Calvinisme

Le calvinisme (nommé ainsi d'après Jean Calvin et aussi appelé la tradition réformée, la foi réformée ou la théologie réformée) est une doctrine théologique protestante et une approche de la vie chrétienne [1] qui reposent sur le principe de la souveraineté de Dieu en toutes choses [2]. Bien qu’elle fût développée par plusieurs théologiens tels que Martin Bucer, Heinrich Bullinger [3], [4], Pierre Martyr Vermigli [5], Ulrich Zwingli [6] et Théodore de Bèze, elle porte le nom du réformateur français Jean Calvin en raison de l’influence dominante qu’il eut sur elle et du rôle déterminant qu’il exerça dans les débats confessionnels et ecclésiastiques du e siècle. Aujourd’hui ce terme fait référence aux doctrines et aux pratiques des Églises réformées. Plus rarement, il désigne l’enseignement de Calvin lui-même [7]. Le calvinisme est aussi connu pour les doctrines de la prédestination et de la corruption totale.

Historique

L'influence internationale de Jean Calvin sur le développement des doctrines de la Réforme protestante débuta quand celui-ci alors âgé de vingt-cinq ans entreprit la rédaction de la première édition de son traité de théologie intitulé Institution de la religion chrétienne, en 1534 (publié en 1536). Ce travail subit un certain nombre d'évolutions par la suite et Calvin le traduisit en français vernaculaire. La rédaction de cet ouvrage ainsi que ses travaux pastoraux controversés, ses contributions aux confessions de foi, et son important travail d' exégèse biblique, ont conduit Calvin à exercer une influence directe sur le protestantisme. Avec Martin Bucer, Heinrich Bullinger, Pierre Martyr Vermigli, Ulrich Zwingli, Théodore de Bèze, Guillaume Farel et John Knox, Calvin joua un grand rôle dans l'élaboration des doctrines des Églises réformées. Il en est finalement devenu le réformateur dominant.

L'importance grandissante des Églises réformées et de Jean Calvin font partie de la deuxième phase de la Réforme protestante, lorsque les églises protestantes commençaient à se former après l' excommunication de Martin Luther par l' Église catholique romaine. Calvin était un exilé français à Genève. Il avait signé la confession d'Augsbourg dans sa version modifiée par Philippe Melanchthon en 1540, mais son influence se fit d'abord sentir dans la Réforme suisse qui n'était pas luthérienne mais zwinglienne. La doctrine des Églises réformées, depuis le début de leur existence, s'est développée dans une direction indépendante de celle de Luther, sous l'influence de nombreux auteurs et réformateurs, parmi lesquels Calvin devint prééminent. Beaucoup plus tard, lorsque sa renommée fut liée aux Églises réformées, cette doctrine dans son ensemble fut nommée calvinisme.

Expansion

Un temple réformé en Hongrie.

Bien que l'essentiel de la pratique de Calvin se déroulât à Genève, ses publications ont étendu ses idées d'une Église réformée à de nombreuses parties de l'Europe. Le calvinisme devint la doctrine théologique majoritaire en Écosse avec John Knox, aux Pays-Bas avec Guy de Brès, William Ames et Wilhelmus à Brakel, et dans certaines parties de l'Allemagne avec Caspar Olevian et Zacharias Ursinus, sans oublier l' Alsace avec l'influence de Jean Calvin à Strasbourg. La ville wallonne de Tournai, où les protestants sont majoritaires dès la deuxième moitié du XVIe siècle, est surnommée la « Genève du Nord » et rayonne à Anvers, en Picardie et jusqu'en Normandie. Le calvinisme exerça une certaine influence en France, en Hongrie, en Transylvanie, en Lituanie et en Pologne. Il acquit également une certaine popularité en Scandinavie, particulièrement en Suède où il fut cependant rejeté au profit du luthéranisme après le synode d'Uppsala en 1593 [8]. Le calvinisme s'imposa aussi dans les principales villes de la Confédération suisse : Zurich, Genève, Bâle, Berne... sous la conduite de figures telles que Jean Calvin, Ulrich Zwingli, Guillaume Farel ou Heinrich Bullinger.

La plupart des colons qui s'établirent dans les États Mid-Atlantic et en Nouvelle-Angleterre étaient calvinistes. Cela incluait les puritains anglais, les huguenots français, les colons hollandais de la Nouvelle-Amsterdam, et les Scots d'Ulster presbytériens de la région des Appalaches. Les colons néerlandais calvinistes furent également les premiers européens à réussir à coloniser l' Afrique du Sud au XVIIe siècle. Ils furent plus tard nommés les Boers ou Afrikaners.

La Sierra Leone fut en grande partie colonisée par les colons calvinistes de la Nouvelle-Écosse qui étaient pour la plupart des Loyalistes noirs qui avaient combattu pour l' Empire britannique lors de la guerre d'indépendance des États-Unis. Le pasteur John Marrant y avait établi une congrégation sous les auspices de la Connexion de la comtesse de Huntingdon. Certaines des plus importantes communautés calvinistes se sont formées grâce aux missionnaires des e et e siècles, notamment en Indonésie, en Corée et au Nigeria.

