Confédération générale du travail

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Confédération générale du travail
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Cadre
Forme juridique Confédération syndicale
Zone d’influence Drapeau de la France  France
Fondation
Fondation
Identité
Siège 263, rue de Paris
93100 Montreuil
Secrétaire général Philippe Martinez
Affiliation européenne Confédération européenne des syndicats(CES)
Affiliation internationale Confédération syndicale internationale (CSI)
Membres 680 000 revendiqués
(en 2016 [1])
Représentativité Représentative au niveau national
Publication La Nouvelle Vie ouvrière
Site web www.cgt.fr
Militants de la CGT manifestant à Paris pour la défense des services publics.

La Confédération générale du travail ou CGT est un syndicat français de salariés créé le à Limoges. Elle faisait partie des cinq confédérations de syndicats de salariés français considérées, par présomption irréfragable, comme représentatives par l'État avant la réforme de 2008.

La CGT a obtenu 1 570 500 suffrages (34 %) aux élections prud'homales de décembre 2008. Elle figure comme l'une des principales organisations syndicales de salariés dans les élections aux comités d'entreprise comme parmi les délégués du personnel. 680 000 salariés sont syndiqués à la CGT [2].

L'actuel secrétaire général de la confédération est Philippe Martinez.

Histoire et chronologie

Des origines à 1913

  • 1864 : Le 25 mai, suppression du délit de coalition et de grève ( Loi Ollivier). Cette loi met un terme à la Loi Le Chapelier. Création de l' Association internationale des travailleurs dite Ire Internationale à Londres.
  • 14 novembre 1869 : fondation par Eugène Varlin, délégué de l'AIT et président, avec Nathalie Lemel, d'une Société d'Epargne de Crédit Mutuel des Relieurs, de la Fédération Parisienne des Sociétés Ouvrières autour d'une Société de Solidarité des Ouvriers Relieurs de Paris préexistante. C'est le noyau parisien de la future CGT nationale.
  • 1871 - 1883 : la décennie voit éclater de nombreuses grèves. Un rapport de police dénombre 182 syndicats rassemblant 31 700 adhérents en 1876. Quatre ans plus tard, les chiffres sont respectivement de 478 et 64 000.
  • 1884 : Le 21 mars, vote de la loi légalisant les syndicats professionnels ouvriers et patronaux à l'initiative de Pierre Waldeck-Rousseau.
  • 1886 : Création de la Fédération nationale des syndicats (FNS), d'inspiration guesdiste.
  • 1895 : Congrès constitutif de la confédération générale du travail CGT à Limoges du 23 au 28 septembre [3]. Les principaux piliers en sont la fédération du livre et celle des cheminots, mais de nombreux métiers restent hors de la CGT. Jusqu'en 1902, l'échelon confédéral reste mal organisé.
  • 1900 : Création du journal La Voix du peuple [4], organe de la CGT.
  • 1901 : Décès de Fernand Pelloutier.
  • 1902 : L'année marque l'ouverture d'une nouvelle période dans la vie de la CGT. Au congrès de Montpellier elle parachève son unité. La Fédération des Bourses du travail s'efface en tant que centrale et ses organisations s'intègrent dans la CGT. Cette unité réalisée constitue un pôle d'attraction pour beaucoup d'organisations restées jusque-là dans l'expectative. Le syndicat se structure avec l'action d'hommes comme Victor Griffuelhes et Émile Pouget. La CGT compte alors 100 000 adhérents.
  • 1904 : Le Congrès de Bourges adopte la revendication de la journée de 8 heures.
Plaque commémorant l'adoption de la charte d'Amiens, le 13 octobre 1906, à l'entrée de l’École publique du Faubourg de Noyon, rue Rigollot à Amiens.
  • 1906 : Charte d'Amiens : cette charte adoptée en congrès, donne au syndicalisme confédéral quelques-uns de ses traits spécifiques : la lutte des classes, la lutte quotidienne pour des améliorations immédiates mais aussi la lutte pour la disparition du salariat et du patronat, ainsi que son indépendance vis-à-vis des organisations politiques. Cette Charte est reprise aujourd'hui comme référence par la plupart des syndicats. L'organisation y définit ce qu'est sa vision du syndicalisme : « d'une part il prépare l'émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l'expropriation capitaliste, et d'autre part, il préconise comme moyen d'action la grève générale et il considère que le syndicat, aujourd'hui groupement de résistance, sera, dans l'avenir, le groupe de production et de répartition, base de réorganisation sociale » [5], [6]. Lors du congrès, les guesdistes sont mis en minorité par les révolutionnaires et les réformistes. Le congrès rompt également avec la Fédération syndicale internationale.
  • 1907 : Adhésion de la Fédération Nationale des Syndicats d'Instituteurs.
  • 1908 : La fédération des Mineurs rallie la CGT peu de temps après la grève de Draveil-Villeneuve-Saint-Georges au cours de laquelle de nombreux cadres de la CGT sont arrêtés. Le Congrès de Marseille se tient en octobre 1908, alors qu'un grand nombre de dirigeants cégétistes sont en prison. Une motion vigoureusement antimilitariste est adoptée.
  • 1909 : Victor Griffuelhes démissionne. Durant son court intérim, Louis Niel renoue les liens avec la Fédération syndicale internationale, mais il doit démissionner sous la pression des révolutionnaires. Cette orientation ne sera pas remise en cause par son successeur, Léon Jouhaux, proche des dits révolutionnaires, mais qui saura tracer progressivement sa propre voie.
  • Le 5 octobre, paraît le premier numéro de la Vie ouvrière, qui se définit comme « syndicaliste Révolutionnaire, antiparlementaire ». La revue est dirigée par Pierre Monatte. C'est l'ancêtre de La Nouvelle Vie ouvrière (NVO) qui est toujours la revue de la CGT.
  • 1910 : Bien que demandée au congrès de 1895, la CGT s'oppose à la loi sur les retraites ouvrières et paysannes à son congrès de 1910 par 1049 voix contre 251. Les révolutionnaires veulent abattre l'État, non qu'il soit social. L'âge de la retraite étant fixé à 65 ans quand l'espérance de vie est de 50 ans [réf. nécessaire], la CGT parle de la « retraite des morts ». On critique également sa gestion par capitalisation.
  • 1912 : La CGT est la seule confédération syndicale existante en France, elle compte 700 000 adhérents sur un total de 7 millions de salariés. Le 24 novembre, elle tient un congrès extraordinaire sur le thème de l'action préventive contre la guerre.
  • 1913 : Constitution du Secrétariat syndical international auquel participe la CGT. Le 25 février, la CGT publie un manifeste anti-militariste.

