Camille Borghèse

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Officier général francais 3 etoiles.svg Camille Borghèse
Image illustrative de l'article Camille Borghèse

Naissance
Rome
Décès (à 56 ans)
Florence
Origine Flag of the Papal States (pre 1808).svg  États pontificaux
Allégeance Drapeau de l'Empire français  Empire français
Arme Cavalerie
Grade Général de division
Années de service 1798- 1814
Conflits Guerres napoléoniennes
Distinctions Prince de l'Empire
Grand collier de la Légion d'honneur
Autres fonctions Duc de Guastalla
Famille Borghese,
Beau-frère de Napoléon Napoléon Ier,
Frère du général de division François Borghèse.

Camille Borghèse ( Camillo Filippo Ludovico Borghese), né le à Rome, mort le à Florence, prince romain, prince de l'Empire, était général d'Empire et beau-frère de Napoléon Napoléon Ier.

Biographie

Camille Borghèse, de l' illustre famille de ce nom, originaire de Sienne, alliée de plusieurs maisons souveraines et qui a donné à l'Église un pape ( Paul V), et beaucoup de cardinaux, naquit à Rome, en 1775. Il est le fils aîné du prince Marcantonio IV Borghese, connu par son amour pour les arts, et qui a beaucoup ajouté aux richesses de sa famille en tableaux, statues et monuments de tous les genres, accumulés par plusieurs générations dans les magnifiques galeries connues sous le nom de Villa Borghese, où ils ont formé pendant longtemps un des plus beaux ornements de l'ancienne capitale du monde. Le prince Marc-Antoine a un second fils, François, prince Aldobrandini. Tandis que Marc-Antoine se prononce hautement contre les principes de la Révolution française, ses deux fils, au contraire, en embrassent la cause avec chaleur.

Portrait du prince Camillo Borghese ( Bernardino Nocchi, 1799).

Lorsque les Français se sont rendus maîtres de Rome (1798), les deux Borghèse se réunirent à la population qui brûle les titres de noblesse sur la place publique. Les princes prennent du service dans les rangs de l' armée révolutionnaire française et contribuent vaillamment à la défense de cette ville, qui, ensuite, est assiégée et prise par les Napolitains. Contraints de se cacher pour se soustraire à la vengeance des vainqueurs et à la haine de leurs ennemis politiques, les deux frères n'en restent pas moins fidèles à la France, sur laquelle ils fondent l'espérance de la régénération de l'Italie.

En 1803, sur les conseils de Joachim Murat, Camille se rend à Paris, auprès du premier Consul. Le général Bonaparte, frappé de l'enthousiasme que lui montre le jeune prince, l'accueil avec la plus grande faveur ; et comme il entre déjà dans ses projets d'allier les membres de sa famille aux premières maisons de l'Europe, il marie le prince avec sa seconde sœur, Pauline, veuve du général Leclerc, mort de la fièvre jaune à Saint-Domingue. La cérémonie est célébrée à Mortefontaine, le 14 brumaire an XII (6 novembre 1803). Cette union n'est pas heureuse : les deux époux habitent rarement les mêmes lieux, et n'ont point d'enfants.

Le 27 mars 1805, un décret du Sénat conservateur accorde au prince Camille la jouissance des droits de citoyen français. Napoléon le crée prince français et le décore du grand-cordon de la Légion d'honneur.

Lors de la reprise des hostilités avec l'Autriche, il est d'abord nommé chef d'escadron dans la Garde impériale, ensuite colonel, puis enfin créé prince français et duc de Guastalla le 30 mars 1806. Il accompagne Napoléon pendant les campagnes d' Allemagne (1805), de Prusse (1806) et de Pologne (1807), et se distingue par son courage dans la campagne contre les Prussiens et les Russes.

En 1806, c'est sur lui que Napoléon Napoléon Ier jette les yeux pour une mission aussi délicate que difficile : il est envoyé à Varsovie pour insurger les Polonais contre l' empereur de Russie, en les séduisant par des promesses illusoires. Le négociateur ne réussit que trop bien dans une mission aussi délicate. On sait comment ce pays, qui aspire à l'indépendance, est détrompé, lorsque, au commencement de 1810, Napoléon, en épousant l' Impératrice Marie-Louise, sacrifie les intérêts de la Pologne à l'ambition de la maison d'Autriche.

En 1807, le prince Borghèse charge à la tête de son régiment 8 escadrons russes qui se portent sur Wittenberg, les met en fuite, leur fait 100 prisonniers, dont 3 capitaines et 8 officiers.

Le pavillon de chasse de Stupinigi, séjour du gouverneur-général des départements au-delà des Alpes.

