Catholicisme

 Cet article traite de la religion des catholiques. Pour les notions d'Église et d'institutions catholiques, voir l'article Église catholique. Pour l'aspect historique, voir Histoire de l'Église catholique. Pour la liste des Églises, voir Composition de l'Église catholique
Catholicisme
La basilique Saint-Pierre.
La basilique Saint-Pierre.

Type Religion
Membres Baptisés en communion avec le pape et les évêques
Effectifs 1,254 milliard de catholiques (fin 2013)
Pape François
Dirigeant Évêques
Site web http://www.vatican.va/phome_fr.htm (version française)

Le catholicisme est la religion des chrétiens en communion avec le pape et les évêques. Si l'adjectif « catholique » renvoie aux origines mêmes du christianisme et désigne toutes les Églises dans le symbole de Nicée, l'usage du terme « catholicisme » a une histoire qui remonte au XVIe siècle pour marquer la différence avec les confessions protestantes.

C'est dans la continuité d'une tradition bimillénaire de recherche d'unité et d'universalité qu'entend se situer, aujourd'hui, le catholicisme [1].

Dans le catholicisme, la vie chrétienne est marquée par les sacrements : le baptême, la confirmation, l' eucharistie, la réconciliation, le mariage, l' onction des malades, et, pour les diacres, les prêtres et les évêques, l' ordination. Le catholicisme peut être vécu selon divers états de vie et dans une grande diversité de courants et d'organisations. Les catholiques peuvent être de l' Église latine ou des Églises catholiques orientales, la très grande majorité étant des Latins.

L' Église catholique considère que tout baptisé dans l'Église catholique est catholique, mais elle ne définit pas de critères d'appartenance comme pourrait le faire un sociologue voulant déterminer ce qui caractérise l'adhésion objective à une religion.

Selon l’ Annuaire pontifical 2015, on dénombrait 1,254 milliard de baptisés dans l' Église catholique à la fin 2013 [2], ce qui représente une augmentation de 26 millions de catholiques par rapport à fin 2012. En effet, fin 2012, il y avait 1,228 milliard de baptisés dans cette Église [3]. Entre fin 2012 et fin 2013, le nombre de catholiques a donc augmenté de 2,12%. La croissance du nombre de catholiques a tendance à s'accélérer depuis environ 10 ans. Entre 2005 et 2013, la croissance des catholiques a été de 12%, soit un augmentation de 139 millions [4]. Ces baptisés ont des pratiques, des convictions et des engagements religieux extrêmement variables : « un décalage croissant apparaît dans toutes les enquêtes d'opinion entre les croyances ou les prescriptions de l'Église et celles des populations qui se disent catholiques [5] ».

Le catholicisme est présent aujourd'hui dans presque tous les pays du monde, principalement en Europe, en Amérique et en Afrique, beaucoup moins en Asie et dans le monde arabo-musulman. Il enregistre un déclin dans les pays occidentaux et une forte progression en Afrique et en Asie. La croissance du nombre de catholiques dans le monde est légèrement supérieure à celle de la population mondiale. En 1978, le monde comptait environ 18 % de catholiques contre 17 % en 2004 [6], [5] et 17,5 % en 2012 [7]. Durant les 10 dernières années, la proportion de catholiques dans le monde a progressivement grimpé en passant de 17,3% en 2005 à 17,7% en 2013 [8], [9].

Les termes « catholique » et « catholicisme »

Étymologie

L'adjectif « catholique » vient du grec καθολικός (katholikos), qui signifie « universel [10] ». Dès les premiers siècles de notre ère, ce mot apparaît chez différents auteurs chrétiens qui l'emploient pour clarifier ce qu'est une communauté locale en communion avec l’« Église universelle » [11], face à l'émergence de diverses sectes chrétiennes aux christologies spécifiques. Ainsi, au début du IIe siècle, Ignace d'Antioche dénonce les divisions entre chrétiens : « Là où paraît l'évêque, que là soit la communauté, de même que là où est le Christ Jésus, là est l’Église universelle (katholikê ekklêsia) » [12]. Quelques décennies plus tard, Tertullien s'oppose aux dissidences des christianismes hétérodoxes de Marcion ou aux gnostiques, inaugurant la littérature chrétienne dans la langue latine, qui ne dispose cependant pas encore du vocabulaire ajusté pour rendre l'expression grecque de καθολικὴ ἐκκλησία (katholikê ekklêsia).

