Attentats du 11 septembre 2001

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Attentats du 11 septembre 2001
Image illustrative de l'article Attentats du 11 septembre 2001
De haut en bas : l'incendie du World Trade Center ; le Pentagone s'effondre ; le Vol UA175 s'écrase dans le WTC 2 (Nord) ; une demande d'aide aux pompiers à Ground Zero le 15 septembre 2001 ; un moteur du Vol UA93 est retrouvé ; le Vol AA77 s'écrase sur le Pentagone

Localisation New York ; Comté d'Arlington, Virginie ; et près de Shanksville, Pennsylvanie.
Cible World Trade Center ( AA 11 et UA 175) ;

Pentagone ( AA77) ;

Maison-Blanche ou Capitole ( UA 93 ; échec)

Coordonnées 40° 42′ 42″ Nord, 74° 00′ 45″ Ouest
Date Mardi
h 1410 h 3 ( UTC−04:00)
Type Attentat-suicide, détournement d'avion, terrorisme, tuerie de masse
Morts 2977 victimes et 19 pirates de l'air [1], [Na 1]
Blessés 6 291 [2]
Organisations Flag of Jihad.svg Al-Qaïda
Mouvance Terrorisme islamiste

Les attentats du 11 septembre 2001 (communément appelés 11-Septembre, ou 9/11 et Nine eleven en anglais) sont quatre attentats-suicides perpétrés le même jour aux États-Unis, en moins de deux heures, entre h 14 et 10 h 3, par des membres du réseau djihadiste islamiste Al-Qaïda [1], visant des bâtiments symboliques du nord-est du pays [3] (dont le World Trade Center déjà attaqué en 1993) et faisant 2 977 morts. L’ opération Bojinka est considérée comme un plan précurseur de ces attentats, commis deux jours après l'attentat-suicide ayant tué le commandant Ahmed Chah Massoud.

Au matin du mardi , dix-neuf terroristes détournent quatre avions de ligne. Deux avions sont projetés sur les tours jumelles du World Trade Center (WTC) à Manhattan ( New York) et un troisième sur le Pentagone, siège du Département de la Défense, à Washington DC, tuant toutes les personnes à bord et de nombreuses autres travaillant dans ces immeubles. Les deux tours - dont les sommets culminent à un peu plus de 415 m de hauteur - s'effondrent moins de deux heures plus tard, provoquant l'anéantissement de deux autres immeubles [4]. Le quatrième avion, volant en direction de Washington, s'écrase en rase campagne à Shanksville, en Pennsylvanie, après que des passagers et membres d'équipage, prévenus par téléphone de ce qui se passait ailleurs, ont essayé d'en reprendre le contrôle.

Les attentats du 11 septembre 2001 sont les attentats les plus meurtriers jamais perpétrés depuis le début de l'Histoire. 6 291 personnes sont blessées lors de ces attaques [5] qui causent la mort de 2 973 personnes, appartenant à quatre-vingt-treize pays, dont 343 membres du New York City Fire Department (FDNY), 37 membres du Port Authority Police Department et 23 membres du New York City Police Department (soit 2 992 morts en comptant les dix-neuf terroristes pirates de l'air), selon les chiffres officiels du rapport de la Commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis, remis le 22 juillet 2004 [1], [6], [7]. Le site du mémorial du 11 septembre construit à l'emplacement des tours jumelles du World Trade Center recense finalement 2 977 victimes [Na 1].

Le , Mary Robinson, chargée du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, qualifie ces attentats de crimes contre l'humanité [8], alors qu'ils font par ailleurs l'objet de multiples théories du complot, dénoncées comme des théories «  révisionnistes » [9], voire «  négationnistes » [10], [11].

La Commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis a été créée en 2002 pour expliquer comment ces attentats ont pu se produire et pour éviter que cela ne se reproduise. Dans son rapport [1] publié fin août 2004, elle établit la responsabilité du réseau Al-Qaïda, en affirmant que les dix-neuf terroristes auteurs de ces attentats-suicides en étaient membres et que le commanditaire en était Oussama ben Laden, qui les a revendiqués à plusieurs reprises [12], [13].

Khalid Cheikh Mohammed a été désigné comme le principal organisateur de ces attaques et a reconnu les faits lors des interrogatoires préliminaires à son procès [14].

Les événements du 11 septembre ont été vécus presque en temps réel par des centaines de millions de téléspectateurs à travers le monde et ont provoqué un choc psychologique considérable, les images de l'avion heurtant la deuxième tour du World Trade Center ainsi que celles de l'effondrement complet en quelques secondes des deux tours du WTC ayant été diffusées en direct.

Le gouvernement fédéral des États-Unis et celui de nombreux autres pays ont réagi en renforçant leur législation antiterroriste. L'administration américaine a ensuite lancé une «  guerre contre le terrorisme », notamment en Afghanistan dès octobre 2001, dont le régime taliban favorable à Al-Qaïda était soupçonné d'héberger Ben Laden, et en Irak en mars 2003, dont le régime baasiste a été désigné par l'administration américaine comme un soutien du terrorisme international et un détenteur d'armes de destruction massive [15].

Le Pentagone a été réparé en un an et six nouvelles tours, dont le One World Trade Center qui est la plus haute des États-Unis, un mémorial installé sur l'emplacement des tours jumelles, un musée consacré aux attentats et une nouvelle gare sont, en 2016, en cours de construction, d'achèvement ou déjà construits et en service sur le site du World Trade Center [16].

Attentats : les faits

Boeing 767 d' American Airlines similaire aux vols 11 et 77.

Avec leur charge (partielle) en carburant estimée à quarante-six mille litres [17] chacun, les avions, deux Boeing 757 et deux Boeing 767 ont été utilisés comme bombes incendiaires volantes. Des quatre avions détournés, seul le vol 93 United Airlines ne put atteindre sa cible, s'étant écrasé en Pennsylvanie alors qu'il se dirigeait vers la capitale.

Noms des 19 terroristes morts lors de la journée du 11 septembre
Vol AA11 Mohammed Atta
Abdulaziz al-Omari
Wail al-Shehri
Waleed al-Shehri
Satam al-Suqami
Vol UA175 Marwan al-Shehhi
Fayez Banihammad
Mohand al-Shehri
Ahmed al-Ghamdi
Hamza al-Ghamdi
Vol AA77 Hani Hanjour
Khalid al-Mihdhar
Nawaf al-Hazmi
Salem al-Hazmi
Majed Moqed
Vol UA93

Ziad Jarrah
Saeed al-Ghamdi
Ahmed al-Haznawi
Ahmed al-Nami

Quelques passagers et membres d'équipage ont pu passer des appels téléphoniques, principalement du vol United 93, mentionnant la présence de pirates de l'air armés de couteaux à lame rétractable (Box cutter en anglais), qu'ils ont utilisés pour menacer ou tuer du personnel navigant et des passagers lors de la prise de contrôle de l'avion [18]. Un témoin rapporte aussi l'utilisation d'un produit chimique de type gaz lacrymogène utilisé dans le vol American 11 pour tenir les passagers à l'écart de la première classe [19]. La Commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis a pu établir que deux des pirates de l'air avaient récemment acheté des couteaux multifonction Leatherman [20]. Des menaces de bombe ont été faites sur trois des avions (pas sur l'American 77) [21].

Détournements

Le contrôle du trafic aérien des États-Unis est confié à la Federal Aviation Administration, cette surveillance est assurée par vingt-deux centres de contrôle régionaux (Air Route Traffic Control Center) dont ceux de Boston, New York, Washington, Cleveland et Indianapolis au Nord-Est du pays. Les différents centres de contrôle sont placés sous la direction de l'Air Traffic Control System Command Center chargé de centraliser les informations [22]. La surveillance militaire de l'espace aérien nord-américain est, quant à elle, confiée au NORAD (North American Aerospace Defense Command). Il est composé de plusieurs secteurs de surveillance dont le NEADS (Northeast Air Defense Sector) pour le Nord-Est des États-Unis.

