Christine Boutin

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Christine Boutin
Christine Boutin en 2011.
Christine Boutin en 2011.
Fonctions
Présidente d'honneur du Parti chrétien-démocrate
En fonction depuis le
(4 ans, 3 mois et 13 jours)
Prédécesseur Poste créé
Présidente du Parti chrétien-démocrate

(4 ans et 20 jours)
Prédécesseur Création du parti
Successeur Charles-Henri Jamin (intérim)
Jean-Frédéric Poisson
Ministre du Logement [N 1]

(2 ans, 1 mois et 5 jours)
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement Fillon I, Fillon II
Prédécesseur Jean-Louis Borloo
Successeur Nathalie Kosciusko-Morizet
Députée française

(21 ans, 3 mois et 17 jours)
Élection 12 juin 1988
Circonscription Yvelines (1986-1988)
10e des Yvelines (1988-2007)
Prédécesseur scrutin propotionnel
Successeur Jean-Frédéric Poisson
Conseillère générale puis départementale des Yvelines
Élue dans le canton de Rambouillet

(35 ans, 6 mois et 29 jours)
Avec Georges Bénizé
Élection 21 mars 1992
Prédécesseur Guy Malandain
Successeur Clarisse Demont
Maire d' Auffargis

(2 ans, 8 mois et 15 jours)
Élection 20 mars 1977
Prédécesseur Bernard Lévêque
Successeur Jérôme Broussard
Biographie
Nom de naissance Christine Marcelle Valérie Cécile Marie Martin
Date de naissance (73 ans)
Lieu de naissance Levroux ( Indre)
Nationalité française
Parti politique UDF, UMP, FRS-PCD
Profession journaliste
Religion catholicisme

Christine Boutin, née Christine Martin le à Levroux ( Indre), est une femme politique française, membre successivement ou concomitamment de l' UDF, de l' UMP et du FRS-PCD.

Élue députée dans les Yvelines à partir de 1986, elle se réclame des valeurs catholiques et s'oppose notamment au PACS, puis au mariage homosexuel.

Après avoir fondé son propre mouvement, le Forum des républicains sociaux (FRS), elle se présente à l' élection présidentielle de 2002, à laquelle elle arrive avant-dernière en recueillant 1,2 % des suffrages au premier tour. Entre 2007 et 2009, elle est ministre du Logement et de la Ville, puis uniquement du Logement. Lors de son départ du gouvernement, le FRS devient le Parti chrétien-démocrate (PCD).

Elle se retire de la vie politique en 2017.

Biographie

Origines, études et vie de famille

Christine Boutin, née Martin, est la fille de Xavier Martin, journaliste, et de Bernadette Durand, femme au foyer. Sa mère meurt alors qu'elle n'a que cinq ans. Son grand-père, Romain Martin, était chef de gare à Nantes. Issue d'une famille essentiellement berrichonne, dans le Berry depuis le e siècle, son trisaïeul Godefroy Étienne Martin fut maire de Reuilly ( Indre) [1].

Elle effectue sa scolarité à Tours, puis des études de droit à l'université de Paris II Assas. Après une maîtrise de droit public et d'économie industrielle (option échanges mondiaux) [réf. nécessaire], elle change d'orientation professionnelle et devient, comme son père, journaliste [2].

En 1967, Christine Martin épouse Louis Boutin, son cousin germain [3], informaticien [4], dont elle a trois enfants : Loïc, Armelle et Pierre-Yves [5], [6].

Un mariage catholique entre cousins germains étant invalide du point de vue du droit canonique [7], sauf dispense papale, l'existence d'une telle dispense a fait l'objet de commentaires [8], [9], notamment dans le contexte de l' opposition de la présidente du Parti chrétien-démocrate au mariage homosexuel [10].

Carrière professionnelle

Carrière politique

Selon Christine Boutin, c'est l'adoption de la loi Veil en 1975, dépénalisant l' avortement, qu'elle compare « à un coup de poignard dans le cœur », qui est à l'origine de son engagement en politique [13].

