Bataille des Trois Rois

Ne pas confondre avec la bataille des Trois Empereurs.
Bataille des Trois Rois
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Bataille des Trois Rois.
Informations générales
Date
LieuOued al-Makhazin à côté de Ksar El Kébir
IssueVictoire décisive de la coalition maroco-ottomane
Belligérants
Flag of Morocco 1258 1659.svg Maroc
Fictitious Ottoman flag 2.svg Empire ottoman
Flag of Portugal (1578).svg Royaume de Portugal
Flag of Morocco 1258 1659.svg Rebelles marocains
Flag of England.svg Mercenaires anglais
Mercenaires du pape
Royal Banner of the Crown of Castille (15th Century Style)-Variant.svg Mercenaires castillans
Banner of the Holy Roman Emperor with haloes (1400-1806).svg Mercenaires allemands
Commandants
Flag of Morocco 1258 1659.svg Abd al-Malik
Flag of Morocco 1258 1659.svg Prince Ahmed
Flag of Morocco 1258 1659.svg Mohammed Zarco
Fictitious Ottoman flag 2.svg Rabadan Pacha
Flag of Portugal (1578).svg Sébastien Ier de Portugal
Flag of Morocco 1258 1659.svg Muhammad al-Mutawakkil
Flag of England.svg Thomas Stukley
Forces en présence
14 750 fantassins[1]
35 250 cavaliers[1]
26 canons
14 800 fantassins[1]
1 550 cavaliers
[1]36 canons
Pertes
environ 3 000 hommesenviron 15 000 hommes[2]
20 000 prisonniers

Tentative portugaise de conquérir le Maroc

Coordonnées35° 01′ 00″ nord, 5° 54′ 00″ ouest

Géolocalisation sur la carte : Afrique

(Voir situation sur carte : Afrique)
Bataille des Trois Rois

Géolocalisation sur la carte : Maroc

(Voir situation sur carte : Maroc)
Bataille des Trois Rois

La bataille des Trois Rois ou bataille de Oued al-Makhazin () a été une bataille décisive ayant mis fin au projet d'invasion du Maroc du roi portugais Sébastien Sébastien Ier. Elle eut lieu sur les rives du fleuve Oued al-Makhazin, affluent du Loukos arrosant Ksar El Kébir dans la province de Larache. S'opposèrent durant cette bataille l'armée du sultan marocain nouvellement porté au pouvoir, Abu Marwan Abd al-Malik, composée de cavaliers marocains et ottomans zouaouas[3], d'artilleurs turcs et d'arquebusiers andalous, et l'armée portugaise du roi Sébastien Ier, assisté de son allié le sultan marocain déchu, Muhammad al-Mutawakkil, principalement composée de mercenaires italiens, flamands et allemands qui lui avaient été accordés par son oncle Philippe II d'Espagne. Les trois principaux protagonistes périrent au cours de cette bataille.

Elle est aussi connue en tant que « bataille de l'Alcazar Kébir », orthographiée de différentes façons : « bataille d'Alcácer-Quibir » (en portugais), « bataille de l'Alcácer Quibir » (en français), et « bataille d’Alcazarquivir » (en langue castillane).

Contexte

Le bassin méditerranéen était, en cette seconde moitié du XVIe siècle, disputé par trois grands empires : le Portugal et l'Espagne d'une part, alliés selon les circonstances, et l'Empire ottoman à la fin de son apogée après le règne de Soliman le Magnifique d'autre part[4]. Ces trois entités œuvraient toutes dans le même but qui était de s'assurer des routes commerciales les plus sûres, tout en pillant celles de ses rivaux. Ainsi, les États barbaresques, agissant à la fois comme tampons mais également comme bases corsaires, permettaient à l'Empire ottoman de tirer le meilleur de cette lutte indirecte. Les galions espagnols en provenance d'Amérique étaient ainsi pillés par des corsaires chérifiens trouvant refuge à Salé, à l'embouchure du Bouregreg[réf. nécessaire].

En plus de telles actions à l'encontre des intérêts ibériques, l'expansion ottomane en Afrique du Nord inquiétait particulièrement les puissances méditerranéennes, l'emprise de la Sublime Porte s'étendant à présent aux frontières du Maroc après l'annexion de l'Algérie. Philippe II, excédé, envoya 12 000 hommes à Alger afin d'en chasser les Ottomans. Ce fut l'expédition de Mostaganem, véritable désastre qui vît l'ensemble de la force d'expédition annihilée[réf. nécessaire].

Le problème ottoman n'était donc toujours pas réglé. L'invasion de Chypre par les Ottomans fut l'occasion de la création de la Sainte Ligue, entre Espagnols, Vénitiens et papauté, permettant de frapper au niveau du maillon faible de la machine de guerre ottomane, sa flotte. Les galères chrétiennes détruisirent la flotte ottomane lors de la bataille de Lépante. Considérée comme la bataille navale la plus importante après celle d'Actium, car ayant pu stopper l'inexorable avancée ottomane, elle inaugura de manière brutale la phase de stagnation ottomane qui allait suivre[réf. nécessaire].

Il fallut alors sécuriser le détroit de Gibraltar, en neutralisant les bases corsaires du Maroc[réf. nécessaire]. Sébastien Ier de Portugal, dans une croisade contre l'infidèle mais également pour étendre l'Algarve d'Outre-Mer, décida de mener lui-même une expédition, contre l'avis de tous ses proches et conseillers[5]. Son oncle Philippe II lui apporte son soutien après l'entrevue diplomatique de Guadaloupe, sous conditions que l'expédition doit se dérouler courant 1577, et ne pas aller plus loin que Larache[6]. Mais le roi d'Espagne finit par faire faux-bond au roi du Portugal, sans doute en partie à cause de la reprise des hostilités en Flandres, et en partie également à cause du manque de préparatifs du côté portugais[6]. Côté espagnol, cette expédition venait de compliquer un peu plus les pourparlers entre l'Espagne et le Maroc au sujet d'une alliance visant à contrecarrer l'influence ottomane en Afrique du Nord[7].

En effet, au Maroc, le sultan Abu Marwan Abd al-Malik venait de reconquérir le trône à l'issue de quelques escarmouches entre les forces du sultan déchu Muhammad al-Mutawakkil et les siennes, armées, entraînées et encadrées par les Ottomans[8]. Abu Marwan Abd al-Malik pensait qu'il devait se défaire de l'influence turque, ces derniers lorgnant sur le Maroc afin d'obtenir une base atlantique permettant d'assurer un harcèlement maritime optimal. Le sultan leur accorde, après un compromis des plus âpres à négocier, le port de Salé qui devint alors base corsaire notoire[7]. Il fait ensuite connaître à Philippe II ses intentions pacifiques, afin d'obtenir une certaine neutralité du côté de l'Espagne[8].

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