En février 2002, le NTSB publie les trajets effectués par les vols AA11, UA175, AA77 et UA93 [23]. Les trajectoires des avions se basent sur les données recueillies par les centres de contrôle régionaux, par les aéroports John-F.-Kennedy et Washington-Dulles et par le 84th Radar Evaluation Squadron. À cela s'ajoutent les informations enregistrées par les boîtes noires des vols AA77 et UA93 retrouvées dans les décombres des crashs.

Les trajets des quatre avions détournés

Le matin du 11 septembre 2001, quatre avions de ligne, deux Boeing 767 et deux Boeing 757, furent détournés par dix-neuf terroristes dans le but de les faire s'écraser contre des lieux hautement symboliques des États-Unis. Les quatre avions de ligne devaient décoller entre h 45 et h 10, mais ils firent face à des retards allant de dix à quarante et une minutes. Ainsi le vol AA11 décolla à h 59, le vol UA175 à h 14, le vol AA77 à h 20 et le vol UA93 à h 42 [24].

Après sa prise de contrôle par les kamikazes, le vol 11 fut maintenu pendant treize minutes dans une direction (le Nord-Ouest) qui l'éloignait de l'objectif des terroristes (WTC 1). Le vol 175 fit un détour au-dessus du New Jersey, avant de revenir par le Sud sur Manhattan et sur sa cible (WTC 2). La prise de contrôle tardive des vols AA77 et UA93 (après vingt-six et quarante-cinq minutes) entraîna pour chacun un éloignement important de son but (Pentagone et Washington D.C.).

Vol AA 11

Article détaillé : Vol 11 American Airlines.

Le vol 11 American Airlines, un Boeing 767 transportant quatre-vingt-un passagers et onze membres d'équipage, décolla à h 59 avec quatorze minutes de retard de l' aéroport international Logan de Boston dans le Massachusetts. Il avait pour destination Los Angeles, en Californie [25].

L'appareil fut détourné vers h 14, après quinze minutes de vol par l'Égyptien Mohammed Atta et les Saoudiens Satam al-Suqami, Waleed al-Shehri, Wail al-Shehri et Abdulaziz al-Omari présents parmi les passagers [1]. Durant le détournement, Betty Ong, hôtesse de l'air, alerta la compagnie American Airlines du détournement de l'avion [26]. Le centre de contrôle de Boston commença à informer la chaîne de commandement à h 28 en commençant par le FAA’s New England Regional Operations Center et le FAA Command Center ce dernier informa ensuite le FAA headquarters à h 32. Le centre de contrôle de Boston alerta ensuite le Northeast Air Defense Sector (NEADS) à h 38, soit dix-huit minutes après la première alerte. Ce fut la première information reçue par les militaires concernant le détournement d'un avion le matin du 11 septembre [1]. Le vol 11 American Airlines percuta la face Nord de la Tour Nord (1WTC) du World Trade Center à h 46, après trente-deux minutes de détournement.

Vol UA 175

Article détaillé : Vol 175 United Airlines.
Trajet du vol UA175 décollage de Boston Logan [1]

Le vol 175 United Airlines, un Boeing 767 transportant cinquante-six passagers et neuf membres d'équipage, quitta l' aéroport international Logan de Boston à h 14 avec seize minutes de retard. Il devait également rejoindre Los Angeles [27].

À h 45, après une demi-heure de vol, les Émiriens Marwan al-Shehhi, Fayez Banihammad et les Saoudiens Mohand al-Shehri, Ahmed al-Ghamdi et Hamza al-Ghamdi détournèrent l'appareil. Dix minutes plus tard, un contrôleur aérien alerta le centre de contrôle de New York du détournement du vol [28], qui à son tour alerta à h 2 le FAA Command Center [1]. À h 3, soit dix-huit minutes après la prise de contrôle de l'appareil par les terroristes, le vol 175 United Airlines percuta le côté Sud de la Tour Sud (2WTC). Plus de deux cents personnes furent tuées sur le coup. Au même moment, le centre de contrôle de New York alerta la défense aérienne (NEADS) du détournement du vol [1].

Vol AA 77

Article détaillé : Vol 77 American Airlines.

À h 20, le vol 77 American Airlines, un Boeing 757 avec cinquante-huit passagers et six membres d'équipage, décolla avec dix minutes de retard de l' aéroport international de Washington-Dulles à Dulles en Virginie, près de Washington DC, pour Los Angeles [29].

Après une demi-heure de vol, l'avion fut détourné à h 53 par Hani Hanjour, Nawaf al-Hazmi, Salem al-Hazmi, Khalid al-Mihdhar et Majed Moqed, cinq Saoudiens qui se trouvaient parmi les passagers. À h 56, ces derniers coupèrent le transpondeur de l'appareil [1]. Le FAA headquarters fut alerté du détournement du vol à h 25, soit vingt-sept minutes après sa disparition. Puis à h 34, le NEADS fut prévenu, au même moment l'avion commença un virage de 330 degrés [1] avant de s'écraser dans l'ouest du Pentagone à h 37, après quarante-quatre minutes de détournement. Le crash tua les soixante-quatre personnes à bord du vol AA77 ainsi que cent vingt-cinq personnes dans le Pentagone.

Vol UA 93

Article détaillé : Vol 93 United Airlines.

À h 42, le vol 93 United Airlines, un Boeing 757 avec sept membres d'équipage et trente-sept passagers, décolla avec quarante et une minutes de retard à cause du trafic matinal assez dense de l' aéroport international Newark Liberty au New Jersey près de New York City. Il avait pour destination San Francisco [30].

Le vol 93 fut détourné par les Libanais Ziad Jarrah et Ahmed al-Namiet et les Saoudiens Saeed al-Ghamdi et Ahmed al-Haznawi à h 30. Deux minutes plus tard, l'un des terroristes déclara à la radio qu'il y avait une bombe à bord. Le message fut intercepté par le centre de contrôle de Cleveland, qui alerta immédiatement le FAA Command Center, ce dernier informa le FAA headquarters à h 34 [1]. À h 41, le transpondeur fut coupé. À h 57, les passagers du vol 93 se révoltèrent contre les terroristes [1]. À 10 h 3, après trente-trois minutes de détournement, le vol 93 United Airlines s'écrasa au sud-est de Pittsburgh dans le comté de Somerset, en Pennsylvanie alors qu'il se dirigeait vers la capitale Washington DC. Il n'y eut aucun survivant.

Réactions de la défense aérienne

Les premiers chasseurs à décoller furent des F-15 de la garde nationale aérienne.

Les procédures de coordination entre l' aviation civile et le Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (NORAD) sont en place depuis les années 1960. Au matin du 11 septembre, quatorze avions de chasse étaient disponibles pour protéger l'espace aérien des États-Unis contigus [31]. Ainsi le NEADS (NORAD's Northeast Air Defense Sector) disposait de quatre avions de chasse, deux à la base aérienne d'Otis à Cap Cod dans le Massachusetts et deux autres à la base aérienne de Langley à Hampton en Virginie, prêts à défendre le Nord-Est du pays, les autres bases ayant besoin de temps pour préparer et armer des chasseurs [1].

Selon la Commission Kean, les premiers chasseurs, des F-15 du 101st Fighter Squadron du Massachusetts ANG décollèrent à h 52, soit 38 minutes après le détournement du vol AA11, de la base aérienne d'Otis, proche de Boston, éloignée de 240 km de New York. Après avoir grimpé en altitude et volé à Mach 1,4 en direction de John F. Kennedy International Airport, ils prirent un circuit d'attente au large de Long Island en attendant de savoir où se trouvaient le ou les avions de ligne qu'ils devaient intercepter, car ceux-ci, transpondeurs débranchés, avaient disparu des écrans utilisés pour le contrôle du trafic aérien [32]. Ils se trouvaient à 114 km de New York lorsque le vol UA175 percuta la tour Sud. Après avoir atteint New York à h 11, ils furent affectés à patrouiller l'espace aérien new-yorkais.

