Clément XIV

Clément XIV
Image illustrative de l'article Clément XIV
Biographie
Nom de naissance Giovanni Vincenzo Antonio Ganganelli
Naissance
Santarcangelo di Romagna, Flag of the Papal States (pre 1808).svg  États pontificaux
Ordre religieux Ordre des frères mineurs
Décès (à 68 ans)
Rome, Flag of the Papal States (pre 1808).svg  États pontificaux
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat (63 ans)
Intronisation
Fin du pontificat
(5 ans, 4 mois et 3 jours)

Blason
((en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Giovanni Vincenzo Antonio (en religion Lorenzo) Ganganelli ( Santarcangelo di Romagna, près de Rimini, Rome, ), élu pape le sous le nom de Clément XIV (en latin Clemens XIV, en italien Clemente XIV). Il est particulièrement connu pour avoir supprimé la Compagnie de Jésus le et pour avoir fondé les Musées du Vatican.

Biographie

Fils d'un modeste chirurgien, Clément XIV avait reçu son éducation chez les Jésuites. En 1724, il était entré chez les frères Mineurs chez qui il enseigna la théologie et la philosophie. Sur la recommandation de Ricci, général des Jésuites, Clément Clément XIII le fit cardinal au titre San Lorenzo in Panisperna en 1759 ; mais, comme il désapprouvait la politique du pape, il se retrouva sans emploi et sans influence.

En 1762, il devint le protecteur et l'ami du jeune philosophe Giovanni Cristofano Amaduzzi, de trente-cinq ans son cadet, originaire comme lui de l' Émilie-Romagne, plus précisément de Savignano, près de Rimini, qui arrivait à Rome pour poursuivre ses études et dont il fera, une fois devenu pape, l'inspecteur de l'« imprimerie de la Propagande ».

Le conclave de 1769

Le conclave qui s'ouvrit à la mort de Clément XIII en 1769 trouva l'Église dans une situation difficile, attaquée de l'intérieur par le gallicanisme et le jansénisme, de l'extérieur par le fébronianisme et le rationalisme. Les pays de tradition catholique étaient les plus virulents : le Portugal parlait d'un patriarcat ; la France occupait Avignon ; Naples occupait Pontecorvo et Bénévent ; l'Espagne était en révolte ; Parme était hostile et Venise agressive ; la Pologne envisageait de restreindre les droits du nonce.

Mais la question brûlante était celle des Jésuites : en France et dans la péninsule ibérique leur ordre avait été supprimé et l'on souhaitait que le nouveau pape l'abolît officiellement. Des pressions énormes s'exercèrent donc sur le conclave, réuni le , pour obtenir que le prochain pape procédât à cette suppression.

Comme la majorité des quarante-sept cardinaux était favorable à la Compagnie de Jésus, on eut recours aux menaces et les rois de France, d'Espagne et du Portugal usèrent de leur droit d'exclusive pour écarter vingt-trois cardinaux (soit la moitié). On menaça de ne reconnaître qu'un pape qui accepterait d'avance et par écrit la suppression de l'Ordre haï.

Finalement, le cardinal Ganganelli fut élu, le 18 mai, après un conclave de plus de trois mois et cent quatre-vingts tours de scrutins.

La suppression de la Compagnie de Jésus et la mort du pape

Il n'était pas un ennemi déclaré de ses anciens maîtres, il était simplement le moins insupportable aux diverses factions. La haine que les Jésuites lui ont portée [réf. nécessaire] lui a valu l'accusation de simonie, sans qu'il y ait aucune preuve que Ganganelli ait rien promis formellement quant à leur suppression.

Au prix de petites concessions, qui tournaient le dos à la politique de son intraitable prédécesseur, il réussit d'abord à se réconcilier avec les couronnes d'Espagne et de Portugal, mais la France, si elle accepta de restituer Avignon qu'elle avait occupée, comme elle le faisait à chaque crise qui l'opposait au pape, restait intraitable quant à la suppression des Jésuites. Même Marie-Thérèse, son dernier espoir, supprimait l'ordre en Autriche.

Finalement, les pressions furent trop fortes et Clément XIV décida de supprimer la Compagnie de Jésus le , et de faire arrêter le supérieur général de l'ordre, Lorenzo Ricci. Mais il se garda bien de publier une bulle : il publia un simple bref Dominus ac Redemptor [1] de forme beaucoup moins contraignante et qu'il serait plus facile de révoquer par la suite. Les Jésuites furent d'ailleurs rétablis par Pie Pie VII en 1814 (le bref Sollicitudo omnium ecclesiarum). Clément XIV aurait prophétisé sa propre mort, pensant fort qu'en signant leur arrêt de mort, il signait en même temps le sien : « La voilà donc faite cette suppression, s'écria-t-il, je ne m'en repens pas… et je la ferais encore, si elle n'était pas faite ; mais cette suppression me tuera [2]. » Il se trouve que sa mort survint 14 mois plus tard. Comme son cadavre prit presque aussitôt une teinte bleu-noirâtre, on répandit le bruit qu'il avait été empoisonné, mais ce bruit n'avait pas de fondement [3].

On a prétendu que le Pape avait été pris de malaise après avoir signé le bref, que cet acte l'avait jeté dans le désespoir au point d'en perdre la raison. Il ne s'agit que de rumeurs. [évasif]

Vision posthume

Voici le jugement que portait sur lui, près de soixante ans après sa mort, l'Encyclopaedia Britannica [4] :

« Aucun Pape n'a davantage mérité le titre d'homme vertueux, ni n'a donné un exemple plus parfait d'intégrité, de désintéressement et d'aversion pour le népotisme. Son éducation monastique ne l'a pas empêché d'être loué comme homme d'État, comme érudit, comme amateur de sciences physiques et comme un homme du monde achevé. De la même façon que Léon Léon X nous montre de quelle manière la papauté aurait pu se concilier avec la Renaissance si la Réforme n'avait jamais eu lieu, Ganganelli donne l'exemple du genre de pape que le monde moderne aurait pu apprendre à accepter si le mouvement vers la liberté de pensée s'était limité, selon le souhait de Voltaire, à l'aristocratie de l'intelligence. Dans les deux cas, cette condition était à la fois indispensable et irréalisable : pas plus au XVIe siècle qu'au XVIIIe il n'aurait été possible d'imposer des bornes à l'esprit de recherche autrement que par le fer et le feu, et les successeurs de Ganganelli ont été obligés de pratiquer une politique analogue à celle de Paul Paul IV et de Pie Pie V à l'époque de la Réformation. Le divorce entre pouvoir temporel et pouvoir spirituel, que Ganganelli avait tout fait pour éviter, est désormais irréversible, et son pontificat, qui reste un épisode exceptionnel dans l'histoire générale de la papauté, prouve bien combien les vertus et les capacités d'un individu ont peu de pouvoir pour modifier la suite logique des événements. L'histoire de l'administration de Clément XIV a été écrite dans le plus violent esprit de dénigrement par Crétineau-Joly, et peut-être de façon trop laudative et dans un esprit opposé par le père Theiner, conservateur des Archives du Vatican. Theiner attire l'attention sur le fait que de nombreux documents ont disparu, apparemment subtilisés par les ennemis du pape. La correspondance familière de Ganganelli a été souvent réimprimée et force l'admiration par son élégance et son urbanité. »

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