Cornelius Castoriadis

Cornelius Castoriadis
Cornelius Castoriadis.jpg
Naissance
Décès
(à 75 ans)
Paris
Sépulture
Nationalités
Français (à partir de ), GrecVoir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Principaux intérêts
Idées remarquables
Imaginaire social, imaginaire instituant, significations imaginaires, imagination radicale, monade psychique, social-historique, création et autocréation, chaos et envers, logique du magma (ontologie), logique ensembliste-identitaire
Œuvres principales
L'Institution imaginaire de la société (1975)
Influencé par
A influencé
Conjoint

Cornelius Castoriadis (en grec moderne : Κορνήλιος Καστοριάδης), né le à Constantinople et mort le à Paris, est un philosophe, économiste et psychanalyste grec, fondateur avec Claude Lefort du groupe Socialisme ou barbarie.

Il consacra une grande partie de sa réflexion à la notion d'autonomie, dont il proposa une conceptualisation particulière et qu'il défendit en élaborant un « projet d'autonomie », projet de société visant l'autonomie individuelle et collective, soit une démocratie « radicale », qu'il opposait à l'hétéronomie, constitutive selon lui des sociétés religieuses et traditionnelles, des régimes capitalistes mais aussi du régime de l'URSS.

Son œuvre témoigne de la variété des champs disciplinaires auxquels il s'intéressa : l'épistémologie, l'anthropologie, la politique, l'économie, l'histoire, ou encore la « théorie de l'âme », voire la psychanalyse.

Biographie

Jeunesse et formation

Cornelius Castoriadis est issu d’une famille grecque de Constantinople (Istanbul[1]), capitale de l’Empire ottoman. En 1922, comme des dizaines de milliers de Grecs de Turquie, la famille Castoriadis quitte la Turquie pendant la Grande Catastrophe d'Asie mineure pour la Grèce et s’installe à Athènes. Il y fait ses études secondaires, puis étudie le droit et les sciences politiques et économiques. En 1937, alors que la Grèce subit le régime de Métaxas, il entre dans les Jeunesses communistes[2]. En 1941, il devient membre du Parti communiste (KKE), le quitte en 1943 et s’affilie au groupe trotskyste de Spyros Priphtès (dit «  Agis Stinas (el)[3] »), en butte à l'hostilité à la fois de l'occupant allemand et des communistes orthodoxes de l'EAM-ELAS.

Ayant achevé sa formation à l’université d’Athènes, il vient la compléter à Paris en 1946, grâce à une bourse de l'Institut français d'Athènes alors dirigé par Octave Merlier. Il fait le voyage (via le Pirée, Tarente et Marseille) à bord du Mataroa dans un groupe d'étudiants où se trouvent, entre autres, Kostas Axelos et Kostas Papaioannou.

En 1948, il devient économiste à l'OCDE, poste qu'il occupe jusqu'en 1970.

Socialisme ou barbarie (1949-1967)

En France, il est membre du Parti communiste internationaliste, qui appartient à la IVe Internationale (trotskiste).

En août 1946, sous le pseudonyme de Chaulieu, il y crée, avec Claude Lefort (dit Montal) une tendance minoritaire, la tendance « Chaulieu-Montal », qui se sépare ensuite du PCI pour constituer le groupe indépendant Socialisme ou barbarie, proche plutôt du communisme de conseils. Une revue du même nom est créée, dont le premier numéro paraît en mars 1949.

En novembre 1956, à la suite des événements de Hongrie, il participe avec quelques membres de Socialisme ou barbarie (dont Claude Lefort) à un Cercle international des intellectuels révolutionnaires, où se retrouvent entre autres Georges Bataille, André Breton, Michel Leiris, Edgar Morin et Maurice Nadeau.

En 1958, le groupe Socialisme ou barbarie connaît une scission autour de la question de la constitution d'une organisation révolutionnaire. Claude Lefort et Henri Simon quittent le groupe pour créer ILO, qui devient Informations et correspondances ouvrières (ICO). Castoriadis fait partie de ceux qui maintiennent Socialisme ou barbarie. Une nouvelle scission a lieu en 1963.

Le , Castoriadis tient conférence sur le thème « Marxisme et théorie révolutionnaire », et le 15 mai sur la question : « Qu'est-ce qu'être révolutionnaire aujourd'hui ? ».

À partir de 1964, il devient membre de l'École freudienne de Paris (EFP), fondée par Jacques Lacan, auquel il s'opposera dès 1967.

En 1967, le groupe Socialisme ou barbarie se saborde officiellement et publie un texte d'auto-dissolution[4].

La psychanalyse

En 1968, Castoriadis se marie avec Piera Aulagnier.

En 1969, il quitte l'École freudienne de Paris. Il participe à la formation du Quatrième groupe, Organisation psychanalytique de langue française. Il commence une deuxième analyse didactique avec Jean-Paul Valabrega. Il exerce comme analyste à partir de 1973.

Tombe au cimetière du Montparnasse

La philosophie

Castoriadis s'intéresse également à la recherche philosophique. À la fin des années 1970, à partir du livre de François Roustang Un destin si funeste, il écrit dans la revue Topique un long article contre la pensée structuraliste, visant aussi bien Michel Foucault que Roland Barthes, Louis Althusser, Gilles Deleuze et Félix Guattari.

En 1980, il est nommé directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il participe alors au séminaire de François Furet, qui constitua la base de la création du Centre Raymond Aron. Il y croise notamment C. Lefort, P. Manent, P. Rosanvallon, M. Gauchet ou V. Descombes [5].

Il meurt le . Il est inhumé au cimetière du Montparnasse (6e division).

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