Pensant que le vol 11 était toujours en l'air, le NORAD faisait décoller à h 30 trois chasseurs F-16 du 119th Fighter Wing du North Dakota ANG de la base aérienne de Langley, située à 210 km au sud de Washington. Les chasseurs furent dirigés vers Washington, D.C. Lorsque le vol 77 s'écrasa dans le Pentagone à h 37, les chasseurs étaient à 169 km. Ils arriveront sur le Pentagone 12 minutes plus tard [1].

La base aérienne d'Andrews située à quinze kilomètres de la capitale, dont trois chasseurs F-16 n'emportant que des munitions d'entraînement participaient à un exercice en Caroline du Nord ce matin-là [33], [réf. incomplète] reçut de son côté l'ordre par les services secrets de préparer une patrouille armée. Mais une demi-heure plus tard, à la réception de l'ordre de la Présidence de faire décoller ces chasseurs à la suite de l'attentat contre le Pentagone, ils n'étaient pas encore prêts. À 10 h 38, deux F-16 non armés du 121st Fighter Squadron du District of Columbia ANG décollaient d'Andrews, 45 minutes après la mise en alerte [34] [réf. incomplète] et devaient éventuellement éperonner leur cible [35].

Après le troisième crash, le directeur des opérations nationales de la FAA, Ben Sliney, ordonne à h 45 la fermeture totale de l'espace aérien américain et Transports Canada déclenche l' opération Ruban jaune, bloquant au sol les avions devant décoller et détournant vers le Canada les vols internationaux en provenance d'Europe et d'Asie [36], [37]. Tous les vols commerciaux aux États-Unis sont annulés (et tous les vols internationaux volant en leur direction redirigés vers le Canada), et les aéroports de Los Angeles et San Francisco fermés. Les quatre mille cinq cents avions civils alors en vol sont forcés d'atterrir en urgence et l'aviation civile reste clouée au sol jusqu'au 14 septembre [38]. Le secrétaire de la Défense Donald Rumsfeld déclenche le DEFCON 3 à 10 h 43 [39]. Vers 11 h 0, le commandant du NORAD, Ralph Eberhart, déclenche le plan d'urgence SCATANA qui force tous les avions à atterrir et donne le contrôle militaire sur l'espace aérien. À 12 h 15, plus aucun vol commercial ou privé ne survole les États-Unis. À 13 h 4, Georges W. Bush met l'armée américaine en alerte et déclenche le FPCON DELTA, le plus haut niveau d'alerte terroriste.

L' United States Navy annonce à 14 h 51 le déploiement de deux porte-avions et d'autres navires venant de la base navale de Norfolk au large de New York et de Washington et d'un groupe aéronaval au large de Los Angeles.

Environ deux heures après le dernier crash, une centaine de chasseurs patrouillait dans l'espace aérien américain et, depuis le 14 septembre, une opération baptisée Noble Eagle doit assurer la couverture aérienne des États-Unis 24 heures sur 24. Celle-ci a coûté quarante milliards d' euros pour ses sept premières années et « use » sérieusement personnels et matériel [40].

Parmi les unités militaires déployées en renfort sur le lieu du désastre, une unité de guerre bactériologique de la garde nationale des États-Unis fut chargée d'analyser l'air afin de déterminer si des germes pathogènes avaient été répandus. Mise en alerte quelques minutes après le second impact, elle confirma à 20 h 30 l'absence de risques en ce domaine [41].

Les attentats auront duré moins de deux heures, le premier détournement commençant à h 14 sur le vol 11 et le dernier avion de ligne détourné s'écrasant à 10 h 03, soit 109 minutes plus tard (102 minutes s'écoulant entre le moment où la tour Nord du WTC est percutée par un avion et le moment où les deux tours se sont effondrées). Aucun des avions de chasse ayant été mis en œuvre ne réussit à intercepter les vols détournés [1]. Le NORAD déclara que cette faillite majeure du système de protection de l'espace aérien était due aux délais de transmission des incidents de vol (24 et 39 minutes pour les vols 11 et 77) ou à leur non-transmission [42]. Reprenant les données du NORAD, la Commission Kean exposa que les militaires auraient été avertis quelques minutes seulement avant les impacts des vols 11 et 77, et après les impacts pour les autres.

Malgré la mise en évidence du non-respect des procédures d'alerte, il n'y eut pas d'enquête publique ni de sanction à l'encontre des responsables de la FAA [réf. nécessaire]. L'échec du NORAD n'empêcha pas non plus les hauts responsables, tels les généraux Eberhard et Myers, d'être confirmés dans leurs fonctions, voire promus. Cet échec était aggravé par le fait que le WTC avait été reconnu comme cible privilégiée dès l' explosion du camion chargé d'explosifs de 1993. En 1994, un expert commandité par le Pentagone soulignait la valeur symbolique des tours et envisageait qu'une attaque terroriste consisterait certainement en « des actions multiples et simultanées » [43]. Durant les deux années précédant les attentats, le NORAD effectua des exercices dans lesquels des avions de ligne détournés étaient utilisés contre divers objectifs, dont le WTC [44]. Par ailleurs, les services de renseignements de plusieurs pays, européens entre autres, avaient plusieurs mois auparavant prévenu leurs homologues américains d'une préparation de détournements d'avions civils sur le territoire des États-Unis [45].

Impacts et dommages

Schéma montrant à quels étages les avions ont percuté les tours jumelles du World Trade Center.

Environ 17 400 personnes se trouvaient dans les deux tours au moment des collisions et la plupart d'entre elles eurent la possibilité d'évacuer les lieux avant leur destruction [46]. Il s'agissait du deuxième attentat touchant le complexe depuis sa mise en service, le premier attentat datant de 1993.

Les vols AA 11 et UA 175 qui furent détournés pour percuter les tours 1 et 2 du World Trade Center de New York étaient deux Boeing 767-200ER. La masse du vol AA11 fut estimée à 128,6 tonnes (283 600 lb) et transportait près de 38 000 litres (10 000 gallons) de carburant au moment de l'impact, le vol UA175 en transportait plus de 34 000 litres (9 100 gallons) [47].

WTC1

À h 46 (heure locale) (soit 13 h 46 en UTC), le vol AA11 percutait quasi perpendiculairement en son centre la face nord-est de la tour jumelle Nord [48], son inclinaison (25°) résultant en une emprise sur cinq étages (93 à 97). Animé d'une vitesse estimée à 713 km/h (443 mph), l'avion laissait dans la façade son empreinte partielle (35 mètres pour 48 mètres d'envergure), les extrémités des ailes n'occasionnant que des dégâts superficiels. Les dommages occasionnés à la structure externe ont été chiffrés à 35 colonnes sectionnées sur les soixante qui composent la face Nord de la tour. Selon le rapport du NIST, 6 colonnes centrales auraient été sectionnées lors de l'impact et 3 autres auraient été lourdement endommagées (à elles seules, les quarante-sept colonnes centrales supportaient 60 % de la charge statique) [49]. Selon le rapport de la FEMA qui reprend à son compte l'opinion d'experts exprimée le 11 septembre lors d'interviews, le sommet des tours se serait déplacé de six à huit mètres au moment des impacts. Mais, d'après l'étude qui fit suite des ingénieurs commandités par le NIST, le déplacement maximal de la tour Sud (au niveau de l'impact), obtenu par simulation, n'aurait été que de quarante centimètres, résultat que confirment les calculs du professeur Bazant du MIT (quarante-cinq centimètres) [50].

