Charles II le Chauve

Charles II
Le Chauve
Charles le Chauve recevant une délégation de moines venant de Tours. Enluminure de la Bible de Vivien, 845, BnF, département des manuscrits, Latin 1 fo 423.
Charles le Chauve recevant une délégation de moines venant de Tours. Enluminure de la Bible de Vivien, 845, BnF, département des manuscrits, Latin 1 fo 423.
Titre
Roi des Francs
( Francie occidentale)

(34 ans et 2 mois)
Couronnement à Orléans
Prédécesseur Louis Louis Ier
Successeur Louis Louis II
Empereur d'Occident

(1 an, 9 mois et 11 jours)
Couronnement
Prédécesseur Louis Louis II
Successeur Charles Charles III le Gros
Biographie
Titre complet Roi de Francie occidentale
Roi d'Aquitaine (846-877)
Dynastie Carolingiens
Date de naissance
Lieu de naissance Francfort-sur-le-Main
Date de décès (à 54 ans)
Lieu de décès Avrieux
Père Louis Louis Ier
Mère Judith de Bavière
Conjoint Ermentrude d'Orléans
puis
Richilde
Enfants avec Ermentrude d'Orléans
Judith de France (v. 843-870)
Louis Louis II Red crown.png (846-879)
Charles l'Enfant (v. 847-866)
Carloman (v. 847-876)
Ermentrude
Hildegarde
Rotrude
Lothaire le Boiteux (v. 850-866)
avec Richilde
Rothilde (v. 871-v. 928).
Héritier Louis Louis II Red crown.png

Charles II [1] dit le Chauve, né le à Francfort-sur-le-Main - mort le à Avrieux, est un des petit-fils de Charlemagne qui se partagent l' Empire en 843. Roi d'Aquitaine durant le règne de son père Louis le Pieux, il est roi de Francie occidentale de 843 à 877 et est couronné empereur d' Occident en 875.

Biographie

Surnom

Dès 867, Charles est devenu abbé laïc de Saint-Denis. Le , jour de la consécration par le pape Jean Jean VIII [2] de la collégiale Sainte-Marie, future abbaye Saint-Corneille à Compiègne, il se serait fait raser le crâne en signe de soumission à l’ Église malgré la coutume franque exigeant qu’un roi ait les cheveux longs [3]. Il porte de longues moustaches tombantes [4].

Origines et enfance

Fils de l'empereur Louis le Pieux et de sa seconde épouse Judith de Bavière, il est confié, à l'âge de sept ans à un précepteur de renom, Walafrid Strabon (v. 808/809-849), moine au monastère de Reichenau, en Alémanie, esprit cultivé attaché au mythe impérial, poète, auteur d'une glose contenant des commentaires de la Bible, sur lesquels se sont fondés durant des siècles les interprétations du livre sacré. Pendant neuf années, Strabon assure l'éducation du jeune prince, convaincu de la grande destinée qui attend son élève.

Honneurs et commandements sous le règne de Louis le Pieux

Denier de Charles II le Chauve frappé à Paris.

Dès août 829 à Worms, son père le fait duc d' Alémanie, incluant la Rhétie, l' Alsace et une partie de la Bourgogne [5].

En septembre 832, il le nomme à Limoges roi d'Aquitaine en remplacement de son demi-frère Pépin Pépin Ier d'Aquitaine ; ce dernier, ayant aidé son père dans la rébellion contre ses fils, récupère son trône le à Quierzy.

En 837, à l'assemblée d' Aix-la-Chapelle, son père lui accorde les territoires côtiers situés entre la Frise et la Seine. En 838, il obtient un territoire assimilé à un royaume incluant le Maine et la région comprise entre la Seine et la Loire. En 839, le 28 [6] ou le 30 mai [7], à l'assemblée de Worms, Louis le Pieux lui donne une partie de la Francie occidentale comprise entre la Meuse et la Seine, l'ouest et le sud de la Bourgogne, la Provence, la Neustrie, la marche de Bretagne, le royaume d'Aquitaine, la Gascogne et la Septimanie.

Les faveurs accordées à Charles le Chauve, au détriment de ses demi-frères, constituent la cause des troubles qui agitent la fin du règne de leur père, et de la mésintelligence qui existe entre ses héritiers.

Le partage de l'Empire (840-843)

Moulage du sceau de Charles II le Chauve, roi de France. Archives Nationales.

En 840, à la mort de Louis le Pieux, la guerre commence immédiatement entre ses fils. Charles s'unit à Louis le Germanique, contre Lothaire Lothaire Ier, leur frère aîné, qui aspire à les exclure du partage de l'Empire. Ensemble, ils remportent en 841 la bataille de Fontenoy-en-Puisaye, en Bourgogne. Le , ils renforcent leur alliance en prononçant réciproquement les serments de Strasbourg, prononcés en langue romane et en langue tudesque afin d'être compris par les troupes de l'ouest comme de l'est de la Francie.

Les hostilités cessent avec le traité de Verdun en 843, partageant l'empire de Charlemagne en trois royaumes de taille comparable :

Cinq ans plus tard, le [8] dans la cathédrale d'Orléans, Charles le Chauve, élu puis acclamé par les grands du royaume, est sacré par l’ archevêque de Sens, Wénilon (ou Ganelon) : « Et, dans la ville d’Orléans, presque tous les grands, réunis aux évêques et aux abbés, élisent Charles pour leur roi et le consacrent par l’onction du saint chrême et par la bénédiction épiscopale » [9].