Durant la Première Guerre mondiale

  • 1914 : La CGT compte environ 300 000 adhérents. La CGT organise des manifestations syndicales contre la guerre le 27 juillet. Le 31 juillet, Jean Jaurès est assassiné. Le 1er août c'est la mobilisation générale et le début de la guerre 14/18. Le 3 août, c'est la déclaration de guerre de l'Allemagne à la France. Le 4 août, la CGT rallie l' Union sacrée. Lors du CCN de la CGT, tenu du 26 novembre au 5 décembre, seule une minorité se prononce contre la guerre. Pendant les 4 ans de guerre, quelques militants CGT tel Félix Baudy furent fusillés pour l'exemple après avoir été désignés pour motif d'appartenance à la CGT.
  • 1915 : Démission de Pierre Monatte le 3 janvier en protestation contre le ralliement de la CGT à l'Union Sacrée. La guerre fait chuter les effectifs à 50 000 adhérents.
  • 1917 : Dans l'année, on compte 696 grèves et 293 810 grévistes en France. Parallèlement, les effectifs remontent à 300 000. Les 6 et 7 novembre c'est la rupture de l'Union sacrée. Au même moment a lieu la Révolution d'Octobre en Russie.
  • 1918 : Dans l'année on recense 499 grèves et 176 187 grévistes en France et la CGT passe à 600 000 adhérents.