Seule une petite partie de train d'atterrissage ressortit par la face opposée, après avoir perdu environ 95 % de son énergie, et sera retrouvée à un coin de rue, quelque 385 mètres plus loin [51]. Le FBI affirmera avoir retrouvé à proximité le passeport intact de l'un des kamikazes, Satam al-Suqami [52]. Avec tous les ascenseurs en panne et les escaliers rendus impraticables, les personnes se trouvant au-dessus des étages atteints furent piégées et enfumées.

Les dégâts constatés dans le hall du rez-de-chaussée, rapportés notamment par les pompiers [53] (vitres et portes d'ascenseurs soufflées, plaques de marbre murales décollées) et secouristes (personnes brûlées) sont habituellement attribués au kérosène pulvérisé autour du 95e étage, lequel aurait alors parcouru les quelque quatre cents mètres d'une cage d'ascenseur, accordant à sa combustion en atmosphère libre la capacité de produire une puissante onde de choc. Selon ces témoins, les ascenseurs concernés étaient ceux du centre, dits locaux, qui desservaient les étages inférieurs et les sous-sols.

WTC2

Le vol UA175 percutant la tour Sud.

À 9 h 03, le vol UA175 pénétrait de biais (15° environ) la face sud de la tour Sud, à quelque sept mètres de son centre. L'événement a pu être largement enregistré par les télédiffuseurs qui couvraient l'attentat contre la tour Nord.

Selon le rapport publié par le NIST, la vitesse de l'avion lors de l'impact fut estimée à 872 km/h (542 mph) [54], ce qui lui accordait 50 % de plus d'énergie que le vol AA11. Mais, frappant la tour entre les étages 78 et 83, il laissait une empreinte plus courte (26 mètres d'envergure) malgré un angle de gîte plus important (38°) car à ce niveau la structure extérieure était (deux fois) plus résistante qu'au niveau de l'étage 95. L'angulation de la direction de vol a fait que la moitié tribord de l'appareil ne pouvait pas rencontrer la structure interne des poteaux porteurs, permettant ainsi à des parties de moteur, de train d'atterrissage et de carlingue de ressortir par l'angle est du bâtiment et d'être retrouvés jusqu'à quatre cents mètres de distance. L'avion sectionna 32 des 60 colonnes extérieures de la face Sud sur cinq étages, dommages auxquels il faut ajouter ceux réalisés dans l'angle oriental par la sortie des morceaux de moteur et de train droits. L'empreinte laissée par l'avion avait une surface tout à fait comparable à celle de WTC1. Les dommages subis par la structure centrale sont tout aussi inconnus que ceux de la tour Nord, au moins un escalier resta praticable.

Le Pentagone

Caméra de surveillance d'un des parking du Pentagone montrant l'avion du Vol 77 s’écrasant dans le Pentagone.

À h 38 [55], le vol AA77 a pénétré la partie centrale de l'aile occidentale du Pentagone, l'avion filant à la vitesse estimée de 850 km/h. L'avion pénétra au centre d'une section en achèvement de rénovation, la façade extérieure venant d'être renforcée pour résister à une attaque terroriste (poteaux d'acier, couverture de kevlar). La rangée de colonnes d'acier fut détruite sur une largeur d'une dizaine de mètres à hauteur du rez-de-chaussée. Tout un ensemble de colonnes de soutien des étages en béton fut également détruit immédiatement en arrière de l'impact, mais aussi à une distance importante, sectionnées à la base. D'où l'effondrement de la section d'étages une demi-heure plus tard. À cent mètres de l'impact, exactement dans l'axe de vol, une perforation circulaire de 2,3 mètres de diamètre avait été faite par l'un des réacteurs dans le mur interne de l'anneau C du bâtiment, marqué au-dessus de l'orifice d'un important dépôt de résidus gazeux de combustion et de traces d'une onde de choc (vitres brisées). L'impact et le feu allumé par le carburant qui s'est rapidement répandu dans la structure ont tué les 64 personnes de l'avion ainsi que 125 occupants du Pentagone [55].

Shanksville

Cratère formé par le crash du vol UA93.

À 10 h 3, le vol UA93 s'écrasa sur le territoire de la commune de Shanksville, en Pennsylvanie, tuant les 44 personnes se trouvant dans l'avion. L'appareil se trouvait à environ 200 km de la capitale Washington, D.C. (environ 20 minutes de vol) lorsqu'il percuta le sol à la vitesse de 933 km/h [1]. L'appareil s'écrasa avec un angle de 44 degrés, laissant un cratère de 3 mètres de profondeur et 12 mètres de large [56].

Incendies

Les tours du World Trade Center en feu après les impacts des vols AA11 et UA175.

Instantanément libéré par l'éclatement des ailes contre les façades des tours, le kérosène (autour de trente-cinq mille litres par avion) se répandit largement avec les débris dans la direction donnée par les impacts jusqu'à ressortir en partie par la façade d'entrée et celles opposées, s'enflamma à la suite de nombreux courts-circuits électriques au sein des immeubles et des réacteurs eux-mêmes, formant d'énormes boules de feu (brûlant ainsi 20 % du combustible) allant du jaune à l'orangé, (dû à la combustion des particules de l'élément carbone) engendrant des feux qui allaient se déplacer au fur et à mesure de l'épuisement des combustibles (selon le NIST, le maximum d'échauffement résultant de la combustion d'une partie du kérosène — 40 % — et de l'ameublement était atteint vingt minutes après l'impact [57]), et de l'embrasement de nouveaux matériaux. Cette combustion rapide provoqua une pénurie d'oxygène, les fumées, grises et légères à la suite des boules de feu, virant au noir au bout d'un quart d'heure. Nulle part ne fut constaté de rougissement de parties en acier (à partir de 700 °C), ni même d'éclatement de vitres (au-dessus de 600 °C), même à proximité des brèches de sortie des pièces d'avions où devaient s'être accumulés les débris de toutes sortes (meubles, équipement, etc.), témoignant de la relative faiblesse des incendies. Analysés par le NIST, les échantillons de poutres externes des étages touchés indiquent pour la plupart une exposition à une température maximale de 250 °C, une faisant exception avec une température supérieure, mais en dessous de 600 °C. Les calculs réalisés par cet organisme ont indiqué des températures maximales d'environ 500 °C [58]. Ces résultats sont cohérents avec les données d'expérimentations réalisées par l'industrie métallurgique où des feux d'hydrocarbures dans des parkings n'ont pas été capables d'échauffer les poutres d'acier non protégées à plus de 360 °C.

La puissance de ces feux reste par ailleurs très inférieure à celle d'incendies de tours répertoriés, tel celui du One Meridian Plaza [59] (sur huit étages, pendant dix-huit heures) ou de la First Interstate Bank [60] (sur cinq étages, durant trois heures et demie).

Quant aux effets de ces feux, il faut souligner que le rôle des protections passives anti-incendies est apprécié dans la perspective d'une « résistance au feu » qui n'indique pas le temps durant lequel un immeuble doit rester debout, mais celui durant lequel l'incendie doit être contenu dans l'espace où il a pris naissance [61] [réf. incomplète].

Malgré l'épuisement immédiat de l'essentiel du kérosène, la médiocrité des feux à l'effondrement et l'aspersion d'eau sur les gravats accumulés, des zones de hautes températures (au-dessus de 700 °C) ont persisté des jours durant d'après une étude de la US Geological Survey. Cent jours après, ces foyers étaient encore actifs.

