Bertrand Delanoë

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Bertrand Delanoë
Bertrand Delanoë, en 2008.
Bertrand Delanoë, en 2008.
Fonctions
Maire de Paris

(13 ans et 11 jours)
Prédécesseur Jean Tiberi
Successeur Anne Hidalgo
Sénateur de Paris

(5 ans 5 mois et 25 jours)
Élection
Successeur Jean-Yves Mano
Député de la 26e circonscription de Paris

(4 ans 8 mois et 30 jours)
Élection
Prédécesseur Joël Le Tac
Successeur Circonscription supprimée
Biographie
Date de naissance (66 ans)
Lieu de naissance Tunis ( Tunisie)
Nationalité Française
Parti politique Parti socialiste
Diplômé de Université Toulouse-I-Capitole
Profession Conseiller en communication

Signature de Bertrand Delanoë

Bertrand Delanoë
Maires de Paris

Bertrand Delanoë, né le à Tunis (en Tunisie, alors sous protectorat français), est un homme politique français. Membre du Parti socialiste (PS), il est conseiller de Paris de 1977 à 2002, député de Paris de 1981 à 1986, sénateur de Paris de 1995 à 2001, puis maire de Paris de 2001 à 2014.

Biographie

Origines familiales, enfance et vie privée

Bertrand Delanoë naît le à Tunis d'un père géomètre athée et d'une mère infirmière catholique [1].

Ses arrière-grands-parents paternels quittent la baie de Saint-Malo d'où ils sont originaires pour s'installer à Saint-Pierre-et-Miquelon où son grand-père paternel, Auguste, est né et a passé son enfance [2]. La famille est revenue s'installer dans la région de Saint-Malo et Auguste part alors en Tunisie pour devenir capitaine du port de La Goulette. Il y a épousé Anita, une Italienne [1]. La mère de Bertrand Delanoë est, elle, d'origine périgourdine par son père et anglaise par sa mère [1]. Son père, Auguste Delanoë, et sa mère Yvonne Delord sont tous les deux nés à Carthage [3]. Bertrand Delanoë grandit à Bizerte [4].

Il était présent, à l'âge de onze ans, lors de la crise de Bizerte [5].

À l'âge de treize ans, sa famille éclate au moment de la fermeture de la base de Bizerte. Sa mère vient s'installer à Rodez ( Aveyron) avec son fils. Bertrand Delanoë y fait ses études secondaires à l'Institution Sainte-Marie. Il part pour Toulouse pour y faire des études en droit [5]. Le Who's Who indique qu'il est diplômé de sciences économiques de l' université de Toulouse. Il rejoint le groupe Robert & Partners de Daniel Robert en 1986, puis établit sa société de médiatraining Vecteurs 7 [6].

Le , dans l'émission Zone interdite de la chaine M6, il fait son coming out, et devient ainsi l'un des rares politiciens qui aient parlé de leur homosexualité. À cette occasion, il précise qu'il n'est pas engagé dans des mouvements communautaires revendicatifs mais dans une association généraliste de lutte contre toutes les discriminations, la Ligue des droits de l'homme.

Carrière politique

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Avant la mairie de Paris

Il adhère au PS en 1971. Il fait ses premiers pas en politique dès l'âge de 23 ans, à Rodez, en tant que secrétaire de la fédération socialiste de l' Aveyron. Il est remarqué pour ses talents d'orateur par François Mitterrand, Premier secrétaire du Parti socialiste qui le fait monter à Paris au début des années 1970.

Aux élections municipales de 1977, il est élu au Conseil de Paris en compagnie de Lionel Jospin, Claude Estier, Daniel Vaillant sur la liste de gauche emmenée par le député communiste Louis Baillot. Aux élections municipales de 1983 et 1989, il est candidat sur la liste du 18e arrondissement de Paris conduite par cette fois-ci par le socialiste Lionel Jospin, toujours aux côtés de Claude Estier et Daniel Vaillant ; mais la « bande du 18e » (surnom de ce groupe dont il fait partie) est battue, en 1983 comme en 1989, par le RPR Alain Juppé (la droite réalisant d'ailleurs le «  grand chelem » sur la capitale à chacun de ces deux scrutins). Les membres de ce groupe trouvent plus tard leur apogée : en 2001, Bertrand Delanoë devient maire de Paris, Lionel Jospin est Premier ministre, Daniel Vaillant, ministre de l'Intérieur, et Claude Estier, président du groupe socialiste au Sénat.

