Blackhawks de Chicago

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Blackhawks de Chicago
Logo des Blackhawks représentant une tête d'indien.
Fondation1926
SiègeChicago (Illinois, États-Unis)
Patinoire (aréna)United Center
(19 717 places)
CouleursRouge, noir, blanc
                 
LigueLigue nationale de hockey
AssociationAssociation de l'Ouest
DivisionDivision Centrale
CapitaineJonathan Toews
Capitaines adjointsDuncan Keith
Brent Seabrook
Entraîneur-chefJoel Quenneville
Directeur généralStan Bowman
PropriétaireRocky Wirtz
Équipe(s) affiliée(s)IceHogs de Rockford (LAH)
Fuel d'Indy (ECHL)
Site webblackhawks.nhl.com

Les Blackhawks de Chicago (en anglais, Chicago Blackhawks) sont une franchise professionnelle de hockey sur glace basée à Chicago, aux États-Unis, qui évolue dans la Ligue nationale de hockey (LNH). Ils font partie de l'association de l'Ouest et de la division Centrale. Fondés en 1926 à Chicago, les Blackhawks sont une des « six équipes originales » en compagnie des équipes des Bruins de Boston, des Canadiens de Montréal, des Maple Leafs de Toronto, des Rangers de New York et des Red Wings de Détroit. Écrit « Black Hawks » en deux mots séparés depuis les débuts de la franchise, le nom est officiellement modifié en « Blackhawks » lors de l'été 1986.

Plus de huit cents joueurs ont porté l'uniforme de la franchise, dont une quarantaine fait partie du Temple de la renommée du hockey. Parmi tous ces joueurs, Stan Mikita joue au club entre les saisons 1958-1959 et 1979-1980. Il est ainsi le meilleur pointeur et passeur de l'histoire de la franchise ainsi que le joueur le plus utilisé, ceci que ce soit en saison régulière ou lors des séries éliminatoires. Il est devancé par Bobby Hull au nombre de buts en séries et en saison régulière, les deux joueurs ayant fait la quasi-totalité de leur carrière ensemble. L'équipe est entraînée par Joel Quenneville, le quarante-troisième entraîneur de l'équipe depuis ses débuts. Rocky Wirtz, propriétaire de l'équipe, possède également la salle où les Blackhawks évoluent depuis 1994, le United Center.

L'équipe remporte sa première Coupe Stanley – un des trophées les plus importants du monde du hockey – au cours de sa huitième saison, la saison 1933-1934. Au total, elle joue quatorze finales de la Coupe Stanley et en remporte six : en 1934, 1938, 1961, 2010, 2013 et en 2015.

Histoire de la franchise

La naissance

Dessin représentant le chef Black Hawk
Le chef amérindien Black Hawk.

En 1926, la Western hockey league (également connue sous le sigle WHL)[Note 1], propriété des frères Frank et Lester Patrick est en proie à des difficultés financières en raison de la montée en puissance de la Ligue nationale de hockey sur le sol américain. Contraints de vendre les franchises de leur ligue, les frères Patrick téléphonent au major Frederic McLaughlin pour savoir s'il serait intéressé par l'achat d'une des équipes de la WHL. McLaughlin met alors sur pied un groupe d'investissement en compagnie d'amis fortunés et rachète les Rosebuds de Portland pour 200 000 dollars américains[1].

Natif de Chicago, il déménage la franchise dans la « ville des vents »[Note 2] et renomme l'équipe Black Hawks dont il devient le premier président. Ce nom est donné par Laughlin en souvenir de la Première Guerre mondiale où il sert dans la 85e division d'infanterie du 333rd Machine Gun Battalion de la United States Army ; les membres de cette unité sont surnommés Black Hawks en référence au chef amérindien Black Hawk qui a combattu lors de la Guerre anglo-américaine de 1812[2]. L'entraîneur des Rosebuds, Pete Muldoon, est invité à rejoindre la franchise à Chicago. Il accepte et choisit d'emmener avec lui huit des dix joueurs de Portland[3] qui le suivent bien qu'ils ne soient pas contractuellement liés à la nouvelle équipe et puissent devenir agents libres[4]. La franchise s'installe dans le Coliseum qui peut accueillir 6 000 spectateurs assis lors des matchs de hockey sur glace. Les Black Hawks ne sont pas les seuls à jouir du Coliseum ; McLaughlin signe en effet un accord avec Eddie Livingstone, propriétaire des Cardinals dans l'Association américaine de hockey[5] pour en partager l'usage.

Photo noir et blanc de la foule à une entrée du coliseum un jour pluvieux
Le Chicago Coliseum lors de la convention républicaine en 1916.

L'équipe est officiellement approuvée par la Ligue nationale de hockey le [6]. En compagnie des Cougars de Détroit, successeurs des Cougars de Victoria, eux aussi anciens membres de la WHL, et des Rangers de New York, les Black Hawks deviennent une des trois nouvelles franchises de la LNH qui voit son nombre d'équipes passer à dix pour la saison 1926-1927 et sont une des cinq franchises de la division américaine qui est nouvellement créée. Le premier chandail des Black Hawks est dessiné par la femme de McLaughlin, Irene Castle[7] ; il est alors blanc à rayures noires ou noir à rayures blanches, les rayures se situant au niveau des épaules, des coudes et de la taille.

L'équipe entraînée par Muldoon est composée alors des défenseurs Duke Dukowski, Art Townsend, Bobby Trapp et Percy Traub ; des ailiers Ken Doraty et George Hay ; des deux centres Dick Irvin et Charles McVeigh tous anciens joueurs des Rosebuds et de Art Duncan, défenseur des Maroons de Vancouver acquis en mai[8]. Pour compléter et renforcer l'équipe, McLaughlin achète le 4 octobre le centre Mickey MacKay aux Maroons de Vancouver[9]. Le 9 octobre, il achète un nouveau joueur des Maroons, le gardien de but Hughie Lehman[10]. Le 18 octobre, sur les conseils de Tex Rickard, il débourse 15 000 dollars pour acquérir Cecil Dye[5], ailier droit des Saint-Patricks de Toronto[11]. Ce même jour, il échange les droits sur Art Duncan aux Cougars de Détroit contre le défenseur Gord Fraser[12] et Art Gagné qui est revendu aussitôt aux Canadiens de Montréal[13]. Enfin, il achète deux défenseurs aux Tigers de Calgary : le 25 octobre, il fait venir tout d'abord venir Cully Wilson[14] puis le 16 novembre, c'est Gord McFarlane qui rejoint les Black Hawks[15].

Dick Irvin est nommé capitaine de la nouvelle équipe qui joue ses premiers matchs contre des équipes de l'Association américaine de hockey. Le , les Black Hawks font tout d'abord match nul 5-5 avec les Millers de Minneapolis après avoir remonté un déficit de 5 buts dans la troisième période du match. Ils perdent leur match suivant contre les Maroons de Winnipeg puis remportent leur troisième rencontre 3-2 contre les Hornets de Duluth[16]. La franchise dispute son premier match officiel dans la LNH le contre les Saint-Patricks de Toronto, match qu'elle remporte sur le score de 4-1 dans un Coliseum rempli[1].