WTC1

Les feux restèrent contenus dans les espaces opposés à l'impact, à l'exception d'un surgissement au 105e étage qui exhiba l'unique émergence de flammes du bâtiment. L'effondrement de la tour Sud induit une réactivation des feux à l'intérieur du bâtiment (fumée plus volumineuse et plus grise). La béance laissée par l'impact, mettant « à vue » le cœur du bâtiment, resta en permanence un trou noir, signalant ainsi l'absence d'incendie au niveau de la cage des services. [réf. nécessaire]

WTC2

L'inclinaison de l'impact fit que le kérosène de l'aile droite ressortit par les façades en trois énormes boules de feu. Il s'ensuivit que l'incendie consécutif fut bien moindre que pour la tour Nord [réf. nécessaire] et resta très localisé au coin "est" de la tour, avec cependant un phénomène inhabituel mentionné par le NIST : peu avant l'effondrement fut enregistré un flash lumineux intense suivi, plusieurs minutes durant, d'un écoulement de métal en fusion. [réf. nécessaire]

Au moment de l'effondrement, les feux donnaient des indications d'étouffement, seule une fumée noire étant visible, qui s'échappait du bâtiment. L'équipe de pompiers qui était arrivée au 78e étage avait signalé la présence de deux feux résiduels et demandé l'envoi de lances pour les éteindre. Quelques minutes plus tard, la tour s'effondrait avant que put être transmis l'ordre d'évacuation émis par le poste de commandement des urgences situé dans le WTC7. Au moins dix-huit personnes qui étaient situées dans les étages supérieurs avaient pu entre temps traverser sans difficulté la zone sinistrée par l'un des trois escaliers du noyau de services (où sont groupées les colonnes de la structure interne de soutien).

WTC7

Atteint par des débris métalliques chauds projetés sur sa face sud (en son tiers oriental) lors de l'effondrement de la tour Nord, ce gratte-ciel de quarante-sept étages était la proie de quelques incendies, avec des flammes sporadiquement et partiellement visibles (niveaux 11 à 13 et 28 à 30) [62]. En août 2008, le NIST a publié un rapport concernant l'effondrement de WTC7 [62], concluant que le feu en était la cause principale.

Le Pentagone

L'incendie consécutif à l'impact fut relativement violent mais circonscrit à la partie nord de l'aile frappée (dans le sens de l'axe de vol). Les pompiers ne purent jusqu'à 13 h 0 approcher la zone d'impact en raison de son intensité [63] et il était encore actif dix-huit heures plus tard [64]. Il a été constaté que des vitres ont été liquéfiées [65] [réf. incomplète], du béton fendu [66] et qu'un camion pompier, à poste face à l' héliport au moment de l'impact, eut l'arrière partiellement fondu [67] [réf. incomplète], témoignages d'une température élevée (proche de 1 500 °C).

Effondrement des tours

Les rues de New York, en feu et couvertes de cendre, après la chute des tours.

À h 58, cinquante-six minutes après avoir été atteinte, la tour Sud s'effondrait, à la grande perplexité du chef de bataillon Joseph Pfeffer, filmé par les frères Naudet dans son poste de commandement, au rez-de-chaussée de la tour Nord [68] (incrédulité également exprimée dans des témoignages recueillis par la Mairie [69]). En effet, étant déjà intervenus à l'occasion d'un incendie et d'un attentat aux explosifs, les pompiers new-yorkais possédaient une parfaite connaissance des immeubles et croyaient qu'ils étaient aptes à soutenir de tels impacts.

D'ailleurs, Leslie E. Robertson, qui était l'un des concepteurs du plan initial de la structure des bâtiments du World Trade Center dans les années 1960, avait déclaré en 1993 que les tours jumelles avaient été calculées pour résister à la collision d'un Boeing 707 ou d'un DC-8, en pleine charge et volant à 950 km/h (la vitesse de croisière maximale). Il avait ajouté que l'impact causerait « seulement des dommages locaux qui ne pourraient entraîner ni l'effondrement ni des dégâts importants à l'immeuble » [70].

Deux hommes aident une femme blessée dans une rue jonchée de papiers et de cendres après la chute du WTC.

Francis Albert De Martini avait ses bureaux au 88e étage de la tour Nord et y périt à la suite de sa décision d'aider à l'évacuation des occupants piégés. Il avait commencé à travailler au World Trade Center de Manhattan après le premier attentat de 1993 qui avait frappé l'une des tours, en tant que superviseur d'une équipe chargée d'évaluer les dommages causés par l'explosion, de suivre les travaux de réparation et de veiller à leur conformité aux critères de l'ingénieur consultant du Port Autonome, Leslie E. Robertson. Il avait précisé, dans un entretien en date du pour un documentaire sur le WTC diffusé par la chaîne de télévision History, que les tours pouvaient probablement soutenir plusieurs impacts d'avions de ligne grâce à leur conception [70].

À 10 h 28, trente minutes après la tour Sud, c'était sa jumelle qui s'effondrait détruisant le Marriott World Trade Center fortement endommagé par la chute de la tour Sud et, à 17 h 25, la tour WTC7.

Une caractéristique commune aux trois effondrements est qu'ils se firent, selon les indications données par la FAQ no 6 du NIST, le rapport de la FEMA ou les calculs du professeur Zdeněk Bažant (11-12 s, 9-10 s et 6,3-6,5 s respectivement pour les tours WTC1, WTC2 et WTC7), en un temps légèrement supérieur à celui d'une chute dans le vide (8-9 s, 7,5-9 s et 6 s), indiquant une absence de résistance des structures porteuses centrales, ce que l'ingénieur du génie civil Bažant exprime en parlant de la chute des étages supérieurs dans un tube vide [71] [réf. incomplète]. Une autre est la production de jets de gaz et poussières jaillissant des façades, au moins dix étages au-dessous du front de destruction pour les jumelles, dans les étages pour WTC7. Une troisième est la symétrie à peu près parfaite de ces destructions.

Dans un rayon de cent trente mètres environ, quantité de vitres des immeubles furent détruites par l'onde de choc produite par la destruction des tours jumelles.

WTC2

Effondrement de la tour Sud (WTC2).

Quelques minutes après la dernière communication avec l'équipe de pompiers qui, ayant atteint le 78e étage, portait secours aux blessés et s'apprêtait à éteindre deux foyers résiduels, le chef pompier Ganci recevait le messager du bureau des urgences (OEM), Steve Moscillo déclarant que « les immeubles allaient s'effondrer et qu'il fallait les évacuer » (interrogé par ABC News, le maire Giuliani, membre de l'OEM, reconnaissait qu'il n'avait fait que transmettre cette information et l'origine de cette prévision reste inconnue). Quelques minutes plus tard, la section au-dessus de l'impact s'inclinait vers le Sud, une rotation qui traduisait la perte totale du soutien de la structure interne, malgré la résistance de la partie intacte de la structure externe (le « tube »). Puis, après une accélération jusqu'à un angle d'environ 25°, cette rotation cessa brusquement, laissant la place au développement d'un énorme nuage « éruptif » qui progressa à l'identique au long de la tour jusqu'à son pied, des éléments lourds (plusieurs dizaines de tonnes) étant projetés à cent vingt mètres de distance, les plus légers à plus de quatre cents mètres, le contenu des étages (ciment des sols, plâtre des cloisons, meubles, équipement, êtres humains) étant réduits en poussière ou fragments. La plupart des vestiges se sont ainsi trouvés répartis autour du pied de la tour et sur les immeubles environnants.

WTC1

Effondrement de la tour Nord (WTC1).

L'effondrement de la tour Nord s'est produit avec les mêmes caractéristiques que celle de sa jumelle, mis à part le fait que la partie sommitale s'est effondrée immédiatement – sans résistance – et de manière à peu près verticale, après que l'antenne – soutenue par la structure centrale – a oscillé sur sa base et précédé le mouvement de chute globale. La propulsion continue des vestiges pulvérisés ou fragmentés vers l'extérieur (au minimum 300 000 tonnes), c'est-à-dire leur non accumulation en tas dans l'empreinte de la tour, est le phénomène qui a permis la survie de rares rescapés (20 personnes) surpris dans les étages inférieurs qui se sont retrouvés soit à la surface des débris [72], soit enfouis à quelques mètres de profondeur [73], permettant à la plupart d'entre eux (16 personnes) de s'échapper des lieux immédiatement ou après quelques dizaines de minutes d'effort.