Les guerres contre les Bretons (843-851)

En 841, Charles le Chauve reçoit le serment de Nominoë, missus de Bretagne durant le règne de Louis le Pieux. Par ailleurs, il confie à un fidèle aquitain, Bego (Bégon) la défense de la rive sud de la Loire ; Bego installe à quelques kilomètres de Nantes une place forte (à l'origine de la localité de Bouguenais), mais il est rapidement victime de dissensions au sein du camp franc.

Dès 843, les hostilités sont déclenchées entre Charles le Chauve et Nominoë. En 845, lors de la bataille de Ballon, Nominoë remporte une victoire sur Charles le Chauve. Un premier traité est conclu en 846 : Nominoë devient souverain de Bretagne. Lors de la reprise des hostilités en 849, les Bretons mènent de nombreux raids en Francie occidentale ( Maine, Anjou, Poitou), et s'emparent des cités de Rennes et Nantes.

Le , Charles le Chauve est battu par Erispoë, lors de la bataille de Jengland. Cette défaite le conduit à signer au mois de septembre suivant le traité d'Angers qui cède à Erispoë les comtés de Rennes et Nantes ainsi que le pays de Retz, et lui reconnaît le titre de roi en échange de l'hommage.

Quelques années plus tard, sous le règne de Salomon, nouveau roi de Bretagne, Charles est encore obligé d'accepter une extension du royaume breton. Le 1er août [10] ou le [11], [12], par le traité de Compiègne, Charles le Chauve concède à Salomon la péninsule du Cotentin et l' Avranchin.

Les raids vikings et la guerre de 858 contre Louis le Germanique

Confirmation par Charles le Chauve du partage des biens de l'abbaye de Saint-Denis entre l'abbé et les religieux. Établi à Compiègne le . Archives Nationales.

Les Vikings multiplient les raids dès les années 840 dans l'ouest du royaume (pillage de Nantes et mort de l'évêque en 843), ce qui contribue à affaiblir les positions franques face aux Bretons durant cette période.

De 856 à 861, la Francie occidentale est plusieurs fois rançonnée par les Vikings, alors très actifs. Maintes fois, le roi Charles s'engage à leur donner de grosses sommes afin que ceux-ci se retirent et cessent de piller les riches abbayes ; les Normands touchent la rançon et reviennent plus tard. En raison de son incapacité à soumettre l'envahisseur, les grands du royaume, ayant à leur tête Robert le Fort, se rebellent contre Charles et demandent l'aide de son frère Louis Louis II de Germanie.

Au cours de l'automne 858, tandis que Charles II assiège l'île d' Oscelle (Oissel) occupée par des Vikings, Louis II quitte Worms et envahit le royaume de Charles [13]. Il reçoit l'hommage des Aquitains, de la plupart des vassaux de la couronne et d'une faible minorité de prélats sous l'autorité de l'archevêque Wénilon de Sens qui lui donne même l'onction du sacre [14]. Charles est contraint de se réfugier en Bourgogne ; plusieurs évêques réagissent, sous la conduite de l'archevêque Hincmar de Reims. Réunis à Reims le , ils demandent le départ des Francs orientaux et le retour de Charles. Louis s'exécute et licencie une partie de son armée. Profitant de la situation, Charles réussit à rassembler des troupes et marche vers le nord. Les deux armées se font face à Jouy, près de Soissons ; voyant que l'armée de Charles est plus importante que la sienne, Louis se retire sans combattre.

Par ailleurs, Charles II doit soutenir plusieurs guerres contre son neveu Pépin Pépin II d'Aquitaine pour conserver son contrôle sur l' Aquitaine.

La Monnaie est instituée en 864 par l' Édit de Pîtres : c'est aujourd'hui l'une des plus anciennes institutions françaises.

Roi de Lotharingie (869) puis empereur (875)

Charles le Chauve, miniature peinte vers 870.

Après la mort de Lothaire Lothaire II de Lotharingie, il est couronné roi de Lotharingie le à Metz par l'archevêque Hincmar de Reims [15], l’ évêque de Metz Advence prétendant que tous les évêques et grands laïcs de Lotharingie souhaitent l'avènement de Charles. Avant le couronnement, Charles doit prendre des engagements envers ses nouveaux sujets [16], [17].

Mais Louis le Germanique intervient aussi en Lotharingie : en août 870, au traité de Meerssen, Charles doit lui céder une partie du territoire. La frontière entre leurs deux royaumes suit alors sur la Moselle. Le traité accorde aussi à Charles le Chauve la partie nord du royaume de Provence, domaine (avec l'Italie) de l'empereur Louis Louis II [18], fils aîné de Lothaire Ier.

En 875, après la mort de Louis II, héritier du trône impérial, ainsi que des royaumes d'Italie et de Provence, il entreprend un voyage en Italie. Le à Rome, 75 ans exactement après le couronnement de Charlemagne, il est couronné empereur par le pape Jean Jean VIII.

Louis le Germanique meurt à Francfort le . Charles en profite pour envahir la Lotharingie orientale. Mais les fils de Louis lui infligent une sévère défaite le à Andernach près de Coblence.

S'étant ensuite rendu en Italie afin de porter secours au pape Jean Jean VIII en lutte contre les Sarrasins, il est contraint de revenir en France pour faire face à une attaque de Carloman, autre fils de Louis le Germanique.

Sur le chemin du retour, il est atteint d'une pleurésie, se réfugie à Aussois et meurt des suites de cette maladie [19], le , au village de Brios [20], l'actuel Avrieux, au pied du Mont-Cenis. La rumeur publique accuse rapidement Sédécias (Zédéchias), un de ses médecins juifs de l'avoir empoisonné [21], avec la complicité de Richilde.

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