Les premières années

Portrait noir et blanc de Muldoon
Pete Muldoon, premier entraîneur des Black Hawks.

Bien que la première saison des Black Hawks débute par une victoire, elle se conclut avec un bilan mitigé de dix-neuf victoires pour vingt-deux défaites, trois matchs nuls et une troisième place dans la division américaine derrière les Rangers et les Bruins de Boston. Pourtant, avec 115 buts marqués, l'équipe termine avec la meilleure attaque[17], Cecil Dye est le meilleur buteur de l'équipe et le deuxième de la ligue, Dick Irvin se classe quant à lui meilleur passeur et pointeur de l'équipe et également à la première place des passeurs et au deuxième rang des pointeurs de la ligue[18]. Mais la défense n'est pas au niveau de l'attaque et finit au dernier rang avec 116 buts encaissés[17],[19]. Pour les premières séries éliminatoires de l'histoire de la franchise, les Black Hawks rencontrent les Bruins qui les battent 6-1 lors du premier match à Chicago. Les deux équipes font ensuite match nul 4-4 deux jours plus tard ce qui met un terme à la saison des Black Hawks, les Bruins se qualifiant au nombre de buts marqués[20].

McLaughlin décide alors de se séparer de l'entraîneur Pete Muldoon. L'éviction de Muldoon fait naître seize ans plus tard l'histoire d'une des plus anciennes superstitions du sport nord-américain, nommée en anglais « The Curse of Muldoon » — soit en français « La malédiction de Muldoon ». En 1943, dans le Toronto Globe & Mail, l'éditorialiste Jim Coleman relate l'histoire, inscrivant dans son article que Muldoon déclare alors furieux : « Fire me, Major, and you'll never finish first! I'll put a curse on this team that will hoodoo it until the end of time »« Renvoyez-moi, Major, et vous ne finirez jamais premier! Je vais jeter une malédiction sur cette équipe qui la suivra jusqu'à la fin des temps »[19]. Plusieurs années après, Coleman avoue qu'il a inventé l'histoire, pressé par le temps pour écrire un article[21]. Le renvoi de Muldoon marque pour la franchise le début d'une succession d'entraîneurs nommés et renvoyés par McLaughlin, quatorze au total en treize ans[6].

Les deux saisons suivantes sont peu enviable pour les Black Hawks qui ne remportent à chaque fois que sept matchs et terminent au dernier rang de la ligue. Ils ne marquent d'ailleurs que 33 buts en 44 matchs lors de la saison 1928-1929. La fin de cette saison marque une page de l'histoire de la franchise avec une nouvelle enceinte sportive en cours de construction : le Chicago Stadium. McLaughlin laisse alors expirer le bail qui le lie au Coliseum jusqu'en janvier[22]. Cependant, la construction du Stadium n'étant pas terminée, les Black Hawks sont contraints de trouver un lieu pour jouer les dix derniers matchs « à domicile » de leur saison. Ils jouent finalement cinq matchs à Fort Érié, quatre à Détroit et un à Windsor en Ontario au Canada[23]. Le , la construction du Stadium est achevée et il devient la plus grande enceinte sportive intérieur au monde[24]. Les Black Hawks y jouent leur premier match le 15 décembre devant une foule record de 14 212 spectateurs qui voient l'équipe locale battre les Pirates de Pittsburgh 3 buts à 1. Cette nouvelle saison est la première de la franchise avec un bilan positif (nombre de victoires supérieur au nombre de défaites)[25].

Les années 1930

Photographie de Howie Morenz dans la tenue des Black Hawks de Chicago.
Howie Morenz joue une saison et demie avec les Black Hawks en 1934-1935.

La saison 1930-1931 marque une nouvelle étape dans l'histoire de la franchise. En effet, les Black Hawks terminent deuxièmes de leur division, comme la saison précédente mais, pour la première fois de leur histoire, ils se qualifient à l'issue du premier tour des séries éliminatoires en battant les Maple Leafs de Toronto pendant la prolongation du deuxième match. Ils remportent ensuite leur deuxième série en battant à deux reprises les Rangers de New York et accèdent à la première finale de la Coupe Stanley de l'histoire de la franchise. Ils sont opposés en finale aux Canadiens de Montréal, champions en titre. Après avoir perdu le premier match à Montréal, les Black Hawks remporte le deuxième match pendant la prolongation devant 18 000 spectateurs dans le Coliseum, un nouveau record pour la Ligue nationale de hockey[26],[27]. Le troisième match est lui aussi remporté par Chicago lors de la prolongation mais ils perdent les deux derniers matchs et voient les Canadiens gagner leur deuxième coupe consécutive[28].

En 1932, les Black Hawks, à nouveau deuxièmes de leur division, sont éliminés encore une fois dès le premier tour des séries. Charlie Gardiner gagne la première récompense de l'histoire des Black Hawks en remportant le trophée Vézina remis au meilleur gardien de la saison. L'année suivante, le premier entraîneur de la saison, Emil Iverson, ne résiste pas à un début de championnat mitigé[29] et, après 21 matchs, il est renvoyé par McLaughlin. Il est remplacé temporairement par Godfrey Matheson qui perd ses deux seuls matchs à la tête de l'équipe avant de céder sa place à Tommy Gorman, ancien entraîneur des Americans de New York quelques années auparavant, qui devient le troisième entraîneur d'une saison décevante où Chicago rate les séries en terminant dernière de sa division. Cette saison marque la seule défaite par forfait de l'équipe. En effet, le , alors que Chicago perd 2-3 contre Boston, l'arbitre exclut Gorman. En réaction à cette exclusion, les joueurs refusent de retourner sur la glace et l'arbitre déclare les Bruins vainqueurs par forfait sur le score de 1-0[30]. Cinq jours plus tard, Chicago est le lieu du premier match de la LNH disputé un après-midi, match perdu 3-4 contre les Red Wings de Détroit[31].

1934, la première coupe Stanley

Charlie Gardiner dans un maillot portant l'inscription NHL devant un but de hockey
Charlie Gardiner lors du match pour Ace Bailey en 1934.