WTC7

Plus d'une vingtaine de témoignages — essentiellement de pompiers — exposent que, vers 16 heures, l'évacuation du bâtiment fut ordonnée pour la raison qu'il allait s'effondrer. Les déclarations du propriétaire, Larry Silverstein, indiquent que (en accord avec les chefs des pompiers) la lutte contre les feux devait être abandonnée, en raison du risque d'embrasement des réserves d'hydrocarbures situées dans les étages inférieurs. Pour qualifier la décision qu'il venait de prendre, il utilisa l'expression « pull it » (littéralement : « tirez-le », mais qui dans le contexte peut prendre le sens d'« abandonner », de « se retirer »), ce qu'il raconte lors d'un documentaire de la chaîne publique PBS diffusé le 10 septembre 2002 [74], ce qui généra des spéculations. L'alerte est donnée signalant que cet immeuble allait s'effondrer. À 17 h 25, les pompiers assistèrent à la chute verticale de l'immeuble, le bloc central qui en surplombait le sommet disparaissant d'abord. Un nuage de poussières se développa à partir de la base, le bâtiment descendant tel quel, comme s'il s'enfonçait dans le sol, l'effondrement créant un puits d'aspiration rendu visible par l'entraînement de la fumée des feux. Contrairement à ce qui fut constaté pour les tours jumelles, les vestiges se retrouvèrent en tas, dans l'empreinte de l'immeuble, les murs de la partie basse couchés vers l'intérieur. La médiatisation de cet effondrement fut très faible, et le rapport de la commission Kean ne fait pas mention de la tour WTC7.

Opérations de secours

Secouristes du Fire department sur le site du World Trade Center.
Un pompier demande 10 secouristes supplémentaires pour l'aider dans les gravats du World Trade Center à New York.

Lorsque le vol AA11 percuta le WTC 1 à h 46, près de 8 900 personnes se trouvaient dans la tour. Environ 1 344 personnes furent tuées ou bloquées aux étages supérieurs à la suite de l'impact. Quand le vol UA175 percuta la deuxième tour à h 3, environ 3 440 des 8 600 personnes se trouvant dans la tour avaient déjà évacué, mais 637 personnes furent tuées ou bloquées lors de l'impact. La quasi-totalité des personnes se trouvant dans les étages inférieurs aux impacts a pu être évacuée avant l'effondrement des tours à h 59 (WTC 2) et 10 h 28 (WTC 1), soit 87 % des 17 400 personnes présentes dans les tours ce matin-là. Au total, près de 2 200 employés travaillant dans les tours 1 et 2 du WTC furent tués [75].

En moins de trois heures, plus de 200 unités de pompiers du New York City Fire Department furent mobilisées sur les lieux des attaques, soit la moitié des unités de pompiers de New York [76]. Ce fut la plus grande intervention de l'histoire des pompiers de New York avec près de mille pompiers mobilisés ce jour-là [77]. Employés municipaux de la ville de New York et policiers du New York City Police Department étaient également sur place.

L'effondrement des tours jumelles entraina la mort de 343 pompiers du New York City Fire Department, de 23 officiers [78] de police du New York City Police Department et de 37 officiers [78] du Port Authority Police Department. Parmi les personnes se trouvant dans les tours jumelles, seules une vingtaine de personnes survivront à leurs effondrements, dont 16 personnes qui se trouvaient dans l'escalier B de la tour Nord au niveau du 20e étage [79].

Après l'effondrement des tours, plus de dix-mille sauveteurs, secouristes et volontaires furent présents sur le site du World Trade Center à la recherche de survivants. Vers 20 h 0 l'officier du Port Authority Police Department Will Jimeno est retrouvé vivant des décombres du WTC, il se trouvait dans le corridor souterrain qui relie les tours jumelles. Il sera extrait vers 23 h 0 [73]. Le lendemain matin, un peu après h 0, le Sergent John McLoughlin, un second officier du PAPD qui se trouvait avec Will Jimeno, est extrait vivant des décombres. Puis vers 12 h 30, Genelle Guzman-McMillan est retrouvée vivante dans les décombres de la Tour Nord, soit 26 heures après son effondrement. Genelle sera la dernière des personnes retirées vivantes des décombres du WTC [80].

Dans le cadre de l' Opération Noble Eagle, l' US Navy déploya durant le mois de septembre le navire-hôpital USNS Comfort afin d'aider les secours présents sur le site du World Trade Center [81]. Ainsi le navire fournit la nourriture et l'aide nécessaire aux dix mille sauveteurs, volontaires et ouvriers qui œuvraient à la recherche de rescapés. Bien que la mission principale du USNS Comfort fût d'ordre logistique, le navire a accueilli près de 600 blessés [82].

Témoignages

Entre octobre 2001 et janvier 2002 ont été recueillis les récits de cinq cent trois pompiers et sauveteurs grâce à Thomas Von Essen, responsable du secteur incendies à la mairie de New York. Pendant trois ans, ces enregistrements sont restés inaccessibles malgré les demandes des familles de victimes. Traîné en justice par le New York Times, le maire de la ville, Michael Bloomberg, a été finalement contraint de les rendre publics en août 2005 [83], [84].

Bilan humain

Les attentats du 11 septembre 2001 sont les attentats les plus meurtriers jamais perpétrés depuis le début de l'histoire [85].

Nombre de victimes et de terroristes morts lors de la journée du 11 septembre
World Trade Center
2753 victimes
Tours 2 606, dont 343 sapeurs-pompiers de New York, 23 officiers de police du NYPD, 37 officiers de la police du port
Vol AA11 76 passagers, 11 membres d'équipage et 5 terroristes
Vol UA175 51 passagers, 9 membres d'équipage et 5 terroristes
Pentagone
184 victimes
Bâtiment 125 civils et militaires
Vol AA77 53 passagers, 6 membres d'équipage et 5 terroristes
Shanksville
40 victimes
Vol UA93 33 passagers, 7 membres d'équipage et 4 terroristes
Total 2 977 victimes et 19 terroristes
Liste des victimes affichée à New York.

2 977 personnes ont été tuées [86] par les attentats [87], [1]. Une personne disparue la veille du 11 septembre et trois personnes mortes après les attaques de maladies causées par le nuage de poussières toxiques créé lors des effondrements des tours du WTC ont été ajoutées au bilan de 2973 victimes établi par la commission officielle [88], [1], [Na 1].

Sur les 2 977 victimes des attentats, 310 étaient de nationalité étrangère, dont 67 Britanniques [89], 41 Indiens, 28 Sud-Coréens, 24 Canadiens [90], 24 Japonais, 4 Français [91] et 1 Belge [92]. La plus jeune victime avait 2 ans, la plus âgée avait 85 ans [93].

À la suite des attentats, on compte 6 291 personnes blessées [2].

Près de 1 360 personnes dans la tour Nord et 600 dans la tour Sud ont été bloquées au-dessus et au niveau des impacts. Confrontées à une situation désespérée due à la fumée, environ deux cents d'entre elles ont préféré sauter dans le vide, s'écrasant dans les rues et sur les toits des bâtiments adjacents. D'autres encore ont tenté d'atteindre le toit dans l'espoir d'un sauvetage par hélicoptère et se sont heurtées à des portes d'accès verrouillées. Seules dix-huit purent s'échapper de la tour Sud.

Marsh & McLennan Companies qui possédait des bureaux entre les 93e et 101e étages de la tour Nord perdit 295 employés tués sur le coup lors de l'impact du vol 11. Cantor Fitzgerald L.P. perdit 658 employés qui travaillaient entre le 101e et le 105e étage [94].

L'effondrement des tours tua 343 sapeurs pompiers du FDNY, venant de 75 casernes différentes, qui portaient secours aux personnes bloquées dans les tours. Parmi eux se trouvait le chef de département Peter J. Ganci, Jr. ainsi que 19 chefs de bataillon [95]. L'autorité du port ( PANY/NJ) perdit 84 employés dans les attentats dont 37 officiers de police. 23 agents de police du NYPD ainsi qu'un agent du FBI et un agent du Secret Service furent également tués lors de l'effondrement des tours [96].

