Balthus

Balthus
BalthusFace.jpg

Balthus, photographié par Damian Pettigrew (1996).

Naissance
Décès
Nom de naissance
Balthasar Klossowski
Nationalité
Activité
Élève
Influencé par
Mère
Fratrie
Distinctions
Œuvres réputées
La Rue, Alice, La Leçon de guitare, La Chambre turque

Balthus, pseudonyme de Balthasar Kłossowski, parfois dit Kłossowski de Rola[1], né à Paris le , mort à Rossinière (Suisse) le , est un peintre figuratif français d'origine polonaise.

Il est le frère de l'écrivain et dessinateur Pierre Klossowski.

Biographie

« La meilleure façon de commencer est de dire, Balthus est un peintre dont on ne sait rien. Et maintenant, regardons les peintures », telle est la réponse laconique que le peintre adresse à la Tate Gallery, qui, organisant une exposition de ses œuvres, souhaitait également agrémenter le catalogue de quelques éléments biographiques.

Le Roi des chats — titre d’un de ses autoportraits — a en effet toujours souhaité s’entourer d’une aura de mystère, ce qui a sans aucun doute contribué à occulter sa personnalité et son œuvre aux yeux du grand public.

Rare et discret, il l'est dès sa naissance, un 29 février ; un anniversaire qui fait aussi partie de la « légende Balthus » et que son « grand ami » Rainer Maria Rilke (amant de sa mère, Baladine) ne manquait jamais de souhaiter avec une lettre. D'ascendance polonaise par son père, Erich Klossowski, historien d’art, peintre et décorateur de théâtre, et russe par sa mère Baladine Klossowska (mais tous deux ressortissants prussiens), Balthus naît à Paris, mais sa famille, du fait de ses origines, se réfugie en Suisse lors de la Première Guerre mondiale. Ses parents se séparent peu après et Balthus passe son enfance avec son frère Pierre dans la région de Genève, près de leur mère et bientôt de Rilke.

Baladine rencontre le poète Rilke en 1919 : le jeune Balthasar Klossowski a 11 ans. Le garçon publie son premier livre de dessins, Mitsou, sous l'impulsion de ce mentor, lorsqu'il a quatorze ans. Il signe le recueil du surnom de « Baltusz » qu'on lui donnait à l'époque et qu'il transformera en « Baltus », puis en « Balthus » par la suite. Durant son adolescence, il rencontre les nombreuses relations de sa mère et de Rilke qui viennent lui rendre visite : André Gide, Maurice Denis, Pierre Bonnard.

Balthus part pour Paris avec sa mère et son frère en 1924. Il y suit l'enseignement de Pierre Bonnard et de Maurice de Vlaminck. Il peint ses premiers tableaux, copie des œuvres au musée du Louvre. En 1926, il va en Italie étudier les peintres de la Renaissance, en particulier les fresques de la Légende de la Vraie Croix de Piero della Francesca à Arezzo, ainsi que celles de Masaccio à Florence. En 1929, il expose pour la première fois à Zurich, sans grand succès.

L'atelier de Balthus, cour de Rohan à Paris.

Balthus s'installe à Paris en 1933, dans un premier temps au 4, de la rue de Furstemberg dans le quartier Saint-Germain-des-Prés puis, non loin de là, à partir de 1936, cour de Rohan (quartier de la Monnaie) où il résidera plusieurs années. Il entre en contact avec le mouvement surréaliste par l'intermédiaire de Pierre Loeb, mais il ne se sent guère de point commun avec la mouvance d'André Breton. Il expose en 1934 une série de tableaux mettant en avant des jeunes filles à la pose équivoque, thème qui fera sa célébrité.

Il se marie en 1937 avec Antoinette de Watteville (1912-1997), ils partent en voyage de noces avec Isabel Rawsthorne[2]. Cette dernière lui sert de modèle dans plusieurs toiles, dont La Toilette (1933, Centre Pompidou, Paris) et Jeune fille en costume d'amazone (1932, collection Stanislas Klossowski). L'un de ses fils, Thadée épouse Loulou de la Falaise (1948-2011), dont il a une fille, Anna.

Balthus est mobilisé en Alsace au début de la Seconde Guerre mondiale mais est rapidement démobilisé pour des raisons mystérieuses. Il s'installe alors à Champrovent en Savoie, puis à Fribourg en Suisse, où naissent deux de ses fils, et à Cologny près de Genève. Il y achève Les Beaux Jours (Washington, Smithsonian Institute) en 1946. Cette même année, il se sépare de sa femme et retourne à Paris.

Il y réalise les décors et les costumes d'une pièce d'Albert Camus, L'État de siège et peint La Chambre (Washington, Smithsonian Institute) en 1947-1948).

En 1950, il effectue les décors de l'opéra Cosi fan tutte de Mozart au festival d'Aix-en-Provence.

En 1953, Balthus quitte Paris pour le château de Chassy[3], à Montreuillon, Nièvre, dans le Morvan, en Bourgogne, où il reste jusqu'en 1961, après l'avoir loué puis acheté[4]. Il y achève La Chambre et Le Passage du Commerce-Saint-André (1952-1954, collection particulière). Il y peint plusieurs paysages, vus de ses fenêtres, dont les deux Jeune fille à la fenêtre, de 1955 et 1957, deux portraits de Colette, la fille des métayers de Chassy. Il se crée un personnage de dandy et d’aristocrate « féodal », ainsi qu’il se décrivait, son appartenance à la noblesse restant non établie[5].

En 1961, Balthus est nommé directeur de l'Académie de France à Rome, à la Villa Médicis, par André Malraux. Setsuko Ideta, jeune étudiante japonaise dont il est amoureux, l'y rejoint. Elle lui sert de modèle dans plusieurs tableaux dont La Chambre turque (1963-1966, Paris, Centre Georges-Pompidou). Il l'épouse en 1967 au cours d'un voyage au Japon. Lors de son séjour romain, il rénove le palais et restaure les jardins en leurs redonnant l'esprit qu'ils avaient au XVIe siècle. Il réalise alors le Carré des Niobides, fontaine à partir de plâtres de statues antiques[6].

Le Carré des Niobides imaginé par Balthus à la Villa Médicis.

En 1977, à la fin de son mandat romain, le peintre prend le thé au Grand Chalet de Rossinière, en Suisse, s'en éprend et l'achète. Il y vivra jusqu'à sa mort avec son épouse et sa fille, Harumi. Il présente ses toiles à de nombreuses expositions de par le monde et il est encensé par la presse et les critiques.

Autour du peintre
  • Balthus a été président des « Amis de Courbet » de 1992 à 1998.
  • L'écrivaine chinoise Shan Sa a écrit son premier roman, Porte de la paix céleste, alors qu'elle faisait office de secrétaire du peintre, chez lui en Suisse.
Other Languages
བོད་ཡིག: བལ་ཏུ་སི།
català: Balthus
čeština: Balthus
Cymraeg: Balthus
Deutsch: Balthus
English: Balthus
Esperanto: Balthus
español: Balthus
euskara: Balthus
فارسی: بالتوس
suomi: Balthus
עברית: בלטוס
italiano: Balthus
日本語: バルテュス
ქართული: ბალთუსი
Latina: Balthus
lietuvių: Balthus
Nederlands: Balthus
norsk: Balthus
polski: Balthus
português: Balthus
română: Balthus
русский: Бальтюс
srpskohrvatski / српскохрватски: Balthus
српски / srpski: Балтус
svenska: Balthus
тоҷикӣ: Балтус
中文: 巴尔蒂斯