Gorman reste cependant entraîneur de l'équipe et prend le rôle de directeur général pour la saison 1933-1934[32]. Gardiner est nommé capitaine de l'équipe qui voit sa défense se renforcer avec l'arrivée de Lionel Conacher en provenance des Maroons de Montréal. Après les huit premiers matchs, les Black Hawks ne comptent que deux défaites et sont en tête de leur division[33] grâce, en partie, à trois blanchissages de Gardiner[Note 3]. À la fin de l'année 1933, ils sont toujours premiers et Gardiner compte déjà cinq blanchissages à son actif. Le mois de janvier est moins bon, les Black Hawks ne remportent qu'une seule de leurs huit premières rencontres et ils perdent la tête pour se retrouver en troisième place, à égalité de points cependant avec les deux premiers[34]. Ils se reprennent ensuite en ne perdant qu'un seul de leurs neuf matchs suivants, mais les Red Wings de Détroit n'en perdent aucun et gardent la tête de la division. La fin de saison est moins bonne pour Chicago qui perd sept matchs sur neuf avant de terminer par deux victoires qui assurent la seconde place de la division[35]. Comme la saison précédente, les Black Hawks finissent avec seulement 88 buts marqués, la moins bonne attaque de la LNH ; la différence avec la saison précédente est la défense qui se classe au premier rang de la ligue avec seulement 83 buts encaissés et dix blanchissages enregistrés par Gardiner.

À titre individuel, Gardiner remporte son deuxième trophée Vézina et Conacher, dont l'influence sur l'équipe a été grande, termine à la deuxième place des votes pour l'attribution du trophée Hart remporté par Aurèle Joliat[36].

En séries, les Black Hawks retrouvent les Canadiens de Montréal, pour une revanche de la finale perdue trois ans plus tôt. Chicago remporte le premier match à Montréal sur le score de 3 buts à 2. Cependant, lors du deuxième match, les Canadiens mènent 1-0 après 60 minutes de match. Les deux clubs étant à égalité au nombre de victoires et de buts marqués, une prolongation doit être jouée et ce sont les Black Hawks qui marquent après 11 minutes de jeu par l'intermédiaire de Harold « Mush » March et se qualifient pour le deuxième tour. Ils sont alors confrontés à l'autre équipe de Montréal, les Maroons, ancienne équipe de Conacher. La victoire est plus aisée puisque les Black Hawks remportent les deux matchs 3-0 puis 3-2.

Les Black Hawks accèdent à la deuxième finale de leur histoire. Ils retrouvent les Red Wings de Détroit qui ont remporté leur division lors de la saison régulière. Les deux équipes se sont rencontrées six fois au cours de la saison et les Red Wings l'ont emporté à quatre reprises contre un match nul et une seule victoire pour les Black Hawks. Le premier match joué à Détroit est serré et Chicago l'emporte 2-1 en deuxième période de prolongation. Les Black Hawks remportent facilement le deuxième match 4-1 mais les Red Wings se vengent lors de la troisième rencontre en gagnant 5-2. Le quatrième match, joué devant 16 500 spectateurs[37], est à nouveau serré et les gardiens repoussent tous les tirs adverses durant les soixante minutes réglementaires. Des prolongations doivent alors être jouées ; le score reste encore vierge après la première période et après un peu plus de dix minutes de jeu lors de la deuxième, Ebbie Goodfellow écope d'une punition qui oblige l'équipe de Détroit à jouer en infériorité numérique[37]. Sur une passe de Doc Romnes, March, encore lui, marque alors le but qui donne la victoire[38] et la première coupe Stanley aux Black Hawks[39]. La victoire est cependant gâchée deux mois plus tard lorsque Gardiner meurt d'une hémorragie intra-cérébrale le .

1938, la deuxième coupe Stanley

Bien qu'ayant mené la franchise à la victoire, Gorman est remplacé la saison suivante par Clem Loughlin. Il passe trois saisons avec les Black Hawks qui perdent lors des deux premières au premier tour des séries. La saison suivante, en 1936-1937, McLaughlin qui est un patriote convaincu, fait le pari d'une équipe composée uniquement de joueurs américains[40]. Le pari est perdu : ils terminent derniers de leur division et ne se qualifient pas pour les séries. Pour la saison 1937-1938, McLaughlin remplace Loughlin par Bill Stewart, l'arbitre qui expulsa Gorman en 1933 et provoqua le forfait des Black Hawks. Outre l'entraîneur, la moitié de l'équipe est renouvelée[41],[42]. Cette saison commence pourtant à peine mieux que la précédente ; après huit matchs, Chicago compte huit points, tout comme en 1936, mais a remporté deux matchs et se situe à la troisième place de la division[43] au lieu d'un seul match remporté et de la dernière place[44]. La division est alors dominée par les Bruins de Boston et, au fil de la saison, il apparaît deux luttes : une pour la tête de la division entre les Rangers et les Bruins, l'autre entre les Black Hawks et les Red Wings. Le , après une victoire sur les Canadiens de Montréal, Chicago possède une avance de six points sur Détroit pour la dernière place en séries[45]. Alors qu'il reste trois matchs à jouer pour les Black Hawks et quatre pour les Red Wings, le match suivant entre les deux équipes peut s'avérer décisif pour l'accession aux séries. Détroit bat Chicago 5-1 et garde une possibilité de participer à la phase finale. Les Black Hawks perdent également les deux matchs suivants, mais, grâce à deux défaites lors des trois derniers matchs des Red Wings, ils se qualifient pour les séries malgré un bilan négatif de 14 victoires contre 25 défaites et 9 matchs nuls.

Au premier tour, ils rencontrent les Canadiens de Montréal. Le premier match, disputé à Montréal, est perdu 4-6. Lors du deuxième match, le gardien de Chicago, Mike Karakas, enregistre un blanchissage, son deuxième après celui réussi en saison régulière contre les Maroons de Montréal, et les Black Hawks remportent le match 4-0. La série se jouant au meilleur des trois rencontres, le troisième match est décisif. Après les trois périodes réglementaires, les deux équipes sont à égalité 2-2 ; Paul Thompson marque après 11 minutes 38 secondes de jeu en prolongation et qualifie les Black Hawks pour le tour suivant où ils doivent affronter les Americans de New York. Comme contre les Canadiens, ils jouent et perdent le premier match 1-3 chez leurs adversaires. Karakas tient bon lors du deuxième, aucun but n'est marqué et une nouvelle prolongation est nécessaire. Les Americans sont des habitués des prolongations dans ces séries ; ils ont en effet battu les Rangers de New York précédemment au cours d'une double prolongation le 22 mars puis d'une quadruple prolongation cinq jours plus tard[46],[47]. Cette fois-ci, ils enregistrent une défaite ; c'est Cully Dahlstrom qui soulage Chicago en marquant le but vainqueur après 13 minutes dans la deuxième prolongation et évite l'élimination de son équipe. Le troisième match, à nouveau décisif, est serré lui aussi mais ce sont les Black Hawks qui le remportent 3-2 et se qualifient pour une troisième finale en sept ans.