Élue locale

Sa carrière débute lorsqu'elle se présente aux élections municipales de 1977 dans le département des Yvelines et est élue conseillère municipale d' Auffargis. Trois ans plus tard, en 1980, elle devient maire de la commune [14].

En 1982, Christine Boutin est élue conseillère générale des Yvelines dans le canton de Rambouillet. L'année suivante, elle ne se représente pas à Auffargis, mais est élue au conseil municipal de Rambouillet [15] et devient adjointe au maire.

Elle abandonne en 2001 ses fonctions municipales pour se consacrer à sa fonction de vice-présidente du conseil général des Yvelines et de députée de ce même département [15].

Elle assure, à partir du , la fonction de présidente par intérim du conseil général des Yvelines, en remplacement de Pierre Bédier. Alain Schmitz lui succède le [16].

Députée française

Elle est élue députée lors des élections législatives de 1986, à la tête d'une liste se réclamant de l'ancien Premier ministre centriste Raymond Barre.

Son siège à l’ Assemblée nationale lui permet de défendre ses valeurs inspirées par le catholicisme [17]. Un moment important de sa carrière politique a été sa présence remarquée dans le débat du projet de loi instituant le pacte civil de solidarité (PACS). Elle a notamment tenu la parole pendant h 25 d'affilée lors d'un discours contre le PACS à l' Assemblée nationale en 1998 [18].

Après son départ du gouvernement, en juin 2009, elle renonce à son siège de députée, ce qui provoque une élection partielle, remportée par son ancien suppléant, Jean-Frédéric Poisson [19].

Élection présidentielle de 2002

En , elle est exclue de l' UDF, pour s'être présentée à l' élection présidentielle de 2002 malgré la candidature de François Bayrou [réf. nécessaire]. À cette élection, elle ne remporte que 1,19 % des suffrages (339 112 voix), se positionnant avant-dernière des seize candidats présents au premier tour.

Elle est néanmoins réélue députée le , dans la dixième circonscription des Yvelines. Elle fait partie du groupe UMP. Durant la campagne pour le référendum sur le projet de Constitution européenne, elle fait campagne pour le « non ».

Ministre du Logement et de la Ville

Christine Boutin en 2007.

En 2006, Christine Boutin décide de ne pas se représenter à l' élection présidentielle de 2007 par peur d'un « 21 avril [20] à l'envers ». Elle soutient, dès le premier tour, Nicolas Sarkozy, « le meilleur candidat de la droite républicaine » [21], dont elle devient l'une des conseillères politiques. Dans une interview accordée cinq ans plus tard, Christine Boutin reconnaît avoir négocié son soutien en échange de la promesse de Nicolas Sarkozy de ne légiférer ni sur le mariage homosexuel, ni sur l' euthanasie [22].

Elle est nommée le ministre du Logement et de la Ville du premier gouvernement Fillon, à la suite de prises de position en faveur du droit au logement opposable. Elle est réélue le députée dans la dixième circonscription des Yvelines avec 58,37 % des voix.

Elle fait partie du deuxième gouvernement Fillon, formé le 19 juin 2007. Pendant deux semaines, du 17 au , elle a implanté son ministère à Lyon pour lancer le « Chantier national pour le logement » [23].

Elle appelle dans son cabinet plusieurs personnalités proches des milieux catholiques conservateurs [24] ce qui inquiète le milieu associatif laïc [25]. En décembre 2007, son directeur de cabinet Jean Paul Bolufer, réputé pour ses prises de position contre l' avortement et l' homosexualité, doit démissionner après que le journal Le Canard enchaîné révèle qu'il louait un appartement de standing à Paris de 190 m2 pour un montant équivalent à celui du loyer d'un logement HLM (6,30 euros/m2) [26]. Il est remplacé par Alain Lecomte, auparavant directeur général de l'urbanisme, de l'habitat et de la construction.