De 1919 à 1939

  • 1919 : 25 mars : loi sur les conventions collectives. 28 mars : loi supprimant le travail de nuit dans les boulangeries. 23 avril : lois sur la journée de 8 heures. Le 1er mai grève générale de 24 heures marquée par 500 000 manifestants à Paris (1 mort). La CGT passe à un effectif de 1 million et demi d'adhérents. Dans l'année, on compte 2 206 grèves et 1 160 000 grévistes en France. Création de la Confédération française des travailleurs chrétiens ( CFTC). 30 avril : Pierre Monatte crée les Comités syndicalistes révolutionnaires.
  • 1920 : Le 8 janvier, inauguration du Conseil économique et social (initiative de la CGT). Le 12 mars, vote de la loi relative au droit syndical. Le 1er mai : la CGT décide la grève générale. En 15 jours on compte 1,5 million de grévistes. Le 22 mai, reprise du travail. La grève des cheminots pour la nationalisation des chemins de fer sera un échec. À la suite de ce mouvement, la 11e chambre du tribunal correctionnel ordonnera même le 13 janvier 1921 la dissolution de la CGT, sanction qui ne sera jamais appliquée. Contrecoup des échecs (et de certains acquis sociaux ?), les effectifs repassent à 700 000. En mai, la CGT reçoit l'adhésion de la Fédération des employés de l'État.
  • 1921 : Au congrès de Tours de la SFIO (1920), scission entre ceux qui souhaitent adhérer à la troisième internationale, acceptant les vingt-et unes conditions de Lénine et ceux qui s'y opposent. Les partisans de l'adhésion, majoritaires, créent la Section Française de l'Internationale Communiste (SFIC). Le congrès de Lille, en juillet, évite la scission dans le syndicat, où majoritaires et minoritaires sont au coude à coude, mais la division est consommée en décembre. À la suite de l'exclusion de la Fédération des cheminots, les révolutionnaires quittent la CGT, et créent la Confédération générale du travail unitaire (CGTU), proche du Parti communiste français (PCF). Naissance du journal Le Peuple, organe officiel de la CGT.
  • 1922 : Lors de son premier congrès, du 25 juin au 1er juillet à Saint-Étienne, la CGTU décide de rallier l' Internationale syndicale rouge. Elle combat le taylorisme, alors en plein essor. La CGTU compte alors environ 250 000 membres, nettement moins que l'autre CGT.
  • 1924 : Les très minoritaires « syndicalistes révolutionnaires », qui dirigeaient notamment l'union départementale du Rhône, quittent la CGTU et fondent la CGT-SR.
  • 1925 : La CGTU revendique deux semaines de congés payés à son congrès de 1925. Pierre Monatte fonde La Révolution prolétarienne, où il appelle à la réunification de la CGT.
  • 1927 : Départ de la Fédération des employés de l'État, qui avait adhéré en mai 1920.
  • 1930 :
    • Vote définitif de la loi sur les assurances sociales le 30 avril, qui entre en application le 30 juin, après dix années de débats, durant lesquels la CGTU les a dénoncées (assurance privées: pas de répartition, pas d'universalisme, pas de paritarisme) alors que la CGT les a soutenues. Une double cotisation, patronale et salariale, abondée par l'État, obligatoire pour les salariés gagnant plus de 15 000 francs par an, finance ces assurances. Au-delà de la maladie, les assurances sociales couvrent aussi les champs de la vieillesse, de l'invalidité prématurée et du chômage involontaire.