À la fin du dernier match contre les Americans, Karakas se casse le gros orteil. Les Black Hawks se retrouvent sans gardien pour le premier match de la finale contre les Maple Leafs de Toronto[Note 4]. Ils engagent au pied levé Alfie Moore, joueur des Hornets de Pittsburgh dans l'International American hockey league. Moore ne concède qu'un but et Chicago remporte le match 3-1. À l'issue du match, Frank Calder, alors président de la ligue, déclare Moore inéligible pour le match suivant. Les Black Hawks se tournent vers Paul Goodman, gardien des Skyhawks de Wichita dans l'Association américaine de hockey[48]. Celui-ci ne fait pas aussi bien que Moore et Toronto remporte le match 5-1. Karakas, équipé d'une protection en acier pour son orteil[49], est de retour pour le troisième match qui se déroule à Chicago ; les Black Hawks le remportent 2-1 puis gagnent à nouveau deux jours plus tard, 4-1 cette fois-ci, et remportent ainsi leur deuxième coupe Stanley en quatre ans. Huit joueurs américains font partie de cette équipe ce qui constitue un record pour une équipe vainqueur de la coupe Stanley ; ce record tient jusqu'en 1995 et la victoire des Devils du New Jersey[48] qui comptent dans leurs rangs 12 joueurs américains[50]. Le pari de McLaughlin est finalement à moitié gagné. Les Black Hawks deviennent également la première équipe à remporter la coupe après une saison avec plus de défaites que de victoires.

La fin de l'ère McLaughlin

Après la victoire, les Black Hawks terminent derniers de la ligue qui ne compte plus que sept équipes en 1939. L'année suivante, ils perdent en quart de finale de la coupe Stanley ; ils se distinguent cependant en devenant la première équipe de l'histoire de la LNH à emprunter un vol charter pour se rendre sur le lieu du match où ils affronter les Maple Leafs de Toronto le [51]. En 1941, ils terminent cinquièmes de la ligue et perdent en demi-finale contre les Red Wings. Cette saison, le gardien Sam LoPresti enregistre un record pour un match de la LNH avec 83 arrêts sur 86 tirs[51] lors d'une défaite contre les Bruins de Boston, futurs vainqueurs de la coupe Stanley. Douze jours plus tard, le 16 mars, l'entraîneur Paul Thompson remplace son gardien par un attaquant lors de l'ultime match de la saison régulière ; c'est la première fois que cette tactique est employée dans la LNH[51]. L'équipe, qualifiée pour les séries, perd en demi-finale. La fin de la saison 1941-1942 où l'équipe est éliminée en quart de finale par les Bruins marque également un nouveau tournant pour la franchise : McLaughlin cède sa place de président des Black Hawks ; c'est alors Bill Tobin, entraîneur de l'équipe au début des années 1930, qui prend sa succession à leur tête.

Les six équipes originales

Article détaillé : Six équipes originales de la LNH.

La franchise est une des six dernières équipes qui commencent la saison 1942-1943. Cette période marque, pour la LNH, le début d'une période de stabilisation du nombre d'équipes qui dure jusqu'en 1967 ; les Canadiens de Montréal, les Maple Leafs de Toronto, les Bruins de Boston, les Red Wings de Détroit, les Rangers de New York et les Black Hawks qui composent alors la ligue sont depuis connues sous le nom de « six équipes originales ».

Les années 1940 et 1950

Chicago ne retrouve la finale qu'en 1944 mais l'équipe est battue par les Canadiens de Montréal. Entre 1945 et 1958, les Black Hawks ne participent que deux fois aux séries éliminatoires mais l'équipe est à chaque fois éliminée lors du premier tour. Ces années voient tout de même l'émergence de futurs talents de l'équipe, en particulier, la Pony Line constituée de Bill Mosienko et des frères Max et Doug Bentley[52]. De plus, différents joueurs de l'équipe remportent trois années de suite le trophée Lady Byng en tant que joueur considéré comme ayant le meilleur esprit sportif. C'est ainsi le cas de Max Bentley en 1943, Clint Smith en 1944 et enfin Mosienko en 1945[53]. Smith qui ne reçoit que 24 minutes de pénalité dont aucune n'est majeure au cours de sa carrière, n'est pénalisé que de 4 minutes en 1943-44[54]. Mosienko, pour sa part, connaît sa deuxième saison sans une seule minute de pénalité en 1944-45[55].

En 1945-1946, Chicago finit à la troisième place du classement général, son meilleur classement depuis près de 10 ans et Max Bentley termine à la première place des pointeurs avec un total de 61 points. Meilleure attaque de la saison avec un total de 200 buts inscrits[56], les Black Hawks placent cette année-là cinq joueurs de leur effectif dans le classement des dix meilleurs pointeurs : Max Bentley, Smith, Mosienko, Alex Kaleta et Pete Horeck[57]. Néanmoins l'équipe tombe dès le premier tour en perdant en quatre matchs secs contre les Canadiens de Montréal, la meilleure équipe de la saison régulière au total de point. Max Bentley devient malgré tout le premier joueur de l'histoire de la franchise[58] à recevoir le trophée Hart en tant que Most Valuable Player[Note 5] de la LNH[59].

Les trois joueurs de la Pony Line terminent en 1946-1947 dans les dix meilleurs pointeurs de la saison. La première place est occupée par Max Bentley avec 72 points, la sixième par son frère et ses 55 points et seulement 1 point de moins pour le dernier joueur du trio, neuvième pointeur à égalité[60]. Malgré ses pointeurs, Chicago ne parvient pas à accrocher une place en série et termine même à la dernière place de la ligue[61]. La saison suivante, Roy Conacher, frère cadet des joueurs de légende Charlie et Lionel, fait ses débuts avec les Black Hawks en provenance des Red Wings[62] alors que Max Bentley rejoint la même année les Maple Leafs. Conacher accroche pour sa première saison avec Chicago la dixième place des pointeurs puis il obtient la première place dès sa deuxième saison avec les Black Hawks, talonné deux points derrière par l'autre frère Bentley[63]. Conacher devient le second joueur de Chicago à recevoir le trophée Hart mais malgré ces bons résultats offensifs et individuels, le collectif et le poste de gardien de but sont un problème : l'équipe finit pire défense de la ligue avec 211 buts encaissés en 60 rencontres soit plus de 3,50 buts par match[64].

Les saisons suivantes sont encore plus moroses, l'équipe terminant trois années de suite à la dernière place de la LNH avec 244, 280 et 241 buts encaissés lors des différentes saisons. En 1951-1952, seul un coup d'éclat de Bill Mosienko, seul rescapé de la Pony Line, met un peu de piment dans la vie de Chicago. Le , Mosienko et Gus Bodnar entrent dans l'histoire de la LNH lors d'un match contre les Rangers. En effet, en seulement 21 secondes, Mosienko inscrit ses 29e, 30e et 31e but pour le tour du chapeau le plus rapide de l'histoire de la ligue[51]. Les trois buts viennent sur trois passes décisives de Bodnar alors que les Black Hawks sont menés 6-2 par leurs adversaires du soir. Lorne Anderson, leur gardien de but, est en fait le gardien numéro 3 de l'équipe derrière Charlie Rayner et Emile Francis mais Anderson profite de la blessure de Rayner et du fait que les Rangers sont déjà éliminés de la course aux séries pour être titulaire pour les trois derniers matchs. Il laisse passer quatre buts lors du premier match et sept lors du second. Son match contre Chicago est son troisième match en tant que titulaire. Chicago inscrit deux buts de plus par l'intermédiaire de Sid Finney pour finalement remporter la rencontre 7-6[65]. Anderson joue alors ce soir-là son dernier match dans la LNH[66].

