Bobby Fischer

Wikipédia:Bons articles Vous lisez un «  bon article ».
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Fischer.
Bobby Fischer
Image illustrative de l'article Bobby Fischer
Bobby Fischer à Leipzig lors de l' olympiade de 1960.

Nom de naissance Robert James Fischer
Naissance
Chicago, Illinois, États-Unis
Décès (à 64 ans)
Reykjavik, Islande
Nationalité 1943-2004 : Drapeau : États-Unis Américaine
2005-2008 : Drapeau : Islande Islandaise
Titre Grand maître international (1958)
Oscar des échecs (1970, 1971 et 1972)
Champion du monde 1972 à 1975
Meilleur classement Elo 2785 (avril 1972)
Meilleur classement mondial 1er

Robert James Fischer, dit Bobby Fischer, né le à Chicago aux États-Unis et mort le à Reykjavik en Islande, est un joueur d' échecs américain, naturalisé islandais en 2005.

Champion des États-Unis à quatorze ans en 1957- 1958, il devient champion du monde en 1972 en remportant, sur fond de guerre froide, le «  match du siècle » [note 1] à Reykjavik face au Soviétique Boris Spassky.

Il contribua de façon décisive, par ses revendications lors des tournois, à l'amélioration de la condition de joueur d'échecs professionnel, tant du point de vue financier que de l'organisation matérielle des tournois.

Après s'être retiré de toutes les compétitions en 1972, Fischer disputa en 1992, à Sveti Stefan et à Belgrade, pendant les guerres de Yougoslavie, un match revanche contre son adversaire de 1972, Boris Spassky, en violation de l' embargo proclamé par le département d'État américain. Menacé de poursuites par son pays, il termina sa vie en exil ; d'abord en Hongrie, puis au Japon, de janvier 2000 à mars 2005, et enfin en Islande, de 2005 à 2008. Il y multiplia les déclarations antisémites et anti-américaines.

Années de formation

Famille

La mère de Bobby Fischer, Regina Wender ( 1913 - 1997), est une Américaine d'ascendance juive allemande. Née en Suisse [1], elle fut éduquée à Saint-Louis (Missouri). En 1932, à 19 ans, diplômée du college, elle partit à Berlin pour retrouver son frère qui y était stationné en tant que marin de l’ US Navy et elle fut recrutée comme secrétaire par le généticien américain Hermann Joseph Muller. En 1933 [2], elle fit la connaissance de Hans Gerhardt Leibschner qui avait changé son nom en Fischer pour avoir un nom à consonance moins juive. Gerhardt Fischer, né à Berlin en 1909 [1], était un biophysicien allemand et un assistant du professeur Muller. Le professeur encouragea Regina à poursuivre ses études et à le suivre à Léningrad où il avait un poste et à Moscou. En 1933, Regina et Gerhardt quittèrent l' Allemagne nazie et partirent à Moscou où ils se marièrent en octobre de cette année [3] (ou en 1938 [1]). Regina Fischer devint étudiante de l'Institut de médecine de Moscou de 1933 à 1938. En 1939, pour fuir l'antisémitisme qui se développait en URSS [3], Regina partit en France avec leur fille Joan née en 1938 puis elle alla aux États-Unis, mais sans son mari qui partit au Chili.

