Archives secrètes du Vatican

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Sceau des Archives secrètes du Vatican.

Les Archives secrètes apostoliques du Vatican, en latin Archivum Secretum Apostolicum Vaticanum, sont les archives centrales du Saint-Siège contenant tous les actes et documents (parchemins, manuscrits, volumes anciens reliés de cuir ou de bois, bulles papales) concernant le gouvernement et l'activité pastorale du Pontife romain et des organismes du Saint-Siège. En tant que telles, les Archives secrètes sont « avant tout et principalement [au service] du Pape et de sa Curie, c'est-à-dire du Saint-Siège » (motu proprio de Léon XIII du 1er mai 1884).

Histoire

Débutées avec le rassemblement de documents par le pape Innocent III en 1198, les archives vaticanes sont conservées dans la Bibliothèque apostolique vaticane créée par le pape Nicolas V en 1448, mais les Archives secrètes du Vatican sont officiellement fondées le par Paul V lorsque le pape les sépare de la bibliothèque du Vatican, formant ainsi deux institutions bien distinctes[1].

Un million et demi de documents sur 2 000 ans d'histoire[2] répartis dans 600 fonds sont actuellement conservés sur deux étages dans 85 kilomètres linéaires de tablettes d'étagères dans un bâtiment climatisé construit sous la cour du musée du Vatican et inauguré par Jean-Paul II en 1982[3]. Bien que le qualificatif de « secret » signifie « privé » (terme latin secretum faisant référence depuis le XVIIe siècle à l'usage privé de ces documents, par le pape et son entourage), de nombreux volumes restent interdits de consultation, notamment ceux précédant le VIIIe siècle[4]. Cependant en 1881, les Archives secrètes ont été ouvertes à la libre consultation des universitaires par Léon XIII (pour toute la période allant du VIIIe jusqu'au congrès de Vienne en 1815[5]) afin de répondre à une historiographie hostile au christianisme, donnant ainsi naissance à la commission cardinalice pour l’étude des sciences historiques[6]. Paul VI ouvre aux chercheurs les documents relatifs au Concile Vatican II, Jean-Paul II à ceux des prisonniers de guerre 1939-1947 et Benoît XVI autorise l'ouverture de toutes les pièces relatives à l'entre-deux-guerres de 1920 à 1939[7].

En 2012, marquant le 400e anniversaire de la création de ces archives secrètes, l'exposition « Lux in Arcana, les archives du Vatican révélées » dans le musée du Capitole à Rome dévoile pour la première fois au public une centaine de documents[8] parmi les plus précieux : procès de Galilée, excommunication de Martin Luther, « confession » des Templiers sur un parchemin de soixante mètres, des lettres de Michel-Ange sur la construction de la basilique Saint-Pierre ou encore la requête en annulation du mariage d'Henri VIII et de Catherine d'Aragon[9].

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