Claude Bernard

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Claude Bernard, né le à Saint-Julien (Rhône) et mort le à Paris, est un médecin et physiologiste français.

Considéré comme le fondateur de la médecine expérimentale, il a en particulier laissé son nom au syndrome de Claude Bernard-Horner. On lui doit les notions de milieu intérieur et d’homéostasie, fondements de la biologie moderne.

Biographie

Enfance

Claude Bernard naît le 12 juillet 1813 dans le petit village de Saint-Julien en Beaujolais où son père est négociant en vin et propriétaire[1]. Il étudie les rudiments du latin auprès du curé du village puis commence ses humanités chez les jésuites de Villefranche-sur-Saône et les achève au collège de Thoissey[1].

Études à Lyon

Après un échec au baccalauréat, il rejoint en janvier 1832 un camarade à Lyon, et se place dans la même pharmacie que lui en tant que préparateur. Le manque d’efficacité de nombreux médicaments lui inspire du mépris pour l'art médical[2]. Son esprit rigoureux s'accommode mal des à-peu-près de la pharmacologie de l'époque, et il se met à écrire pendant son temps de travail, notamment un vaudeville Rose du Rhône qui sera joué à Lyon, mais qui lui vaudra l'ire du pharmacien, qui met fin à son contrat en juillet 1833 lorsqu'il s'aperçoit que Claude travaille ensuite sur une deuxième pièce Arthur de Bretagne.

Arrivée à Paris

Grâce au soutien de sa mère, Claude entre alors en contact avec le critique littéraire Saint-Marc Girardin, qui lui fait prendre conscience qu'il ferait mieux d'abandonner l'écriture (il rêvait d'être un auteur dramatique) et de faire bien meilleur usage de ses compétences en se dirigeant vers la médecine[1].

Cette désillusion le motive pour repasser son baccalauréat, qu'il obtient en 1834. Ses parents payent alors 1 800 francs pour qu'il soit dispensé de service militaire, ce qui lui laisse la voie libre pour entamer des études de médecine à Paris mais il échoue à l'agrégation. Partageant une colocation et la vie du Quartier latin avec ses camarades Charles Lasègue (futur éminent neurologue) et Casimir Davaine (qui sera à la base des premiers travaux de microbiologie), il vit modestement à Paris, tout en remboursant ses parents via des cours qu'il donne. Il est particulièrement excité par les cours de François Magendie au Collège de France, et devient vite disciple de Pierre Rayer (dermatologue) et ami de son ancien élève Émile Littré (futur linguiste). Il passe son externat en 1839 et devient ensuite interne au service de Rayer, puis assistant de recherche de Magendie. Son travail sur le suc gastrique et le glucose lui vaut une thèse de doctorat en 1843, mais sa vision iconoclaste et modernisatrice de la recherche en médecine ne lui permet pas de trouver un poste[3].

Grâce à son mariage, il obtient enfin les financements nécessaires à la poursuite de ses travaux. Commence alors une carrière remplie de découvertes et d'honneurs. En 1847, il est nommé suppléant de François Magendie à la chaire de médecine expérimentale au Collège de France. En 1848, il obtient le prix de physiologie générale pour sa découverte des fonctions digestives du pancréas. Rappelons qu'à l'époque, on pensait encore que le sucre provenait uniquement de l’alimentation et qu’il était détruit par les phénomènes de combustion, notamment lors de la respiration[4]. C'est à cette époque qu'il commence à comprendre le rôle du foie dans la régulation de la glycémie. Il poursuit ses recherches sur l'appareil digestif, sur le système nerveux et la circulation mais son domaine de recherche va bien au-delà[5]. Professeur à la Sorbonne, puis au Museum d'histoire naturelle, il succède à Magendie au Collège de France en 1855. Il poursuit en parallèle une carrière de chercheur et d'enseignant, consigne toutes ses expériences et idées dans des carnets de notes[6]. Il fait de la physiologie une discipline à part entière, et l'expérimentation devient la base de toute théorie. Paul Bert, Arsène d'Arsonval, Albert Dastre se succèdent au poste tant convoité d'assistant de Claude Bernard[7].