Lorsque Bobby Fischer naquit à Chicago en mars 1943 [4], Gerhardt et Regina Fischer étaient séparés depuis 1939 et Regina Fischer demanda le divorce en 1945 [4], deux ans après la naissance de leur fils, alors qu'elle habitait Moscow dans l' Idaho. Elle avait inscrit Gerhardt Fischer comme père de Robert James en dépit du fait qu'il n'avait jamais mis les pieds aux États-Unis. En 2002, une enquête menée par deux journalistes du Philadelphia Inquirer a montré que le père biologique de Fischer serait plutôt le physicien juif hongrois Paul Nemenyi  (en) qui avait émigré aux États-Unis la même année que Regina Fischer en 1939. Quand le physicien participait au projet Manhattan en tant qu'ingénieur à Washington, le FBI soupçonna Nemenyi d'être communiste et Regina d'être une espionne russe [5]. En effet, Regina avait étudié à l'Institut de médecine de Moscou [1], où elle avait passé cinq ans avant d'émigrer aux États-Unis après son mariage. Le FBI tint un dossier sur Regina. Elle avait fait la connaissance de Nemenyi au Colorado, en 1942, et, après la naissance de Bobby en mars 1943, le physicien lui envoya chaque mois une somme d'argent. Les versements continuèrent jusqu'à la mort de Nemenyi, en 1952.

Bobby ne vit jamais Gerhardt Fischer puisque ses parents étaient séparés à sa naissance selon le dossier que tenait le FBI [2]. Gerhardt ne pouvait venir aux États-Unis du fait de sa nationalité allemande [6]. Il s'installa au Chili où il se fit appeler Gerardo Fischer. Il n'envoya aucune pension pour aider sa femme et sa fille. En juillet 1958, inquiet pour son fils et sa fille qui étaient à Moscou tandis que la situation internationale était tendue, il écrivit à son ancienne femme lui demandant ce qu'elle comptait faire tandis qu'il n'avait pas de nouvelles [7]. En 1974, Gerardo, sa nouvelle femme et ses enfants furent brièvement emprisonnés en Amérique du Sud, du fait de leurs engagements politiques [8]. Libérés, ils partirent en France et Gerhardt demanda l'aide financière de son ancienne femme. Contacté, Bobby Fischer refusa alors d'aborder le sujet de son père [9]. En 1990, lorsque le champion américain revint en Europe et vécut plusieurs mois en Allemagne, son père vivait à Berlin mais Bobby Fischer ne le rencontra pas [10].

Enfance (1943 à 1949)

Pendant, et après la Seconde Guerre mondiale, Regina vivait seule avec ses enfants. Elle changea souvent de résidence pour trouver un emploi et exerça plusieurs métiers, dont celui de soudeuse dans les chantiers navals de Portland [1]. En 1948, Regina, qui avait trouvé un emploi d'institutrice, et ses deux enfants déménagèrent d'abord dans le sud de Los Angeles, puis à Phoenix [1] et à Mobile dans l'Arizona [11], une ville isolée au milieu du désert. C'est la mère de Bobby qui s'occupait de son éducation et de celle de Joan, son aînée de six ans, ainsi que de sept autres enfants venus des ranchs alentour [11]. Les Fischer s'installèrent un an plus tard à Brooklyn où Regina voulait terminer ses études de médecine à l' université de New York et obtenir un diplôme d'infirmière [12].

Débuts aux échecs (1949 à 1955)

Un jour de 1949, Joan, pour distraire son petit frère, lui acheta un Monopoly, un jacquet et un jeu d'échecs au bazar du coin [12]. Les deux enfants apprirent seuls les règles à l'aide du feuillet joint au jeu [13]. Ce n'était au début qu'un jeu comme les autres pour Bobby. Néanmoins, la lecture d'un livre contenant des parties d'échecs pendant les vacances changea la donne [13]. Regina, sa mère, a raconté que lorsqu'il lisait ce livre, il était inutile d'essayer de lui adresser la parole [13].