    • Le 30 novembre, mise en place de la « commission des 22 » en vue de la réunification de la CGT : l'échec est patent fin 1932.
  • 1931 :
    • Benoît Frachon entre au bureau confédéral de la CGTU. Il remplace Gaston Monmousseau et devient secrétaire général de la CGTU, deux ans plus tard.
    • Progression du chômage, qui atteint déjà 450 000 personnes en 1931, et s'élèvera à 860 000 en 1936.
  • 1932 : après une progression à la fin des années 1920 à 300 000 adhérents, la CGTU retombe à 258 000 en 1932. La CGT connaît une évolution parallèle ; elle compte 490 000 adhérents en 1921 comme en 1933, après avoir eu également une progression éphémère à la fin des années 1920. Dans la période peu revendicative entre 1924 et 1934, environ 50 % des conflits se terminent de manière infructueuse.
  • 1934-1935 :
    • En riposte à l'émeute du 6 février, un appel à la grève générale « contre le fascisme » à l'initiative de la CGT et de la CGTU pour le 12 février donne lieu à une convergence des deux cortèges place de la Nation.
    • Le 30 mai, Maurice Thorez donne son aval à un rapprochement des deux CGT. Le 9 octobre débutent des discussions en vue de la réunification, qui aboutiront le 14 juillet 1935 à un programme de Front populaire. Deux congrès séparés simultanés du 24 octobre au 27 octobre donnent leur aval à la réunification. C'est "la base" des salariés syndiqués qui demande la réunification.
  • 1936 :
    • Réunification de la CGT et de la CGTU lors du congrès de Toulouse (2 mars-5 mars) ; les confédérés dominent largement la nouvelle CGT. L'adhésion à la FSI est votée par 5 500 mandats contre 2 500. Les unitaires ne contrôlent que sept unions départementales.
    • Le 26 mai, une vague de grèves marquées par des occupations d'usines démarre au Havre et s'étend comme une traînée de poudre partout en France, contrairement aux mouvements infructueux de 1906 et 1919-1920. Le 7 juin sont signés les accords Matignon, entre la CGT et le patronat (CGPF). Les 11 et 12 juin sont votées les lois sociales sur les conventions collectives, l'institution de délégués d'atelier, le relèvement des salaires, l'instauration de quinze jours de congés payés et la semaine légale de 40 heures.
  • 1937 : La CGT a quadruplé son audience et compte 4 millions d'adhérents. Le rapport de force interne s'est modifié en faveur des ex-unitaires. La Fédération de la métallurgie d' Ambroise Croizat est ainsi passée à 750 000 adhérents. Développement des œuvres sociales gérées par la CGT.
  • 1938 :
    • Les accords de Munich suscitent la polémique entre les différentes tendances de la CGT. Ils sont défendus par la tendance Syndicats (20% de la CGT), dirigée par René Belin, quand les ex-unitaires les dénoncent. Le centre de Léon Jouhaux, Louis Saillant et Robert Bothereau s'allie avec les ex-unitaires (proches ou membres du PCF).
    • Échec de la grève contre les décrets-lois de Paul Reynaud du 12 novembre, « décrets misère » qui instaurent la semaine de six jours, soit la casse des conquêtes du Front Populaire, « fin de la semaine des deux dimanche ».

