Bioéthique

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La bioéthique est une partie de l' éthique qui est apparue, en tant que « champ » ou « discipline » nouvelle, dans le courant des années 1960 et des interrogations au sujet du développement de la biomédecine et des technosciences [1].

Si les interrogations éthiques concernant la médecine ne sont pas neuves, la bioéthique se distingue de la déontologie médicale classique, en ce que celle-ci constitue davantage un code éthique fondé par les médecins pour les médecins [1]. La bioéthique, au contraire, fait intervenir une pluralité d'acteurs et de disciplines (outre les médecins, biologistes et généticiens, les philosophes, juristes, sociologues, théologiensetc.) [1].

On peut distinguer deux orientations principales de la bioéthique [1]: l'une, davantage descriptive, s'appuie sur la philosophie morale, vise à éclaircir les choix éthiques et les valeurs présupposées par ceux-ci, en écartant les arguments contradictoires ; l'autre est davantage prescriptive : elle recherche les normes morales qui sont applicables aux sciences du vivant, y compris la médecine, propose certaines règles et certaines postures face à d'éventuels dilemmes.

L'éthique médicale, qui remonte au serment d'Hippocrate, fait partie intégrante de l'exercice de la médecine. Toutefois, elle est formulée par les corporations, s'incarnant parfois dans des codes déontologiques quasi juridiques ; dès lors, elle relaie nécessairement les valeurs inhérentes à la recherche médicale elle-même. Au XXe siècle, la déontologie médicale a pris en compte l'importance croissante des droits de l'homme, les organisations internationales l' Association médicale mondiale (AMM) ou l' Organisation mondiale de la santé (OMS) se situant ainsi au confluent de ces deux traditions [1]. Cette convergence s'est concrétisée dans le Code de Nuremberg de 1947, rédigé à la suite des expérimentations perpétrées par les nazis sur des cobayes humains. Elle conduit à légitimer l'opposition et la résistance des médecins envers des pratiques autoritaires ou des États non démocratiques ( Déclaration de Hawaii de 1977 de l' Association mondiale de psychiatrie en matière d' internement psychiatrique pour des motifs politiques [2], [1]).

Mais la « bioéthique », en tant que domaine non réservé aux médecins, s'est développée davantage dans les années 1960-70, en conjonction avec les avancées du progrès scientifique et les questions que celui-ci posait. Le néologisme de « bioéthique » lui-même a été forgé par Potter van Rensselaer  (en) dans Bioethics: Bridge to the Future (1971) [1].

Histoire et développement de la bioéthique

Les années 1960 ont vu émerger dans les pays industrialisés un certain nombre de revendications tenant aux droits et à l' autonomie de la personne, conduisant à des changements sociaux importants (dépénalisation du suicide, de l' avortement, de l' homosexualité, libération sexuelle, légalisation du divorce, de la contraceptionetc.). Certains penseurs (dont les théologiens Joseph Fletcher  (en) et Paul Ramsey) ont critiqué le paternalisme des médecins [1] ; d'autres (tel le scientifique Henry K. Beecher  (en)) les manquements éthiques à l'égard des sujets d'expériences médicales [1]. Ces critiques ont été développées dans les années 1970 (les philosophes D. Callahan et D. Clouzer [1], la sociologue Renee Fox  (en)) ou encore le mouvement anti-psychiatrie.

En 1969, le psychiatre Willard Gaylin et le philosophe catholique Daniel Callahan fondent l' Institute of Society, Ethics and the Life Sciences  (en), qui deviendra le Hastings Center. Dès 1973, Callahan présente, dans le Hastings Center Report, la bioéthique en tant que discipline [1]. Un deuxième centre, le Joseph and Rose Kennedy Institute for the Study of Human Reproduction and Bioethics, qui compte un Center for Bioethics, est créé en 1971 [1]. Celui-ci publie à partir de 1977 l' Encyclopedia of Bioethics, puis à partir de 1991 le Kennedy Institute of Ethics Journal  (en). Pour ce dernier, la bioéthique concerne non seulement l'ensemble des problèmes liés, ou non, aux thérapies, mais aussi les dimensions sociopolitiques des progrès biomédicaux (possibilité d'utiliser les techniques à des fins autres que strictement thérapeutiques, par exemple avec la sélection du sexe par diagnostic prénatal, le FIVETE chez la femme ménopausée, etc.), et englobe l'ensemble du règne animal et végétal. En 1979 est publié le rapport Belmont.

Marie-Hélène Parizeau [1], professeur de philosophie à l' Université Laval, distingue trois approches principales en bioéthique :

  • le «  principisme  (en) » de Tom Beauchamp  (en) et James Childress  (en), exposé dans Principles of Biomedical Ethics (1979), qui formalise quatre principes formels (principe d'autonomie, de bienfaisance, de non-malfaisance et de justice, ou fair opportunity), l'arbitrage entre ceux-ci étant laissé aux acteurs eux-mêmes;
  • l'approche de Tristram Engelhardt  (en), qui penche pour une « éthique pluraliste et séculière » [1], refuse de donner priorité à quelque approche morale que ce soit (qu'elle soit fondée sur la raison, l'intuition ou la religion) pour laisser place à une négociation entre la pluralité des acteurs (il convient de noter que cette pensée s'exprime avant tout dans la première édition de ses Fondations of Bioethics -1986- ; la seconde, publiée après sa conversion à l'orthodoxie en 1996 prend ses distances vis-à-vis de la première édition) ;
  • enfin le modèle casuistique et « contextualiste » développé par Albert R. Jonsen  (en) et Stephen Toulmin [1].

Outre ces modèles principaux, M.-H. Parizeau note aussi les approches de David Thomasma, celle des narrative ethics et enfin celle, féministe, des ethics of care  (en) [1].

La présence plus faible de la bioéthique en tant que philosophie conduit, en France, à laisser le champ libre à d'autres discours normatifs, tels que le discours médical et scientifique, le discours religieux et le discours juridique [1].

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