Bouches de Kotor

Bouches de Kotor
Carte des bouches de Kotor.
Carte des bouches de Kotor.
Géographie humaine
Pays côtiersDrapeau du Monténégro Monténégro
Subdivisions
territoriales
Herceg Novi, Kotor, Tivat
Géographie physique
TypeBaie
LocalisationMer Adriatique (mer Méditerranée)
Coordonnées42° 26′ 00″ nord, 18° 39′ 30″ est
Superficie87 km2
Profondeur
· Moyenne27,3 m
· Maximale60 m
Volume2 412,306 km3

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Bouches de Kotor

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Bouches de Kotor

Les bouches de Kotor ou bouches-de-Cattaro, en serbe/monténégrin Boka Kotorska, en italien Bocca di Cattaro, sont une baie de la côte occidentale du Monténégro, débouchant sur la mer Adriatique et formée de quatre golfes que surplombent de hautes montagnes.

Description

Kotor et sa baie.

La baie des bouches de Kotor est parfois considérée à tort comme le fjord européen le plus méridional. En réalité, elle n'a pas été formée par le passage des glaciers mais constitue un canyon ennoyé. Elle est composée de quatre golfes intérieurs profonds de 40 à 60 m reliés entre eux par de profondes passes et formant ensemble l’un des meilleurs ports naturels d’Europe.

Le plus important de ces golfes est le golfe de Tivat (Teodo), abritant un petit port. Sur la partie proche de la mer se trouve le golfe de Herceg Novi (Castelnuovo), qui garde l’entrée principale des bouches. Les deux autres golfes intérieurs sont ceux de Risan au nord-ouest et de Kotor au sud-est.

Vers l’intérieur, les longs murs de la ville de Kotor se trouvent prolongés vers le bastion Saint-Jean, sis à une altitude de 280 mètres au-dessus de l’eau, et sur les hauteurs de Krivošije (Krivoscie), un plateau sur le groupe de montagnes de l’Orjen, a 1 894 m la plus haute montagne de la côte adriatique, sont généralement surmontés de fortins.

Il y a divers sites historiques sur les rives des bouches de Kotor. La Sahat-Kula (« Tour de l'horloge ») est un monument de l'époque vénitienne qui se trouve au centre de la ville et sépare la place basse de la ville de la place haute. La Kanli-Kula est une forteresse ottomane qui a servi de prison, alors que la Spagnola est une fortification de la Renaissance jadis gardée par des mercenaires espagnols de Venise.

Les villages proches de Herceg Novi disposent de plages pittoresques. Le village de Baosici préserve aussi la maison où vécut l’écrivain français Pierre Loti épris d’une jeune paysanne, Pasquala Ivanovic, qu’il décrira dans l’une de ses œuvres. La « maison du Vieux-Capitaine » est un musée à Baosici où vécut le marin Miroslav Strumberger.

Perast elle-même fut indépendante un temps au XIVe siècle. De nombreuses demeures en pierre de cette époque sont conservées où les célèbres familles de marins Martinovic et Zmajevic, entre autres, ont vécu. La ville de Perast entretenait une école de navigation (la Nautica) où Pierre le Grand envoya ses boyards apprendre le métier lorsqu’il voulut créer une flotte impériale russe. Au XVIIe siècle, Perast avait le contrôle du passage le plus étroit des Bouches de Kotor, les Verige.

Le village de Lepetani tire son nom des mots italiens le putane (prostituées) car l'endroit était jadis un lupanar à marins.

Vue des Bouches de Kotor au XVIe siècle.

Le hameau proche de Risan (Risano), fut une cité illyrienne prospère, connue à l’époque hellénistique sous le nom grec de Rhizon (« racines ») cité en -229. Elle fut la capitale de la reine Teuta et donna un temps son nom aux gorges, connues alors sous le nom de Rhizonicus sinus. Rhizon devint une cité romaine en -168, en même temps qu’Ascrivium, ou Ascruvium, la moderne Kotor (Cattarus), mentionnée à l’époque comme une cité voisine. Les nappes phréatiques et les eaux souterraines de Risan sont encore mal explorées et offrent un véritable défi aux amateurs de plongée les plus habiles.

Depuis l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge à 1918, les bouches de Kotor furent séparés verticalement en deux : le rivage et les ports appartinrent successivement à l’Empire romain d'Orient jusqu’au Xe siècle, puis à la république de Venise jusqu’à la fin du e siècle, aux provinces illyriennes créées par Napoléon au début du e siècle, et à l’Empire d'Autriche devenu l’Autriche-Hongrie jusqu’en 1918 ; les hauteurs et les montagnes environnantes en revanche, furent le domaine des Sklavinies des Slaves du sud au VIIe siècle, du premier Empire bulgare au IXe siècle, des premières principautés serbes au XIe siècle, de l’Empire ottoman au XVe siècle et de la principauté du Monténégro au e siècle. Héritage de cette longue séparation, la différence de mœurs et de traditions entre les gens des bouches (les Bokelji, en majorité marins, pêcheurs, charpentiers, cordiers et voiliers…) et ceux des montagnes (les Crnogorci, en majorité bûcherons, oléiculteurs, bergers, pelletiers, tanneurs…).

Au niveau de la mer comme dans les hauteurs, on parlait dalmate, italo-vénitien et serbo-croate chtokavien. Le christianisme y était pratiqué sous trois variantes : orthodoxie grecque, catholicisme romain et catharisme bogomile. Herceg Novi possède un couvent orthodoxe de Saint Sava à proximité du monastère de Savina, parmi de luxuriants jardins. Ce monastère fut fondé au XVIe siècle, et est notamment connu pour ses travaux en fer forgé du XVIIe siècle. Des métochies orthodoxes se trouvent aussi dans les îles Saint-Georges et Notre-Dame-du-Récif. Un monastère bénédictin s’élève sur une petite île face à la ville de Perast (Perasto), à une douzaine de kilomètres à l’est d’Herceg Novi.

Les échanges entre le haut et le bas, ainsi qu’avec Raguse (Dubrovnik) qui fut l’une des cités-États dalmates les plus influentes au cours de cette période, assurèrent la prospérité de la région. Sa flotte marchande prospéra : c’est ainsi qu’elle accueillit un ancêtre de Marinko Drzic qui fuyait la peste à Dubrovnik (ce qui valut à celui-ci de perdre son titre nobiliaire à son retour dans cette ville). Après la chute de la Serbie sous le joug de l’Empire ottoman à la fin du XIVe siècle, Cattaro devint un territoire vénitien. Sans cela, jamais le Monténégro n’aurait pu s’émanciper de la tutelle turque, car c’est par Kotor que les voïniks (« guerriers ») monténégrins se procurèrent leurs armes, et c’est aussi par là qu’ils pouvaient s’échapper lorsqu’ils étaient poursuivis par les Ottomans.

Au début du XXe siècle, la région échoit au Monténégro yougoslave ; durant la seconde Guerre mondiale, elle fut occupée par l'Italie mussolinienne. Dans les années 1990, elle fait partie de la 3e Yougoslavie Serbie-et-Monténégro, dissoute en 2006.

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