Blutch

Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'auteur de bandes dessinées français. Pour le personnage de la série de bandes dessinées Les Tuniques bleues, voir Caporal Blutch.
Blutch
Blutch.jpg

Blutch (portrait de David Rault).

Naissance
Nom de naissance
Christian HinckerVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
auteur de bandes dessinées
Formation
Distinction
signature de Blutch

signature

Blutch, de son vrai nom Christian Hincker, né à Strasbourg le , est un auteur français de bandes dessinées. Il est considéré comme l'un des principaux auteurs de la bande dessinée française depuis le début des années 1990[1].

Biographie

Après des études aux Arts décoratifs de Strasbourg, Blutch est découvert par le biais d'un concours organisé par le mensuel Fluide glacial. Il a hérité son surnom d'un camarade de classe pour sa ressemblance physique avec l'un des deux héros des Tuniques bleues[2]. Ses premières séries, publiées dans Fluide Glacial entre 1988 et 1993 (Pecos Jim, Waldo's Bar, Mademoiselle Sunnymoon) sont marquées par un humour onirique, mélange inattendu peut-être des univers de Jean-Claude Forest - pour la poésie - de Daniel Goossens pour le reste, le tout servi par un dessin qui doit autant à Morris[travail inédit ?], tant il semble monté sur ressorts qu'à Will Eisner[travail inédit ?], pour le sens de la mise en scène. En peu de temps Blutch est considéré comme un auteur phare dont l'influence est avérée[[réf. souhaitée].

L'impression sera confirmée par l'étonnante série de comics Mitchum, fourre-tout graphique de l'artiste, chez Cornélius, puis par Peplum, adaptation du Satyricon de Pétrone. Vers la fin des années 1990, Blutch sort Le Petit Christian, qui raconte l'enfance de l'auteur avec une certaine lucidité (cependant, malgré l'homonymie, il nie le fait que ces histoires sont autobiographiques). Puis ce sera Rancho Bravo avec Jean-Louis Capron et Blotch (deux tomes), un autoportrait au vitriol dans lequel Fluide Glacial et ses auteurs deviennent de pédants dessinateurs de l'entre-deux-guerres, à l'humour ringard, raciste, misogyne et, surtout, pas drôle. Blotch pointe tous les dangers qui guettent l'artiste : le ratage, la suffisance, la sclérose créative.

En 2002, il gagne le prix international de la ville de Genève pour Vitesse Moderne.

En septembre 2005, il sort un recueil de dessins sur la famille et le couple, C'était le bonheur aux éditions Futuropolis, où il renouvelle son style graphique. Le trait est fin, comme griffonné sur un coin de nappe, sans pourtant perdre de son expressivité. Certains dessins sont signés Blutch Hincker, soit la réunion inédite de son pseudo et de son nom comme une preuve supplémentaire d'un changement de style. En janvier 2007, à l'occasion du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême, il se produit sur scène aux côtés de Brigitte Fontaine, illustrant ses chansons en direct et sur grand écran.

Il a également conçu le scénario et le dessin d'un court-métrage d'animation figurant dans le film Peur(s) du noir sorti en salles le 13 février 2008. Un marquis en dentelles hideux y promène une meute de chiens enragés et affamés. Film sans paroles, on n'y entend que des grognements interprétés par le dessinateur lui-même, crédité dans le générique de fin sous son vrai nom, Christian Hincker. Le deuxième album des aventures du Petit Christian est prépublié tout l'été 2008 dans Charlie Hebdo.

En 2009, il déclare avoir grandi avec L'Œil électrique, un magazine avec lequel il a travaillé pendant environ dix ans[3].

En 2009, il reçoit le grand prix de la ville d'Angoulême[4]. Il fut donc le président de l'édition 2010 du Festival d'Angoulême.

En 2014 il publie Lune l'envers. Pour le journal Télérama, « l’auteur interroge ainsi le rapport à l’art, à l’époque, à la technologie, à l’autre... Il signe une aventure trépidante, mouvante, troublante, et amusante[5]. ». Fin décembre 2014, toujours pour Télérama, l'album fait partie des « 10 meilleures BD de l’année 2014[6]. ».

En mai 2018 paraît le premier chapitre de l'aventure de Tif et Tondu, Mais où est Kiki ?, qu'il dessine sur un scénario de son frère Robber. Publié en noir et blanc par Dupuis, ce cahier est limité à 2600 exemplaires.

Commentaire

« Il ne fait aucun doute que Blutch est l'un des auteurs les plus doués de sa génération, l'un de ceux qui n'a cessé de nous impressionner, ces dix dernières années, par sa virtuosité graphique, l'étendue de son registre, l'oscillation constante de son inspiration entre humour et poésie[1]. »

— Thierry Groensteen en 2002

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