Chrétien de Troyes

Chrétien de Troyes
Description de l'image Chrétien de Troyes.jpg.
Naissance vers 1130
Décès entre 1180 et 1190
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Ancien français
Genres

Œuvres principales

Chrétien de Troyes (né vers 1130 et mort entre 1180 et 1190) est un poète français, considéré comme le fondateur de la littérature arthurienne en ancien français et l'un des premiers auteurs de romans de chevalerie. Il est au service de la cour de Champagne, au temps d' Henri le Libéral et de Marie de France, son épouse.

Ses œuvres majeures sont Érec et Énide, Cligès, Lancelot ou le Chevalier de la charrette écrit probablement en même temps que Yvain ou le Chevalier au lion, et Perceval ou le Conte du Graal, œuvre inachevée. Ses romans reflètent les idéaux politiques et culturels du milieu pour et dans lequel il écrit. Ils mettent en scène un idéal aristocratique mêlant l'aventure chevaleresque, l' amour courtois et les aspirations religieuses que symbolise l'esprit de croisade.

Biographie

Nous ne savons que peu de chose sur la vie de Chrétien de Troyes, si ce n'est ce qu'il en dit lui-même dans ses ouvrages. Cela se résume à un nom, une liste d'œuvres et deux dates limites entre lesquelles il a écrit ses romans. À partir de ses informations, les critiques ont forgé une biographie dont les éléments vont du quasi-certain à l'hypothétique indémontrable.

Certitudes

sceau de Marie de Champagne
sceau de Marie de Champagne

Le nom de Chrétien est révélé dans le prologue d' Érec et Énide [1], où il se présente au lecteur comme Crestiens de Troies. Son lieu et sa date de naissance exacts restent inconnus [2], [3] et de nombreuses hypothèses ont été émises. Il serait né vers 1130 à Troyes ou du moins en Champagne comme le confirment des traces de dialecte champenois dans ses textes [4]. La ville de Troyes ayant brûlé à la fin du XIIe siècle, il ne reste aucun document qui puisse fournir une date précise. De même les évènements qui ont pu marquer sa jeunesse sont inconnus. Ses débuts en littérature sont datés vers 1160 avec des traductions de l'Art d'aimer et de passages des Métamorphoses d' Ovide. Trois sur quatre de ces textes sont perdus tout comme son premier roman arthurien qui mettait en scène Tristan et Iseut et se serait intitulé Du roi Marc et d'Yseult la blonde [5]. Vers 1162, Chrétien écrit Érec et Énide et après 1164 il propose Cligès ou la fausse morte [6]. Il faut noter que des dates plus tardives sont parfois proposées comme 1170 pour Érec et Énide et 1176 pour Cligès, ce qui marque la difficulté de donner des dates certaines pour l'écriture de ces romans.

Dans le prologue du Chevalier de la charrette, Chrétien affirme avoir écrit sur le comandemant de ma dame de Champagne, c'est-à-dire de Marie de Champagne, fille d' Aliénor d'Aquitaine et de Louis VII. Ce prologue nous renseigne à la fois sur son statut de poète à la cour de Champagne, ainsi que sur le fait que le Chevalier de la charrette est une œuvre de commande, où Marie de Champagne lui impose la matière et la signification [7]. De même, dans le prologue de sa dernière œuvre, Perceval ou le Conte du Graal, Chrétien indique être au service de Philippe d'Alsace, comte de Flandre et soupirant de Marie de Champagne. Le prologue le présente comme « le plus valeureux des hommes qui soit en l'empire de Rome » [7].

Ces deux mécènes sont des personnages de haute noblesse, et ils donnent des repères précieux pour dater avec plus de précision la vie de Chrétien de Troyes et l'écriture de ces deux romans entre 1164 (année du mariage de Marie avec le comte de Champagne Henri le Libéral) et 1191 (année du décès du comte de Flandre) [8]. Ainsi Lancelot daterait de 1168 alors que la rédaction de Perceval, qui est une œuvre inachevée, aurait comme date finale 1182. Entretemps Chrétien aurait écrit Yvain ou le Chevalier au lion vers 1172 [6].

La mort de Chrétien est tout aussi peu connue que sa naissance, et si l'on en croit Gerbert de Montreuil, celle-ci est responsable de l’inachèvement du Conte du Graal [9]. Son décès est habituellement situé dans les années 1180-1190. Parmi les critiques spécialistes de Chrétien de Troyes, Jean Frappier ne propose aucune date mais Jean-Marie Fritz suggère 1190 tout comme Martin Aurell [10].

… et suppositions

On [Qui ?] a supposé que Chrétien aurait été issu d'une famille de la petite noblesse, en s'appuyant notamment sur la description du vavasseur père d'Énide dans Érec et Énide : suggérant que les vavasseurs constituent le socle moral et le fondement social de l'ordre féodal, il aurait ainsi rendu hommage à son milieu d'origine. Dans cette perspective, l'auteur de Cligès aurait été le fils cadet d'une famille aristocratique qui aurait été destiné à la carrière cléricale. Mais cette hypothèse se heurte au fait que Chrétien rattache son nom à la ville de Troyes, et non, comme cela aurait été l'usage pour un aristocrate, à un château ou à un fief [11], [12].

Il a été suggéré que Chrétien était peut-être chanoine car dans les archives épiscopales de Troyes un texte daté de 1173 est signé Christianus canonicus sancti Lupi [n 1]. Rien ne vient cependant confirmer ou infirmer cette hypothèse. Si la référence de Wolfram von Eschenbach à Chrétien comme meister peut suggérer qu'il était religieux, cela peut aussi être un signe de déférence envers un grand auteur [4].

Il a été également évoqué la possibilité d'une origine juive de Chrétien, Troyes ayant effectivement accueilli une importante communauté juive. Cette hypothèse est soutenue à partir de sa signature dans Philomena, où il se désigne comme étant « Crestien li Gois » [13] : le fait de se désigner comme «  goy » impliquerait que l'auteur était un juif converti. Mais « Gois » n'est peut-être qu'une déformation de «  Gouaix », village situé à proximité de Troyes [14]. Une autre possibilité est que cette signature aurait été ajoutée par l'un de ses compilateurs, d'autant plus que dans le Conte du Graal, Chrétien traite les juifs avec violence : félons qu'on devrait abattre comme des chiens [15], ce qui parait peu compatible avec une éventuelle judéité [12].

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