Commission gouvernementale de Sigmaringen

Délégation française
puis
Commission gouvernementale française pour la défense des intérêts nationaux
Drapeau
Drapeau officiel [réf. nécessaire] [1]
Informations générales
Statut Gouvernement en exil
Régime Régime de Vichy
Capitale Sigmaringen (Allemagne) [2] (de facto)
Monnaie Reichsmark [3] (de facto)
Langue Français
Début
Fin
Durée 7 mois et 22 jours
Président de la commission gouvernementale Fernand de Brinon
Histoire et événements
Débarquement de Provence et progression des Alliés hors de Normandie
Insurrection à Paris et dissolution du gouvernement Pierre Laval VI
Pétain part de Vichy pour Belfort, fin effective du régime de Vichy
Proclamation de la commission gouvernementale dirigée par Fernand de Brinon
Pétain arrive à Sigmaringen
Formation du gouvernement Charles de Gaulle I
Pétain s’enfuit de Sigmaringen quelques heures avant que les troupes du GPRF n'entrent dans la ville
Arrestation de Pétain à Vallorbe
Représentation
Législature Aucune, la représentation nationale ayant voté les pleins pouvoirs constituants à Pétain
Autre gouvernement :
Gouvernement de la France Libre
1943 - 1944 Comité français de Libération nationale
puis
1944 - 1945 Gouvernement Charles de Gaulle I

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La Commission gouvernementale de Sigmaringen, appelée aussi Délégation française, puis Commission gouvernementale française pour la défense des intérêts nationaux [3] ( septembre 1944- avril 1945), était le gouvernement en exil de la France vichyste, logée dans une enclave française spécialement créée par Hitler en Allemagne nazie dans l'ancien château des Hohenzollern-Sigmaringen, dans la petite ville souabe de Sigmaringen, dans le Sud-Ouest de l'Allemagne, qui réunissait les derniers ultras de la collaboration.

Contexte

Le , les Alliés débarquent en Provence et progressent hors de Normandie vers Paris, la libération de la France s'accélère.

Le jeudi , Pierre Laval, chef du gouvernement et ministre des Affaires étrangères tient à Paris son dernier conseil de gouvernement avec cinq ministres [4]. Il tente de réunir l'ancienne Assemblée nationale [5] avec l'accord des Allemands [6] dans le but de lui remettre le pouvoir et de barrer ainsi la route aux communistes et à de Gaulle [6]. À cette fin, il obtient l'accord de l'ambassadeur allemand Otto Abetz pour ramener Édouard Herriot (président de la Chambre des députés) à Paris [6]. Mais les ultra-collaborationnistes, Marcel Déat et Fernand de Brinon protestent auprès des Allemands qui changent d'avis [7] : ils emmènent Laval à Belfort [8] ainsi que des restes de son gouvernement « pour assurer sa sécurité légitime » et arrêtent Édouard Herriot [9].

Les Allemands veulent maintenir un « Gouvernement français » avec l'espoir de stabiliser le front dans l'Est de la France et dans le cas d'une éventuelle reconquête [10].

Le même jeudi, à Vichy, Cecil von Renthe-Fink, ministre délégué allemand, demande à Pétain d'aller en zone nord, mais celui-ci refuse [11] et demande une formulation écrite de cette exigence [11].

Le vendredi 18, Cecil von Renthe-Fink renouvelle sa requête par deux fois.

Le samedi 19, à 11 h 30, Cecil von Renthe-Fink revient à l' hôtel du Parc, résidence du maréchal, accompagné du général von Neubroon qui indique qu'il a des « ordres formels de Berlin » [11]. Le texte écrit est soumis à Pétain : « Le gouvernement du Reich donne instruction d’opérer le transfert du chef de l’État, même contre sa volonté [11]. » Devant le refus renouvelé du maréchal, les Allemands menacent de faire intervenir la Wehrmacht pour bombarder Vichy [11]. Après avoir pris à témoin l'ambassadeur de Suisse, Walter Stucki, du chantage dont il est l’objet, Pétain se soumet.

Le dimanche , les Allemands emmènent le maréchal Pétain, contre son gré [12], de Vichy au château de Morvillars [13] à côté de Belfort [14], [15].

Pétain, dès son départ de Vichy, se considérant avec ses ministres comme prisonniers, décide de cesser ses fonctions, et donc de ne plus prendre de décision pour protester [1]. Laval fait de même [16].

Pétain et Laval sont suivis par des fidèles et collaborateurs du régime allemand, comme Joseph Darnand et une partie de la Milice, ou Marcel Déat qui s'installe à Nancy [17].

Les refus de Pétain et Laval et le souhait par les autorités allemandes d'une apparence d'un certain légalisme, vont entrainer des négociations entre les autorités allemandes et plusieurs personnalités de Vichy dans un contexte de fortes rivalités entre elles.

Other Languages
srpskohrvatski / српскохрватски: Sigmaringenska enklava