Clotaire Ier

Clotaire Ier
Illustration.
Tête de Clotaire Ier. Musée municipal de Soissons.
Titre
Roi des Francs
PrédécesseurChildebert Childebert Ier (Réunion de tous les royaumes francs)
SuccesseurCaribert Caribert Ier (Roi de Paris)
Gontran (Roi d'Orléans)
Sigebert Sigebert Ier (Roi de Reims)
Chilpéric Chilpéric Ier (Roi de Soissons)
Roi des Francs de Soissons
PrédécesseurClovis Clovis Ier (Division du royaume)
Successeurlui-même (Réunion de tous les royaumes francs)
Co-roi de Burgondie
AvecThibert Thibert Ier (534-548)
Thibaut (548-555)
Childebert Childebert Ier
PrédécesseurGodomar Godomar III
Successeurlui-même (Réunion de tous les royaumes francs)
Roi des Francs d'Orléans
PrédécesseurClodomir (Division du royaume)
Successeurlui-même (Réunion de tous les royaumes francs)
Roi des Francs de Metz
PrédécesseurThibaut
Successeurlui-même (Réunion de tous les royaumes francs)
Biographie
Titre completRoi des Francs (558-561)
Roi de Soissons (511-561)
Roi de Metz (555-561)
Roi d'Orléans (524-561)
Co-roi de Burgondie (534-558)
Roi de Paris et des Burgondes
DynastieMérovingiens
Date de naissanceVers 498
Date de décès ou
Lieu de décèsSoissons (France)
PèreClovis Clovis Ier
MèreClotilde
ConjointIngonde
Gondioque
Arnegonde
Chunsine
Radegonde
Vuldetrade
EnfantsGonthier
Childéric
Charibert
Gontran
Sigebert
Clodoswinthe
Chilpéric
Chramn
Gondobald (non reconnu)

Clotaire Ier dit le Vieux (ou ChlotarClotharChlotochar ou Hlothar), né vers 498[1], mort le 29 novembre ou le 31 décembre 561[2], est un roi franc de la dynastie des Mérovingiens, fils de Clovis, roi des Francs, mort en 511. Clotaire devient roi de Soissons en 511, roi d'Orléans en 524[3], roi des Burgondes[note 1] en 534, roi de Metz en 555, roi de Paris en 558 ; entre 558 et 561, il est seul à la tête du royaume des Francs réunifié comme sous le règne de Clovis.

Introduction

Le mariage chez les Francs

Article détaillé : Mariage morganatique.

Les Francs, comme les autres peuples germains, pratiquent l'endogamie[4] au sein de la Sippe ou clan (groupe de parenté étendu). Le mariage y prend plusieurs formes. Le père est le chef de la famille et exerce son autorité (mundium ou munduburdium) sur ses femmes, ses enfants, ses esclaves[5]. Il a le pouvoir d’accepter ou de refuser les mariages de chaque membre de sa familia[6]. Les jeunes nobles francs pratiquent une éducation sentimentale auprès des esclaves de leur familia ou des filles de leurs proches. Il en résulte souvent plusieurs mariages avec ses épouses de jeunesse (friedelfrau), qualifiées d’épouses de second rang ou d’épouses morganatiques. Ce type de mariage, la friedelehe, est généralement hypergamique et est conclu de façon privée entre le mari et la femme[7].

Le chef de famille peut décider d’établir pour les jeunes Francs arrivés à maturité, des mariages avec des épouses prestigieuses dites de premier rang. Ce type de mariage, célébré en public, permet le rapprochement des familles, assurant une alliance diplomatique[8]. Cette polygynie entraîne la confusion chez les chrétiens traditionnellement monogames, qui appliquent naturellement le droit matrimonial romain et qualifient à tort ces épouses de concubines ou de maîtresses, croyant leurs enfants illégitimes[note 2]. Or, les enfants issus des différents mariages sont tous égaux en matière de succession[note 3]. Le père garde cependant le droit d’écarter de sa succession les enfants de son choix[note 4].

La politique matrilinéaire de parentèle

Afin d'étendre son influence et d'agrandir son domaine, Clotaire pratique une politique de famille large, nommée parentèle dans les lois germaniques[9]. Le but recherché est de maintenir la paix et d'assurer la conservation du patrimoine que constitue le royaume et les territoires conquis, considéré comme propriété personnelle suivant la pratique de la patrimonialité[10], pour sa descendance[11]. En multipliant les unions avec différentes épouses, le roi renforce le lien avec ses « ventres de souveraineté » qui sont au centre du système matrilinéaire germanique. Le mélange de leur sang les lie en un groupe uni à vie[12], garantissant ainsi que ses enfants à naître héritent du patrimoine parental, ceci à la condition que les différentes épouses n'aient pas eu d'enfants lors de mariages antérieurs. Le roi pouvant toujours se débarrasser des enfants n'étant pas issus « de sa propre semence »[13].

La succession dans la dynastie mérovingienne

Dans la tradition germanique, le mode de succession des rois sur le trône, la tanistry (nom celtique désignant la succession par le cadet et non par le fils), se fait entre frères, de l'aîné au benjamin, puis aux oncles et aux neveux[10]. Mais depuis le règne de Clovis Ier, la loi salique impose le partage du royaume entre les fils du roi. Contrairement au mode de succession par primogéniture qui régit la succession au trône du père au fils aîné, comme sous la dynastie capétienne, le royaume est divisé entre autant de fils que le roi a, afin que chacun puisse régner. La division du Regnum Francorum engendre des sous-royaumes (Teilreiche[14]) distincts, permettant à chaque prince d'exercer une royauté complète dans le sous-royaume attribué, plutôt que de diviser l'exercice du pouvoir avec les autres princes sur l'ensemble du territoire[15].

Buste imaginaire de Clotaire Ier frappé sous Louis XVIII.
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