Childéric Ier

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Childéric Ier
Illustration.
Fac-similé de l'anneau sigillaire trouvé dans la tombe du roi Childéric à Tournai en 1653, Bibliothèque nationale de France[Note 1].
Titre
Roi des Francs Saliens
[1][2]
PrédécesseurMérovée[1],[3], succession non attestée.
SuccesseurClovis Clovis Ier
Biographie
Titre completRoi des Francs Saliens
DynastieMérovingiens
Date de naissanceVers 436
Date de décès
Lieu de décèsInhumé à Tournai (Belgique)
PèreMérovée
MèreInconnue
ConjointBasine de Thuringe
EnfantsClovis Clovis Ier
Audofleda[4]
Lanthilde
Alboflède[5]

Childéric Ier, né vers 436 et mort en 481, est roi des Francs saliens à partir de 457 ou 458. Son nom, constitué des éléments franciques hild- « combat » et -rīk « puissant », est attesté sous la forme latinisée Childericus[6],[Note 2]. Il est le père de Clovis Clovis Ier.

Childéric Ier est le premier roi de la dynastie des Mérovingiens dont la filiation soit clairement attestée[7]. Les sources littéraires et les recherches archéologiques le définissent à la fois comme un roi des Francs et un gouverneur romain de la province de Belgique seconde. Il est l'exemple type d'une élite franque ayant opéré la fusion entre les cultures germano-romaines et païennes des tribus danubiennes. Païen, Childéric a cependant l'avantage d'être le seul des rois barbares à ne pas être arien, ce qui lui procure l'attention des élites locales et de l'épiscopat. Son tombeau, découvert en 1653, contenait des armes telles qu'une spatha (épée à lame large), une francisque ou encore un scramasaxe. On y a également retrouvé de nombreux bijoux en or, ainsi qu'un paludamentum, le manteau porté par les généraux romains.

Contextes

Les sources

La première source importante qui informe sur Childéric est l'Histoire des Francs[8] rédigée par l'évêque Grégoire de Tours. Cependant, l'auteur retranscrit et tente de comprendre lui-même les sources qu'il a à sa disposition, comme les Annales d'Angers[9] ou certainement la Vie de Saint-Remi[10] écrite avant lui et aujourd'hui disparue.

Trois sources fondamentales et antérieures à celle de Grégoire de Tours évoquent la situation politique du nord de la Gaule[11]. Il s'agit de la Chronique d'Hydace, évêque de Chaves en Gallæcia[12], d'une chronique gallo-romaine du e siècle dite Chronique de 511 et la Chronique de Marius, évêque d'Avenches[13].

Deux autres sources complètent les informations : la Vie de Sainte Geneviève[10], qui témoigne de l'expédition de Childéric sur Paris et une lettre écrite par l’évêque Remi de Reims à Clovis qui donne des informations sur son père. Si ces sources sont limitées, la découverte de son tombeau en 1653 et l'étude du mobilier associé constituent d'excellentes sources archéologiques complémentaires[14].

L'évolution géopolitique en Gaule du nord au Ve siècle

Les Francs en Belgique romaine au Ve siècle à l'époque de Childéric Ier.

Avant l'avènement de Childéric, les Francs saliens sont installés depuis 342 comme fédérés à l'intérieur de l'Empire romain, dans le nord de la Gaule, en Toxandrie, entre les marais mosans, au nord de l'actuelle Maastricht, et la forêt Charbonnière[15]. Ils sont dirigés au début du Ve siècle par Clodion. Lors de l'affaiblissement de l'Empire romain, ils tentent d'étendre leur domination sur la Plaine de Flandre et les bords de l'Escaut vers 430-435, puis vers la vallée de la Somme. Mais Aetius les arrête en 448 et compose avec eux. Il confirme leurs annexions à Tournai, Arras et Cambrai. Le roi à leur tête devient un officier romain à la tête des troupes fédérées du secteur qui constituent un pilier de la défense romaine. Des sources littéraires non attestées citent Clodion le Chevelu à la tête des Francs saliens, puis Mérovée et Childéric, mais les relations de filiation ne sont pas prouvées. Deux autres chefferies franques existent : un royaume à Cambrai et un autre à Tongres[15],[16]. Leur première action décisive dans la défense de l'Empire romain s'inscrit dans le soutien à Aetius dans la lutte contre Attila en 451[17].

À la mort d'Aetius et lors du règne de Childéric, un général nommé Ægidius commande l'armée romaine dans le bassin parisien dans les années 456-464. Un autre militaire, le comte Paul, est responsable de l'ancien Tractus Armoricanus, la marche maritime allant de la Somme à la Loire. Pendant ce temps, à partir de Théodoric Théodoric II (453-466), le royaume wisigoth de Toulouse devient la première puissance d'Europe occidentale. Sous le règne de son frère Euric à compter de 466, il se transforme en véritable État souverain, le fœdus disparaît[18]. La conquête s'avère nécessaire et Euric poursuit une politique d'expansion. Ses forces arrivent dans le Val de Loire, et s'efforcent de contrôler Tours. Dans ce contexte, Childéric joue alors un rôle majeur dans les derniers succès emportés sur les Saxons, les Wisigoths et les Alamans en soutenant les garnisons romaines qui résistent. Les Francs saliens parviennent ainsi à mettre un frein à l’expansionnisme goth dans la bataille en aidant Ægidius contre les Saxons et les Wisigoths sur la Loire en 463-464 et dans la Bataille d'Orléans en 463[17]. Ils participent aussi aux combats contre les Wisigoths à Tours avec le comte Paul, qui serait mort ensuite en 469 au siège d'Angers en combattant cette fois les Saxons[19]. Mais l'alliance avec Childéric est compromise. À la mort d'Ægidius en 464, son fils Syagrius, qui le remplace et s'installe à Soissons, avait commencé à se rapprocher des Wisigoths, ce qui avait provoqué le blocus de Paris par Childéric à partir de 465. Vers 469, le roi des Bretons Riothamus, menacé également par les Saxons et auquel l'empereur Anthémius fait appel, est battu par Euric à Bourges puis à la bataille de Déols sans que Childéric ait pu le rejoindre. Tours tombe quelque temps entre les mains d'Euric en 470, tout comme Loches et Amboise[20] et l'armée de renfort romaine est battue par Euric à Arles en 471. En 475 Clermont-Ferrand est prise à son tour par les Wisigoths après un long siège, ce qui amène le nouvel empereur Julius Nepos à reconnaitre l'indépendance de l'Aquitaine contre l'évacuation de la Provence et entraînera de la part d'Odoacre des revendication territoriales en Italie qui aboutiront à la déposition du dernier Empereur romain d'Occident l'année suivante[21]. Syagrius refuse alors de reconnaître Odoacre et se tourne vers Euric, quand Childéric fait au contraire alliance avec lui. À la mort de Childéric vers 481, son fils Clovis le remplace et combat ouvertement Syagrius qu'il bat finalement à Soissons en 486[22].

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