Il est élu député ( PS) de Paris en 1981 dans la circonscription de Montmartre ( 18e arrondissement), emportant le scrutin avec 53,6 % des voix contre son adversaire Joël Le Tac, sortant et réélu sans discontinuité depuis la première législature de la Cinquième République. Il devient alors porte-parole du PS, soit numéro trois national.

À l'occasion des élections législatives de 1986 qui ont lieu à la proportionnelle départementale, il tente de quitter Paris pour s'implanter électoralement en Avignon, mais son parachutage est refusé par les militants locaux. Il s'investit alors davantage dans ses activités professionnelles, le conseil en communication, tout en conservant sa place au Conseil de Paris.

En 1988, il est candidat aux élections législatives dans la 18e circonscription de Paris. Il est alors battu par le candidat RPR Alain Juppé, conseiller du 18e arrondissement, adjoint au maire de Paris et ancien ministre du Budget ( 1986- 1988).

En 1993, il succède à Georges Sarre (démissionnaire à la suite de son départ pour le Mouvement des citoyens de Jean-Pierre Chevènement), comme président du groupe socialiste au Conseil de Paris, devenant ainsi le chef du principal groupe de l'opposition municipale.

En 1995, il mène la campagne municipale de la gauche parisienne contre Jean Tiberi, candidat RPR à la succession de l'ancien maire Jacques Chirac, élu président de la République. Les listes de gauche remportent alors six arrondissements ( 3e, 10e, 11e, 18e, 19e et 20e arrondissements) sur les vingt que détenait la droite depuis 1983 (monopole alors surnommé le « grand chelem »).

En , il est élu sénateur ( PS) de Paris et devient secrétaire de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense. Au moment des débats sur le PACS, il défend ce dispositif mais s'oppose à toute idée de mariage entre personnes de même sexe, au nom de la lutte contre le communautarisme. Il changera d'avis, une fois élu maire de Paris, lorsqu'il participera à la première marche des fiertés de son mandat, demandant l'instauration du mariage entre personnes de même sexe.

Élection à la mairie de Paris

Bertrand Delanoë à un meeting du Parti socialiste, en mai 2005.

La droite se présente divisée aux élections municipales de mars 2001, avec deux candidats : Jean Tiberi, maire RPR dissident et sortant et Philippe Séguin, ancien député RPR des Vosges, ancien ministre, ancien président de l' Assemblée nationale et ancien président du RPR, allié à l'UDF et DL.

De leur côté, les socialistes organisent des primaires entre Jack Lang, alors maire de Blois, et Bertrand Delanoë, chef de l'opposition municipale depuis 1993, mais peu connu du grand public. Contre toute attente, Jack Lang abandonne la compétition pour devenir ministre de l'Éducation nationale dans le gouvernement de Lionel Jospin, permettant à Bertrand Delanoë de remporter l'investiture, de rassembler la gauche.

Au soir du second tour, le , les listes d'union de la gauche et des Verts obtiennent 49,63 % des voix, contre 50,37 % à la droite divisée (32,32 % pour les listes Seguin, 15,20 % pour les listes Tiberi et 2,85 % pour des listes divers droites).

Bertrand Delanoë s'exprimant à une réunion en faveur de Ségolène Royal, le .

Minoritaire d'environ 4 000 voix mais majoritaire en nombre de conseillers de Paris (163 élus en tout, à la fois conseillers municipaux et conseillers généraux, Paris étant à la fois Ville et département), la gauche gagne douze arrondissements sur vingt.

La géographie électorale confirme la traditionnelle fracture géographique droite/gauche de Paris : tous les arrondissements gagnés par la gauche se situent à l'est et au centre-est.

Le , Bertrand Delanoë est élu maire de Paris. Il succède à Jacques Chirac, dont le mandat aura duré 18 années (1977-1995), et à Jean Tiberi (six années, 1995-2001). C'est la première fois depuis 1871 - lors de la Commune de Paris - que la gauche (grâce à son alliance avec les écologistes) prend, hors contexte révolutionnaire, la tête du conseil municipal (il n'y a pas eu de maire de Paris de 1871 à 1977, année d'élection de Chirac, mais le conseil municipal avait toujours été dominé par la droite).

À la suite de son élection à la mairie, Bertrand Delanoë démissionne du mandat de sénateur qu'il occupe depuis 1995.

