Arlette Laguiller

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Arlette.
Arlette Laguiller
Arlette Laguiller, en octobre 2005.
Arlette Laguiller, en octobre 2005.
Fonctions
Députée européenne
Conseillère régionale d'Île-de-France
Biographie
Nom de naissance Arlette Yvonne Laguiller
Date de naissance (76 ans)
Lieu de naissance Paris ( France)
Nationalité Française
Parti politique Lutte ouvrière
Profession Employée de banque

Arlette Laguiller (prononcée : [aʁ.lɛt.la.gɥi.je] [1]), née le dans le 14e arrondissement de Paris, est une femme politique française d' extrême gauche [2].

Porte-parole du mouvement trotskiste Lutte ouvrière, elle est la première femme à s'être présentée à une élection présidentielle française ; elle détient à ce jour le record du nombre de candidatures à ce scrutin, avec six candidatures consécutives entre 1974 et 2007 et des scores allant de 1,33 à 5,72 % des suffrages. Elle est députée européenne de 1999 à 2004.

Biographie

Famille

Arlette Yvonne Laguiller est née dans une famille ouvrière des Lilas marquée par la Seconde Guerre mondiale et les bombardements. Ils vivent à cinq dans un pavillon, d'une pièce cuisine, sans douche. Sa mère, catholique, lui fait faire sa première communion. Son père, Louis, était, avant la guerre, employé d'assurance, puis fait prisonnier durant la guerre en 1940 et, libéré, devient employé sanitaire fin 1942. Sa santé restera fragile à la suite de cette période de détention. Par la suite, il fut manœuvre dans différentes places de travail, entre des périodes de chômage. Il était aussi séminariste, avant de devenir athée, et aimait à se définir anarchiste et lui transmet son goût pour la lecture et la discussion politique.

Enfant, elle s'occupe notamment de ses frères en raison de la santé fragile de ses parents. En 1956, bien qu'elle ne milite pas encore, elle forge ses premières notions politiques, à travers deux faits marquant : l' insurrection de Budapest et l' opération Mousquetaire ; les événements en Hongrie marquaient les dérives du stalinisme, tandis que la situation en Égypte soulignait, selon elle, les dérives du capitalisme et de l' impérialisme avec l'union de la France, du Royaume-Uni et d' Israël pour envahir le canal de Suez, nationalisé par le président Nasser. Elle s'intéresse ensuite à Léon Trotski, ce qui la fait adhérer au trotskisme.

Elle obtient un BEPC au collège des Lilas avant de commencer à travailler dans une agence du Crédit lyonnais, à 16 ans, comme mécanographe. En 1963, elle est mutée au siège central et y reste durant toute sa vie professionnelle en tant qu'employée et militante syndicale. Alors qu'elle est cadre depuis plusieurs années, elle part à la retraite en 2000.

Carrière politique

En 1960, elle participe à sa première action, contre la guerre d'Algérie. Elle adhère au Parti socialiste unifié (PSU) avant de rejoindre l' organisation trotskiste Voix ouvrière. Vers 22-23 ans, elle commence à découvrir les écrits de Karl Marx, Gueorgui Plekhanov, Friedrich Engels, Rosa Luxemburg. Elle milite aussi à la CGT dans les années 1960 et en est écartée pour ses idées révolutionnaires. Après la révolte estudiantine et la grève générale de mai-juin 1968, les organisations d' extrême gauche, dont Voix ouvrière, sont dissoutes par décret de Charles de Gaulle. Elle participe à la formation de Lutte ouvrière le , puis est choisie, à 33 ans, pour en être la porte-parole nationale aux élections législatives de 1973.

Arlette Laguiller lors d'une marche pour le droit au logement en 2007.

L'année suivante éclate la grève qui de février à avril s’étendra à tout le secteur bancaire. Avec ses camarades elle convainc la majorité des grévistes du siège à l’idée de la grève active, dirigée par les employés combatifs eux-mêmes, organisés au travers de comités de grève qu’ils ont eux-mêmes élus. La grève sera un succès. Ce même mois d’avril, à nouveau comme porte-parole de Lutte ouvrière, elle deviendra la première femme [3] candidate à l’ élection présidentielle.

Militante syndicale et politique, elle est reconduite chaque année dans ses fonctions de porte-parole de Lutte ouvrière et représente le mouvement à toutes les élections.

Dans les élections, elle défend un programme de défense des intérêts du monde du travail. En 1995, elle défendait ce qu'elle appelait un « programme d'urgence » pour les travailleurs, qui contenait des revendications comme l'interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des bénéfices, et la levée des secrets bancaires et commerciaux. Elle affirmait que les travailleurs ne pouvaient « compter ni sur la droite, ouvertement au service du grand patronat, ni sur la gauche, hypocritement servile envers lui ».

Lors de l' élection présidentielle française de 2007, elle défend un programme de défense des travailleurs qui met l'accent sur les trois problèmes qu'elle estime vitaux pour le « monde du travail » : le logement, l'emploi et les salaires. Elle défend la nécessité de prendre sur les profits des entreprises pour créer des emplois, augmenter les salaires et financer la construction de logements sociaux.

Députée européenne de 1999 à 2004, ses interventions [4] au Parlement européen se sont tournées contre les mécanismes capitalistes et la loi du marché, contre la diminution des salaires et des minima sociaux. Elle y a appartenu au groupe Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique ( GUE/NGL) et était membre de la commission de l'emploi et des affaires sociales, membre suppléante de la commission de développement et de la coopération, et membre suppléante de la délégation à la commission parlementaire mixte UE- Lituanie.

Pour le deuxième tour du 19 mai 1974 [5] puis du 10 mai 1981 qui a vu la victoire de François Mitterrand, elle a appelé les travailleurs à voter pour celui-ci « sans réserves mais sans illusion », « par solidarité avec les millions d'électeurs de gauche, de travailleurs, de gens du peuple, qui souhaitaient mettre fin à des années et des années de pouvoir politique de la droite et qui espéraient beaucoup de la gauche ». En 1988 et 1995, elle ne donne pas de consigne de vote au second tour pour « ne pas cautionner la politique des gouvernements de gauche », estimant que la politique de la gauche au gouvernement « avait suffisamment démontré que les travailleurs n'avaient rien à attendre du Parti socialiste au pouvoir ». En 2002, elle refuse d'appeler à voter pour Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen lors du second tour de l'élection présidentielle [6]. En 2007, elle appelle à soutenir Ségolène Royal au deuxième tour [7].

Dates importantes

Lors de la campagne présidentielle de 2007, à un rassemblement à Toulouse.
Other Languages