Depuis le décès de McLaughlin en 1944, l'équipe de Chicago appartient à un groupe d'investisseurs dirigés par Bill Tobin, qui n'est rien d'autre qu'une marionnette aux mains du propriétaire des Red Wings : James Norris. Ce dernier est également le propriétaire de la patinoire des Black Hawks et ce depuis 1936. Ainsi, pendant huit ans et jusqu'en 1952, année de la mort de Norris, la majeure partie des échanges entre Détroit et Chicago tournent quasi exclusivement à l'avantage de l'équipe de Norris. Il décède des suites d'une crise cardiaque et une nouvelle direction est mise en place à la tête de la franchise de Chicago. Son fils, James D. Norris et Arthur Wirtz, actionnaire minoritaire des Red Wings, prennent la direction de la franchise. Le bilan des années Norris s'avère extrêmement négatif pour les Black Hawks : en huit ans, de 1944, année de leur dernière finale, à 1952, ils ne disputent que deux fois les séries et terminent à cinq reprises à la dernière place de la ligue. Les deux premières années de la succession voient Chicago perdre en demi-finale en 1953 avant de retomber à la dernière place la saison suivante, saison cependant ensoleillée par le trophée Hart remporté par son gardien Al Rollins.

Une des premières actions d'envergure de la nouvelle direction des Black Hawks est d'engager Tommy Ivan, entraîneur et directeur général de Détroit comme nouveau directeur de la franchise[58] en juillet 1954. Au fur et à mesure des saisons qui suivent, Ivan reconstruit son équipe et il signe des contrats professionnels avec Bobby Hull, Stan Mikita ou encore Pierre Pilote. Il prend lui-même le poste d'entraîneur en saison 1957-1958 mais après une saison et demie et des résultats encore décevants, il cède sa place sur le banc à Rudy Pilous pour la fin de la saison 1958-1959.

L'arrivée de Pilous marque le retour des Black Hawks dans les séries éliminatoires dès 1959. Ils terminent à la troisième place de la ligue mais se font éliminer en demi-finale 4-2 par les Canadiens de Montréal. En 1960, ils sont à nouveau troisièmes mais les Canadiens les éliminent à nouveau au même stade des séries sur le score sans appel de 4 matchs à 0. Au chapitre des satisfactions individuelles, Bobby Hull termine aux premières places des buteurs et des pointeurs de la ligue, remportant ainsi le Trophée Art Ross[67] alors que Bill Hay remporte le trophée Calder du meilleur joueur recrue de la saison.

1961, la troisième Coupe Stanley

Stan Mikita dans le maillot rouge des Blackhawks qui salut la foule depuis un balcon
Stan Mikita en 2009

La saison 1960-1961 marque une continuité de la saison précédente : parmi les 23 joueurs qui ont pris part à cette dernière, 18 débutent avec les Black Hawks. Les cinq joueurs qui ne font pas partie de l'alignement de début de saison sont : Ted Lindsay — qui a pris sa retraite, Glen Skov — qui a été échangé aux Canadiens de Montréal en compagnie de joueurs de ligue mineure contre, notamment, Ab McDonald et Reggie Fleming ; enfin Phil Maloney, Norm Johnson et Doug Barkley sont quant à eux cédés aux ligues mineures[68],[69].

L'équipe, emmenée par la Million Dollar line, composée de Bobby Hull, Murray Balfour et Bill Hay, commence la saison en remportant six de ses neuf premiers matchs et ne perdant qu'à une seule reprise[70]. La suite est moins bonne et, entre le 29 octobre et le 24 décembre, ils ne remportent que cinq victoires pour treize défaites et six matchs nuls ce qui les fait descendre à la quatrième place de la ligue, dernière place qualificative pour les séries[71]. Ils se reprennent cependant le soir de Noël et remportent sept matchs consécutifs pour reprendre la troisième place en janvier[72]. C'est à cette place qu'ils terminent la saison régulière avec 75 points, loin derrière les 92 points de Montréal et les 90 points de Toronto ; pour la première fois depuis 15 ans, ils finissent avec un bilan positif et totalisent plus de victoires que de défaites.

Au niveau individuel, la Million Dollar line monopolise les premières places des pointeurs de la franchise avec 163 points : Hay est le meilleur pointeur de l'équipe avec 59 points, Hull termine deuxième avec 56 points et à la première place des buteurs avec 31 buts marqués et enfin Balfour, avec 48 points, termine au quatrième rang, juste derrière Stan Mikita[73].

En demi-finale des séries, les Black Hawks rencontrent pour la troisième saison consécutive les Canadiens de Montréal. Ces derniers, vainqueurs des cinq dernières coupes Stanley, viennent de remporter la saison régulière avec 17 points d'avance sur Chicago et ceci malgré la retraite de Maurice Richard. Le premier match est d'ailleurs une formalité pour les Canadiens qui gagnent 6-2 dans le Forum. Cependant, les Black Hawks remportent le deuxième match à Montréal 4-3 et reviennent à Chicago à égalité avec les Canadiens. Ils remportent ensuite le troisième match 2-1 lors de la troisième prolongation grâce à un but de Murray Balfour après plus de 50 minutes de jeu supplémentaire[51] avant de subir la loi des Canadiens 5-2 pour le quatrième match. C'est finalement le gardien de Chicago qui décide de l'issue de la série en blanchissant Montréal à deux reprises lors des cinquième et sixième rencontres alors que son équipe marque trois buts chaque fois et se qualifie ainsi pour la finale.

Pour la finale, les Black Hawks sont confrontés aux Red Wings de Détroit. Au cours de la saison régulière, les deux équipes se sont rencontrées à quatorze reprises pour un avantage léger aux Black Hawks qui ont remporté six victoires contre quatre matchs nuls et quatre défaites[74]. Les deux premiers matchs sont joués à Chicago et les équipes se partagent une victoire chacune 3-2 pour les joueurs locaux puis 3-1 pour Détroit. Chicago remporte le troisième match à Détroit 3-1 puis Détroit égalise par une victoire 2-1. Les Black Hawks accueillent à nouveau les Red Wings pour le cinquième match et remportent une victoire nette 6-3. Le sixième match se joue à Détroit et c'est l'équipe locale qui marque la première par Parker MacDonald après 15 minutes 24 dans la première période. Menés 1-0, les Black Hawks égalisent en début de deuxième période grâce à Reggie Fleming et prennent l'avantage à 1 minute de la fin de la période grâce à un but de Ab McDonald. La troisième période débute par un but pour les visiteurs par l'intermédiaire d'Eric Nesterenko après à peine une minute de jeu. Menant 3-1, Chicago gère la fin de match et marque deux nouveaux buts pour s'adjuger la troisième coupe Stanley de son histoire[75].