En 1861, il rachète une maison bourgeoise dans son village natal à Saint Julien, où un musée lui est aujourd'hui consacré. À partir de cette date, il revient régulièrement dans le Beaujolais pour assister aux vendanges et se reposer du tumulte incessant de Paris. Il y retrouve la paix et la tranquillité mais ses pensées ne cesseront jamais de se tourner vers les sciences[8].

Mariage

En 1845, il se marie avec Fanny Martin, fille d'un riche médecin. Ce mariage, en fait arrangé par les amis de Claude Bernard qui s'inquiétaient qu'il ne trouve pas encore de situation stable, lui a apporté les conditions matérielles pour se consacrer à ses travaux, mais lui vaudra aussi de nombreux désagréments, car sa femme est devenue une militante virulente de la cause animale et de la SPA naissante, au moment même où Claude Bernard faisait faire de gros progrès à la médecine via les expérimentations animales[9]. En sus de ces divergences de vue, leur mariage pâtit du décès de plusieurs enfants en bas âge : parmi les quatre enfants qui naîtront de leur union, seules deux filles atteignent l'âge adulte: Jeanne-Henriette (1847-1923) dite Tony, et Marie-Louise (1849-1922) qui ne verront que très peu leur père[1]. Restées célibataires, elles consacrent leur vie au soin et à l'accueil d'animaux dans leur maison de Bezons (95), en compensation des animaux sacrifiés par leur père. Le 22 août 1870, le couple Bernard se sépare officiellement.

En 1869, il rencontre Marie Sarah Raffalovich (1832-1921), issue d'une famille juive d'Odessa, épouse du banquier Hermann Raffalovich (1835-1893), son cousin, et mère de l’économiste Arthur Raffalovich (1853-1921), de l’écrivain Sophie O’Brien née Raffalovich (1860-1960) et du poète militant homosexuel Marc-André Raffalovich (1864-1934). Une amitié sincère va naître de la rencontre avec cette jeune femme. Polyglotte (elle parle fréquemment le russe, l'allemand et l'italien), elle lui apporte son soutien pour la traduction de ses travaux et leur diffusion à l'étranger. Inversement, elle lui traduit des ouvrages étrangers en français. Elle tient aussi le rôle de confidente et lui offre l'opportunité de rompre avec son quotidien de chercheur dévolu aux sciences. En 9 ans, ils échangent près de 500 lettres[10],[11]. Il parle de ses humeurs, de ses découvertes, se plaint de sa santé fragile et des vicissitudes du monde moderne. Lors de ses séjours en Beaujolais, il évoque la nature, les paysages, les vendanges, les fleurs, les activités de la campagne et les bienfaits de la solitude. À sa mort, le 10 février 1878, Madame Raffalovich fait partie du cercle des intimes qui se trouvent près de lui.[[réf. souhaitée]

Récompenses

Ses travaux sont récompensés par trois prix en physiologie de l'Académie des sciences, (en 1845, 1849 et 1851)[12]. Il passe un deuxième doctorat (en sciences naturelles) en 1853 et devient professeur au Collège de France, est élu membre de l'Académie des Sciences en 1854 et est ensuite nommé à une chaire de physiologie générale à la Sorbonne, puis au Muséum national d'histoire naturelle. Il reçoit un prix de l'Académie de médecine en 1861 et il est élu à l'Académie française en 1868. Son grand ami Balzac admirait son travail, qu'il suivait avec attention[13]. Bernard publie son Introduction à l'étude de la médecine expérimentale en 1865 ; cet ouvrage a des répercussions bien au-delà du cénacle médical : il influence notamment Émile Zola, qui, dans son manifeste sur le naturalisme Le Roman expérimental, promeut la méthode expérimentale chère à Bernard. En accord avec sa vision scientifique, pragmatique, philomatique et positiviste des faits, Claude Bernard se considérait d'ailleurs comme agnostique[14]. À sa mort en 1878, il eut droit à des obsèques nationales.

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