La feuille de route de son action ministérielle est de réussir la construction de 500 000 nouveaux logements par an dont 120 000 logements sociaux, de faire de la France un pays de propriétaires où 70 % de la population pourra être propriétaire et de mettre en œuvre le droit au logement opposable. La maison à quinze euros par jour [27], est dans ce contexte un élément important de son action.

En novembre 2008, les associations qui défendent les mal logés l'accusent de ne pas respecter la liberté individuelle quand elle plaide avec le soutien du président de la République et du Premier ministre, pour l'assistance des personnes, afin que la société ne laisse pas mourir ses membres les plus fragiles, dans la rue. [réf. nécessaire]

Ses relations avec Fadela Amara, la secrétaire d'État chargée de la politique de la ville apparaissent conflictuelles [28], [29]. Christine Boutin concentre son approche sur le décloisonnement physique des quartiers fragiles, sur la mobilité des individus au sein de l'ensemble de la ville et sur l'échange et le contact entre les personnes. [réf. nécessaire]

Par le décret du , ses attributions ont été restreintes au seul ministère du Logement sans secrétaire d'État délégué auprès d'elle. Puis, lors du remaniement ministériel du , le ministère du Logement est remplacé par un secrétariat d'État au Logement dépendant du Ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la Mer et confié à Benoist Apparu [30].

Après son départ du gouvernement

Contestant la manière dont elle a été écartée du gouvernement, elle refuse la traditionnelle cérémonie de passation de pouvoirs à son successeur, et critique dans la presse François Fillon et ses anciens collègues ministres [31]. Après avoir décliné un poste d' ambassadeur au Vatican [32], Christine Boutin décide de mettre un terme à sa carrière parlementaire [33].

En décembre 2009, une mission sur « les conséquences sociales de la mondialisation » lui est confiée pour enrichir les propositions du G20 [34]. Le poste évolue en avril 2010 en collaborateur de cabinet du ministre du Travail Éric Woerth, avec une rémunération de 9 500 euros par mois, qu'elle cumule à une retraite mensuelle de députée et conseillère générale de 8 600 euros [35]. Selon Le Canard enchaîné, qui publie cette information le 9 juin 2010, cette nomination aurait permis à Nicolas Sarkozy de faire taire les critiques de l'ancienne ministre envers le gouvernement et d'écarter son éventuelle candidature à l' élection présidentielle de 2012 [36]. Face aux nombreuses réactions politiques et médiatiques, Christine Boutin déclare le lendemain poursuivre sa mission de « façon gracieuse » [37], et une semaine plus tard, les ministres en exercice renoncent à cumuler leur salaires avec leurs retraites parlementaires [38].

Christine Boutin remet un rapport intermédiaire au président de la République le 9 décembre 2010 [39].

Le , elle annonce sa candidature à l'élection présidentielle de 2012 [40]. Elle détaille son programme à Écully ( Rhône) le 11 septembre. « La France attend un vrai big bang basé sur nos racines judéo-chrétiennes » déclare-t-elle [41]. Elle est notamment favorable à un revenu de base pour tous les Français, au rétablissement du service national [42] et au droit du sang [43]. Après avoir fait état en décembre, de ses difficultés à recueillir les 500 signatures et accusé le président de la République d'en être responsable [44], elle retire sa candidature le , lors du journal de 20 heures de TF1, et apporte son soutien à Nicolas Sarkozy, pas encore officiellement candidat. Se déclarant satisfaite des « premiers engagements » pris par le chef de l’État, Christine Boutin détaille ainsi leurs points de convergences : « apporter des « idées neuves » aux Français, revaloriser le travail, développer le recours au référendum, conforter la famille, refuser le mariage entre personnes de même sexe et l' union civile, rejeter l' euthanasie, réaffirmer les racines judéo-chrétiennes de la France » [45]. À la suite de son retrait de la présidentielle, elle obtient que l' UMP lui rembourse les 800 000 euros de subventions que chaque candidat perçoit lorsqu'il se présente à l'élection [46].

