Bhimrao Ramji Ambedkar

Bhimrao Ramji Ambedkar
Ambedkar speech at Yeola.png

Bhimrao Ramji Ambedkar lors d'un discours, le 13 octobre 1935.

Fonctions
Ministre de la justice d'Inde ( en)
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Membre de la Lok Sabha
Membre de la Rajya Sabha
Président du conseil d'administration
Constitution de l'Inde
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 65 ans)
Delhi Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
डॉ. भीमराव रामजी आंबेडकर Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Religion
Distinction
Œuvres réputées
Annihilation of Caste ( d), Castes in India: Their Mechanism, Genesis and Development ( d), Who Were the Shudras? ( d), The Buddha and His Dhamma ( d), Waiting for a Visa ( d) Voir et modifier les données sur Wikidata

Bhimrao Ramji Ambedkar ( en Marāṭhī :डॉ.भीमराव रामजी आंबेडकर, en hindi : भीमराव रामजी आंबेडकर) (né le à Mhow  (en) en Madhya Pradesh et décédé le à Delhi), surnommé Babasaheb Ambedkar, est un juriste et homme politique indien [1]. Il est le principal rédacteur de la constitution de l' Inde, un leader des intouchables, et un initiateur du renouveau du bouddhisme en Inde, cherchant à dépasser le système des castes.

Biographie

Enfance et études

Ambedkar est né à Mhow  (en) (État du Madhya Pradesh) le 14 avril 1891. Il est originaire du groupe des intouchables mahars qui a donné son nom à l'État du Maharashtra. Le mahârâja de Baroda (Vadodara) remarque son esprit brillant et paie ses études. Il intègre ainsi le Elfinstone College à Bombay en 1912, puis obtient un doctorat d'économie à la Columbia University, aux États-Unis. Il entre ensuite à la London School of Economics et devient avocat, membre du barreau de la Gray's Inn de Londres.

Le retour en Inde

Mais, de retour en Inde, il est confronté de nouveau à la discrimination et à l'humiliation des personnes des hautes castes. Il est en désaccord avec Gandhi sur la question d'une assemblée séparée pour les Dalits ou intouchables et sur le principe d'une loi électorale de discrimination positive les favorisant. Pour faire valoir les droits des intouchables, il lance des mouvements de désobéissance civile, consistant notamment à permettre aux intouchables de rentrer dans des temples ou boire de l'eau dans les fontaines, ce qui leur était interdit car des hindous considèrent que les intouchables souillent l'eau et polluent les temples.

Le pacte de Pune

Du fait de la prééminence d'Ambedkar au sein de la communauté intouchable, et du soutien que lui apportait celle-ci, il fut invité à la deuxième Round Table Conference, à Londres, en 1932. Gandhi s'y opposa avec force à l'idée, pour les élections parlementaires, d'un électorat séparé pour les intouchables, disant qu'il craignait qu'un tel arrangement ne scinde la communauté hindoue en deux [2].

En 1932, lorsque les Britanniques se mirent d'accord avec Ambedkar et annoncèrent la mise en place d'un électorat séparé, Gandhi protesta en jeûnant, alors qu'il était emprisonné à la prison centrale de Yerwada, à Pune. Le jeûne provoqua des réactions enflammées dans toute l'Inde et des leaders, politiciens et activistes hindous orthodoxes tels que Madan Mohan Malaviya et Palwankar Baloo  (en) organisèrent des rencontres avec Ambedkar et ses supporters à Yerwada. Craignant des représailles collectives et des actes de violence contre les intouchables, Ambedkar fut forcé de signer un accord avec Gandhi. Cet accord, qui aboutit à la fin du jeûne de Gandhi et à l'abandon par Ambedkar de son exigence d'un électorat séparé, fut appelé le Pacte de Pune  (en). Au lieu d'un électorat séparé, l'accord aboutit à l'attribution d'un certain nombre de sièges réservés aux intouchables (qui, dans l'accord, formaient ce qui était encore appelé la Depressed Class) [3].

Rédaction de la Constitution

En 1947, Nehru le nomme Ministre de la Justice dans le premier gouvernement de l'Inde indépendante et le charge de rédiger la constitution du pays. Il y inclut la prohibition de toutes formes de discrimination, tant envers les intouchables hors-castes qu'envers les femmes, et la liberté de religion. Il lance des mesures destinées à améliorer la condition sociale des femmes et instaure un système destiné à permettre aux personnes des classes basses de faire des études et de trouver un travail en rapport avec leurs qualifications.