Des 125 morts du Pentagone, 70 étaient des civils et 55 étaient des militaires. Timothy Maude, lieutenant général de l'US Army, était le militaire le plus haut gradé tué dans les attentats [97].

Mémoriaux en l'hommage aux victimes en face de l'église St Paul à New York.

Sur les 2 763 personnes ayant perdu la vie dans les tours jumelles ou près d'elles (dont 10 terroristes), seuls 293 corps ont été retrouvés. Près du quart des 20 000 fragments d'os et de tissus récupérés a pu être attribué [98], laissant sans trace quelque 1 151 disparus [99], rapportait l'agence Associated Press. Ce travail d'identification était achevé au début 2005. En avril 2006, trois cents fragments osseux (de longueur inférieure à 2 cm) étaient découverts dans les débris accumulés sur le toit de l'immeuble de la Deutsche Bank, situé à quelque cent trente mètres au sud de WTC2 [100]. L'institution qui réalisa cette identification en utilisant les marqueurs ADN, le National Criminal Justice Reference Service, avait rapporté « le degré incroyable de fragmentation [des corps], avec une moyenne de seulement sept fragments récupérés par victime » [101].

Plus de 3 000 enfants ont perdu un ou deux parents [102], [103].

Les gigantesques nuages de poussière créés par ces destructions ont entraîné les plus grands mouvements de panique que la ville de New York ait connue. Ils ont en effet envahi tout le sud de la péninsule de Manhattan et même traversé l' East River pour atteindre Brooklyn. Il y a eu de nombreux blessés et un certain nombre de disparus, peut-être même des morts (jamais confirmé).

Dans le cadre de l'Air Transportation Safety and System Stabilization Act signé par George W. Bush le 22 septembre 2001 [104], un fonds de compensation aux victimes des attentats est établi. Au total le fonds s'élève à 7,049 milliards de dollars destinés aux familles de 2880 victimes ainsi qu'à 2680 blessées dans les attentats [105].

Tous les morts des attentats du 11 septembre 2001 ont reçu la Médaille d'or du Congrès à titre posthume [106].

Victimes notables

2 977 personnes sont tuées ce jour-là par quatre attaques-suicides, dont celles des Twin Towers du World Trade Center de New York, incluant les personnalités suivantes :

Terroristes morts dans les attaques

Dix-neuf terroristes se sont suicidés dans les attaques du 11 septembre 2001 :

  • Abdulaziz al-Omari (citoyen saoudien, l'un des terroristes du vol 11 American Airlines).
  • Mohamed Atta (citoyen égyptien, l'un des terroristes du vol 11 American Airlines).
  • Wail al-Shehri (citoyen saoudien, l'un des terroristes du vol 11 American Airlines).
  • Waleed al-Shehri (citoyen saoudien, l'un des terroristes du vol 11 American Airlines).
  • Satam al-Suqami (citoyen saoudien, l'un des terroristes du vol 11 American Airlines).
  • Ahmed al-Ghamdi (citoyen saoudien, l'un des terroristes du vol 175 United Airlines).
  • Fayez Banihammad (citoyen émirati, l'un des terroristes du vol 175 United Airlines).
  • Hamza al-Ghamdi (citoyen saoudien, l'un des terroristes du vol 175 United Airlines).
  • Marwan al-Shehhi (citoyen émirati, l'un des terroristes du vol 175 United Airlines).
  • Mohand al-Shehri (citoyen saoudien, l'un des terroristes du vol 175 United Airlines).
  • Hani Hanjour (citoyen saoudien, l'un des terroristes du vol 77 American Airlines).
  • Khalid al-Mihdhar (citoyen saoudien, l'un des terroristes du vol 77 American Airlines).
  • Majed Moqed (citoyen saoudien, l'un des terroristes du vol 77 American Airlines).
  • Nawaf al-Hazmi (citoyen saoudien, l'un des terroristes du vol 77 American Airlines).
  • Salem al-Hazmi (citoyen saoudien, l'un des terroristes du vol 77 American Airlines).
  • Ahmed al-Haznawi (citoyen saoudien, l'un des terroristes du vol 93 d'United Airlines).
  • Ahmed al-Nami (citoyen saoudien, l'un des terroristes du vol 93 d'United Airlines).
  • Saeed al-Ghamdi (citoyen saoudien, l'un des terroristes du vol 93 d'United Airlines).
  • Ziad Jarrah (citoyen libanais, l'un des terroristes du vol 93 d'United Airlines).

Bilan matériel

Le 6 WTC, l'un des immeubles partiellement effondrés.

Les effondrements des tours jumelles ont causé la destruction totale ou partielle des cinq autres immeubles composants le World Trade Center. L'église orthodoxe grecque Saint-Nicolas (1916), qui se trouvait au-dessous de la tour Sud, fut totalement détruite. Les débris produits par les effondrements ont causé de lourds dommages aux nombreux immeubles adjacents. Le Structural Engineers Association of New York (SEAoNY) a dénombré au total 48 immeubles endommagés près du site du World Trade Center [107].

Au total, huit immeubles se sont partiellement ou totalement effondrés : le 1 World Trade Center (Tour Nord), le 2 World Trade Center (Tour Sud), le Marriott World Trade Center, le 4 World Trade Center, le 5 World Trade Center, le 6 World Trade Center, le 7 World Trade Center et l'Église orthodoxe grecque Saint-Nicolas.

Parmi les quarante-huit immeubles endommagés, onze ont subi de lourds dommages: le 2 World Financial Center, le 3 World Financial Center, le Winter Garden building, le 120 Cedar Street, le 114 Liberty Street, le Deutsche Bank Building, le 130 Cedar Street, le 90 West Street, le Verizon Building, le 45 Park Place et le 30 West Broadway.

Problèmes médicaux et environnementaux

Vue aérienne de Ground Zero publiée en 2004

Une étude conduite en 2002 en partie par le State department of health's office of managed care a montré qu'à l'ouest de Brooklyn les asthmatiques se plaignaient 2,4 fois plus d'asthme aggravé que dans le reste de la ville après le 11 septembre [réf. nécessaire]. Et 1,5 fois plus se sont rendus à l'hôpital pour ce type de problème [réf. nécessaire].

Chez les milliers de personnes exposées au nuage de cendres, poussières et fumée (de combustion et de pyrolyse) et ayant ensuite travaillé sur le site, beaucoup sont affectés de problèmes pulmonaires, déficience respiratoire [108] [réf. incomplète]. Dix ans après l'accident, les médecins ont constaté que la plupart des pompiers et personnes exposées sur le chantier les 12 premiers mois ont d'abord été affectées par une nette diminution de capacité pulmonaire suivie d'un plateau (encore perceptible en 2006 et persistant en 2015 [109] avec une fonction dégradée, par rapport à la moyenne des personnes du même age). Ces personnes ont été plus nombreuses à développer un asthme induit, des bronchites chroniques non spécifiques et des bronchiolite, souvent concommitantes à des rhinosinusites chroniques et des maladies des voies respiratoires supérieures, et parfois des reflux gastro-œsophagiens [110]. Ils commencent à voir apparaitre des sarcoïdoses et des fibroses pulmonaires interstitielles qui sont des pathologies à développement d'abord lent et silencieux, qui peuvent laisser sous-estimer la morbidité future.