En novembre 1950, la mère de Bobby chercha des adversaires pour son fils [14] et Hermann Helms  (en) l'invita à affronter Max Pavey  (en) lors d'une séance de partie simultanée en janvier 1951. Bobby Fischer a raconté que sa défaite le motiva beaucoup [14]. Par la suite Regina inscrivit Bobby au Brooklyn Chess Club où il vint tous les vendredis soir, multipliant les parties. Il participa à son premier championnat du club à l'âge de dix ans. Il termina cinquième en 1953 [15] et troisième-cinquième ex æquo en 1954 [16]- 1955 [17], [18]. En mai 1955, il finit trente-deuxième [18] au championnat amateur des États-Unis, puis, en juillet, lors du championnat junior des États-Unis 1955, il se classa 11e-21e ex æquo (vingtième au départage) avec la moitié des points. Le championnat réunissait les joueurs de moins de 21 ans et Fischer était le seul participant âgé de moins de 13 ans [19]. À la différence de José Raúl Capablanca et Samuel Reshevsky, Fischer ne fut donc pas un enfant prodige. En revanche, ses progrès furent très rapides.

À l'été 1955 [16], Bobby, n'ayant plus de rivaux dignes de ce nom dans le club de Brooklyn, s'inscrivit alors au Manhattan Chess Club qui était ouvert tous les soirs de la semaine [20] (il en devint le plus jeune membre [21]). Le club était fréquenté par les meilleurs joueurs du pays et organisait le championnat des États-Unis depuis les années 1930 [22]. À la fin de 1955, le nom de Bobby Fischer apparut dans un article du New York Times relatant les résultats du tournoi du Washington Square disputé en plein air. Le titre de l'article disait : « Eastman vainqueur à Washington Square, un garçon de douze ans près des premiers ». Fischer avait terminé quinzième (le tournoi avait 66 participants) [23]. Il reçut un prix comme plus jeune joueur du tournoi [23]. En janvier 1956, il marqua 5 points sur 7 lors du championnat open du « grand New York » ((en) Greater New York Open [24]) et termina cinquième ex æquo (Fischer remporta le premier prix des joueurs de la classe B).

Other Languages
Afrikaans: Bobby Fischer
العربية: بوبي فيشر
asturianu: Bobby Fischer
azərbaycanca: Robert Fişer
تۆرکجه: بابی فیشر
беларуская (тарашкевіца)‎: Робэрт Фішэр
български: Боби Фишер
বাংলা: ববি ফিশার
brezhoneg: Bobby Fischer
bosanski: Bobby Fischer
català: Bobby Fischer
čeština: Bobby Fischer
Cymraeg: Bobby Fischer
Deutsch: Bobby Fischer
dolnoserbski: Bobby Fischer
Ελληνικά: Μπόμπι Φίσερ
English: Bobby Fischer
Esperanto: Bobby Fischer
español: Bobby Fischer
euskara: Bobby Fischer
فارسی: بابی فیشر
Gaeilge: Bobby Fischer
עברית: בובי פישר
hrvatski: Robert Fischer
hornjoserbsce: Bobby Fischer
Հայերեն: Ռոբերտ Ֆիշեր
Bahasa Indonesia: Bobby Fischer
íslenska: Bobby Fischer
italiano: Bobby Fischer
Basa Jawa: Bobby Fischer
ქართული: ბობი ფიშერი
한국어: 보비 피셔
Lëtzebuergesch: Bobby Fischer
latviešu: Bobijs Fišers
Malagasy: Bobby Fischer
македонски: Роберт Фишер
മലയാളം: ബോബി ഫിഷർ
मराठी: बॉबी फिशर
Plattdüütsch: Robert James Fischer
Nederlands: Bobby Fischer
norsk nynorsk: Bobby Fischer
occitan: Bobby Fischer
português: Bobby Fischer
Runa Simi: Bobby Fischer
română: Bobby Fischer
srpskohrvatski / српскохрватски: Bobby Fischer
Simple English: Bobby Fischer
slovenčina: Robert Fischer
slovenščina: Bobby Fischer
српски / srpski: Боби Фишер
svenska: Bobby Fischer
తెలుగు: బాబీ ఫిషర్
Türkmençe: Bobi Fişer
Türkçe: Bobby Fischer
татарча/tatarça: Роберт Фишер
українська: Боббі Фішер
اردو: بوبی فشر
Tiếng Việt: Bobby Fischer