de haut niveau entre le quartier-général du Führer et les quartiers-généraux des groupes d'armées

La cryptographie est une des disciplines de la cryptologie s'attachant à protéger des messages (assurant confidentialité, authenticité et intégrité) en s'aidant souvent de secrets ou clés. Elle se distingue de la stéganographie qui fait passer inaperçu un message dans un autre message alors que la cryptographie rend un message inintelligible à autre que qui-de-droit.

Elle est utilisée depuis l' Antiquité, mais certaines de ses méthodes les plus importantes, comme la cryptographie asymétrique, datent de la fin du XXe siècle.

Étymologie et vocabulaire

Le mot cryptographie vient des mots en grec ancien kruptos (κρυπτός) « caché » et graphein (γράφειν) « écrire ».

À cause de l'utilisation d' anglicismes puis de la création des chaînes de télévision dites « cryptées », une grande confusion règne concernant les différents termes de la cryptographie :

  • chiffrement : transformation à l'aide d'une clé d'un message en clair (dit texte clair) en un message incompréhensible (dit texte chiffré) pour celui qui ne dispose pas de la clé de déchiffrement (en anglais encryption key ou private key pour la cryptographie asymétrique) ;
  • chiffre : utilisation de la substitution au niveau des lettres pour coder [1] ;
  • code : utilisation de la substitution au niveau des mots ou des phrases pour coder [1] ;
  • coder : action réalisée sur un texte lorsqu'on remplace un mot ou une phrase par un autre mot, un nombre ou un symbole [1] ;
  • cryptogramme : message chiffré ;
  • cryptosystème : algorithme de chiffrement;
  • décrypter : retrouver le message clair correspondant à un message chiffré sans posséder la clé de déchiffrement (terme que ne possèdent pas les anglophones, qui eux « cassent » des codes secrets) [note 1] ;
  • cryptographie : étymologiquement « écriture secrète », devenue par extension l'étude de cet art (donc aujourd'hui la science visant à créer des cryptogrammes, c'est-à-dire à chiffrer) ;
  • cryptanalyse : science analysant les cryptogrammes en vue de les décrypter ;
  • cryptologie : science regroupant la cryptographie et la cryptanalyse.
  • cryptolecte : jargon réservé à un groupe restreint de personnes désirant dissimuler leur communication.

Il apparaît donc que mis au regard du couple chiffrer/déchiffrer et du sens du mot « décrypter », le terme « crypter » n'a pas de raison d'être (l' Académie française précise que le mot est à bannir), en tout cas pas dans le sens où on le trouve en général utilisé [réf. nécessaire]. Dans sa dernière édition (entamée en 1992), le Dictionnaire de l'Académie française n'intègre pas « crypter » et « cryptage », mais ce dernier terme apparait dans le Grand Robert (qui date son apparition de 1980). L' Office québécois de la langue française intègre « crypter » au sens de « chiffrer », et « cryptage » au sens de déchiffrement dans son grand dictionnaire terminologique [2].