Après la coupe

L'année suivante ne démarre pourtant pas sous les meilleurs auspices et les Black Hawks ne remportent qu'un seul de leurs 11 premiers matchs[76]. Malgré ce départ raté, ils terminent à nouveau à la troisième place de la ligue grâce à une fin de saison où ils remportent 21 de leurs 35 derniers matchs contre 2 matchs nuls et 12 défaites[77]. En battant les Canadiens 4-2 au premier tour, ils se qualifient à nouveau pour la finale mais perdent contre les Maple Leafs sur ce même score.

En 1963, ils terminent deuxièmes de la ligue mais perdent en demi-finale contre Détroit. Pour la saison 1963-1964, Pilous est remplacé à la tête de l'équipe par l'ancien entraîneur des Maple Leafs, Billy Reay. Malgré ce changement, la saison est une copie de la précédente avec une nouvelle deuxième place et une défaite en demi-finale contre les Red Wings. Pour sa deuxième saison avec Chicago, Reay mène l'équipe à sa septième finale de la coupe Stanley en 1965 mais cette finale est encore une fois perdue 4-3 contre Montréal. En 1966, Bobby Hull devient le premier joueur de la LNH à marquer plus de 50 buts en une saison en marquant son 51e but contre les Rangers de New York[51]. Les Black Hawks sont quant à eux éliminés en demi-finale.

1967, la fin de la malédiction

Le , après une victoire 5-0 contre les Maple Leafs de Toronto, les Black Hawks sont premiers de la ligue avec 84 points. Les Rangers de New York sont deuxièmes avec 65 points et 9 matchs à jouer ; les Maple Leafs troisièmes avec 63 points et 10 matchs à jouer[78]. Aucune de ces deux équipes ne peut mathématiquement plus rattraper Chicago[Note 6] qui brise alors la légendaire malédiction de Muldoon en remportant le trophée Prince de Galles remis au champion de la saison régulière[51]. Cette saison marque également la fin de l'ère des six équipes originales avec le repêchage d'expansion qui permet à six équipes supplémentaires d'intégrer la LNH.

Après l'expansion

Avec un nombre d'équipes doublé, la LNH se réorganise en deux divisions : la division Est regroupe les six équipes originales et la division Ouest les six nouvelles franchises. Les deux premières saisons qui suivent cette expansion sont difficiles pour les Black Hawks qui terminent à la quatrième puis la sixième place de la division qui est alors la plus relevée de la LNH en 1969 et ratent ainsi les séries pour la première fois depuis dix ans.

Champions de division

En 1970, ils remportent leur division et leur deuxième titre de meilleure équipe de la ligue mais sont éliminés en demi-finale. En 1971, les Black Hawks remportent la division Ouest dans laquelle ils ont été transférés à la suite du repêchage d'expansion qui a vu l'arrivée de deux nouvelles équipes, les Sabres de Buffalo et les Canucks de Vancouver. Ils parviennent à leur huitième finale de la coupe Stanley et sont opposés aux Canadiens de Montréal. Ils mènent 2-0 dans le septième et dernier match de la série après un peu plus de sept minutes jouées en deuxième période grâce à des buts de Dennis Hull et Danny O'Shea. Les Canadiens arrivent cependant à égaliser avant la troisième période puis à remporter le titre grâce à un but d'Henri Richard[79]. Après avoir à nouveau remporté leur division mais avoir échoué en demi-finale en 1972, ils gagnent une quatrième fois consécutive leur division en 1973 pour parvenir à nouveau en finale de la Coupe Stanley. Ils sont encore confrontés aux Canadiens et perdent à nouveau, en six matchs cette fois-ci.

De la saison 1973-1974 à la saison 1990-1991, les Black Hawks remportent huit nouvelles fois leur division mais ne parviennent pourtant pas à retrouver la finale. Entre temps, en 1986, ils sont officiellement renommés Blackhawks, en un seul mot, à la suite de la découverte du contrat original les liant à la LNH[80].

En 1992, ils terminent deuxièmes de la division derrière les Red Wings de Détroit qu'ils battent en finale de division puis, après avoir battu les Oilers d'Edmonton, ils se qualifient pour la dixième finale de leur histoire. Cette finale, jouée contre les Penguins de Pittsburgh champions en titre, est encore une fois perdue, sur le score sévère de 4-0[81]. Lors de la saison 1992-1993, les Blackhawks remportent leur division pour la treizième fois en 24 saisons mais sont éliminés dès les finales de division par les Blues de Saint-Louis[82].

Les années d'insuccès

Photographie du Badge of honor alors que la nuit tombe
Le Badge of honor

En 1994, bien que relégués à la 5e place de leur division, ils parviennent à se qualifier pour les séries où ils perdent au premier tour. De 1995 à 1997, ils se classent 2e, 3e puis encore une fois 5e avec à chaque fois une présence dans des séries où leur meilleur résultat est une finale de conférence, perdue contre les Red Wings. Entre 1998 et 2008, les Blackhawks ne participent qu'une fois aux séries.

Pendant cette période sportivement difficile et pour célébrer les 75 ans de la franchise, une sculpture nommée Badge of honor est érigée le . Elle est construite sur Madison Street en face des portes 2 et 3 du United Center, là où se dressait précédemment le Chicago Stadium. Les noms des joueurs ayant porté le chandail des Blackhawks depuis sa création y sont gravés[83].

En 2007, ils terminent derniers de leur division, treizièmes de la conférence de l'Ouest à la vingt-cinquième place du championnat avec une fiche de 31 victoires pour 42 défaites, 2 matchs nuls et 7 défaites en prolongation[84]. Devant normalement choisir en cinquième position lors du repêchage de 2007, ils remportent la loterie organisée et se voient offrir le premier choix de repêchage[85] après avoir eu le troisième choix la saison précédente. Ces deux repêchages permettent à l'équipe de signer des contrats avec des jeunes talents : Jonathan Toews en 2006 et Patrick Kane en 2007.