Dans une interview accordée en fin de mandat de Nicolas Sarkozy, Christine Boutin reconnaîtra sur un chat du site Rue89, en septembre 2011, avoir négocié son retrait en échange de deux promesses du président de la République : ne légiférer ni sur le mariage homosexuel, ni sur l' euthanasie. Elle déclare à propos de Sarkozy : « Non il ne m'avait pas promis un poste, il m'avait promis qu'il n'y aurait pas d'euthanasie et de mariage homosexuel. Donc voilà. Mais c'est tout, j'ai eu un poste de ministre, très bien, je suis très heureuse d'avoir eu cette responsabilité, que je ne souhaite absolument pas avoir maintenant » [22].

Le , elle annonce qu'elle soutient Jean-François Copé lors du congrès pour la présidence de l'UMP [47].

Le , elle annonce sa démission de la présidence du PCD. Charles-Henri Jamin lui succède comme président par intérim. Le parti précise que « tout en restant adhérente du PCD », elle « ne quitte pas la politique pour autant et continuer[a] son combat », ce geste de démission s’expliquant par l’investissement prochain de Christine Boutin dans « un projet européen assez vaste autour de la défense de la famille et des valeurs morales » [48]. Elle annonce le 26 septembre qu'elle sera elle-même candidate sous le label « Force-vie », lequel présentera une liste dans chacune des circonscriptions [49]. Le , elle est désignée présidente d'honneur du parti [50], [51].

Le , elle n'est pas élue au Parlement européen, sa liste obtenant 1,14 % des voix en Île-de-France, où elle se présentait [52], et sa formation « Force-vie » recueillant 0,74 % des suffrages exprimés à l'échelle nationale, soit 139 919 voix [53], [54]. N'ayant pu atteindre le seuil des 3 % de voix, nécessaire pour obtenir le remboursement de la campagne, le parti de Christine Boutin serait endetté à hauteur d'un million d'euros, ce qui l'oblige à lancer un appel aux dons [55].

Lors de la campagne pour l' élection présidentielle de 2017, le PCD présente son propre candidat, Jean-Frédéric Poisson, aux primaires de la droite et du centre [56]. Suite à l'élimination de ce dernier au premier tour, Christine Boutin choisit de soutenir François Fillon [57]. Lorsque la candidature de ce dernier est mise en danger par les enquêtes dont il fait l'objet, Christine Boutin demande le retrait de sa candidature et propose que François Fillon soit remplacé par le président du Sénat Gérard Larcher [58]. Le 23 avril 2017, alors que François Fillon n'arrive qu'en troisième position au premier tour de l'élection présidentielle, Christine Boutin refuse d'appeler à voter pour le candidat d' En marche ! Emmanuel Macron et déclare qu'elle votera Marine Le Pen, candidate du Front national, pour faire barrage à Emmanuel Macron ; elle précise toutefois que son geste « n'est pas un vote d'adhésion au Front national » [59]. Dans la foulée, Valérie Pécresse demande son exclusion des Républicains [60]. Le , quelques mois après l'élection d'Emmanuel Macron, elle précise avoir « toute [s]a vie combattu le FN », mais souhaitait, en tant qu'« anti-Macron « primaire » », que celui-ci fasse « le score le plus bas possible » [61].

Retrait de la vie politique

Elle annonce son retrait de la vie politique le , à l'âge de 73 ans, tout en conservant la présidence d'honneur de son parti [62], [63], [61]. Elle démissionne ainsi de son mandat de conseillère départementale des Yvelines [64], [65]. Le président du conseil départemental, Pierre Bédier, lui remet alors la médaille du département [66]. Elle décide de se consacrer à ses études de théologie à l’ institut catholique de Paris-Assas [67].

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