Conversion au bouddhisme

Il est convaincu que l'intouchabilité, étant liée au système des castes, est consubstantielle à l' hindouisme. Ce fait, et l’omniprésence de l’hindouisme dans la vie indienne, expliquent pour Ambedkar l'échec de ses approches sociales et politiques du changement de la situation des Dalits. À une conférence à Yeola  (en) en 1935, il déclare qu’il ne mourra pas hindou, et que l’ hindouisme perpétue les injustices de caste.

Après une étude des grandes religions du monde (ainsi que du marxisme), il devient convaincu que la conversion des Dalits au bouddhisme est la meilleure solution, la meilleure issue possible hors de l'hindouisme. Le , peu avant son décès, il organise la première conversion en masse de ses compagnons hors-caste : en présence de quelque 380 000 intouchables rassemblés à Nagpur, il se convertit en prenant de Bhadant U Chandramani, un des plus anciens des moines bouddhistes en Inde à l'époque, les Trois Refuges et les Cinq Préceptes. À la suite de cela, il les administre aux intouchables présents, les convertissant au bouddhisme - fait marquant dans l'histoire du bouddhisme en Inde, le bouddhisme ayant quasiment disparu du sous-continent indien au début du XIIIe siècle. Il ajoute aux Refuges et aux Préceptes une série de 22 vœux rédigés par lui-même.

Babasaheb Ambedkar avec le 14e dalaï-lama au Ashoka Buddha Vihar à Delhi

Le 2 décembre, il assiste à la réception au Ashoka Buddha Vihar à Delhi du 14e dalaï-lama venu en Inde pour célébrer le 2500e Bouddha Jayanti [4].

Les 22 vœux d’Ambedkar

Lors de la conversion des intouchables présents, Ambedkar ajoute, à la prise des Refuges et des Préceptes, 22 vœux qu'il a rédigés. Ce sont des instructions pratiques destinées d'une part à initier chez les convertis une réelle pratique bouddhique, et d'autre part à éviter qu’ils n’amalgament le bouddhisme avec l’hindouisme, ce que font les hindous. Ces 22 vœux sont les suivants (il est à noter que les vœux n° 13 à 17 correspondent aux cinq préceptes bouddhiques, le premier sous sa forme positive, les quatre autres sous leur forme négative) :

Inscription des 22 vœux à Deekshabhoomi (lieu de la conversion), à Nagpur.
  1. Je n’aurai pas de foi en Brahma, Vishnou et Maheshwara, et je ne les vénérerai pas.
  2. Je n’aurai pas de foi en Rāma et en Krishna, qui sont considérés comme des incarnations de Dieu, et je ne les vénérerai pas.
  3. Je n’aurai pas de foi en Gauri, Ganapati et autres dieux et déesse des hindous, et je ne les vénérerai pas.
  4. Je ne crois pas à l’incarnation de Dieu.
  5. Je ne crois pas et ne croirai pas que le Seigneur Bouddha était l’incarnation de Vishnou. Je crois que ceci est simple folie et fausse propagande.
  6. Je ne ferai pas de Śrāddha  (en) (rituel fait aux ancêtres), et ne donnerai pas de pind-dan (offrande hindoue).
  7. Je n’agirai pas d’une manière violant les principes et l’enseignement du Bouddha.
  8. Je ne permettrai pas que des cérémonies soient menées par des brahmanes.
  9. Je croirai en l’égalité des hommes.
  10. Je m’efforcerai d’établir l’égalité.
  11. Je suivrai le Noble Chemin octuple du Bouddha.
  12. Je suivrai les dix paramitas prescrites par le Bouddha.
  13. J’aurai de la compassion et de la bienveillance envers tous les êtres vivants, et je les protégerai.
  14. Je ne volerai pas.
  15. Je ne mentirai pas.
  16. Je ne commettrai pas de péché de la chair.
  17. Je ne prendrai pas d’intoxicants tels que de l’alcool, des drogues, etc.
  18. Je m’efforcerai de suivre le Noble Chemin octuple et de pratiquer la compassion et la bienveillance dans la vie quotidienne.
  19. Je renonce à l’ hindouisme, qui défavorise l’humanité et qui empêche l’avancée et le développement de l’humanité, car il est basé sur l’inégalité, et j’adopte le bouddhisme comme religion.
  20. Je crois fermement que le Dhamma [5] du Bouddha est la seule religion.
  21. Je considère que je suis né à nouveau.
  22. Je déclare solennellement et j’affirme que dès maintenant je mènerai ma vie selon les enseignements du Dhamma du Bouddha.
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