Le renouveau

L'équipe se reconstruit alors autour des deux jeunes joueurs et en 2009, elle se qualifie pour la première fois depuis 2002 et donc la deuxième fois seulement depuis 1997 pour les séries éliminatoires. Seconds de leur division derrière les champions en titre, les Red Wings, ils éliminent tour à tour les Flames de Calgary puis les Canucks de Vancouver en six matchs à chaque fois pour finalement jouer contre Détroit en finale de conférence. Les Red Wings remportent les deux premiers matchs chez eux, le deuxième à la suite d'une prolongation de 5 minutes. Sur sa glace, Chicago gagne le troisième match 4-3 également en prolongation mais craque dans le quatrième match subissant un lourd revers, 6-1 et l'équipe est éliminée lors du cinquième match perdu 2 buts à 1 sur la glace de Détroit, le but de la victoire pour les Red Wings étant marqué au bout de 4 minutes de prolongation par Darren Helm. Le renouveau de l'équipe attire le public dans le Chicago Coliseum qui est l'aréna la plus remplie de la saison régulière avec une moyenne de 22 247 spectateurs, soit un taux de remplissage de l'enceinte de 111,2 %[86]. Avec 912 155 spectateurs, l'équipe attire 222 000 spectateurs de plus que la saison précédente[87] et près de 400 000 de plus que la saison 2006-07[88].

Les années 2010

La quatrième coupe Stanley

Photo de 6 joueurs des Blackhawks, dont deux tiennent un mégaphone.
De gauche à droite : Tomas Kopecky, deux joueurs non identifiés, Colin Fraser, Cristobal Huet et Corey Crawford.
Photographie montrant Patrick Kane qui brandit la Coupe Stanley et Jonathan Toews qui tient le trophée Conn-Smythe.
Jonathan Toews tenant le Trophée Conn Smythe et Patrick Kane levant la Coupe Stanley lors du défilé des champions dans les rues de Chicago.

L'année suivante, les Blackhawks signent un contrat de 62,8 millions de dollars avec Marián Hossa, un des agents libres les plus convoités de l'inter-saison[89] après avoir laissé partir Nikolaï Khabibouline, qui signe avec les Oilers d'Edmonton[90], et Martin Havlát qui part pour le Wild du Minnesota[91].

Tout au long de la saison régulière, ils se battent pour la première place de l'association de l'Ouest avec les Sharks de San José. Le , les Blackhawks rencontrent les Flames de Calgary : alors qu'ils sont menés 5-0 après 11 minutes 43 secondes de jeu, ils parviennent refaire leur retard et à remporter la victoire 6-5 en prolongation ; cette victoire après avoir été menés 5-0 est le plus gros retour de l'histoire de la franchise[92].

Ils sont qualifiés dès le 26 mars, 9 matchs avant la fin de la saison, grâce à l'avance qu'ils possèdent sur la neuvième équipe de l'association, les Flames de Calgary[93]. Ils terminent ensuite la saison régulière à la première place de la division Centrale et à la deuxième de l'association de l'Ouest derrière les Sharks qui les devancent d'un point. En terminant avec 112 points, ils battent le record de la franchise qui datait des saisons 1970-1971 et 1971-1972 avec 107 points ; ils établissent aussi un record de 52 victoires devant les saisons 1970-71 et 1990-1991 où ils avaient remporté 49 matchs[94]. Patrick Kane termine meilleur pointeur de l'équipe avec 88 points ; il est le premier joueur de Chicago à dépasser 80 points depuis Tony Amonte en 2000.

Pour le premier tour des séries, les Blackhawks sont confrontés aux Predators de Nashville, 7e de l'Association de l'Ouest. Après quatre matchs, les deux équipes sont à égalité deux victoires chacune. Le cinquième match entre les deux équipes marque un tournant de la série. Les Predators mènent 4 buts à 3 alors qu'il ne reste qu'une minute et trois secondes à jouer ; Hossa se rend coupable d'une charge dans le dos sur le défenseur de Nashville, Dan Hamhuis, qui atterrit dans la bande. Il hérite alors d'une pénalité majeure de 5 minutes pour charge contre la bande. Avec un joueur de plus et un peu plus d'une minute à jouer, les Predators semblent se diriger vers une troisième victoire au cours de cette série. Mais Chicago récupère la rondelle dans son territoire une trentaine de secondes avant la fin du temps réglementaire, Toews pénètre dans le camp adverse et les Blackhawks en profitent pour sortir leur gardien et faire entrer un attaquant supplémentaire ; à 14 secondes du terme de la rencontre, Kane parvient à pousser le palet dans le but adverse en infériorité numérique et à forcer ainsi le match à se poursuivre en prolongation. Chicago, toujours avec Hossa au banc des pénalités, parvient à repousser les assauts de Nashville jusqu'au terme de la pénalité de ce dernier. Hossa retourne alors sur la glace, se dirige vers le filet adverse et, quelques secondes après, au cours de sa première action, il marque le but vainqueur qui permet à Chicago de remporter le match[95].

Les Blackhawks éliminent ensuite les Canucks de Vancouver 4 à 2 pour retrouver les Sharks en finale d'association[96]. Ils remportent les deux premiers matchs 2-1 et 4-2 à San José puis le troisième à Chicago, 3-2 en prolongation ; le , ils battent à nouveau les Sharks 4 buts à 2 et remportent la série 4 victoires à 0. Ils se qualifient ainsi pour la 11e finale de la Coupe Stanley de leur histoire. Confrontés aux Flyers de Philadelphie, ils remportent leurs deux premiers matchs à domicile avant de perdre deux fois chez les Flyers. Ils remportent le 5e match, à nouveau à Chicago[97]. Lors du 6e match, disputé à Philadelphie, une prolongation est disputée lors de laquelle, après un peu plus de 4 minutes de jeu, Patrick Kane, marque le but qui donne la victoire et la quatrième coupe Stanley de l'histoire de la franchise, 49 ans après la précédente. À titre individuel, Jonathan Toews remporte le trophée Conn Smythe du meilleur joueur des séries éliminatoires[98]. En décrochant la coupe Stanley, il devient membre du Triple Gold Club des joueurs ayant remporté à la fois le championnat du monde, les Jeux olympiques et la coupe Stanley[99].

Après la coupe

Malgré la victoire, la saison suivante voit l'effectif des Blackhawks profondément modifié. Les deux gardiens les plus utilisés rejoignent d'autres cieux : Cristobal Huet est prêté au club suisse de Fribourg-Gottéron pour alléger la masse salariale alors que Antti Niemi signe avec les Sharks de San José. Pour les remplacer, Marty Turco rejoint l'équipe et Corey Crawford, troisième gardien en 2009-2010 devient sa doublure. Kris Versteeg est échangé aux Maple Leafs de Toronto, Andrew Ladd et Dustin Byfuglien aux Thrashers d'Atlanta, Ben Eager aux Sharks de San José, Brent Sopel aux Canadiens de Montréal et Colin Fraser aux Oilers d'Edmonton alors que Adam Burish signe avec les Stars de Dallas et John Madden avec le Wild du Minnesota.