Après la paix de Tilsitt, l'empereur le nomme gouverneur-général des départements au-delà des Alpes ( grand dignitaire de l'Empire), chargé du gouvernement du Piémont, avec 1 million de traitement. Cette somme, jointe aux immenses revenus qu'il tire de ses propres biens, lui permet de tenir à Turin un rang digne de sa haute position. Il ne tarde pas à conquérir la sympathie de la population. Cette somptuosité fait aimer son administration dans cette contrée, où il donne de belles soirées et des fêtes splendides, recevant tout ce qu'il y a de plus considérable et s'environnant d'un luxe véritablement « asiatique ». Rien de tout cela ne peut séduire sa femme. Elle persiste, sous prétexte de maladie ou par d'autres motifs, à rester en France, et rarement on la voit à Turin. Le dévouement du prince Borghèse aux intérêts du pays lui concilie la confiance des habitants ; cependant, la princesse Pauline n'essaie jamais de partager cette popularité en rejoignant son époux. Les formes de l'administration des départements au-delà des Alpes sont aussi douces que le permet la législation impériale ; mais les violences que celle-ci prescrive souvent, ne sont pas en général imputées au prince Camille, dont l'éloignement à les faire exécuter n'est ignoré de personne.

C'est à cette époque, en 1807, que Napoléon a acquis du prince Borghèse une grande partie de ses monuments de sculpture, pour huit millions de francs.

Le , le prince Camille doit reconnaître la chute du 1er Empire et le retour de la monarchie des Bourbons en France. Peu de temps après, il capitule devant le général commandant les forces autrichiennes, comte de Bubna. Il doit lui remettre toutes les places du Piémont.

Après l'abdication de Napoléon, il cesse toute relation arec la famille Bonaparte, et se sépare de sa femme, dont il a à se plaindre. Puis il vend sa terre de Lucedio, en Savoie, se retire d'abord à Rome (il était né sujet du pape), puis à Florence, dans un immense palais qu'il tient de ses aïeux, où il fixe sa résidence. Il y mène dans le luxe une vie douce et paisible, auprès du grand-duc de Toscane, qui lui témoigne sa bienveillance [1].

Il accorde cependant à la princesse son épouse la permission d'habiter son palais dans la capitale du monde chrétien. Il donne des ordres pour qu'on y pourvût à tous ses besoins. On sait même que quelque temps avant qu'elle meurt, il se laisse fléchir et la reçoit dans son palais de Florence où elle a fini ses jours.

Pendant son séjour à Rome en 1826, le pape Léon XII le traite avec beaucoup de distinction. En 1828, le souverain pontife le charge d'offrir au roi Charles X une table de déjeuner en mosaïque : le prince accepte cette mission, et la remplit dignement. Il est très bien accueilli par la cour des Tuileries, et il achète en France beaucoup de tableaux, entre autres la Vénus du Corrège dont il enrichit encore sa galerie de Rome, la seule de l'Europe qui soit restée intacte au milieu des guerres et des révolutions. À son retour il va rendre compte de sa mission à Rome puis retourne dans le magnifique palais qu'il a fait construire à Florence et qu'il préfère à toutes ses autres résidences.

Borghèse est veuf depuis le lorsqu'il meurt, à Florence le . Son frère, le prince Aldobrandini hérite de sa fortune.

La collection de la Villa Borghese

C'est en 1807, que le gouvernement français, jaloux de réunir dans le Musée impérial de Paris le plus de statues et autres antiquités qu'il lui serait possible de s'en procurer, achète au prince Borghese 322 des objets les plus estimés qui décorent depuis longtemps sa villa de Rome, dont les plus remarquables sont le Gladiateur, le Sauroctone Borghèse, les deux Hermaphrodites, Bacchus, Hercule, etc.

Le prix en est fixé à 8 millions de francs, moitié en argent comptant, et le reste en biens nationaux situés dans le Piémont, dont l' abbaye de Lucedio, près de Verceil, faisait partie.

Après les désastres de 1814 et 1815, l'ancien roi de Sardaigne demande la restitution de cette terre qui est un de ses apanages (1814). Rentré en possession de ses États en 1815, il fait séquestrer aussitôt ces propriétés. Le prince Borghèse est en droit, faute de paiement, de reprendre une moitié des objets qu'il a cédés à la France. La question est décidée par les ambassadeurs des puissances alliées qui sont à Paris. En vertu du traité de paix conclu à Paris le 20 novembre 1815, avec l' Autriche, la Grande-Bretagne, la Prusse et la Russie, le prince Camille recouvre tous ceux de ces précieux monuments de la villa Borghèse dont on ne lui a pas payé la valeur. Les autres restent au musée de Paris, où ils se trouvent encore.