Concurrence

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Concurrence (homonymie).
Deux enseignes de restauration rapide concurrentes côte à côte à Paris.

En économie la concurrence désigne la présence simultanée de plusieurs acteurs agissant de façon rivale sur un même marché. Les acteurs souhaitent offrir ou demander une ressource limitée ou localement limitée, par exemple une même matière première, une ressource naturelle, un montant de Capital ou de Travail. Sur un marché, une situation réputée concurrentielle implique la libre confrontation entre l'offre et la demande.

Les différentes visions de la concurrence

La position libérale

Les aspects positifs

Pour les libéraux, une situation de « concurrence économique » est souhaitable, car :

  • Les clients potentiels peuvent choisir entre les différents produits proposés et accessibles et avoir un plus grand choix de produit à meilleurs prix ;
  • La concurrence favorise l’adaptation permanente entre offre et demande : les agents économiques peuvent utiliser leur raison. « La concurrence est ce qui oblige les gens à agir rationnellement [1]. » ;
  • Elle est la source du juste prix : « c’est la concurrence qui met un juste prix aux marchandises, et qui établit les vrais rapports entre elles » ( Montesquieu [2]) ;
  • D'autres écoles insistent sur la concurrence comme processus d'innovation ( Friedrich Hayek [3]) ou de destruction créatrice ( Joseph Schumpeter).

Les divergences entre libéraux

À partir de la fin du e siècle, des économistes — pourtant acquis à l' économie de marché — ne vont plus voir la concurrence comme dépendante d’un état de nature :

« Pour les libéraux d’ancienne observance, la liberté est pour l’homme l’état de nature. Pour le néolibéral, au contraire, la liberté est le fruit, lentement obtenu et toujours menacé, d’une évolution institutionnelle… À l’opposé de Rousseau, il pense que la grande majorité des hommes est née dans les fers, dont le progrès des institutions peut seul la sortir…. Libéraux et néo-libéraux ont une foi égale dans les bienfaits de la liberté. Mais les premiers l’attendent d’une génération spontanée…. alors que les seconds veulent la faire éclore, croître et se développer, en la rendant acceptable et en écartant d’elle les entreprises qui tendent constamment à l’annihiler [4]. »

Il s'agit d'une vue totalement différente de l’évolution des sociétés humaines que Jacques Rueff appelle un « marché institutionnel » [réf. nécessaire], fait de normes juridiques dépendantes de théories économiques ( lois et économie) que des organismes quasi-judiciaires de contrôle sont chargés de faire respecter dans le cadre de politiques de la concurrence. Ils veillent en particulier à éviter les ententes entre entreprises (notamment en cas d' oligopoles), de sorte à maintenir les prix les plus bas possibles et à éviter des prix de monopole.

Le catholicisme libéral

Plutôt que de rechercher la confrontation avec un autre individu dans le but d'être le plus fort, l'entraide, l'association, la coopération peuvent constituer des méthodes plus souhaitables, sinon plus efficaces. Comme le dit Henri Lacordaire : «Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maitre et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la Loi qui libère ».
D'un point de vue plus large et universel, la notion de concurrent à battre peut engendrer un processus d'exclusion, alors que l'entraide - et si possible l'entraide de tous- tend vers un effort d'inclusion.

Les courants opposés à la concurrence

  • Thomas Hobbes constate que l'état de nature est une sorte de « guerre de tous contre tous », et reprend le mot de Plaute : « L'homme est un loup pour l'homme » [5].
  • Selon le mot de Fichte, la concurrence serait un état de guerre entre les individus, la « guerre des acheteurs et des vendeurs » :
Other Languages