La saison est plus difficile pour Chicago qui doit attendre le dernier match de la saison et la victoire du Wild du Minnesota sur les Stars de Dallas pour prendre la huitième et dernière place qualificative de la conférence[100] ; malgré cette saison mitigée, le United Center est toujours l'aréna la plus remplie de la LNH[101]. Cette dernière place les oblige à disputer le quart de finale d'association contre la meilleure équipe de la saison régulière, vainqueur du trophée des présidents, les Canucks de Vancouver. Ces derniers remportent les trois premiers matchs de la série et semblent se diriger vers une victoire rapide mais les Blackhawks se reprennent et marquent seize buts contre seulement cinq pour les Canucks[102], remportant à leur tour trois matchs consécutifs et parvenant ainsi à égaliser pour disputer une septième rencontre décisive. Ce dernier match, joué à Vancouver, se joue en prolongation et Chicago perd finalement son titre de champion sur un but de Alexandre Burrows. Dans l'histoire des séries éliminatoires de la LNH, seules quatre équipes ont remonté un déficit de trois matchs pour perdre en sept rencontres : les Rangers de New York en 1939, les Red Wings de Détroit en 1945 et 2011, les Islanders de New York en 1975 et enfin les Blackhawks en 2011[102].

2013, une nouvelle Coupe Stanley

En 2013, alors que la saison est tronquée en raison d'un lock-out et ne débute que le 19 janvier, les Blackhawks battent le record du meilleur début de saison de l'histoire de la Ligue nationale de hockey. En 17 matchs, ils gagnent à 14 reprises et ne perdent que 3 fois en prolongation marquant ainsi au moins un point à chaque fois. Ils battent le précédent record de 16 matchs sans défaite en temps réglementaire détenu jusque-là par les Ducks d'Anaheim depuis la saison 2006-2007[103]. La série record s'arrête le 8 mars, après 24 matchs consécutifs sans défaite dans le temps réglementaire, lorsque les Blackhawks sont battus 6-2 par l'Avalanche du Colorado[104].

Ils remportent le trophée des présidents et se qualifient pour les séries éliminatoires où ils affrontent au premier tour le Wild du Minnesota qu'ils battent 4 matchs à 1. Au second tour, leurs adversaires sont les Red Wings de Détroit. Alors qu'ils sont menés 3-1, les Blackhawks remportent trois matchs consécutifs pour s'imposer dans la série 4-3. En finale d'association de l'Ouest, Chicago rencontre les champions en titre, les Kings de Los Angeles qu'ils battent en cinq rencontres pour se qualifier pour la finale de la Coupe Stanley pour la deuxième fois en quatre ans.

Les Blackhawks rencontrent en finale les Bruins de Boston, champions de la Coupe en 2011. Chicago remporte le premier match à la suite du but d'Andrew Shaw après trois périodes de prolongation. Après deux matchs gagnés par les Bruins qui mènent la série 2-1, les Blackhawks gagnent le quatrième match 6-5 en prolongation puis le cinquième match 3-1 pour prendre les devants 3-2 dans la série. Lors du sixième match, alors qu'il reste près d'une minute au match et que les Bruins mènent le match 2 buts à 1, deux buts en 17 secondes de Bryan Bickell et David Bolland donnent l'avantage 3-2 à Chicago qui remporte ainsi la cinquième Coupe Stanley de son histoire. D'un point de vue individuel, Patrick Kane remporte le trophée Conn Smythe du meilleur joueur des séries[105].

2015, troisième coupe en six ans

En 2014, la LNH change le format des qualifications pour les séries[106],[107] et les Blackhawks, bien qu'ayant marqué 107 points, terminent à la troisième place et dernière qualificative directe de leur division derrière Colorado et Saint-Louis. Confrontés à ces derniers au premier tour, ils perdent les deux premières rencontres en prolongation puis ils gagnent les quatre matchs suivants pour remporter la série et se qualifier pour le deuxième tour. Ils y retrouvent le Wild du Minnesota qu'ils avaient battu la saison précédente au premier tour. Chicago remporte les deux premiers matchs à domicile avant de perdre les deux suivant au Minnesota ; mais ils parviennent ensuite à remporter les cinquième et sixième rencontres pour se qualifier pour la finale de l'association de l'Ouest où ils retrouvent les Kings de Los Angeles. Chicago, après sa victoire 4-1 contre Los Angeles lors des séries de 2013, a remporté les trois matchs qui ont vu s'affronter les deux franchises en saison régulière. Ce sont d'ailleurs les Blackhawks qui enregistrent la première victoire de la série mais les Kings réagissent ensuite pour gagner les trois rencontres suivantes. Chicago entretient l'espoir d'une nouvelle finale de Coupe Stanley en égalisant à trois matchs partout mais, dans le septième et dernier match de la série, ils s'inclinent en prolongation et doivent abandonner leur titre.

En 2015, les Blackhawks se qualifient à nouveau pour les séries en terminant à la troisième place de leur division. Ils remportent le premier tour des séries 4-2 contre Nashville puis éliminent pour la troisième année consécutive le Wild du Minnesota, en seulement quatre matchs. De retour en finale de l'association de l'Ouest, qu'ils atteignent pour la cinquième fois en sept ans, ils rencontrent les Ducks d'Anaheim, meilleure équipe de l'association du Pacifique. Anaheim remporte le premier match mais les deux équipes gagnent ensuite chacune leur tour et la qualification pour la finale de la Coupe Stanley se joue lors du septième et ultime match de la série. Chicago prend largement les devants dans ce dernier match, menant 4-0 après un peu moins de 34 minutes de jeu puis résiste au retour d'Anaheim et remporte la rencontre 5-3 pour se qualifier pour sa troisième finale en six ans[108].

Ils sont opposés au Lightning de Tampa Bay contre qui ils ont joué à deux reprises en saison régulière pour un bilan d'une victoire pour chaque équipe. Le Lightning perd la première rencontre à domicile 2-1 avant de battre Chicago 4-3 lors du deuxième match. Tampa Bay prend ensuite l'avantage dans la série en gagnant le troisième match 3-2 mais Chicago réplique et égalise grâce à une deuxième victoire 2-1. Le cinquième match voit une nouvelle victoire 2-1 de Chicago qui se rapproche à un match d'une nouvelle victoire en Coupe Stanley. Après ces cinq premières rencontres décidées par le plus petit écart, les Blackhawks accueillent Tampa Bay pour tenter de remporter la coupe à domicile. Cette fois-ci, le Lightning ne parvient pas à inscrire le moindre but et grâce au blanchissage de Crawford et aux deux buts de Keith et Kane, Chicago remporte le sixième match 2-0 et gagne ainsi sa troisième Coupe Stanley en six ans, la sixième de son histoire, ce qui en fait, à égalité avec les Bruins de Boston, la quatrième équipe la plus titrée de l'histoire de ce trophée[109]. Du point de vue individuel, Corey Crawford remporte le trophée William M. Jennings de l'équipe ayant encaissé le moins de but en saison régulière, en compagnie de Carey Price des Canadiens de Montréal[110], et Duncan Keith est sacré meilleur joueur des séries et reçoit le trophée Conn Smythe[111].

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