Aujourd'hui, l'ensemble des Églises d'inspiration calviniste (réformées, presbytériennes, congrégationalistes et Église unie du Christ) rassemblent, d'après le site Adherents.com, environ 75 millions de personnes [9]. La Communion mondiale d'Églises réformées, l'organisme international qui réunit la plupart des Églises issues du calvinisme, revendique quant à elle 80 millions de croyants [10].

En France

Le temple Saint-Étienne de Mulhouse, le plus haut monument protestant de France.

En France aujourd'hui les descendants de huguenots sont tous qualifiés de calvinistes, ce qui n'aurait pas été tenu comme insulte par leurs ancêtres. Les huguenots luttèrent (et Calvin parmi eux en sa jeunesse) longtemps avant la diffusion du culte réformé influencé par Calvin (qui s'est situé plus tard à Genève) pour la liberté de conscience, en dehors de toute église instituée, et bien souvent en dépit des foudres de Jean Calvin. Réprimés sous François François Ier, Henri II et François II, ils formèrent sous ce dernier, avec d'autres mécontents, la conjuration d'Amboise, qui échoua. Le colloque de Poissy, en 1561, leur faisait espérer un édit de tolérance, lorsque le massacre des Huguenots à Wassy donna le signal des guerres civiles.

Bien que fort affaiblis par les défaites de Dreux ( 1562), Saint-Denis ( 1567), Jarnac et Moncontour ( 1569), les calvinistes avaient obtenu d'importantes concessions par les traités d' Amboise ( 1563), de Lonjumeau ( 1568) et de Saint-Germain ( 1570) : c'est à ce moment que se déroula la funeste nuit de la Saint-Barthélemy () au terme de laquelle Charles IX et Catherine de Médicis cherchèrent à détruire le parti protestant ; mais ce massacre ne fit que soulever une nouvelle guerre. Le conflit perdura jusqu'à ce qu'en 1598, Henri IV, prince protestant converti au catholicisme, rendit un édit connu sous le titre d' Édit de Nantes, qui assurait la liberté de conscience aux calvinistes et leur abandonnait plusieurs villes comme garanties.

Lettre de baptême calviniste ( Bischwiller, 1698).

Ils se soulevèrent encore sous Louis XIII, mais Richelieu les dompta par la prise de La Rochelle ( 1628). Louis XIV prononça en 1685 la révocation de l'édit de Nantes ; cette mesure impolitique suscita bientôt plusieurs révoltes, notamment celle des Camisards, dans les Cévennes, de 1702 à 1704, et détermina l'émigration d'un grand nombre de calvinistes, qui allèrent porter à l'étranger leur capitaux et leur industrie : c'est le Refuge, tandis que les protestants restés en France pratiquent leur religion dans une clandestinité à haut risque : c'est la période dite de l'"Église sous la croix" [11]. Sous Louis XVI, en 1787, les calvinistes obtinrent un nouvel édit de tolérance. La Révolution de 1789 leur assura une liberté complète. Au e siècle le culte calviniste était rétribué par l'État comme le culte catholique. L'organisation des églises est fondée sur la division territoriale ; la réunion de cinq églises constitue un synode.

La République de Mulhouse adopte le calvinisme comme unique religion officielle en 1529. Le statut de république indépendante enclavée dans le Royaume de France va lui permettre d'échapper aux guerres de religion et de tisser des liens particuliers avec les autres communautés et états réformés d' Europe et du Nouveau Monde. En 1746, cette ouverture internationale et ce contexte politique favorable entraîne l'industrialisation de la ville dont la production manufacturée d'indiennes dépassera à partir du XIXe siècle celle de l'ensemble du reste de la France. En 1798, les Mulhousiens votent leur rattachement à la France, il se forme alors un patronat protestant puissant disposant désormais d'une main d'œuvre bon marché et d'un libre accès au marché français. En 1812, la filature dite « vieux-DMC » est construite. Elle est aujourd'hui le dernier vestige des filatures géantes européennes encore debout. Le patronat protestant dote la ville d'un riche patrimoine et se fait bâtir des manoirs et villas de maître sur la colline du Rebberg. En 1816, la démographie à changé et Alexandre Moll devint le premier catholique élu maire de Mulhouse. Les familles protestantes continueront toutefois à dominer la politique de la ville jusqu'à l' annexion de l'Alsace-Lorraine en 1871. Entre 1859 et 1866 eut lieu la construction du temple Saint-Étienne de Mulhouse à la place de l'ancien temple médiéval, chef-d'œuvre architectural, il est encore aujourd'hui le plus haut monument protestant de France avec sa flèche haute de 97 mètres.

En France, parmi les Églises du principal courant du protestantisme historique, on peut citer l' Église réformée de France, l' Église réformée d'Alsace et de Lorraine, les Églises réformées évangéliques indépendantes et les Églises évangéliques libres.

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