Mal préparée après le congrès de Nantes, la grève de la fin du mois est un échec. 15 000 militants sont licenciés et la CGT perd un quart de ses effectifs, qui restent néanmoins élevés avec 2 millions et demi d'adhérents.

Durant la Seconde Guerre mondiale

  • 1939 (bis) Début de la guerre le 3 septembre. Le 18 septembre, le bureau confédéral de la CGT vote une déclaration excluant les militants qui refusent de condamner le pacte germano-soviétique. Cette décision est approuvée par la commission administrative de la CGT le 25 septembre, ce qui a pour effet d'exclure les communistes de la CGT. Plus de 600 syndicats sont dissous et de nombreux militants et dirigeants exclus sont arrêtés. Ceux qui ne sont pas arrêtés, ni mobilisés entreront dans la clandestinité.
  • 1940 :
    • La CGT ne compte plus que 500 000 adhérents quand le gouvernement fait voter, peu avant sa chute, les 60 heures de travail par semaine.
    • Le 16 août, le gouvernement de Vichy dissout les centrales syndicales ouvrières et patronales, dont la CGT ; les fédérations peuvent cependant théoriquement continuer leur action. Le 9 octobre, René Belin, devenu ministre collaborateur institue la charte du travail.
    • Le 15 octobre, douze dirigeants syndicalistes, dont trois de la CFTC, rendent public un texte opposé connu comme le Manifeste des Douze.
  • 1941 : Promulgation de la Charte du travail interdisant les grèves et le lock-out le 4 octobre. Dès l'hiver 40/41, parution des premiers journaux clandestins. Développement des « comités populaires » qui organisent les premières luttes revendicatives. Du 26 mai au 9 juin a lieu la grève des mineurs du Nord et du Pas-de-Calais. Intervention des Allemands : 327 arrestations. En octobre : exécution par les Allemands de 88 otages composés majoritairement de militants CGT exclus, dont les 27 de Châteaubriant.
  • 1942 : Rencontre entre Léon Jouhaux et Benoît Frachon à Cahors. Jouhaux est arrêté peu après et déporté en Allemagne.
  • 1943 : Les Accords du Perreux, signés le 17 avril par Robert Bothereau et Louis Saillant pour les « ex-confédérés » ; Henri Raynaud et André Tollet pour les « ex-unitaires », reconstituent la CGT. La CGT réunifiée participe à la constitution du conseil national de la Résistance (CNR) qui a lieu le 27 mai.
  • 1944 : Publication le 15 mars du Programme du CNR (définissant les nationalisations, la Sécurité sociale et les comités d'entreprises) où la CGT est représentée par Louis Saillant. Le 10 août, la Grève des Cheminots de la Région Parisienne se déclenche et s'étend à tous les services publics. Le 15 août, la police parisienne entre dans la grève. Le 18 août, la CGT clandestine appelle à la grève générale pour la Libération. Le lendemain c'est le déclenchement de l'insurrection parisienne, qui prendra fin avec la Libération de Paris le 25 août et l'arrivée du Général de Gaulle. Le 26 août, la CGT s'installe au grand jour dans ses locaux du 213, rue La Fayette : c'est la fin de la clandestinité avec une première réunion de son bureau. Le 8 septembre, son journal, La Vie ouvrière, qui avait paru sous forme de tract pendant l'occupation, reparaît au grand jour. Création de la Confédération générale des cadres ( CGC).
  • 1945 : Début des nationalisations, création des comités d'entreprise et mise en place de la Sécurité sociale. Création de la Fédération syndicale mondiale (FSM) à laquelle adhère la CGT.

