Bootleg (musique)

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Un bootleg (terme anglais) est un disque qui peut contenir l'enregistrement d'un concert fait depuis le public par un spectateur ou sur la table de mixage par un sonorisateur peu regardant, et cela sans aucune autorisation. Le bootleg peut aussi contenir des « outtakes » de studio (chansons rejetées pour un album, etc.), des démos, des répétitions, et même des interviews radio. Par extension, le disque (45 tours, EP, LP, CD, etc.) est produit par des « bootleggers » et vendu dans des circuits parallèles, à partir de copies de tels enregistrements, voire vendus par l'enregistreur (aussi taper) lui-même. Un tel enregistrement est considéré comme illégal, frauduleux, dans la mesure où il n'est pas réalisé par les ayants droit (maison d'édition ou interprètes eux-mêmes). Dans la mesure où ces ayants droit n'avaient pas l'intention de publier l'enregistrement, ce bootleg peut être le seul enregistrement existant de ce qui y figure.

À l'inverse, certains bootlegs ont un tel succès au fil des années que des maisons de disques décident parfois de les commercialiser, avec nouvelle pochette, titres bonus, etc. Ce fut le cas par exemple, en 2006 avec l'album Spunk des Sex Pistols ; ce bootleg a vu le jour à la fin de l'année 1977, et a connu un grand succès à travers le temps, à tel point qu'il a été refabriqué (toujours de façon illégale) à maintes reprises, par des bootleggers différents, avec des pochettes différentes, jusqu'à devenir un disque officiel en 2006.

En matière de disques, précisons qu'un bootleg n'est ni un pirate, ni une contrefaçon. La contrefaçon est la fabrication à l'identique, sans autorisation, d'un disque du commerce (même pochette, même enregistrement). Le pirate est la copie d'un disque officiel de commerce, avec pochette différente, et parfois des titres ajoutés, venant d'autres disques officiels du même artiste.

L'un des tout premiers bootleg de rock est l'album Great White Wonder de Bob Dylan.

Un autre célèbre bootleg est l'enregistrement du concert de 1969 des Rolling Stones, Live'r Than You'll Ever Be. Cependant, il existe de nombreux enregistrements live antérieurs (d'autres groupes comme Cream, The Who, The Beatles…) qui n'ont fait surface que bien après ou dans des cercles d'initiés (traders).

Origines

Originellement, le terme bootlegger servait à désigner, durant la Prohibition des années 1920 aux États-Unis, un individu qui cachait de l'alcool dans la partie montante de sa botte (« bootleg » signifie littéralement « jambe de botte »).

Par analogie avec l'usage précédent (illustration du thème de la contrebande), on appelle « bootleg » le trafic d'enregistrements audio ou vidéo de concerts, ou des inédits « échappés » des studios d'enregistrements (parfois même avec la complicité de l'artiste). Ces enregistrements sont particulièrement recherchés par les fans et les collectionneurs. Initialement rares et cantonnés à un réseau de ventes parallèle, les « bootlegs » sont à présent plus faciles à trouver grâce au développement des techniques de copie privée et d'échange de fichiers sur Internet ( pair à pair). Ces « bootlegs » suscitent de nombreux problèmes juridiques.

Prince, The Who, Bruce Springsteen, Bob Dylan, Led Zeppelin, The Grateful Dead et les Beatles font partie des artistes les plus piratés au monde. Il faut noter, fait rare, que le groupe The Grateful Dead autorisait les enregistrements pirates de leurs concerts. De ce fait, plusieurs fans du groupe avaient organisé un impressionnant système d'échanges d'enregistrements à travers les États-Unis, en lien avec les archivistes du groupe, Dick Latvala et David Lemieux, producteurs successifs des enregistrements live officiels du groupe.

On estime que, depuis l'année 1972, la quasi-totalité des concerts de Grateful Dead furent enregistrés et diffusés par des fans. La discographie officielle du groupe étant en croissance constante (entre 4 et 8 concerts par an sont officiellement publiés), le nombre de bootlegs de Grateful Dead tend à se réduire : parmi les concerts les plus piratés, le concert donné à Veneta dans l' Oregon le 27 août 1972 ou le concert du 31 décembre 1978, ou les concerts donnés durant la tournée européenne de 1972 ont été publiés par le groupe, coupant ainsi l'herbe sous le pieds des bootleggers.

De nos jours, plusieurs sites Internet servent de plateforme d'échange des bootlegs du groupe, les bootleggers comparant la qualité des enregistrements à leur disposition.

Bob Dylan à l'inverse, outre le fait d'avoir été un des premiers artistes piratés, déteste les bootlegs.

Rejoignant la même politique que celle du Grateful Dead, les groupes américains Phish et Widespread Panic ont également accordé aux fans le droit de pouvoir enregistrer leurs concerts et de se les échanger.

De ce fait, l'échange d'enregistrements de concerts de Phish est devenu une véritable institution pour les fans américains du groupe dès la fin des années 1980.

Le site Internet Live Phish, appartenant au groupe, met à disposition des enregistrements soundboard de concerts qu'il est possible d'acheter. Le groupe anglais de Rock Progressif Marillion a initié une démarche similaire avec la possibilité de télécharger, via son site internet, des dizaines d'enregistrements publics (Live from the front row) directement captés à la console de mixage lors de ses concerts, et ce afin d'enrayer la profusion de bootlegs de qualité très inégale.

L'américain Mike Millard est réputé pour avoir été une des grandes figures de l'enregistrement pirate des années 1970 et 1980.

Surnommé « Mike The Mic » (« Mike le micro »), sa salle de prédilection était le Los Angeles Forum d' Inglewood. Il commence sa « carrière » en 1974 à l'aide d'un petit enregistreur mono basique qu'il remplace par la suite par un Nakamichi stéréo. Ses enregistrements deviennent très vite réputés pour leur qualité audio. Sa bande du concert de Led Zeppelin du 21 juin 1977 est considéré par beaucoup comme l'un des meilleurs enregistrements pirates jamais réalisé. Son enregistrement du concert des Rolling Stones du 13 juin 1975 est également très réputé.

Pour pouvoir dissimuler son matériel d'enregistrement, Mike Millard mit au point une technique ingénieuse. Il se rendait aux concerts en chaise roulante, prétendant être paraplégique. Le matériel était alors subtilement caché dans la chaise roulante et Millard pouvait entrer dans la salle sans attirer l'attention.

Millard ne fut jamais à l'origine des ventes des bootlegs et était ouvertement contre la vente illégale de ses enregistrements, comme beaucoup de tapers aujourd'hui.

On estime qu'il a enregistré pratiquement tous les concerts ayant eu lieu au Los Angeles Forum de 1974 à 1980.

Parmi les compagnies les plus actives et "célèbre" dans le milieux de la commercialisation des enregistrements illégaux figuraient Trade Mark Quality. Créée en 1969 à Los Angeles par Dub Taylor et Ken Douglas, Trade Made Quality fut responsable de la mise en circulation d'une centaine d'albums bootlegs tout au long des années 70. Perfectionnistes, Taylor et Douglas accordaient beaucoup d'importances à la pochette ainsi qu'à la qualité du vinyle sur lequel était pressés leurs albums. Ils furent les deux personnes derrière "The Great White Wonder", le premier album bootleg de Bob Dylan sortit en 1969.

Il existe toutefois une radio sur internet depuis septembre 2011 qui s'est fait une spécialité du bootleg et The Mashup Radio). Celle-ci a été montée par  Ludovic Dazin et  François Rabanel et a réussi à développer son audience sur 24 mois à plus d'un million d'auditeurs.


the bootleg boy.

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