Bouquinistes de Paris

Boîtes d'un bouquiniste de Paris ouvertes reposant sur les parapets des quais parisiens (2007).
Boîtes de bouquiniste fermées (2006).

Les bouquinistes de Paris sont des libraires de livres anciens et d’occasion, présents sur une grande partie des quais de Seine ; sur la rive droite, du pont Marie au quai du Louvre ; sur la rive gauche, du quai de la Tournelle au quai Voltaire. Proposant près de 300 000 livres, ainsi qu’un grand nombre d’estampes, revues, cartes de collection, etc., plus de 200 bouquinistes gèrent près de 900 boîtes sur les quais de la Seine et ont un statut particulier. Inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2011, ils ne payent ni taxe ni loyer mais doivent respecter un règlement strict concernant leur commerce.

Historique

Gravure de Marlet d’après Auger, montrant un bouquiniste quai Voltaire (1821).
Tableau de William Parrott (1813-1869) montrant le quai Conti avant les travaux haussmannien : les boîtes, de couleur marron, étaient moins hautes, et, telles des valises, elles étaient ramenées par leurs propriétaires à leurs domiciles.

Le terme de "boucquain", sans doute dérivé du flamand "boeckijn" ou petit livre, fait son apparition en 1459 et attesté sous la forme "bouquin" vers la fin du e siècle.

La tradition des bouquinistes débute aux alentours du XVIe siècle avec des petits marchands colporteurs. Sous la pression de la corporation des libraires, un règlement de 1649 interdit les boutiques portatives et l’étalage de livres sur le pont Neuf. Le pouvoir à l'époque était assez soucieux de limiter les marchés parallèles non soumis à la censure. Les libraires ambulants sont donc, selon la période, chassés puis réintégrés sous agréments.

L'emblème traditionnel des bouquinistes est « un lézard regardant une épée », le lézard symbolisant les bouquinistes toujours à la recherche du soleil pour vendre leurs livres et l'épée représentant leur aspiration à la noble profession de libraire auxquels on accordait le privilège de porter l'épée.[réf. nécessaire]

Le terme « bouquiniste » apparaît dans le Dictionnaire de l'Académie française dans l'édition de 1762 avec la définition et la graphie suivante : « Celui qui vend ou achete de vieux Livres, des Bouquins »[1]. L'étymologie de « bouquin » (au sens de « livre peu estimé », d'occasion) n'est pas claire, mais le mot dans cette occurrence est attesté dès 1694, toujours par l'Académie, et Littré renvoie au mot flamand boeckin.

Pendant la Révolution de 1789 à 1795, malgré une forte baisse de la production éditoriale, seuls étaient imprimés les journaux et brochures révolutionnaires, les bouquinistes prospèrent et s’enrichissent des réquisitions et pillages de bibliothèques des nobles et du clergé.

Sous Napoléon Ier, les quais sont embellis et les bouquinistes se répandent du quai Voltaire au pont Saint-Michel. Ils sont alors enfin reconnus par les pouvoirs publics et ils obtiennent le même statut que les commerçants publics de la ville de Paris.

En 1859, des concessions sont mises en place par la ville de Paris et les bouquinistes peuvent s'établir à des points fixes. Chacun a alors droit à 10 mètres de parapet pour un droit annuel de tolérance de 26,35 francs et 25 francs de patente[2]. Les ouvertures se font du lever au coucher du soleil. Enfin, c'est en 1930 que les dimensions des « boîtes » sont fixées.

Installés sur plus de trois kilomètres le long de la Seine et inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1991[3], les bouquinistes parisiens exploitent environ 900 « boîtes vertes » — d'une couleur réglementée appelée « vert wagon » en référence à la signalétique du premier métropolitain et qui est aussi celui des fontaines Wallace ou des colonnes Morris — où sont exposés, selon diverses estimations, environ 300 000 livres d'occasion et un très grand nombre de revues, timbres et cartes de collection[4]. Toutefois, si la vente de livres reste la raison sociale officielle, ces boîtes ont toujours par tradition proposé d'autres articles : estampes et tableaux, bijoux et colifichets, étoffes, voire souvenirs, comme en attestent les nombreuses représentations (par exemple, le tableau d'Eugène Galien-Laloue intitulé Notre-Dame vue du quai Saint-Michel, v. 1940). Le règlement n'est d'ailleurs pas tranché sur cette question, ce qui peut donner lieu à des abus.

Les exploitants ne payent ni taxe ni loyer et ont droit à 8 mètres de parapet chacun permettant de placer jusqu'à quatre boîtes[3]. Les emplacements doivent obligatoirement être exploités au moins quatre jours par semaine, sauf intempéries[5].

En 2009, la mairie de Paris a commencé à donner des avertissements aux bouquinistes qui vendaient plus d’articles – souvenirs, bibelots, gadgets – autres que le livre et la gravure que le règlement l’y autorise, soit une boîte sur quatre[6]. Avec l'essor du tourisme dans la capitale, ce problème augmente très nettement aux abords des monuments touristiques et des zones les plus fréquentées notamment[7]. La baisse des ventes de livres d'occasion ne fait qu'amplifier ce phénomène[8] poussant même dans certaines zones – comme celle dite du « Purgatoire » près de l'Hôtel de ville de Paris – à la fermeture massive des boites[7].

En 2014, les bouquinistes lancent leur premier festival. Cinquante bouquinistes s'étaient alors réunis pour présenter leurs meilleurs choix de livres anciens et d'occasion[9].

Les bouquinistes de Paris ont inspiré d'autres capitales, comme Ottawa, Pékin ou Tokyo[4].

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