Depuis 1946

  • 1946 :
    • Du 8 au 12 avril a lieu le 26e congrès de la CGT à Paris, qui voit une nette domination des « unitaires » (proches du PCF). Elle revendique le chiffre de 5 millions et demi d'adhérents. Le rapport de Benoît Frachon est adopté par 84,4 % des voix. Le 5 octobre, promulgation du Statut Général des Fonctionnaires par le ministre Maurice Thorez. Le 8 avril, dans le cadre de la nationalisation d’EDF-GDF, Marcel Paul, ministre communiste de la Production industrielle, permet la création du Conseil central des œuvres sociales (CCOS) financé sur le 1 % minimum des bénéfices hors taxes des ventes d'électricité et de gaz de l'entreprise étatisée [7] qui, par la suite, subira régulièrement les accusations de financement occulte de la centrale syndicale [8], [9], [10].
    • Début de la Guerre d'Indochine (19 novembre 1946). Pendant toute la durée du conflit, la CGT organise des manifestations de solidarité à l'égard du peuple vietnamien et en faveur de la paix.
  • 1947 :
    • La CGT obtient 59 % des voix lors des premières élections à la Sécurité sociale, mais la CFTC enregistre un percée avec 26 % des voix. 1er mai, grandes manifestations pour les revendications à l'appel de la CGT. Le 5 mai, éviction des ministres communistes du gouvernement. En juin, grèves chez Citroën, à la SNCF, dans les banques, dans les grands magasins. Le président du Conseil Paul Ramadier parle de « chef d'orchestre clandestin ». En juillet, grèves à EDF, puis chez Peugeot, Berliet, Michelin. Le 1er août, accord CGT / CNPF pour une augmentation de 11 % dénoncé par le gouvernement.
    • Les 13 et 14 novembre la division s'accentue au Comité Confédéral National (CCN) de la CGT entre la majorité et la minorité à propos du plan Marshall et des mouvements de grève. La majorité, fidèle à Moscou, refuse le plan Marshall. Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1947, des militants de la fédération du Pas-de-Calais de la CGT sabotent la liaison ferroviaire Paris- Tourcoing en déboulonnant deux rails. Cela provoque le déraillement d'un train, près d' Arras, à 3 heures du matin, qui fait 24 morts et une quarantaine de blessés [11]. Le 19 décembre, c'est la scission et la création par les minoritaires (qui refusent la soumission au PC) de la confédération « CGT-Force Ouvrière » (FO). FO tient son congrès constitutif en avril 1948 emportant environ 300 000 adhérents, soit une nette minorité. Un certain nombre d'organisations, notamment la Fédération de l'éducation nationale (FEN) à l'exemple de sa principale composante, le Syndicat national des Instituteurs, choisissent un passage, alors considéré comme « provisoire », à l'autonomie [12].
  • 1949 : Division : la FSM critique le plan Marshall et l'influence américaine en Europe, ce qui provoque une scission. Les syndicats des États-Unis, d'Angleterre et des Pays-Bas se retirent de la FSM. Ils créent la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) à laquelle adhère la CGT-FO aidée par les syndicats nord américains regroupés dans l' AFL-CIO.
  • 1950 : Vote de la loi sur les Conventions collectives,
  • 1953 : Retraites : du 4 au 25 août, grande grève dans les services publics. Le 4 août, la CGT puis la CFTC appellent à une journée d'action des secteurs public et nationalisé contre le recul de l'âge à la retraite. Les postiers de Bordeaux décident la poursuite du mouvement. Aussitôt les confédérations CGT, FO, CFTC appellent à la grève générale dans ces secteurs. Le 14 août, on compte quatre millions de grévistes.
  • 1954 : Libération : début de la guerre d'Algérie (1er novembre). Durant tout le conflit la CGT soutient « les revendications des Algériens et leurs aspirations nationales. »
  • 1962 : Paix : le 8 février, une manifestation anti-OAS durement réprimée fait 9 morts, pour la plupart membres de la CGT, au métro Charonne. Accords d'Évian, fin de la guerre d'Algérie (18 mars). À Marseille, des militants de la CGT accueillent les rapatriés d'Algérie avec « Pieds-noirs, rentrez chez vous » [13]
  • 1963 : Les mineurs : à l'appel de la CGT et de FO, vaste mouvement de grèves des mineurs. Ils s'inquiètent des incertitudes pesant sur leur profession et revendiquent une augmentation des salaires.
  • 1966 : Unité : accord revendicatif entre la CGT et la CFDT, qui s'est créée en novembre 1964 sur les bases de la CFTC , et de sa « déconfessionnalisation ».
  • 1967 : Georges Séguy succède à Benoît Frachon lors du 36e congrès tenu du 11 au 16 juin.
  • 1968 : grève générale : en mai et juin sept millions de travailleurs en grève occupent leurs usines. Constat de Grenelle : augmentation de 35 % du salaire minimum, reconnaissance de la section syndicale à l'entreprise...
  • 1970 : Nouvel accord CGT-CFDT, le 15 décembre, sur des revendications prioritaires : revalorisation du SMIC, retraite à 60 ans, semaine de 40 heures, emploi, heures de formation syndicale.
  • 1972 : La CGT soutient le programme commun de la Gauche.
  • 1978 : Tentative infructueuse de Georges Séguy pour autonomiser la CGT du PCF.
  • 1981 : La CGT appelle à voter pour François Mitterrand au second tour de la présidentielle.
  • 1982 : Henri Krasucki devient secrétaire général lors du 41e congrès.
  • 1988 : Infirmières : mouvement de grève des infirmières à l'appel d'une coordination nationale qui réclame notamment une augmentation significative des salaires et de véritables moyens pour la formation. Après la défection des autres syndicats, la CGT est seule à soutenir le mouvement.
  • 1992 : Louis Viannet succède à Henri Krasucki en février lors du 44e congrès.
  • 1993 : Lors des élections politiques, la CGT ne donne aucune consigne de vote.
Manifestation de défense des retraites à Paris, le 22 mai 2008