Dans la littérature latine, le grec καθολικός n'est pas traduit par son équivalent latin, universalis, mais se trouve directement translittéré en catholicus. Le mot acquiert une extrême importance dès qu'il est intégré dans le symbole de Nicée, qui déclare : « Je crois en l'Église une, sainte, catholique et apostolique. » En latin, la carrière sémantique du terme catholicus reste déterminée par le fait qu'il est créé pour qualifier spécifiquement l'Église.

En français, le terme « catholique » apparaît sous la forme catoliche au XIIIe siècle puis sous la forme catolicque au début du XIVe siècle [13] chez des auteurs comme Philippe de Mézières [14].

Évolution du sens après la Réforme

Lors de la Réforme protestante, le christianisme connaît des débats doctrinaux d'où émerge une pluralité confessionnelle [15]. Des traités polémiques publiés vers 1570, notamment ceux de Philippe de Marnix, font que l'adjectif « catholique » identifie désormais une confession chrétienne parmi d'autres. Le substantif « catholicisme », lui, apparaît à la fin du XVIe siècle dans un livre du polémiste catholique Pierre Charron publié en 1595 [16]. Le Dictionnaire historique de la langue française [17] signale un emploi du terme remontant à 1598 [18], à la suite de la naissance des confessions protestantes, pour désigner la religion des chrétiens en communion avec le pape et les évêques. C'est alors un synonyme rare de «  catholicité », au sens de « conforme à la doctrine catholique ».

Ambiguïtés

Cependant, le terme « catholicité » renvoie aussi à l'universalité de l'Église et de la foi nonobstant la diversité des confessions chrétiennes ; en ce sens, la catholicité est a-confessionnelle. Au contraire, le terme « catholicisme » renvoie à la pluralité confessionnelle en désignant une de ces confessions. Le paradoxe est que « catholique » signifie « universel », tandis que ce terme et ses dérivés commencent à être appliqués à cette réalité lorsque son universalité commence à être contestée [19].

Cet usage ne s'impose cependant pas sans difficulté parmi les catholiques. À cette époque, le cardinal Jacques Du Perron, qui répondait aux arguments du roi Jacques Ier d'Angleterre selon lequel l'Église anglicane était catholique tandis que celle de Rome ne l'était pas, estimait que le nom de « catholique » ne pouvait pas être celui d'une religion particulière : « Le nom de Catholique n'est pas un nom de simple créance mais un nom de communion. » Selon Michel Despland, « le rejet romain de la théorie de la religion s'explique facilement. Parler de religion, c'est utiliser un mot qui accepte l'article indéfini : c'est commencer à voir l'Église catholique comme une religion. [...] Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, la théologie catholique officielle laisse donc entièrement de côté la problématique de la religion devenue si visible au cours du XVIe siècle. Les catholiques français commencent à s'y intéresser de nouveau à partir de la deuxième moitié du XVIIe siècle [20] ». Le mot « catholicisme » ne devient courant qu'à la suite de son usage durant la Révolution française pour désigner l'Église catholique [17]. Par la suite, les catholiques finiront par considérer assez largement qu'ils ont une religion parmi d'autres.

Le terme de « catholicisme » est donc utilisé tant par les « catholiques » qui se sont construit une identité confessionnelle sous ce nom que par ceux qui ont besoin d'un mot pour les désigner de l'extérieur. Le catholicisme est donc paradoxalement la confession de ceux qui considèrent (ou devraient considérer) qu'être catholique implique de ne pas faire partie de la pluralité des confessions.

Le mot « catholicisme » peut aussi désigner la façon que l'on a de comprendre la doctrine catholique ou l'exposé systématique de la foi catholique [21]. C'est en ce sens que le terme est employé comme titre d'un essai d' Henri de Lubac [22], ou bien comme titre du dictionnaire encyclopédique Catholicisme [23].

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