D'après les données du registre sanitaire (56 000 personnes) spécialement créé pour suivre les effets de cet attentat sur la santé en intégrant notamment les cancers déclarés depuis 2008 (participants pour la plupart volontaires) [111], le risque de développer un cancer semble augmenter (environ 300 après 5 ans selon le New York Post en 2006 [112] chiffre réévalué 14 ans après l'attentat à 3700 rien que pour les secouristes et travailleurs exposés aux fumées et déchets toxiques, selon le New York Post en 2015 (et souvent avec plus d'un type de cancer (principalement cancer de la thyroïde, du colon, Cancer de la prostate et cancer du sang ou d'autres affections pulmonaires dont fibrose pulmonaire et myélomes) [113], quelques centaines se sont adressées aux tribunaux pour obtenir réparation, estimant les institutions responsables de leur état par dissimulation de la pollution atmosphérique [114]. Ces chiffres doivent être utilisés avec prudence car d'une part le registre est surtout composé de volontaires, et les personnes qui avaient déjà des problèmes de santé pourraient avoir été plus nombreuses à s'y inscrire que s'il s'était agit de gens pris au hasard parmi les personnes touchées par l'attentat ou concernées par les travaux de déblaiement, ce qui pourrait faire surestimer le lien entre certaines pathologies et l'attentat [111] et d'autre part parce que les cancers mettent souvent 2 à 3 décennies à se déclarer, ce qui peut faire sous-estimer le nombre réel de cas induits par la pollution et le stress générés par la catastrophe.

En 2006, un premier décès par fibrose pulmonaire est officiellement attribué à Ground Zero après autopsie (60 personnes seraient mortes à la suite de ce type d'affection selon le Dr Levin du World Trade Center Medical Monitoring Programs au Mt Sinai Hospital [115]). À ce jour beaucoup de nouveaux cas de mésothéliome (affection due à l'amiante), ou asbestose sont détectés. Ils sont consécutifs à ce qu'on appelle localement « le syndrome du World Trade Center » [116]. Outre les cancers et affections pulmonaires, les maladies autoimmunes augmentent : un rapport [110] (publié en Avril 2015 par la revue Arthritis & Rheumatology) confirme un lien fort entre le travail à long terme sur le site et le développement de plusieurs maladies auto-immunes (dont principalement polyarthrite rhumatoïde (37% des cas), spondylarthrite (22%), Myopathie inflammatoire (14%), lupus érythémateux disséminé (12%), Sclérodermie systémique (5%), syndrome de Sjögren (5% ), et moindrement syndrome des antiphospholipides (3%) et Granulomatose de Wegener(2% des cas) [110] ; Pour les secours et travailleurs exposés sur le site, le risque de développer l'une de ces maladie auto-immune dans la décennie a statistiquement augmenté d'environ 13% pour chaque mois supplémentaire passé à travailler sur le site [110].

L'effondrement des tours a dispersé dans l'atmosphère de Manhattan de nombreux polluants dangereux : de la dioxine, du plomb (dans les 50 000 ordinateurs de chaque tour), de l' amiante, du mercure (dans les dizaines de milliers de tubes fluorescents), de l' américium 241 (élément radioactif présent dans les milliers de détecteurs de fumée) et de la fibre de verre dans des quantités importantes. Ainsi que des polycarbonates dans une concentration 75 000 fois celle qui ait jamais été mesurée auparavant (dans un atelier du port) et des poussières ultra fines à un taux encore jamais constaté [117].

L' Environmental Protection Agency (EPA) a enregistré des pics de concentration anormalement élevés d'autres composés organiques volatils comme l' éthylbenzène, le propylène, le styrène, et le toluène, ainsi que du bisphénol A [118]. Des produits aérosols sous forme de particules inhabituellement fines, probablement associées à des hautes températures sous les débris [119], furent détectés par l'équipe de Thomas Cahill de l'Université de Californias Davis comme le soufre, le silicone, l' aluminium, le cuivre, le nickel, le fer, le baryum, et le vanadium [120]. Le niveau moyen de concentration de benzène dans l'air enregistré par l'EPA d'octobre à novembre 2001 était de 18 000  ppb avec un pic à 180 000 ppb début novembre.

L'Agence de protection de l'environnement (EPA) était chargée d'évaluer les risques et la dangerosité de l'air, plusieurs mois après, elle enregistrait encore des taux élevés de dioxine. Christine Todd Whitman, administrateur de cet organisme, avait alors, avec cinq communiqués dans les dix jours qui suivirent, garanti le caractère sain de l'atmosphère de Manhattan, ainsi que de l'eau de la ville [121]. Le 21 août 2003 cependant, l'Agence rendait public un rapport signé par l'Inspecteur Général Nikki Tinsley exposant les modifications imposées par l'administration Bush aux énoncés de prudence rédigés pour prévenir du danger représenté par les poussières, complété par une étude de 2004 des documents par le Sierra Club [122] où l'Agence se voit reprocher de n'avoir pas d'office mis en garde le public, avant toute mesure de pollution, en raison de la connaissance qu'elle avait du danger présenté par certains matériaux constituant les immeubles. L'EPA envisagea même de classer « secret » les documents relatifs à cette pollution [123]. Les plaintes de malades ont été acceptées par les juges Deborah Batts et Alvin Hellerstein en février et octobre 2006.

Rétrospectivement (en 2015) des chercheurs [124] constatent que les principaux symptômes n'étaient pas ceux associés aux PM2,5 et qu'on a à l'époque sous-estimé l'importance des très fortes concentrations de l'air en particules de plus grande taille et fortement alcalines qui contenaient probablement aussi beaucoup de substances toxiques, ce qui a conduit à un gestion « inadéquate » des risques. Ces chercheurs invitent les organismes publics à mieux se préparer à fournir des conseils adéquats au public et à se doter de moyens plus pertinents d'évaluation de l'exposition aux polluants, d'évaluation des risques, ainsi qu'en termes de mesures préventives [125].

Compensation financière des dommages sanitaires

Le 8 mars 2007, à la demande de Jerrold L. Nadler, le 9/11 Heroes Health Improvement Act of 2007 devrait apporter 1,9 milliard de dollars (1,4 milliard d' euros) pour financer l'évaluation et des solutions aux problèmes de santé induits par le 11 septembre [126].

Par ailleurs, L'Association de la santé mentale de New York (The Mental Health Association of New York City) indique début 2006 que 12 000 personnes ont sollicité une aide psychologique depuis 2002 à la suite de ce drame [127]. Fin 2014, une étude publiée par le Journal of Traumatic Stress (Décembre 2014) conclut à une prévalence toujours élevée de syndromes post-traumatiques, avec dépressions et co-morbidité chez près de 30.000 anciens sauveteurs ou personnes ayant contribué au déblaiement (résidents de Manhattan et autres personnes présentes le matin du 9/11).

En mars 2010, la municipalité de New York prévoit de débloquer un fonds de 657,5 millions de dollars pour dédommager dix mille pompiers, policiers et ouvriers se plaignant de problèmes de santé après avoir travaillé dans les ruines de Ground Zero [128], mais l'accord est rejeté par le juge. Finalement le 23 juin 2010, la justice approuve un nouvel accord qui prévoit un fonds d'indemnisation d'une valeur de 712,5 millions de dollars [129]. Enfin le 19 novembre 2010, la quasi-totalité des dix mille plaignants acceptent les 712 millions de dollars proposés [130]. Entre 2004 et 2010, 42 policiers sont décédés de maladies officiellement liées aux conséquences du 11 septembre [131].

Adopté par le sénat le 22 décembre 2010 puis signé par Barack Obama le 2 janvier 2011, le James Zadroga 9/11 Health and Compensation Act, prévoit un fonds de compensation évalué à 4,3 milliards de dollars afin d'aider les personnes souffrant de lésions résultant de l'exposition à la poussière et aux débris toxiques du site du World Trade Center [132], [133].

Le 7 janvier 2014 Cyrus Vance, procureur de Manhattan, révèle une vaste fraude à la pension d'invalidité de la part d'anciens policiers et pompiers new-yorkais ayant simulé des traumatismes prétendument causés par les attentats du 11 septembre 2001 et annonce plusieurs dizaines d'inculpations au terme d'une enquête ayant duré deux années [134].

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