La victoire de la gauche et des Verts aux élections municipales de 2001 a été notamment expliquée par les divisions exacerbées au sein de la droite parisienne qui l'ont conduite à présenter deux listes concurrentes dans chaque arrondissement. Ce serait donc grâce à cette conjoncture exceptionnelle d'une droite fracturée et d'une gauche unie et alliée avec les écologistes au second tour que Delanoë aurait gagné.

L'image négative véhiculée par des affaires politico-financières, auxquelles Jean Tiberi et plusieurs autres membres de la majorité municipale étaient alors soupçonnés d'avoir participé, aurait également profité aux listes de gauche.

Plusieurs journaux ( L'Express, Le Figaro, Le Point, Le Monde, Le Nouvel Observateur) ont en outre partiellement expliqué la victoire de Delanoë par le vote d'une nouvelle catégorie sociale surnommée « bobos » ( bourgeois-bohème), qui aurait fait la différence en faisant basculer à gauche certains arrondissements « traditionnellement » de droite (2e, 4e, 9e et 12e) [7].

Agression

Le , Bertrand Delanoë est poignardé pendant les festivités de la première Nuit Blanche en plein hôtel de ville. Son agresseur, Azedine Berkane, a affirmé à la police détester « les politiciens, particulièrement les homosexuels » pour expliquer son geste [8]. Le , la justice signe un non-lieu en sa faveur en déclarant que « son état mental le rendait irresponsable pénalement », et le fait interner en hôpital psychiatrique [9].

Réélection à la mairie de Paris

Bertrand Delanoë annonce, le dans un entretien au journal Le Parisien, sa candidature pour un second (et dernier) mandat aux élections municipales de 2008. Il présente au début de l'année 2008 ses têtes de listes. Le maire sortant de Paris a, face à lui, l'UMP Françoise de Panafieu. Il se présente en 3e position sur la liste PS du 18e arrondissement conduite par Daniel Vaillant.

Il vient soutenir sa tête de liste dans le 5e arrondissement, Lyne Cohen-Solal, contre le maire sortant UMP depuis 1983, Jean Tiberi (sauf la parenthèse 1995- 2001 durant laquelle celui-ci fut maire de l'ensemble de la ville). Bertrand Delanoë se fixe en effet pour objectif de faire basculer plusieurs arrondissements de droite, le 5e considéré comme le plus susceptible de tomber dans son escarcelle, mais aussi le 1er et le 15e.

Le , au soir du premier tour, les listes « Un temps d'avance » soutenues par Bertrand Delanoë arrivent largement en tête avec 41,6 % des voix. Le 16 mars suivant, les listes de gauche sortent victorieuses du second tour (57,7 %) : le groupe PS- PRG- MRC gagne 21 sièges au Conseil de Paris, alors que Les Verts n'obtiennent que 9 élus, contre 23 lors de la précédente mandature. Pourtant, malgré cette victoire, aucun arrondissement ne bascule à gauche comme le souhaitait le maire de Paris.

Congrès de Reims : « libéral et socialiste »

En , Bertrand Delanoë annonce sa candidature au poste de premier secrétaire du Parti socialiste en vue du congrès de Reims, prévu en novembre de la même année. À cette occasion, il publie un livre d'entretiens avec Laurent Joffrin, intitulé De l'audace et dans lequel il s'affirme « libéral et socialiste », faisant allusion aux thèses défendues depuis quelques années par Monique Canto-Sperber et à des propos de Vincent Peillon: Cette affirmation lui vaut de s'attirer l'ire de sa principale concurrente dans cette compétition, Ségolène Royal, qui déclare alors que « le libéralisme est une valeur défendue par [les] adversaires [du Parti socialiste] ». Elle suscite des polémiques au sein du Parti socialiste avec les oppositions de Julien Dray, de Benoît Hamon ou de Jean-Marc Ayrault. Alors qu'il était donné favori par les sondages, la motion qu'il signe recueille 25,24 % des voix le , et se place en deuxième position après celle signée par Ségolène Royal. Après ce résultat, il renonce à déposer sa candidature pour le poste de premier secrétaire du PS et apporte son soutien à Martine Aubry, dont la motion est arrivée en troisième position. Il se tient dès lors en retrait de la vie politique nationale.

Retrait de la vie politique

Il ne se représente pas à la mairie de Paris lors des élections municipales de 2014. Retiré de la vie politique, Bertrand Delanoë décline, en mai 2014, la proposition d'être nommé Défenseur des droits [10].

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